:: SUR LE TERRAIN :: Musutafu (Tokyo) Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La belle et la bête [pv Iku]

avatar
Age : 27
Messages RP : 30

Feuille de personnage
Titre: Inquisitor
Expérience: 20/1000
Alter: Pink Purgatory
Rang C





Yomi Kisara
Rang C
Mer 11 Avr - 16:10
Une fois de plus l’insouciante hypocrite s’évadait à sa contrée, filant par-delà des juridictions et entraves du système, afin de sévir en toute quiétude et impunité. La belle rose avait ainsi délaissé sa modeste cité en faveur d’une plus vaste agglomération. La métropole de Mustafu suintait les fastes du prestige et de la quête d’excellence, un domaine dont la suffisance manquait de lasser déjà sa visiteuse. Certes la populace n’exaltait que peu cette fierté d’accueillir des sites de renoms comme les établissements d’enseignements classiques et héroïques les plus méritoires et fantasmés du pays, mais n’y voyait-là qu’une cible de choix pour des mécréants d’organismes absolument répréhensibles, tel que la mystérieuse Evoker. L’inquisitrice s’imaginait dont que la vermine devait se terrer dans l’ombre des instances de justices, pouvant même la gangréner peut-être.

Du reste, elle ne désirait pas s’attarder dans ces rues grouillantes. Quand bien même elle rechignait à porter la balade aux abords de la promenade côtière, enfin débarrassée des ordures insouciamment empilées par les citadins, afin de s’éloigner un brin de cette jungle de bêton et d’ainsi admirer un paysage autrement plus agréable et poétique. Mais la vilaine ne pouvait décemment s’abandonner à la tranquillité d’un instant de répit, lorsqu’il lui incombait d’amasser d’avantage d’indices sur l’affaire l’amenant. La jeune détective avait en effet jugé nécessaire de se rendre sur place dans l’optique de méditer les similitudes reliant une enquête locale à celle de sa ville de prédilection.

Outre le fait d’avoir surpris une conversation téléphonique entre son géniteur lieutenant de police et son supérieur hiérarchique, tout agacé qu’on ne daigne pas même entendre son avis à propos d’éventuels liens flagrants entre deux affaires et la possibilité que le malfaiteur migre de manière ambitieuse, ses forfaits prenant d’avantage d’ampleur et s’avérant plus audacieux et frustrants puisqu’il semblait narguer les autorités. Yomi suivait son flair d’enquêtrice en plus de poursuivre l’investigation parentale, non par devoir ni fierté familiale ou citadine, mais bien par volonté d’endiguer a menace insaisissable et tordue. D’autant qu’éventrer le massacre rendrait quelque humeur utile à son paternel, dont la raison pouvait s’émousser par égarement et entêtement.

La belle affichait-là une trogne songeuse, ni vraiment radieuse ou morne, ses prunelles violacées plongées dans la teinte flamboyante d’une avenue à demie éclairée par le déclin de l’astre diurne, au travers d’une vitrine reflétant frêlement son enveloppe délicieuse. Assise à l’écart d’une banquette du fond de la salle où une légère pénombre l’accueillait, l’enveloppait, la donzelle demeurait silencieuse. Sa sombre suivante gisait sur le cuir carmin tiède, l’appendice de diable se fondait presque en cette menue obscurité. Et la bête taciturne n’avait daigné éventrer le phénomène qu’afin d’éconduire avec délicatesse de fringants jouvenceaux. Elle n’avait d’ailleurs éprouvé nul regret à ne pas côtoyer sa chère et tendre camarade d’investigation, si pétillante et adorable. A vrai dire, la belle rose n’aurait guère apprécié sa présence, redoutant qu’un péril ne déferle sur son innocence.

Du reste, elle espérait presque qu’un de ces guignols en collants interpelle le maraud qu’elle traquait à l’aveugle. Là voilà dont toute lasse de piétiner sur sa piste si maigre depuis des heures, tandis qu’elle demeurait en ce charmant café dont raffolaient les étudiants en tout genre. Et ni les succulentes pâtisseries et autres déserts, ni les somptueuses boissons gouleyantes ne pouvaient hélas la délivrer de cette frustration dont-elle avait la triste habitude en sa voie anxiogène. Un modeste paquetage siégeait entre-elle et la paroi présentant une large vitre sur toute sa façade extérieure. Son regard sans sourire se rivait parfois vers l’entrée lointaine et des rumeurs ou palabres piquantes. Telles des inquiétudes et allusions à propos du fameux lascar anonyme.
Spoiler:
 


Dernière édition par Yomi Kisara le Mar 7 Aoû - 19:02, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages RP : 60

Feuille de personnage
Titre: Aucun
Expérience: 210/500
Alter: Hand Bite
Rang D





Iku Tozutsami
Rang D
Jeu 2 Aoû - 22:41
Iku ne réagit pas quand la première goutte s'écrasa sur la feuille, diluant l'encre et étalant les mots. Elle ne lisait plus vraiment, à dire vrai. Depuis quelques jours, elle peinait à trouver la force de le faire. Relire ses cours, s'appliquer, se donner à fond comme elle l'avait fait jusque là… Elle avait promis à Kioshi qu'elle ferait de son mieux, mais si son mieux ne suffisait pas, à quoi bon ? Elle qui s'était crue si forte, elle avait été humiliée, plusieurs fois. Une autre élève, quelqu'un qui n'avait rien de plus qu'elle en apparence, l'avait étalée par accident. Un vilain l'avait laissée pétrifiée par la peur. Un autre lui avait fait perdre les pédales. Elle avait laissé filer les deux sans pouvoir les arrêter, sans pouvoir même les égratigner ou les retenir. Elle n'avait servi à rien. Elle n'avait rien d'héroïque. Quoi que Kioshi ait vu, quelles que soient les qualités qui lui avaient donné cette idée, elle ne les voyait pas.

Le papier commençait à plier sous le poids de l'eau quand elle réagit, rassemblant les feuilles dans son sac, les laissant là où elles pourraient se déchirer et se coller. Machinalement, elle entra dans le premier café qu'elle croisa. L'eau coulait le long de ses bras, de ses pinces, imbibant ses vêtements et ses cheveux, perlant sous sa casquette et devant ses yeux. Après un instant d'hésitation, à rester plantée devant la porte, elle traîna les pieds jusqu'à une table et se laissa tomber sur le siège. Un geste du bras fit tomber l'humidité de son visage, ses yeux rouges prouvant que toute l'eau ne venait pas du ciel. Elle ressortit ensuite ses cours, constatant que la moitié supérieure des feuilles s'était changée en purée humide. Un profond soupire s'échappa de sa gorge. Elle n'avait rien retenu de la leçon du jour, trop occupée à broyer du noir et copier machinalement ce qu'elle entendait. Elle ne pouvait même pas vraiment dire sur quoi avait porté la leçon du jour.

Elle tendit la main vers son téléphone. La seule solution était de demander de l'aide à une amie de sa classe, qu'on lui photographie et envoie des notes intactes. Ça ne serait pas comme avoir suivi le cours, ça ne serait pas comme relire ses propres notes, mais ça serait mieux que rien. Elle n'eut pas vraiment le temps d'envoyer quoi que ce soit car un serveur l'interpella, la prenant au dépourvu. Elle bégaya quelques secondes, fixa la carte au-dessus du comptoir avec un regard mort, puis commanda le café le moins cher de la carte. Son attention retourna ensuite au téléphone, mais elle ne fit rien. Après tout, à quoi bon. Elle avait essayé, elle avait foiré. A ce stade, est-ce que Shiketsu pouvait encore faire quelque chose pour elle ? La tirer de sa propre nullité crasse ? Ils formaient les héros après tout, elle était là pour apprendre. Mais elle avait beaucoup de retard...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 27
Messages RP : 30

Feuille de personnage
Titre: Inquisitor
Expérience: 20/1000
Alter: Pink Purgatory
Rang C





Yomi Kisara
Rang C
Mar 7 Aoû - 19:03
Voilà qu'une silhouette attrayante pénétrait l'édifice, une bien sombre mine hélas s'y engouffrait par la même. La jeune fille se tenait là, figée dans l'entrée, l'air absent. Mais ce n'était pas son élégant ensemble qui s'accaparait l'attention de l'assistance, ni même celle d'une sentinelle tapie dans l'ombre. La belle inconnue avoisinait une modeste petitesse ainsi que des traits vaguement similaires, durs et témoins d'une certaine existence rigoureuse, éventuellement pénible, au delà d'une enveloppe aguicheuse lui valant déjà toute l'admiration de ces messieurs. Des gredins tous épris d'une sensuelle scène, y rivaient leurs prunelles bien alléchées et fort peu furtives. Une poignée de compagnes leur arrachait prestement ce vil plaisir, tandis que des mirettes offusqués foudroyaient le reste. Et nul ne semblait saisir quelle condition était sienne. L'esseulée ruisselante suscitait de mesquins sourires au loin, là où la déviante compatissait d'un regard attendri.

Sa lassitude cuisante s'apaisait à la vue d'une malheureuse larmoyant à l'horizon, égarée dans ses funestes pensées, un désarroi si vivace et poignant qu'il rendait pénible toute inaction à son égard. La taciturne diablesse s'entichait dont d'une bien délicate attention, ou l'ambitionnait tout du moins. Malgré sa frayeur grandiose d'une rosée ruisselante, d'un sillage qui dégouline mais encore du fracas des gouttes dispersées dans l'air. La bête redoutait d'être éclaboussée, aussi craignait-elle de gagner la pauvre enfant. La clientèle paraissait du reste presque blême sous l'égide d'un silence pesant que nul n'osait déchirer, hormis le brave tenancier qui filait à sa réserve, sans doute afin d'offrir un linge lui aussi. Et l'irruption de la belle imbibée médusait tant l'entière assistance, son affreux mutisme allié à son inertie étrange intimait plus qu'une certaine inquiétude mutuelle. Cette attitude induisait quelque étrangeté méconnue de la multitude, l'hystérie contagieuse d'une victime.

Yomi ne décelait hélas pas la moindre plaie ni déchirure aucune des habits. Elle fabulait plutôt à ce qu'un malandrin l'ait malmenée de sorte à ne laisser de séquelles physiques. Mais alors, que justifiait une éventuelle tentative de noyade, voire de suicide ? Etait-ce une junkie sans le sou, ou bien l'une de ces étudiants que le stress dévorait en excès ? La détective ignare préférait s'imaginer la proie d'une agression opportuniste et lâche, au détour de la promenade côtière. Et son altruisme l'enlevait au chevet de cette camarade d'infortune, délaissant-là ses biens, tandis qu'elle lui dédiait une touchante attention. Une griffe frémissante tendait une serviette lorsqu'un autre dénigré s'attelait à essuyer la carrelage, songeant qu'une jouvencelle conforterait mieux une telle avancée. La belle rose espérait ainsi éluder la déprime de la brune, tandis qu'elle n'osait pas se laissait choir à la banquette épargnée par l'onde abominable. Sa bonne mimine se laisserait peut-être effleurer qu'elle n'irait pas reposer à cette table envahie de papelards humides. L'effroi d'une proximité édifiante l'accablait déjà d'une certaine nervosité. Du reste, une coupe vide ainsi qu'un petit carnet se languissaient d'elle, en arrière.

« Ça va aller, ne vous en faîtes pas. » Confiait une petite voix mélodieuse.

Spoiler:
 


Dernière édition par Yomi Kisara le Ven 10 Aoû - 22:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages RP : 60

Feuille de personnage
Titre: Aucun
Expérience: 210/500
Alter: Hand Bite
Rang D





Iku Tozutsami
Rang D
Ven 10 Aoû - 22:02
Absorbée par l'inutile contemplation de l'appareil, toujours indécise quand à ce qu'elle devait faire, Iku n'entendit pas venir la jeune femme qui s'approchait. Elle se demandait encore si, après tout, elle ne devait pas persévérer encore, jusqu'au bout, par principe. Pour tenir sa promesse, pour saisir une chance qu'elle n'avait peut-être pas laissée passer. Ou s'il était bien trop tard, s'il y avait vraiment quelque chose à faire d'elle, quoi que ce soit d'utile à tirer de ses échecs. Toujours la même mauvaise habitude de se perdre dans ses pensées et sa concentration. Elle sursauta donc en entendant la voix si proche d'elle, exactement comme elle avait laissé le serveur la surprendre.

Le téléphone glissa entre ses doigts humides, tournoyant sur la table et dispersant la purée de papier avant de s'immobiliser, et elle tourna brusquement la tête vers l'inconnue. Une jeune fille, de son âge environ. Toute ressemblance s'arrêtait là cependant. Plus petite, plus fine, plus proche de cet idéal de beauté mignonne qu'elle enviait à d'autres, avec des cheveux aussi roses et étincelants que ceux d'Iku étaient noirs et mats. Et elle portait une serviette, pour… une raison. Ce qu'elle faisait avec une serviette de douche au milieu d'un café, excellente question.

Encore apathique, à moitié perdue dans ses idées noires, l'étudiante dévisagea longuement l'inconnue de ses yeux gonflés et vides avant de se dire qu'il fallait peut-être répondre quelque chose. Elle lui avait dit… non, demandé si… elle n'en avait aucune idée. Il aurait fallu être attentive pour ça, au moins un peu, et pas se fermer au monde extérieur comme elle l'avait fait. Après quelques secondes de plus à hésiter, elle ne trouva rien à dire sinon :

"Quoi ?"
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 27
Messages RP : 30

Feuille de personnage
Titre: Inquisitor
Expérience: 20/1000
Alter: Pink Purgatory
Rang C





Yomi Kisara
Rang C
Sam 11 Aoû - 21:13
La jeune détective ne savait trop si sa camarade d'infortune s'enlisait dans sa houle poignante ou s'il s'avérait plutôt qu'une démarche équivoque l'avait éventuellement plus désarçonnée qu'aucune autre. Yomi espérait par ailleurs ne pas l'avoir brusquée, bien qu'elle ne saisissait guère en quoi sa prestation pouvait voir déchanter. Et malgré son émoi palpable, la brune n'intimait nulle similitudes à l'égard d'une affaire abominable. Certes la tranche d'âge et la superbe renvoyaient aux critères de sélection du fameux lascar, mais la belle ne présentait pas la moindre séquelle physique. Hors le sinistre gredin s'aimait à lacérer ses proies, avec subtilité ceci dit. Hors il n'y avait là qu'étalage de brutalité. La belle rose avait peine à croire qu'un malade trop méticuleux et calculateur pouvait commettre une bourde pareille et dénigrer également sa proie. Ses prunelles de rapaces rivées sur la rue laissaient deviner que nul être n'épiait cette pauvre enfant. Et le monstre se voulait de plus artiste, un arrogant personnage assez perfectionniste. Aussi l'idée de bâcler une œuvre paraissait-elle incohérente pour un tel spécimen, lui qui semblait s'éprendre de ses victimes.

Un énième détail la confortait dans ses pensées à demi navrantes, le scélérat savait rivaliser d'ingéniosité et d'inventivité avec les plus fins inspecteurs de la région. Si bien qu'elle serait fort déçue s'il advenait que la canaille réitérait des scènes sordides qu'il lui plaisait tant d'orchestrer. Une telle faute de gout serait assurément de l'œuvre d'un vil imposteur, d'un grossier imitateur. Et la bête lasse de tout ceci fabulait déjà à ce genre d'apparitions fortuites. Des misérables opportunistes pensaient souvent berner les autorités en s'inspirant de crimes quasi parfaits et susceptibles de brouiller les pistes d'affaires vivaces et anxiogènes. La meurtrière de marauds abhorrait fort ces initiatives-là. Mais ses constatations ne la réjouissaient guère. A vrai dire, elle se refusait d'éluder l'éventualité que sa malheureuse voisine n'en devienne l'idéale proie du détraqué en vadrouille. Elle fondait dont craintes à son propos et s'entichait d'aventure de son cas. Car un autre pourrait s'éprendre d'une pulsion mue par la perception d'une confusion la donnant vulnérable, mais pas forcément démunie. L'inconnue avait peut-être même rétamé son assaillant.

Du reste, le rapport d'enquête locale était parvenu à son père par le biais d'honnêtes relations, service lui ayant valu un blâme à peine justifié. Un document dont une certaine fouineuse s'était prestement enquise, et les maigres évidences relevées étoffaient un non moins frêle profil. Le pourvoyeur de mort avait déjà sévi par trois fois sur son territoire, ainsi qu'une autre dans cette nouvelle juridiction. La lande balnéaire avait dont été le théâtre de son dernier crime, tout du moins à sa connaissance. Des plongeurs avaient décelé près du rivage la dépouille d'une jeune femme, coulée à l'abri des regards. L'unique témoin exploitable aurait vu un homme dans la trentaine l'espace d'un fugace instant, bien bâti et blond, sans difformité apparente. Un éventuel étranger affublé d'un masque de plongée et qui lui paraissait s'ébattre avec la défunte. Fougue et passion auraient alors séduit une malheureuse ayant trouvé refuge à l'abri d'un rocher tout juste immergé. Et le plaisir insouciant s'était mué en supplice effroyable, teinté d'un désespoir inouï. Un rictus glaçant.

L'état du corps traduisait sa condition, l'homme l'avait abusée tandis qu'il la noyait avec aisance. Avant d'user de pierres pour signer son crime, le cadavre figurait une méditation en apnée là où d'autres précédents reluisaient tout autant par cet aspect saugrenu. Peut-être le tueur désirait-il véridiquement s'adresser aux pêcheurs, dont le fardeau s'illustrait là, ou bien n'était-ce qu'une facétie destinée à tourmenter ses détracteurs ? La détective en vadrouille décelait dans ce rituel une tentative grossière de se déculpabiliser, à son image. Mais l'homme torturait les innocents, même elle ne diabolisait pas les prostituées et agents de professions discutables. L'affaire était parvenue trop vague au public, amputée d'une flopée de détails de crainte de créer panique. Les divers médiats l'avaient ainsi relégué à titre d'anecdote anodine et dérisoire, une simple noyade. Seul le petit carnet de l'enquêtrice recelait la vérité, mais elle préférait éluder toute incartade afin de ne pas ébranler d'aventure sa triste compagne. « Permettez-moi d'insister, voici, pour vous sécher. » Soufflait-elle à nouveau fébrile, tandis qu'une petite main brandissait à son égard un linge blanc.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages RP : 60

Feuille de personnage
Titre: Aucun
Expérience: 210/500
Alter: Hand Bite
Rang D





Iku Tozutsami
Rang D
Dim 12 Aoû - 0:58
L'autre fille fut assez compréhensive pour répéter sa proposition, appuyant l'offre d'un geste du bras et mettant la serviette en évidence. Le temps qu'elle comprenne, Iku baissa les yeux et regarda ses bras, encore couverts d'humidité. Ses manches lui collaient à la peau, ses cheveux étaient désagréables contre sa nuque, et une légère torsion du buste lui permit de voir la flaque à ses pieds. Elle n'était pas restée longtemps sous la pluie, pourtant, enfin elle n'en avait pas eu l'impression. Mais à voir l'air préoccupé – non, le mot était trop faible, elle semblait plutôt abattue ou désespérée, difficile pour l'étudiante de Shiketsu de deviner avec précision car l'empathie n'était pas son fort – de la jeune femme, Iku devina qu'elle faisait vraiment peine à voir. L'idée lui tira un petit ricanement désabusé, un petit rictus sarcastique, puis elle tendit la main et saisit la serviette.

"Merci. J'en ai vraiment besoin, hein ?"

Elle ne se fit pas prier et attaqua, portant le tissu à son visage et frottant vigoureusement. Il ne lui fallut que quelques secondes mais quand elle voulu passer à ses bras, découvrant son visage et sa vue, l'inconnue aux cheveux roses avait commencé à reculer. Iku voulut demander si elle ne voulait pas récupérer sa serviette et ouvrit la bouche, mais elle ne dit rien. Si elle s'éloignait, c'est qu'elle n'avait rien à ajouter. Peut-être. L'étudiante était encore trop bouleversée par ses propres doutes pour réfléchir. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait bien besoin de se sécher. Au pire, elle pouvait toujours rapporter la serviette plus tard.

Ce qu'elle finit d'ailleurs par faire. Après s'être bien frottée, cheveux compris, elle posa l'essui rose bonbon sur un coin de la table, évitant de le salir avec les restes de cours décomposés. Elle essora ensuite sa casquette, complètement trempée et désormais tordue. Le symbole de Shiketsu, de son appartenance et de la fierté de l'école, semblait aussi misérable qu'elle, aujourd'hui. Un signe, peut-être, que même une école de héros réputée avait échoué à faire d'Iku quelqu'un de convenable. Elle soupira avant de replacer le couvre-chef sur sa tête puis se leva, esquivant le serveur qui venait apporter sa tasse. Elle prendrait son café après, d'abord elle devait rendre la serviette à sa propriétaire.

Elle la portait sur le bras et la tendit timidement, exactement comme l'autre fille l'avait fait un peu plus tôt. A ceci près que la serviette était maintenant froissée et imbibée d'eau, et que malgré ses pinces, Ilu portait le rose avec moins de facilité que l'inconnue. Et ses vêtements collaient toujours, malgré ses efforts. Elle avait globalement moins de présence que sa mystérieuse bienfaitrice et ne pouvait s'empêcher de garder les yeux baissés.

"Tenez, votre serviette. Et, euh, merci."
Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Boku no Hero :: SUR LE TERRAIN :: Musutafu (Tokyo)-
Sauter vers: