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La belle et la bête [pv Iku]

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Yomi Kisara
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Jeu 20 Sep - 16:56
La bête enjouée par sa nature première, altruiste et humaniste, trouvait quelque peu étrange le rire spontané de sa camarade de beuverie. Etait-ce son phrasé un tantinet vieillot et si poli, également humble, qui clochait, ou bien s'était-elle fourvoyée sur la mentalité de la belle brune ? Mais si le phénomène à demi grossier ne l'ennuyait guère, puisqu'il en fallait d'avantage pour incommoder l'impassible chasseresse, elle devait bien avouer qu'un semblant de déception jaillissait à son insu. L'éprise des flammes daignait pourtant lui pardonner un tel écart, une condition de victime était sienne, tandis qu'on ne pouvait blâmer quiconque d'imaginer-là une groupie. Ces manières incisives et franches s'excusaient en cette heure, en plus d'épouvanter d'aventure la clique de mégères qui tendait déjà à détaler en hâte, la panique ancrée à leurs laides figures. Seule la rose semblait immunisée à cette aura intimidante digne de voyous de pacotilles et autres esprits acérés, espérait d'ailleurs qu'on lui signifie même en sourdine l'origine de sa prestation burlesque. Sans quoi elle craignait d'échouer à attendrir la donzelle devenue si dure, distante, glaciale.

Soudain, ladite étrangère à ses petits papiers brandissait une attention alléchante. Sans doute sa manière de fraterniser, tout du moins d'enjouer l'aspect formel et convivial de cet entretient intimiste. Et Yomi s'adonnait à une avancée similaire, allant épouser la paume de la sienne, sans crainte ni hâte d'aucune sorte. Sa vigueur d'émoustillée semblait s'être atténuée, au contraire des traits de son joli minois. Signe qu'elle ne s'était pas vexée. Et de qui se moquait-elle au juste, d'un camarade ayant pour habitude de la harceler ainsi ou d'elle-même ? L'autodérision ne s'avérait pas toujours une meilleure solution que l'apitoiement. Elle ne décelait au moins pas de prémices avérés d'une dépression naissante. Ou bien l'ego s'évertuait-il à se voiler la face ? Du reste, l'incendiaire avait souvenance de ce fameux jour où la bêtise humaine avait livré en pâture l'insouciante innocence en pâture aux foules, à la honte d'une cuisante débâcle face à l'ivresse des élites et autres vautours de déceler des potentiels pertinents en en sacrifiant d'autres, au seul nom d'un avenir où il incombait seul de voir perdurer gloire et prestige. Yomi estimait dont les ravages chez sa compagne, laquelle devait d'ailleurs répugné au moindre égard de compassion, perçu en pitié.

Voilà qui bouleversait la jeune fille à la sensibilité méconnue, d'ordinaire impassible et plus ardue à ébranler. Mais ce genre d'aveux et déductions poignantes ou tragiques ne savait que trop bien l'émouvoir et attiser l'envie pure d'apporter son soutient, même minime, dérisoire ou maladroit. Elle se gardait bien pourtant de changer sa poigne en tendresse, redoutant-là de broyer sa lancée thérapeutique si subtile, en plus de bousculer la brune. Son verre d'orangeade demeurait plein, tiède, insipide, oublié comme son linge humide et la moiteur environnante. La voilà dont qui laissait resurgir son petit carnet de dessous la table, avec le crayon nain associé, et ouvert sur une page vierge, afin de ne pas dévoiler des détails saugrenus et révélateurs de sa présence en cette ville qu'on n'appréciait guère. La pénombre envahissante et un brin épaisse ne l'incommodait nullement d'ailleurs pour griffonner sa leçon, de manière concise. Le tout garni d'une bien belle écriture ni raffinée ou stylisée, tout juste lisible et soignée un minimum. Elle envisageait le jour où il lui serait utile d'usurper l'appartenance d'un aspirant héros ou d'infiltrer une académie.

« Alors vous appartenait à Shiketsu, j'imagine ? A vrai dire, je me suis laissée dire que les gens de Yuei portaient une combinaison similaire à All Might. Il y aurait donc un uniforme scolaire et un pour les cours de pratique d'alter et de sport ? Et si les rubans ou les barrettes et autres mignons accessoires ne sont pas prohibés, tant mieux. Mais est-ce si exigeant pour le corps et l'esprit qu'on le prétend, Tozutsami-san ? Je veux dire, beaucoup de métiers demande de se surpasser, comme les pompiers ou l'armée. »


Dernière édition par Yomi Kisara le Mar 25 Sep - 16:47, édité 1 fois
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Iku Tozutsami
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Sam 22 Sep - 22:31
Au moins Yomi lui serra la main, elle n'eut pas l'impolitesse de refuser. De manière générale, en fait, elle était sympathique, aimable, polie, et elle semblait vraiment intéressée. Sans cet impression lancinante mais pas encore vérifiée que quelque chose se cachait derrière cet intérêt et ces questions, Iku l'aurait sans doute adorée. Elle était si intéressée qu'elle sortit un carnet, commençant à griffonner comme si elle prenait des notes. Un peu trop intéressée, donc. L'impression que ses réponses seraient sans intérêt diminuait un peu, chassée par ce nouveau malaise. Est-ce qu'elle ne commettait pas une erreur en racontant tout ça ?

D'un autre côté, elle ne disait rien qui ne soit pas trouvable sur le net, pour l'instant. Et elle se faisait peut-être juste des idées. Mais elle ne put s'empêcher de hausser un sourcil avant de se pencher en avant, essayant sans honte ni discrétion de lire ce que Yomi écrivait. A l'envers, cependant, et dans l'obscurité, elle ne put reconnaître que quelques caractères. Certainement pas assez pour comprendre quoi que ce soit. Alors elle se renfonça dans son siège, avec une nouvelle résolution. Cette fois, elle ne merderait pas et si les questions devenaient trop spécifiques ou touchaient à des sujets sensibles, elle ne dirait rien. Mais ces questions-là n'avaient rien de sensibles, donc pour l'instant elle ne trouva aucune raison de se retenir.

"Yep, la casquette c'est Shiketsu. De toute façon ça devient difficile de se tromper, il y a plus que deux écoles dans le coin. Après on se mélange pas des masses, donc je peux pas trop dire pour eux, mais j'imagine qu'ils ont deux uniformes, ouais. Enfin trois avec la version d'hiver. Nous c'est comme ça qu'on fait."

Elle prit le temps de perdre du temps en détails inutiles sur le sujet, ne répondant pas au plus vite. Parler des uniformes, elle s'en fichait un peu. C'était sans importance, presque sans intérêt. Par contre, pour son autre question… Elle replongea le regard dans le café avant de laisser ses épaules s'affaisser.

"Et ouais, c'est dur. C'est pas tant une question de se dépasser en fait. Pour certains, c'est facile. Ils sont doués, ils sont faits pour ça. Je dirais pas que ça leur vient sans effort, mais ils sont à l'aise, ils arrivent à tout faire et ils foirent jamais. C'est plus une question de niveau. Faut pas juste faire de son mieux, faut aussi faire assez bien et pour certains, même leur mieux suffit pas. Le corps, l'esprit, les compétences, il faut être au taquet sur pleins de trucs. Faut…"

Elle serrait les poings et les pinces, posés sur la table et bien en vue, ses phalanges tournant au gris sous l'obscurité. Même après avoir pleuré dans la rue, elle pouvait sentir sa gorge recommencer à se serrer et les larmes venir.
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Yomi Kisara
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Dim 30 Sep - 22:21
La curiosité de la brune était toute à son honneur, même l'éventuelle méfiance déguisée d'ailleurs. La belle rose pouvait n'être qu'une journaliste amatrice, un vautour susceptible d'abuser une étudiante presque crédule, un scoop ambulant. Elle ne pouvait hélas se résoudre à faire preuve de bonne foi en lui laissant tout loisir d'admirer ses écrits, de crainte qu'une méprise n'ajoute à la possible suspicion. Car seuls les enquêteurs et les reporters tenaient ce genre de calepins macabres. Et le jeune âge de l'animal jouait rarement en sa faveur lorsqu'elle s'essayait à s'expliquer sur ses agissements. Le risque demeurait trop grand, pour l'heure. Mais quelle charogne publique ignorait pour les détails énoncés, du reste, sinon un inspecteur en herbe n'ayant que faire des domaines d'expertises autres que les siens ? La jeune détective n'était pas sûre que sa perspicace voisine médite ce genre de subtilités, et ne pourrait pas lui en vouloir de se fourvoyer. De plus, l'aspirante héroïne avait sans doute mieux à faire que de se renseigner sur ses confrères plus modestes.

Soudain, une tirade lourde de sens frustrait cette dernière. Le phénomène se voulait révélateur. Sa voie aussi pernicieuse que noble exerçait sur ses épaules une certaine pression. Et d'où pouvait bien venir cet embarras ? D'une erreur particulière, d'un instant de faiblesse mais encore d'une série d'échecs divers ? L'incertitude pouvait bien embrumer sa pensée poignante, que l'inquisitrice s'osait à raviver l'esprit de compassion. Voilà qu'une douce main espérait s'immiscer auprès d'une autre, à envelopper tendrement tandis qu'un buste se penchait un brin sur la table, manquant-là d'heurter le verre plein alors que des pages s'étaient vues délaissées à ce seul profit. L'impérissable fin sourire perdurait d'ailleurs, les mirettes de mauve émues plongées dans ce regard pouvant se vouer rancune. L'incendiaire hésitait hélas à se déclamer, fourcher signifiant forfaire, malgré l'infime probabilité de désamorcer la situation, d'apaiser au lieu d'envenimer le malaise. Pouvait-elle seulement échafauder une amorce adéquate ou valait mieux-t-il s'adonner à la précipitation ? Sachant que demeurer silencieuse s'avérait déjà pénible, comme spectatrice impuissante.

« Vous n'êtes pas seule ... », susurrait cette petite voix troublée.

A vrai dire, l'inquisitrice partageait allègrement son calvaire. Puisqu'elle avait souvenance d'échecs cuisants, de débâcles dramatiques, de remords devenus hantises voraces. Tant de maux qui la saignaient au détour d'une évocation quelconque. Et la bête sanguinaire ne savait que trop bien ce qu'impliquait la moindre la maladresse, même la plus infime, un nouveau péril. Ces proies-là avaient tout loisir de récidiver, de nuire aux innocents qu'elle déplorait alors de n'avoir su sauver des griffes de la tentation et autres supplices. La jeune détective broyait du noir lorsqu'un médiat relatait de nouvelles victimes de violeurs et d'assassins, il en allait de même lorsqu'elle écoutait un informateur lui rapportant l'activité d'un simple dealer guère incommodé par son agression. Elle en éprouvait la virulente sensation d'être profondément inutile à ces gens qu'elle n'aspirait qu'à protéger et servir. Ce qui justifiait chaque fois un peu plus son inéluctable dégringolade dans la violence où bientôt seule une créature enragée subsisterait, enivrée par des pulsions vengeresses. Puisse l'oubli épargner ses idéaux, le doux songe d'une monde plus sûr et juste où sa croisade serait désuète.

En l'attente de quoi l'esseulée incomprise songeait là à traquer l'odieux mécréant qui aurait au préalable sévi chez sa compagnie de table. L'idée même qu'un maraud s'en tire impunément lui était insupportable, intolérable. Son aversion du phénomène motivait un étalage de sauvagerie sous le masque impassible. Et cette envie justicière primitive la délivrait pour l'heure de piétiner en sa traque d'un tout autre monstre où la suspicion du moindre individu croisé la labourait plus tôt. Son autre griffe demeurée au carnet refermé avait rechigné d'épouser une congénère de crainte d'en faire trop, hors l'éprise des flammes souhait avant tout la ménager et apaiser. A l'instar d'une ambiance assez plaisante, quoique trop frêle et malhabile. Mais la belle rose n'aurait pu déléguer cette tâche à l'autre galant affairé à l'écart, dont le regard presque indiscret rodaient à ces abords, osant braver plus que ténèbres et méprise sèche. Il se fourvoyait peut-être à trop observer cette table isolée, cette pénombre intimiste et ces donzelles étranges. Le comptoir s'amusait sans doute de duo insolite tout en fabulant des inepties burlesques ou tout juste anodines.

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Iku Tozutsami
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Mer 3 Oct - 0:21
Le contact sur le poing d'Iku la fit frissonner. Une fois encore elle s'était isolée dans ses pensées, concentrée au point d'en ignorer le monde autour d'elle et de ne pas voir Yomi bouger. Elle redressa les yeux, désormais de retour dans le monde réel, mais ne vit aucun signe de tromperie. Rien ne laissait penser que la jeune femme jouait la comédie, ou tentait de la manipuler, ou de se moquer d'elle. Peut-être était-ce le cas, peut-être était-elle juste une bonne actrice, peut-être l'étudiante n'était-elle simplement pas en état de juger. En tout cas elle ne voyait qu'une compassion sincère. Un instant ses poings se raidirent encore plus, au point de blanchir ses phalanges et planter un ongle dans sa paume, puis elle se détendit et ses épaules s'affaissèrent alors qu'un sanglot éclatait dans sa gorge.

"Je suis juste trop nulle pour ça. Tout ce que je fais je le foire, ou j'empire les choses. J'essaie, j'essaie vraiment d'être au niveau, mais… Je sais même pas pourquoi j'insiste. J'ai promis à Kioshi que je ferais ce que je peux pour devenir une héroïne, mais si je sais que j'y arriverais pas, est-ce que je dois encore continuer ? Est-ce que ça vaut vraiment la peine, est-ce que ça serait vraiment briser ma promesse s'il n'y a vraiment plus d'espoir ? Et si y avait encore un espoir, même pour une catastrophe pour moi ?"

Elle finit par perdre la force de parler, continuant juste de hoqueter. Vider son sac comme ça lui avait fait du bien, un bien fou même. C'était la première fois qu'elle en parlait à qui que ce soit à part elle-même. Elle n'avait pas spécialement cherché à se cacher mais pourtant personne ne lui avait demandé. Personne n'avait essayé de l'approcher. En fait même ses amies l'avaient évité ces derniers jours, ce qu'Iku mettait sur le compte d'un hasard des agendas. Le résultat restait qu'elle avait ruminé son désespoir seule pendant tout ce temps, incapable de lui donner forme ou de le sortir de son système.

Cela l'aida aussi à se calmer un peu et à réfléchir à ce qui venait de se passer. Comme ses yeux embrouillés fixaient la surface percée de larmes du café, sa casquette humide acheva de glisser sur ses cheveux trempés et heurta la table avec un bruit de succion misérable. Elle tourna son attention vers le bout de tissu profané. Tant qu'elle portait la casquette, elle représentait Shiketsu et devait se montrer sous son meilleur jour. D'un geste vif elle retira sa main de celle de Yomi, empoignant le couvre-chef alors que déjà, de son autre bras, elle commençait à repousser sa chaise et se préparait à se lever.

"J'aurais pas dû vous parler de tout ça, ça vous concerne pas. Merci quand même d'avoir écouté, mais il vaudrait mieux que je file."
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Yomi Kisara
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Dim 7 Oct - 18:46
A la faveur d'une étreinte charnelle, des plus intimistes et chastes, frémissait la brune aussi frêle en ses chairs qu'impénétrable d'ordinaire en surface. La façade grossière s'effondrait d'aventure avec une aisance édifiante et cruelle, une ironie que partageait sa compagne d'infortune tandis que la jeune fille désarçonnée, comme aux prémices de leur rencontre, ne répondait favorablement à cette poigne compatissante pour mieux s'extirper de la houle du triste vécu, ou plutôt s'en délivrer enfin. La belle rose se savait du reste malhabile en terme d'apaisement des mœurs, victimes comme plaignants. Elle déléguait plutôt cette tâche d'accompagnement de malheureux en tout genre à sa chère et tendre aînée, si douce et douée en matière de relations publiques, dont les démarches agréable et empathiques ne cessaient jamais de l'impressionner. La bête abordait ainsi avec son seul professionnalisme la clientèle du cabinet familial. Au risque de paraître glaciale, détachée ou brusque. Mais sa visée de la profession ne s'embarrassait pas de telles bagatelles que sont les sentiments, tout au contraire, l'implication émotionnelle embrumait la raison et les sens.

La jeune détective saisissait enfin cette subtilité lui ayant maintes fois échappé. Et le sanglot ne lui semblait que plus pénible et déchirant. Ces palabres lui raisonnaient à l'esprit. Elle avait songé à se confesser pareillement à sa confidente, bien qu'innocente à ses méfaits et susceptible de la trahir un jour, le tout à maintes reprises. Préférant dès lors enfouir toute cette frustration vorace, ces larmes ardentes qui ruisselaient à l'écart, dans l'ombre de sa félicité de toujours arborée devant quiconque. Ces mots étaient presque les siens, aussi contempler la ruine de ces prunelles ne pouvait que la laisser larmoyer en retour, sans savoir. Et sa tendre mimine affichait une moiteur palpable, bien que minime, entre deux bien légers frissons. Peut-être trop subtils ? Mais voilà que l'incident d'une emblème achevait l'aspect tragique du discours, phénomène qu'une mirette de mauve avait pu déceler à demi en son mutisme pesant. Comme si la pucelle funèbre se devait de renoncer. Seul un misérable dieu enverrait de tels signes, si cruels et brusques. Hors cette dernière s'y refusait, par bravoure ou noblesse d'âme, préférant retrouver fierté que s'abandonner à l'apitoiement.

Mais se prodiguer soi-même une thérapie valait mieux t'il qu'écouter conseils d'une inconnue pertinente et dévouée ? S'exiler dans la solitude ne guérissait pas toujours les blessures invisibles, au contraire. L'animal silencieux se dressait alors, sans pourtant gagner des abords admirables et plaisants qu'elle admirait fort émue, avant de la héler gentiment. Elle espérait là prodiguer sagesse, même maladroite, puis mander plus amples informations afin qu'on aille pas commettre une bêtise. « Je vous comprends, je traverse encore ce genre d'épreuves. Mais ne dit-on pas que l'échec est le meilleur des maîtres, qu'il faut d'abord trébucher pour apprendre à réussir au mieux ? Pourriez-vous juste me décrire l'individu qui vous saigne ? », soufflait-elle une main campée au carnet, preuve de son envie d'aider alors qu'une autre griffe brandissait sa carte de détective, bien qu'étrangère à la cité et très jeune pour officier en ce métier rude. Son furtif appendice ondoyait au flanc de la table, discernable sur le rouge de la banquette, pouvant induire plus qu'une apparence exotique de diable alléché par l'horreur de la situation. La clientèle n'y prêtait pas attention et les bougres au comptoir n'en savaient trop quoi penser, hormis que l'établissement fermerait bientôt.


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Iku Tozutsami
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Mer 10 Oct - 1:29
Le geste prit Iku au dépourvu, tout comme le reste. Elle n'avait simplement pas imaginé la réaction de sa confidente de fortune, et même si elle l'avait fait, celle-ci n'aurait pas été dans la liste. Ses yeux rougis et humides se portèrent naturellement vers la carte. Détective. La photo correspondait bien à la jeune femme qui la brandissait, ce n'était pas juste de la publicité ou une arnaque. La fille aux cheveux roses était bien détective. Cela expliquait peut-être qu'elle pose des questions comme ça, déformation professionnelle. Et aussi comment elle avait si facilement trouvé le point faible de la crevette et appuyé dessus, lui tirant des aveux. Iku releva finalement les yeux, immobile depuis que la jeune femme lui avait adressé la parole. A voir les yeux embués de larme de l'investigatrice, peut-être que ce n'était pas son expérience professionnelle qui lui avait permit de lire à travers Iku si facilement, plutôt une compréhension instinctive. Finalement, n'ayant retenu que la moitié de ce qu'elle avait entendu, la brune sortit de sa torpeur.

"Vous êtes pas vachement jeune pour une détective ?"

Malgré toutes les questions qui lui brûlaient les lèvres, de toutes les choses qu'elle avait envie de dire en cet instant, ce fut seulement celle-là qui franchit ses lèvres. La plus insignifiante et sans importance de toutes, lâchée de sa voix cassée et rocailleuse. Elle réalisait bien à quel point c'était sans intérêt, secouant d'elle-même la tête avant de se concentrer sur des sujets plus importants et utiles. Elle tenta de se redonner un air sérieux, ce qui aurait marché sans ses yeux encore rouges, sa voix encore brisée et les cheveux collés à son front et sa nuque.

"Et de toute façon je pense pas que vous puissiez quoi que ce soit pour moi. Personne me saigne, ou je sais pas quoi. Enfin j'ai bien croisé des tarés et des débiles plus ou moins dangereux qui m'ont plus ou moins blessée, mais personne en particulier. Mon seul problème c'est moi-même, c'est que je suis bonne à rien, et ça je pense pas que vous pouvez m'en débarrasser."

Elle se tut un instant, toujours debout face à la table, toujours prête à partir sans pour autant amorcer de mouvement vers la porte. Rien dans cette rencontre ou dans cet échange n'allait comme elle pensait, comme elle voulait, et elle ne savait pas quoi faire ou quoi dire ensuite. Finalement elle tendit la main comme pour saisir la carte, s'immobilisant à mi-chemin comme si elle hésitait, et un gloussement las et rauque monta de sa gorge.

"Je savais même pas qu'il y avait des détectives privés dans le coin, tiens..."
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Yomi Kisara
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Hier à 20:09
Le fait de ne pas paraître médusée ou badinée d'inepties grossières, au regard d'une absence de stupéfaction chez cette jouvencelle à la sombre chevelure, n'ennuyait nullement la modeste enquêtrice, presque ravie d'une telle attitude. A vrai dire, elle ne s'attendait pas à une réaction exagérée, un sourcil haussé à la rigueur. Son derme officiel paraissait dont crédible aux yeux de la brune, dont la perspicacité lui rappelait sans doute la teneur de l'entretient et la rassurait éventuellement sur les intentions de son étrange camarade. Le phénomène épargnait une puérile perte de temps à s'essayer à convaincre par des élans pédagogiques, chose qu'il lui fallait faire d'ordinaire et que trop souvent en ses quartiers. Mais son jeune âge s'accommodait fort d'une tolérance aux méprises et parfois aux sots discours. La bête n'irait dont pas blâmer sa compagne de se fourvoyer un brin, puisqu'elle demeurait des plus mystérieuses, tandis que ses griffes glissaient presque sa carte à cette mimine hésitante, voire craintive de s'y abandonner. Le feuillet aux secrets délaissé, l'inquisitrice à demi démunie pouvait encore s'essayer à convaincre. Sa frange éludait d'ailleurs sa mine larmoyante.

Le funèbre fauve à la rose chevelure craignait d'offusquer en lui mandant confirmation de ses dires que la honte et l'égo pouvaient s'interdirent. Le déni n'aidant pas toujours, Yomi préférait ne pas trop insister en l'état, et peut-être que la crevette se confierait à la faveur de la nuit, au détour d'une conversation téléphonique ou d'un papelard expédié au siège de l'entreprise de détectives. Etait-elle seulement folle d'espérait une confession plus poussée, ou bien n'aspirait-elle qu'à châtier le moindre misérable tenu pour responsable de ces maux béants ? L'inextinguible soif de justice se voulait d'avantage ivresse sanguinaire en cette heure d'aveux terribles et poignants. La belle rose ne s'en trouvait que plus inutile, frustrée de ne pas être sollicitée pour la moindre quête de vengeance. Pouvait-elle alors l'obliger à transcender leurs divergences afin de se délivrer ensemble ? Sa houle intérieure émoussait là encore sa raison et l'empêchait de cogiter convenablement, si bien que divaguer semblait plus plausible qu'affiner le portrait psychologique de la victime. Et la vilaine s'osait d'ailleurs à effectuer une légère révérence, le buste penché un brin sur ses bras.

« Ne dîtes pas ça, voyons. Vous êtes très intelligente et observatrice. Cerner les gens est dans votre nature, j'imagine. Et puis vous avez beaucoup de courage. Ce n'est pas tout le monde qui envisagerait sérieusement une telle carrière. Ainsi, nous pourrions nous aider mutuellement, si vous êtes d'accord bien entendu. Mener des investigations en solitaire s'avère parfois si hardu, vous savez. »


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