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La belle et la bête [pv Iku]

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Yomi Kisara
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Mer 11 Avr - 16:10
Une fois de plus l’insouciante hypocrite s’évadait à sa contrée, filant par-delà des juridictions et entraves du système, afin de sévir en toute quiétude et impunité. La belle rose avait ainsi délaissé sa modeste cité en faveur d’une plus vaste agglomération. La métropole de Mustafu suintait les fastes du prestige et de la quête d’excellence, un domaine dont la suffisance manquait de lasser déjà sa visiteuse. Certes la populace n’exaltait que peu cette fierté d’accueillir des sites de renoms comme les établissements d’enseignements classiques et héroïques les plus méritoires et fantasmés du pays, mais n’y voyait-là qu’une cible de choix pour des mécréants d’organismes absolument répréhensibles, tel que la mystérieuse Evoker. L’inquisitrice s’imaginait dont que la vermine devait se terrer dans l’ombre des instances de justices, pouvant même la gangréner peut-être.

Du reste, elle ne désirait pas s’attarder dans ces rues grouillantes. Quand bien même elle rechignait à porter la balade aux abords de la promenade côtière, enfin débarrassée des ordures insouciamment empilées par les citadins, afin de s’éloigner un brin de cette jungle de bêton et d’ainsi admirer un paysage autrement plus agréable et poétique. Mais la vilaine ne pouvait décemment s’abandonner à la tranquillité d’un instant de répit, lorsqu’il lui incombait d’amasser d’avantage d’indices sur l’affaire l’amenant. La jeune détective avait en effet jugé nécessaire de se rendre sur place dans l’optique de méditer les similitudes reliant une enquête locale à celle de sa ville de prédilection.

Outre le fait d’avoir surpris une conversation téléphonique entre son géniteur lieutenant de police et son supérieur hiérarchique, tout agacé qu’on ne daigne pas même entendre son avis à propos d’éventuels liens flagrants entre deux affaires et la possibilité que le malfaiteur migre de manière ambitieuse, ses forfaits prenant d’avantage d’ampleur et s’avérant plus audacieux et frustrants puisqu’il semblait narguer les autorités. Yomi suivait son flair d’enquêtrice en plus de poursuivre l’investigation parentale, non par devoir ni fierté familiale ou citadine, mais bien par volonté d’endiguer a menace insaisissable et tordue. D’autant qu’éventrer le massacre rendrait quelque humeur utile à son paternel, dont la raison pouvait s’émousser par égarement et entêtement.

La belle affichait-là une trogne songeuse, ni vraiment radieuse ou morne, ses prunelles violacées plongées dans la teinte flamboyante d’une avenue à demie éclairée par le déclin de l’astre diurne, au travers d’une vitrine reflétant frêlement son enveloppe délicieuse. Assise à l’écart d’une banquette du fond de la salle où une légère pénombre l’accueillait, l’enveloppait, la donzelle demeurait silencieuse. Sa sombre suivante gisait sur le cuir carmin tiède, l’appendice de diable se fondait presque en cette menue obscurité. Et la bête taciturne n’avait daigné éventrer le phénomène qu’afin d’éconduire avec délicatesse de fringants jouvenceaux. Elle n’avait d’ailleurs éprouvé nul regret à ne pas côtoyer sa chère et tendre camarade d’investigation, si pétillante et adorable. A vrai dire, la belle rose n’aurait guère apprécié sa présence, redoutant qu’un péril ne déferle sur son innocence.

Du reste, elle espérait presque qu’un de ces guignols en collants interpelle le maraud qu’elle traquait à l’aveugle. Là voilà dont toute lasse de piétiner sur sa piste si maigre depuis des heures, tandis qu’elle demeurait en ce charmant café dont raffolaient les étudiants en tout genre. Et ni les succulentes pâtisseries et autres déserts, ni les somptueuses boissons gouleyantes ne pouvaient hélas la délivrer de cette frustration dont-elle avait la triste habitude en sa voie anxiogène. Un modeste paquetage siégeait entre-elle et la paroi présentant une large vitre sur toute sa façade extérieure. Son regard sans sourire se rivait parfois vers l’entrée lointaine et des rumeurs ou palabres piquantes. Telles des inquiétudes et allusions à propos du fameux lascar anonyme.
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Iku Tozutsami
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Jeu 2 Aoû - 22:41
Iku ne réagit pas quand la première goutte s'écrasa sur la feuille, diluant l'encre et étalant les mots. Elle ne lisait plus vraiment, à dire vrai. Depuis quelques jours, elle peinait à trouver la force de le faire. Relire ses cours, s'appliquer, se donner à fond comme elle l'avait fait jusque là… Elle avait promis à Kioshi qu'elle ferait de son mieux, mais si son mieux ne suffisait pas, à quoi bon ? Elle qui s'était crue si forte, elle avait été humiliée, plusieurs fois. Une autre élève, quelqu'un qui n'avait rien de plus qu'elle en apparence, l'avait étalée par accident. Un vilain l'avait laissée pétrifiée par la peur. Un autre lui avait fait perdre les pédales. Elle avait laissé filer les deux sans pouvoir les arrêter, sans pouvoir même les égratigner ou les retenir. Elle n'avait servi à rien. Elle n'avait rien d'héroïque. Quoi que Kioshi ait vu, quelles que soient les qualités qui lui avaient donné cette idée, elle ne les voyait pas.

Le papier commençait à plier sous le poids de l'eau quand elle réagit, rassemblant les feuilles dans son sac, les laissant là où elles pourraient se déchirer et se coller. Machinalement, elle entra dans le premier café qu'elle croisa. L'eau coulait le long de ses bras, de ses pinces, imbibant ses vêtements et ses cheveux, perlant sous sa casquette et devant ses yeux. Après un instant d'hésitation, à rester plantée devant la porte, elle traîna les pieds jusqu'à une table et se laissa tomber sur le siège. Un geste du bras fit tomber l'humidité de son visage, ses yeux rouges prouvant que toute l'eau ne venait pas du ciel. Elle ressortit ensuite ses cours, constatant que la moitié supérieure des feuilles s'était changée en purée humide. Un profond soupire s'échappa de sa gorge. Elle n'avait rien retenu de la leçon du jour, trop occupée à broyer du noir et copier machinalement ce qu'elle entendait. Elle ne pouvait même pas vraiment dire sur quoi avait porté la leçon du jour.

Elle tendit la main vers son téléphone. La seule solution était de demander de l'aide à une amie de sa classe, qu'on lui photographie et envoie des notes intactes. Ça ne serait pas comme avoir suivi le cours, ça ne serait pas comme relire ses propres notes, mais ça serait mieux que rien. Elle n'eut pas vraiment le temps d'envoyer quoi que ce soit car un serveur l'interpella, la prenant au dépourvu. Elle bégaya quelques secondes, fixa la carte au-dessus du comptoir avec un regard mort, puis commanda le café le moins cher de la carte. Son attention retourna ensuite au téléphone, mais elle ne fit rien. Après tout, à quoi bon. Elle avait essayé, elle avait foiré. A ce stade, est-ce que Shiketsu pouvait encore faire quelque chose pour elle ? La tirer de sa propre nullité crasse ? Ils formaient les héros après tout, elle était là pour apprendre. Mais elle avait beaucoup de retard...
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Yomi Kisara
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Mar 7 Aoû - 19:03
Voilà qu'une silhouette attrayante pénétrait l'édifice, une bien sombre mine hélas s'y engouffrait par la même. La jeune fille se tenait là, figée dans l'entrée, l'air absent. Mais ce n'était pas son élégant ensemble qui s'accaparait l'attention de l'assistance, ni même celle d'une sentinelle tapie dans l'ombre. La belle inconnue avoisinait une modeste petitesse ainsi que des traits vaguement similaires, durs et témoins d'une certaine existence rigoureuse, éventuellement pénible, au delà d'une enveloppe aguicheuse lui valant déjà toute l'admiration de ces messieurs. Des gredins tous épris d'une sensuelle scène, y rivaient leurs prunelles bien alléchées et fort peu furtives. Une poignée de compagnes leur arrachait prestement ce vil plaisir, tandis que des mirettes offusqués foudroyaient le reste. Et nul ne semblait saisir quelle condition était sienne. L'esseulée ruisselante suscitait de mesquins sourires au loin, là où la déviante compatissait d'un regard attendri.

Sa lassitude cuisante s'apaisait à la vue d'une malheureuse larmoyant à l'horizon, égarée dans ses funestes pensées, un désarroi si vivace et poignant qu'il rendait pénible toute inaction à son égard. La taciturne diablesse s'entichait dont d'une bien délicate attention, ou l'ambitionnait tout du moins. Malgré sa frayeur grandiose d'une rosée ruisselante, d'un sillage qui dégouline mais encore du fracas des gouttes dispersées dans l'air. La bête redoutait d'être éclaboussée, aussi craignait-elle de gagner la pauvre enfant. La clientèle paraissait du reste presque blême sous l'égide d'un silence pesant que nul n'osait déchirer, hormis le brave tenancier qui filait à sa réserve, sans doute afin d'offrir un linge lui aussi. Et l'irruption de la belle imbibée médusait tant l'entière assistance, son affreux mutisme allié à son inertie étrange intimait plus qu'une certaine inquiétude mutuelle. Cette attitude induisait quelque étrangeté méconnue de la multitude, l'hystérie contagieuse d'une victime.

Yomi ne décelait hélas pas la moindre plaie ni déchirure aucune des habits. Elle fabulait plutôt à ce qu'un malandrin l'ait malmenée de sorte à ne laisser de séquelles physiques. Mais alors, que justifiait une éventuelle tentative de noyade, voire de suicide ? Etait-ce une junkie sans le sou, ou bien l'une de ces étudiants que le stress dévorait en excès ? La détective ignare préférait s'imaginer la proie d'une agression opportuniste et lâche, au détour de la promenade côtière. Et son altruisme l'enlevait au chevet de cette camarade d'infortune, délaissant-là ses biens, tandis qu'elle lui dédiait une touchante attention. Une griffe frémissante tendait une serviette lorsqu'un autre dénigré s'attelait à essuyer la carrelage, songeant qu'une jouvencelle conforterait mieux une telle avancée. La belle rose espérait ainsi éluder la déprime de la brune, tandis qu'elle n'osait pas se laissait choir à la banquette épargnée par l'onde abominable. Sa bonne mimine se laisserait peut-être effleurer qu'elle n'irait pas reposer à cette table envahie de papelards humides. L'effroi d'une proximité édifiante l'accablait déjà d'une certaine nervosité. Du reste, une coupe vide ainsi qu'un petit carnet se languissaient d'elle, en arrière.

« Ça va aller, ne vous en faîtes pas. » Confiait une petite voix mélodieuse.

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Dernière édition par Yomi Kisara le Ven 10 Aoû - 22:04, édité 1 fois
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Iku Tozutsami
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Ven 10 Aoû - 22:02
Absorbée par l'inutile contemplation de l'appareil, toujours indécise quand à ce qu'elle devait faire, Iku n'entendit pas venir la jeune femme qui s'approchait. Elle se demandait encore si, après tout, elle ne devait pas persévérer encore, jusqu'au bout, par principe. Pour tenir sa promesse, pour saisir une chance qu'elle n'avait peut-être pas laissée passer. Ou s'il était bien trop tard, s'il y avait vraiment quelque chose à faire d'elle, quoi que ce soit d'utile à tirer de ses échecs. Toujours la même mauvaise habitude de se perdre dans ses pensées et sa concentration. Elle sursauta donc en entendant la voix si proche d'elle, exactement comme elle avait laissé le serveur la surprendre.

Le téléphone glissa entre ses doigts humides, tournoyant sur la table et dispersant la purée de papier avant de s'immobiliser, et elle tourna brusquement la tête vers l'inconnue. Une jeune fille, de son âge environ. Toute ressemblance s'arrêtait là cependant. Plus petite, plus fine, plus proche de cet idéal de beauté mignonne qu'elle enviait à d'autres, avec des cheveux aussi roses et étincelants que ceux d'Iku étaient noirs et mats. Et elle portait une serviette, pour… une raison. Ce qu'elle faisait avec une serviette de douche au milieu d'un café, excellente question.

Encore apathique, à moitié perdue dans ses idées noires, l'étudiante dévisagea longuement l'inconnue de ses yeux gonflés et vides avant de se dire qu'il fallait peut-être répondre quelque chose. Elle lui avait dit… non, demandé si… elle n'en avait aucune idée. Il aurait fallu être attentive pour ça, au moins un peu, et pas se fermer au monde extérieur comme elle l'avait fait. Après quelques secondes de plus à hésiter, elle ne trouva rien à dire sinon :

"Quoi ?"
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Yomi Kisara
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Sam 11 Aoû - 21:13
La jeune détective ne savait trop si sa camarade d'infortune s'enlisait dans sa houle poignante ou s'il s'avérait plutôt qu'une démarche équivoque l'avait éventuellement plus désarçonnée qu'aucune autre. Yomi espérait par ailleurs ne pas l'avoir brusquée, bien qu'elle ne saisissait guère en quoi sa prestation pouvait voir déchanter. Et malgré son émoi palpable, la brune n'intimait nulle similitudes à l'égard d'une affaire abominable. Certes la tranche d'âge et la superbe renvoyaient aux critères de sélection du fameux lascar, mais la belle ne présentait pas la moindre séquelle physique. Hors le sinistre gredin s'aimait à lacérer ses proies, avec subtilité ceci dit. Hors il n'y avait là qu'étalage de brutalité. La belle rose avait peine à croire qu'un malade trop méticuleux et calculateur pouvait commettre une bourde pareille et dénigrer également sa proie. Ses prunelles de rapaces rivées sur la rue laissaient deviner que nul être n'épiait cette pauvre enfant. Et le monstre se voulait de plus artiste, un arrogant personnage assez perfectionniste. Aussi l'idée de bâcler une œuvre paraissait-elle incohérente pour un tel spécimen, lui qui semblait s'éprendre de ses victimes.

Un énième détail la confortait dans ses pensées à demi navrantes, le scélérat savait rivaliser d'ingéniosité et d'inventivité avec les plus fins inspecteurs de la région. Si bien qu'elle serait fort déçue s'il advenait que la canaille réitérait des scènes sordides qu'il lui plaisait tant d'orchestrer. Une telle faute de gout serait assurément de l'œuvre d'un vil imposteur, d'un grossier imitateur. Et la bête lasse de tout ceci fabulait déjà à ce genre d'apparitions fortuites. Des misérables opportunistes pensaient souvent berner les autorités en s'inspirant de crimes quasi parfaits et susceptibles de brouiller les pistes d'affaires vivaces et anxiogènes. La meurtrière de marauds abhorrait fort ces initiatives-là. Mais ses constatations ne la réjouissaient guère. A vrai dire, elle se refusait d'éluder l'éventualité que sa malheureuse voisine n'en devienne l'idéale proie du détraqué en vadrouille. Elle fondait dont craintes à son propos et s'entichait d'aventure de son cas. Car un autre pourrait s'éprendre d'une pulsion mue par la perception d'une confusion la donnant vulnérable, mais pas forcément démunie. L'inconnue avait peut-être même rétamé son assaillant.

Du reste, le rapport d'enquête locale était parvenu à son père par le biais d'honnêtes relations, service lui ayant valu un blâme à peine justifié. Un document dont une certaine fouineuse s'était prestement enquise, et les maigres évidences relevées étoffaient un non moins frêle profil. Le pourvoyeur de mort avait déjà sévi par trois fois sur son territoire, ainsi qu'une autre dans cette nouvelle juridiction. La lande balnéaire avait dont été le théâtre de son dernier crime, tout du moins à sa connaissance. Des plongeurs avaient décelé près du rivage la dépouille d'une jeune femme, coulée à l'abri des regards. L'unique témoin exploitable aurait vu un homme dans la trentaine l'espace d'un fugace instant, bien bâti et blond, sans difformité apparente. Un éventuel étranger affublé d'un masque de plongée et qui lui paraissait s'ébattre avec la défunte. Fougue et passion auraient alors séduit une malheureuse ayant trouvé refuge à l'abri d'un rocher tout juste immergé. Et le plaisir insouciant s'était mué en supplice effroyable, teinté d'un désespoir inouï. Un rictus glaçant.

L'état du corps traduisait sa condition, l'homme l'avait abusée tandis qu'il la noyait avec aisance. Avant d'user de pierres pour signer son crime, le cadavre figurait une méditation en apnée là où d'autres précédents reluisaient tout autant par cet aspect saugrenu. Peut-être le tueur désirait-il véridiquement s'adresser aux pêcheurs, dont le fardeau s'illustrait là, ou bien n'était-ce qu'une facétie destinée à tourmenter ses détracteurs ? La détective en vadrouille décelait dans ce rituel une tentative grossière de se déculpabiliser, à son image. Mais l'homme torturait les innocents, même elle ne diabolisait pas les prostituées et agents de professions discutables. L'affaire était parvenue trop vague au public, amputée d'une flopée de détails de crainte de créer panique. Les divers médiats l'avaient ainsi relégué à titre d'anecdote anodine et dérisoire, une simple noyade. Seul le petit carnet de l'enquêtrice recelait la vérité, mais elle préférait éluder toute incartade afin de ne pas ébranler d'aventure sa triste compagne. « Permettez-moi d'insister, voici, pour vous sécher. » Soufflait-elle à nouveau fébrile, tandis qu'une petite main brandissait à son égard un linge blanc.


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Iku Tozutsami
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Dim 12 Aoû - 0:58
L'autre fille fut assez compréhensive pour répéter sa proposition, appuyant l'offre d'un geste du bras et mettant la serviette en évidence. Le temps qu'elle comprenne, Iku baissa les yeux et regarda ses bras, encore couverts d'humidité. Ses manches lui collaient à la peau, ses cheveux étaient désagréables contre sa nuque, et une légère torsion du buste lui permit de voir la flaque à ses pieds. Elle n'était pas restée longtemps sous la pluie, pourtant, enfin elle n'en avait pas eu l'impression. Mais à voir l'air préoccupé – non, le mot était trop faible, elle semblait plutôt abattue ou désespérée, difficile pour l'étudiante de Shiketsu de deviner avec précision car l'empathie n'était pas son fort – de la jeune femme, Iku devina qu'elle faisait vraiment peine à voir. L'idée lui tira un petit ricanement désabusé, un petit rictus sarcastique, puis elle tendit la main et saisit la serviette.

"Merci. J'en ai vraiment besoin, hein ?"

Elle ne se fit pas prier et attaqua, portant le tissu à son visage et frottant vigoureusement. Il ne lui fallut que quelques secondes mais quand elle voulu passer à ses bras, découvrant son visage et sa vue, l'inconnue aux cheveux roses avait commencé à reculer. Iku voulut demander si elle ne voulait pas récupérer sa serviette et ouvrit la bouche, mais elle ne dit rien. Si elle s'éloignait, c'est qu'elle n'avait rien à ajouter. Peut-être. L'étudiante était encore trop bouleversée par ses propres doutes pour réfléchir. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait bien besoin de se sécher. Au pire, elle pouvait toujours rapporter la serviette plus tard.

Ce qu'elle finit d'ailleurs par faire. Après s'être bien frottée, cheveux compris, elle posa l'essui rose bonbon sur un coin de la table, évitant de le salir avec les restes de cours décomposés. Elle essora ensuite sa casquette, complètement trempée et désormais tordue. Le symbole de Shiketsu, de son appartenance et de la fierté de l'école, semblait aussi misérable qu'elle, aujourd'hui. Un signe, peut-être, que même une école de héros réputée avait échoué à faire d'Iku quelqu'un de convenable. Elle soupira avant de replacer le couvre-chef sur sa tête puis se leva, esquivant le serveur qui venait apporter sa tasse. Elle prendrait son café après, d'abord elle devait rendre la serviette à sa propriétaire.

Elle la portait sur le bras et la tendit timidement, exactement comme l'autre fille l'avait fait un peu plus tôt. A ceci près que la serviette était maintenant froissée et imbibée d'eau, et que malgré ses pinces, Ilu portait le rose avec moins de facilité que l'inconnue. Et ses vêtements collaient toujours, malgré ses efforts. Elle avait globalement moins de présence que sa mystérieuse bienfaitrice et ne pouvait s'empêcher de garder les yeux baissés.

"Tenez, votre serviette. Et, euh, merci."
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Yomi Kisara
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Mer 22 Aoû - 17:24
Voilà que paraissait le discours cohérent, l'émergence d'une victime soulageait alors sa compagne d'infortune. Et la jeune détective décelait prestement l'étrangeté plaisante, cette manie populaire de dédramatiser une situation embarrassante par quelque gestuelle ou mimiques faciales, agrémentée de vocalises. L'affreuse confusion s'évanouissait au profit d'un humble éveil, lequel témoignait une nature sensible et douce. Le phénomène ne pouvait dès lors qu'attendrir l'assistance, tout du moins éventrer l'inquiétude d'une poignée et la méprisable attitude de certaines épieuses. La belle rose avait d'ailleurs envisagé une toute autre tournure, plus virulente et déplaisante, toute emprunt d'une hystérie digne des gens malmenées et spectatrices d'évènements édifiants; telle une agression ou une tragédie. La bête trouvait quelque humilité à s'adonner à l'autodérision, elle qui s'entichait d'un linge salvateur, susceptible d'insuffler d'aventure de dignité chez cette pauvre enfant. En plus de s'épargner sottise à rétorquer niaiserie face à la réplique rhétorique.

L'altruiste angélique taciturne préférait d'avantage lui témoigner un inconditionnel respect en son inertie maladive, afin de ne pas vexer sa compagne tandis que sa caboche s'échinait avec frénésie à éluder la présence d'une impie némésis. Sa tâche accomplie, la belle rose pensait s'en retourner à ses réflexion, à l'écart, dans la pénombre de ses funestes pensées. Loin du sinistre ruissèlement lui valant de frémir en sa démarche à peine gracile. Elle songeait pareillement que sa proximité ennuierait sans doute sa congénère toute affairée à ôter souillure et vestiges d'infamie. La voilà dont qui siégeait d'aventure sur sa banquette isolée, derrière les sottes mégères qui s'allaient taire face à l'avancée d'une brimée à l'aura qui intimide et subjugue. La jeune détective s'était quelque peu replongée dans ses pensées confuses, au détour d'un petit carnet aux abjects détails griffonnées avec élégance. Mais l'adresse indéniable de cette meurtrière méconnue ne prévenait en rien le malaise qui revenait hanter ses mirettes. Et si l'autre avait meilleure mine, Yomi demeurait toute aussi ébranlée. Elle déchantait face à cette délicate attention, un silence fugace et gêné les saisissait.

« Mais de rien, l'amie. Vous sentez-vous mieux, à présent ? »

Sa verve fébrile s'agrémentait d'une gestuelle éventuellement équivoque. L'étrange jouvencelle s'entichait d'une besace beige plutôt que son bien trempée, ceci afin de le brandir vers ce dernier. Le phénomène traduisait une pénible demande, laquelle éludait sa frayeur immonde d'une rosée se laissant choir à sa table et dont l'insipide fracas lui redoublait frissons palpables. Mais son comparse pouvait-elle seulement le saisir, du reste ? D'aucune d'elles n'admiraient vraiment l'autre, quand bien même la fortuite croisée de regard les apaiseraient toutes deux. Puisque l'héroïne de naguère serait éventuellement délivrée de son maléfice, tandis que la victime de tantôt retrouverait fierté et assurance au détour de ce menu sauvetage. Et s'il s'avérait qu'on ne daignait qu'enfouir l'horreur humide en cette panse de cuir étanche, la bête ne l'en blâmerait nullement. Son affreuse tare ne regardait que sa petite personne aussi taciturne que discrète et serviable. L'unique entité des lieux d'ailleurs susceptible de ne pas s'apitoyer ou intimer pitié plutôt que compassion.

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Iku Tozutsami
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Mer 22 Aoû - 23:17
Quand la fille aux cheveux roses lui tendit timidement le sac du bout des doigts, les doigts tremblants et l'air toujours affligé, un déclic se fit au fond du cerveau d'Iku. Au début, elle s'était naïvement figurée que l'inconnue était bouleversée, qu'elle traversait quelque chagrin, transposant ainsi sa propre situation. Un réflexe empathique standard, quoique ici déplacé. En effet, elle reconnut peu à peu l'agitation nerveuse de la fille, sa grimace paniquée et ce besoin de se tenir à distance, de repousser l'autre et de se terrer au fond de son propre siège. Les signes de la peur, d'une frayeur pure qu'elle tentait de contenir à défaut de pouvoir la combattre. L'étudiante de Shiketsu en était plus que probablement l'objet mais hasarda un regard en arrière, au cas où. Rien ni personne, de remarquable en tout cas. Elle reporta donc son attention sur sa bienfaitrice, la serviette toujours posée sur le bras.

"Euh… Plus sèche, donc c'est un début, je suppose."

Mais dans ce cas, pourquoi l'avoir abordée ? Pourquoi avoir offert la serviette pour commencer. Elle baissa les yeux, détaillant ses bras, ses pieds, son t-shirt humide qui lui collait à la peau et révélait la silhouette d'un soutient-gorge. Il y avait bien ses pinces qui étaient intimidantes, ou sa casquette qui révélait des élans héroïques prompts à repousser les vilains. Mais pourquoi l'avoir abordée ? Puis son regard dévia sur la serviette. Pourquoi est-ce qu'elle avait une serviette, d'ailleurs ? Qui se baladait avec une serviette, comme ça ? A moins qu'elle ai su à l'avance qu'il allait pleuvoir, mais autant prendre un parapluie.

Elle commença à machinalement rouler le tissu. A le plier, le compresser pour qu'il tienne dans son rangement malgré l'humidité qui le gonflait. Des gouttes se formèrent à sa surface, d'autres coulèrent le long de ses doigts, toutes finirent par tomber au sol dans d'insignifiants claquements. L'idée que ces petites gouttes, cette inoffensive eau venue du ciel ou d'ailleurs, soit en fait à l'origine de cette aversion qu'Iku ne comprenait pas, était simplement trop idiote. Qui avait peur de l'eau ? Et pourtant, alors qu'elle pliait toujours, ralentissant ses gestes sans y penser. l'étudiante se souvint d'une histoire comme ça. Des gens qui avaient échappé à la noyade, qui avaient failli être emportés par le courant, pouvait associer toute trace d'eau à ce traumatisme. Comme elle même tremblait devant les squelettes ou les crânes d'animaux.

Elle vint finalement à bout de sa besogne. Un rouleau de tissu dense et dégoulinait se tenait désormais entre ses mains, formant une nouvelle flaque au sol. Plus petite heureusement que celle laissée sous la chaise de la brune, à peine remarquable à côté de celles qui se formaient autour de ses chaussures encore trempées. Sans y penser, elle glissa enfin la serviette dans le sac. Elle y rentra assez facilement, sans résistance, bien qu'elle soit encore gonflée de pluie. Puis elle leva enfin les yeux sur l'inconnue aux cheveux roses.

"C'est la flotte qui vous met dans cet état ?"
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Yomi Kisara
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Lun 3 Sep - 15:51
La belle rose manquait-là de savourer l'ironie cruelle de leurs conditions échangées. Malgré la sagacité saluée en sourdine dont faisait preuve sa compagne d'infortune. Elle avait la verve aussi cinglante qu'acérée et franche, trop sans doute. Le phénomène n'apaisait guère la menue panique de l'étrange énergumène qui demeurait aux ténèbres et à l'écart, isolée par intention, et dont la frêle pénombre lui épargnait d'être moquée par de proches et laides épies ; ces affreuses mégères qu'une autre avait effarée par sa simple aura. L'unique voisine percevait dont son malaise, en plus d'en deviner la nature. Cette perspective l'aurait pu mortifié en d'autres lieux, au détour de l'averse qui s'éteignait au dehors. Mais la belle à la traine obsidienne ne lui intimait qu'une sincère sympathie, et sa coiffe renvoyait d'avantage l'image d'une personne studieuse. D'autan qu'il lui semblait vaguement avoir déjà aperçu des têtes pareillement chapotées, si bien qu'elle fabulait à un genre d'uniforme propre à une académie. Certes pas militaire, quoique sa camarade présentait des similitudes propres à ces esprits là, peut-être alors une aspirante héroïque ?

La jeune détective confuse demeurait trop ignare sur ces établissements et leurs politiques diverses. Aussi n'irait-elle se prononcer, à la rigueur la plus illustre arborait l'ensemble du blond sauveur. Ce maigre raisonnement appuyait la démarche de ladite comparse, tandis qu'on s'échinait à éventrer le malaise alors que perdure l'infâme et anodine vision, ainsi que l'odieuse mélodie mêlée d'un subtil fracas et d'un ruissellement presque inaudible. Voilà que ses prunelles de mauves se rivaient plutôt à son petit carnet qu'une onde n'allait pas souiller ni même aborder. Hélas, le linge humide la révulsait d'aventure, tandis qu'une mimine l'ôtait à sa vue, d'une frénésie rabattait en hâte le clapet d'une besace bouffie. Avant d'étreindre le cuir préservant la couverture les pages griffonnées, afin qu'il se laisse choir à ses cuisses. Ne demeurait alors plus qu'un verre vide. Lui et la table la séparaient seulement d'une proximité édifiante qu'elle n'irait pas blâmer. Ses mirettes n'y vouait nullement inimitié ou animosité, elle ne pouvait pas en vouloir à la jeune fille perplexe.

« Perspicace ... Vous feriez une bonne enquêtrice si vous n'aviez pas jeté votre dévolu sur une carrière héroïque, j'imagine. Et vous prendrez bien une collation ? »

L'invitation ne s'embarrassait pas d'une rhétorique, tandis qu'on mandait le commis de service. Lequel apportait d'ailleurs la commande de la brunette. La bête frémissante espérait d'ailleurs là éluder l'origine de son léger malaise, en plus d'enjouer la conviviale approche de sa camarade d'infortune. Elle se sentait du reste responsable pour l'essorage de sa serviette, que des griffes malades n'auraient pu empoigner. Son éloigné godet ne lui inspirait hélas pas la moindre envie de se désaltérer, sa salive lui suffisait bien assez, alors que sa légère pâleur s'évanouissait à mesure que ses traits semblaient se détendre un brin. Yomi pouvait du reste présenter sa carte de l'agence familiale, comme divulguer son patronyme, le tout garni d'une trogne plus agréable, tandis qu'une orangeade digne du ciel flamboyant se déversait dans son récipient. Et l'autre pouvait bien la juger qu'elle s'en fichait éperdument, un bon rire détendrait même l'atmosphère un brin morose. Mais la meurtrière méconnue n'allait pas retenir l'envie d'un départ, son appendice gisait à sa banquette comme son sac beige en bandoulière. L'un à gauche côté vitrine, l'autre sur son flanc droit débordait peut-être.


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Iku Tozutsami
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Mer 5 Sep - 0:02
En tout cas quelque chose n'allait clairement pas chez l'inconnue aux cheveux roses. Que ce soit l'eau ou non, un truc la paniquait profondément. Que ce soit le geste nerveux qu'elle fit pour protéger son carnet, le faisant glisser sur ses genoux, ou celui pour fermer sèchement le sac et le faire disparaître de l'autre côté de la chaise, contre la vitrine, là où personne ne regardait jamais. Iku la regarda faire, toujours plantée comme un piquet, légèrement mal à l'aise. Que ce soit parce qu'elle était trempée ou pour une autre raison, elle était la cause de cette agitation. Une part d'elle lui rappelait que l'autre l'avait abordée, qu'elle s'était mise dans cette situation toute seule, mais une autre lui reprochait de perturber ainsi quelqu'un qui avait eu la gentillesse de l'approcher et de venir l'aider spontanément.

Puis l'inconnue confirma son hypothèse, ce qui lui fit écarquiller les yeux. C'était donc vraiment ça. La lycéenne se déporta lentement vers la chaise qui faisait face à son hôtesse, un peu abasourdie. Elle n'était arrivée à cette hypothèse que par hasard, ne savait pas bien pourquoi elle avait demandée et n'y avait jamais vraiment cru. A tord, donc, c'était bien parce qu'elle était trempée par la pluie que la fille aux cheveux roses avait si peur d'elle. Le bon côté de la chose était que, avec la chaleur agréable qui régnait dans le café, Iku serait bientôt sèche. Elle s'immobilisa tout de même avant de s'asseoir, une main sur le dossier de la chaise.

"Euh, ouais. Ouais, merci, mais vous êtes sûre que ça vous va ? Je veux dire, je suis trempée, alors si vraiment ça vous dérange, il vaudrait peut-être mieux que je retourne à ma table."

Comme pour ne pas lui laisser le choix, le serveur apporta à cette table-ci le café que la brune avait commandé. Sa bienfaitrice avait visiblement assez d'autorité pour ça, même s'il s'agissait plus d'un genre d'aura naturelle que d'un titre ou de renommée. Elle donnait juste l'impression que refuser son offre n'était pas une option. Pas comme si elle allait être brisée si Iku lui tournait le dos, ou comme si elle la punirait pour ça, juste comme si ça n'allait pas arriver, comme si ça n'était pas une option. Malgré tout, la brune restait hésitante.

"Je dois récupérer mon sac, de toute façon, et ce qu'il reste de mes cours, alors, euh… ben comme vous voulez. Ou vous aviez envie de parler d'un truc ?"
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Yomi Kisara
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Ven 14 Sep - 15:23
Si la bête éprouvée n'avait la moindre envie de tergiverser ou baratiner sa compagne d'infortune, elle désirait pourtant éluder cette mauvaise passe, sa triste mésaventure vécue au dehors. Malgré l'éventuelle agression n'ayant plus l'air de l'accabler. Leur altruisme mutuel les délivraient déjà de ces maux tenaces. Voilà ce que la vilaine fouineuse se plaisait à croire, croyant là déceler une bravoure inouïe, qu'on saluait en sourdine, par respect et compassion; tandis que sa voix mélodieuse enjouait la belle à rapatrier ses biens, sans même soufflet mot. Puis elle sollicitait l'aimable garçon, quelque peu troublé, à demi perplexe et désarçonné par ces manigances et diverses pérégrinations houleuses, alors qu'il s'échinait inlassablement à essuyer un frais sillage et se gardait bien de blâmer quiconque ni pester. Une dévotion qui n'échappait guère à la sentinelle silencieuse à la rose chevelure. D'autant qu'il dédiait une touchante attention à cette nouvelle clientèle, sinistrée, en venant déposer quelques serviettes de tables au coin de la table, au cas où.

Ce galant bel éphèbe n'insistait guère et se congédiait prestement, afin de satisfaire mégères et autres convives gagnés par un doux éclairage. Si bien qu'une ambiance un brin tamisée baignait l'endroit, tandis que la pénombre nimbait toujours plus la table et les sièges où demeurait nos drôles de dames. A vrai dire, la jeune détective offrait volontiers sa compagnie se voulant apaisante, conviviale et plaisante, en dépit d'une nature taciturne; comme s'il lui incombait par devoir. Ce à quoi elle s'adonnait d'instinct, du reste. Et la meurtrière méconnue souhaitait là aborder un sujet la laissant tout aussi bien ignare qu'intriguée. Forte de l'occasion propice à se voir instruire en ce sens, son vif esprit retrouvé songeait que la facilité l'enrichirait de connaissances la triturant depuis peu. Elle savourait ainsi d'aventure cette fortuite rencontre, susceptible de rétribuer sa folle lubie du savoir. Et voilà qu'un doux murmure évadé à ses lèvres s'agrémentait d'une verve mielleuse et courtoise, dénuée d'embarras ni hésitation d'aucune sorte. Aussi limpide que franche.

« Je me prénome Yomi Kisara, enchantée mademoiselle l'héroïne en devenir. A ce propos d'ailleurs, pourriez-vous me décrire l'envers du décor, s'il vous plait ? Je ne connais que trop peu ces académies de sauveurs. Aussi votre ressenti m'aiderait sans doute à me décider. »

Une étrangeté à demi furtive ondulait à son flanc, à découvert, pouvant induire son factice raisonnement. La transe féline de l'appendice de noir appuyait un propos enjoué, comme admiratif. Et le phénomène ne manquait pas d'intriguer le commis de service, lui qui glissait d'ailleurs des pailles aux breuvages de ces demoiselles, ou tout du moins s'y essayait, avant de s'évader à l'entretient des ombres exquises, sensuelles et équivoques. Un éventuel admirateur. Mais laquelle suscitait tant d'attrait ? La vilaine diablesse trouvait hélas l'énigme fort insipide, désuète, tandis qu'elle rendait grâce au détour d'un fin sourire, une bouille d'angélique imputable à une compassion de comptoir sans nul doute partagée par d'autres. Puis ses prunelles violacées se rivaient d'aventure à sa tendre camarade, alors qu'un drôle filait avec un généreux pourboire. Quoique modeste. La belle rose réglait d'ordinaire d'avance la moindre note de frais. L'héritage d'un certain parent policier, son mentor et géniteur.

Une vieille habitude d'enquêteur susceptible d'être hélé ou mandé par une urgence quelconque. Afin de pouvoir détaler en toute quiétude, alors que la multitude avait tout loisir de savourer le moindre caprice, la plus insignifiante halte, sans même envisager l'émergence de trouble à ses abords. De plus, mieux valait rester vague quand à ses révélations personnelle pour l'heure et s'abstenir d'en divulguer trop. Non de crainte de se compromettre, mais bien afin de ménager la jouvencelle. D'autant qu'une allusion sordide pouvait lui raviver malaise, la pauvre. Yomi affichait en outre une mine d'avantage détendue, radieuse, alors que s'évanouissait le souvenir d'une poignée d'horreurs. Et sa jolie queue ajoutait au discours jovial, emprunt d'une certaine coquetterie. Son intérêt mu d'une fantasque soif de connaissance n'avait d'égal que l'envie vorace de s'attirer un peu plus les faveurs de l'innocente compagne. En tout bien tout honneur, cela dit. Quoiqu'une certaine malice déguisée trônait à ses mirettes au demeurant admiratives de la profession, comme du personnage.

« Mais dîtes-moi, la cravate, ce ravissant accessoire, fait-elle partie elle aussi de l'uniforme, tout comme la casquette ? », susurrait l'insouciance, presque audacieuse, à l'image de maints jeunes gens de cet âge.


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Dernière édition par Yomi Kisara le Jeu 20 Sep - 15:33, édité 2 fois
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Iku Tozutsami
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Dim 16 Sep - 23:01
Sans vraiment répondre à sa question, la fille en rose insista pour poursuivre la discussion, toujours avenante, mielleuse presque à l’excès, et toujours sans même considérer qu'Iku s'en aille comme une option. L'étudiante de Shiketsu se dandinait sur ses deux pieds, inconfortable à l'idée de juste s'asseoir et laisser son sac derrière et sans surveillance mais sans avoir plus envie de juste tourner le dos à Yomi, puisqu'elle s'était présentée ainsi. De ça, Iku n'avait aucune raison de douter. Enfin elle ne pensait pas que la jeune femme lui mentait, au contraire. Elle se forçait encore un instant auparavant mais maintenant que l'étudiante était à peu près sèche, Yomi était bien plus à l'aise et contenait mal son enthousiasme.

Malgré ça, la brune ne put retenir un ricanement sardonique quand les questions commencèrent à arriver, avant de retourner vers sa table – en ignorant le serveur qui s'échinait à laver le sol sous ses pieds, ou apportait serviettes et pailles à l'autre table – pour y reprendre ses affaires. Là seulement elle accepta de s'asseoir face à la fille en rose, se laissant tomber sur la chaise plus qu'elle ne s'assit. Ainsi c'était de ça qu'il était question, c'était pour ça que Yomi avait combattu sa peur. Pour la casquette et ce qu'elle représentait. Iku était un peu déçue, elle qui s'était imaginée que son aide était purement altruiste. Mais plus encore, elle avait cette impression lancinante qu'elle n'aurait aucune légitimité à répondre. Son regard glissa de la jolie frimousse en face d'elle, vers la silhouette assortie en dessous, poursuivit le long de la table et s'arrêta dans son café. Elle pouvait voir son reflet dans le liquide noir, avec ses cheveux qui collaient à son front et sa casquette froissée. Pathétique.

"Pourquoi pas. Moi c'est Iku Tozutsami."


Sans relever les yeux, elle tendit un bras, prête à serrer la main de son hôtesse. Une vieille habitude. A force de toujours croiser de nouveaux visages, de nouveaux voisins, de nouveaux camarades de classe, de nouveaux parents et de nouveaux frères et sœurs, elle se présentait presque par automatisme.

"Si vous avez des questions plus précises, n'hésitez pas, mais sans ça, j'avoue que je sais pas trop quoi vous dire. L'envers du décor je l'ai pas trop vu encore, les cours ont pas commencé depuis si longtemps. On a surtout eu les matières classiques, plus un peu de droit et de secourisme. Et des cours de combat forcément. Et le tournoi – elle ne put retenir un nouveau ricanement – pour ceux qui ont réussi à faire… quoi que ce soit."

Elle garda ensuite le silence, ne sachant pas vraiment quoi ajouter. Qu'est-ce que Yomi pouvait bien avoir envie d'entendre ? De ce qu'elle avait à lui raconter, sans doute pas grand-chose. Sa propre nullité n'était ni intéressante ni pertinente. Finalement, elle saisit sa tasse et avala une grosse gorgée de café. Le liquide était brûlant et amer, mais c'était peut-être exactement ce qu'il lui fallait car elle trouva même l'énergie de décocher un sourire.

"Oh, et nan, le seul impératif de l'uniforme quand on est à l'extérieur, c'est la casquette. Puis même, c'est à Yueï qu'ils en ont, enfin je crois. A Shiketsu c'est juste la chemise et éventuellement la veste en hiver. Les cravates c'est un choix personnel."
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