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La belle et la bête [pv Iku]

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Yomi Kisara
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Jeu 20 Sep - 16:56
La bête enjouée par sa nature première, altruiste et humaniste, trouvait quelque peu étrange le rire spontané de sa camarade de beuverie. Etait-ce son phrasé un tantinet vieillot et si poli, également humble, qui clochait, ou bien s'était-elle fourvoyée sur la mentalité de la belle brune ? Mais si le phénomène à demi grossier ne l'ennuyait guère, puisqu'il en fallait d'avantage pour incommoder l'impassible chasseresse, elle devait bien avouer qu'un semblant de déception jaillissait à son insu. L'éprise des flammes daignait pourtant lui pardonner un tel écart, une condition de victime était sienne, tandis qu'on ne pouvait blâmer quiconque d'imaginer-là une groupie. Ces manières incisives et franches s'excusaient en cette heure, en plus d'épouvanter d'aventure la clique de mégères qui tendait déjà à détaler en hâte, la panique ancrée à leurs laides figures. Seule la rose semblait immunisée à cette aura intimidante digne de voyous de pacotilles et autres esprits acérés, espérait d'ailleurs qu'on lui signifie même en sourdine l'origine de sa prestation burlesque. Sans quoi elle craignait d'échouer à attendrir la donzelle devenue si dure, distante, glaciale.

Soudain, ladite étrangère à ses petits papiers brandissait une attention alléchante. Sans doute sa manière de fraterniser, tout du moins d'enjouer l'aspect formel et convivial de cet entretient intimiste. Et Yomi s'adonnait à une avancée similaire, allant épouser la paume de la sienne, sans crainte ni hâte d'aucune sorte. Sa vigueur d'émoustillée semblait s'être atténuée, au contraire des traits de son joli minois. Signe qu'elle ne s'était pas vexée. Et de qui se moquait-elle au juste, d'un camarade ayant pour habitude de la harceler ainsi ou d'elle-même ? L'autodérision ne s'avérait pas toujours une meilleure solution que l'apitoiement. Elle ne décelait au moins pas de prémices avérés d'une dépression naissante. Ou bien l'ego s'évertuait-il à se voiler la face ? Du reste, l'incendiaire avait souvenance de ce fameux jour où la bêtise humaine avait livré en pâture l'insouciante innocence en pâture aux foules, à la honte d'une cuisante débâcle face à l'ivresse des élites et autres vautours de déceler des potentiels pertinents en en sacrifiant d'autres, au seul nom d'un avenir où il incombait seul de voir perdurer gloire et prestige. Yomi estimait dont les ravages chez sa compagne, laquelle devait d'ailleurs répugné au moindre égard de compassion, perçu en pitié.

Voilà qui bouleversait la jeune fille à la sensibilité méconnue, d'ordinaire impassible et plus ardue à ébranler. Mais ce genre d'aveux et déductions poignantes ou tragiques ne savait que trop bien l'émouvoir et attiser l'envie pure d'apporter son soutient, même minime, dérisoire ou maladroit. Elle se gardait bien pourtant de changer sa poigne en tendresse, redoutant-là de broyer sa lancée thérapeutique si subtile, en plus de bousculer la brune. Son verre d'orangeade demeurait plein, tiède, insipide, oublié comme son linge humide et la moiteur environnante. La voilà dont qui laissait resurgir son petit carnet de dessous la table, avec le crayon nain associé, et ouvert sur une page vierge, afin de ne pas dévoiler des détails saugrenus et révélateurs de sa présence en cette ville qu'on n'appréciait guère. La pénombre envahissante et un brin épaisse ne l'incommodait nullement d'ailleurs pour griffonner sa leçon, de manière concise. Le tout garni d'une bien belle écriture ni raffinée ou stylisée, tout juste lisible et soignée un minimum. Elle envisageait le jour où il lui serait utile d'usurper l'appartenance d'un aspirant héros ou d'infiltrer une académie.

« Alors vous appartenait à Shiketsu, j'imagine ? A vrai dire, je me suis laissée dire que les gens de Yuei portaient une combinaison similaire à All Might. Il y aurait donc un uniforme scolaire et un pour les cours de pratique d'alter et de sport ? Et si les rubans ou les barrettes et autres mignons accessoires ne sont pas prohibés, tant mieux. Mais est-ce si exigeant pour le corps et l'esprit qu'on le prétend, Tozutsami-san ? Je veux dire, beaucoup de métiers demande de se surpasser, comme les pompiers ou l'armée. »


Dernière édition par Yomi Kisara le Mar 25 Sep - 16:47, édité 1 fois
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Iku Tozutsami
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Sam 22 Sep - 22:31
Au moins Yomi lui serra la main, elle n'eut pas l'impolitesse de refuser. De manière générale, en fait, elle était sympathique, aimable, polie, et elle semblait vraiment intéressée. Sans cet impression lancinante mais pas encore vérifiée que quelque chose se cachait derrière cet intérêt et ces questions, Iku l'aurait sans doute adorée. Elle était si intéressée qu'elle sortit un carnet, commençant à griffonner comme si elle prenait des notes. Un peu trop intéressée, donc. L'impression que ses réponses seraient sans intérêt diminuait un peu, chassée par ce nouveau malaise. Est-ce qu'elle ne commettait pas une erreur en racontant tout ça ?

D'un autre côté, elle ne disait rien qui ne soit pas trouvable sur le net, pour l'instant. Et elle se faisait peut-être juste des idées. Mais elle ne put s'empêcher de hausser un sourcil avant de se pencher en avant, essayant sans honte ni discrétion de lire ce que Yomi écrivait. A l'envers, cependant, et dans l'obscurité, elle ne put reconnaître que quelques caractères. Certainement pas assez pour comprendre quoi que ce soit. Alors elle se renfonça dans son siège, avec une nouvelle résolution. Cette fois, elle ne merderait pas et si les questions devenaient trop spécifiques ou touchaient à des sujets sensibles, elle ne dirait rien. Mais ces questions-là n'avaient rien de sensibles, donc pour l'instant elle ne trouva aucune raison de se retenir.

"Yep, la casquette c'est Shiketsu. De toute façon ça devient difficile de se tromper, il y a plus que deux écoles dans le coin. Après on se mélange pas des masses, donc je peux pas trop dire pour eux, mais j'imagine qu'ils ont deux uniformes, ouais. Enfin trois avec la version d'hiver. Nous c'est comme ça qu'on fait."

Elle prit le temps de perdre du temps en détails inutiles sur le sujet, ne répondant pas au plus vite. Parler des uniformes, elle s'en fichait un peu. C'était sans importance, presque sans intérêt. Par contre, pour son autre question… Elle replongea le regard dans le café avant de laisser ses épaules s'affaisser.

"Et ouais, c'est dur. C'est pas tant une question de se dépasser en fait. Pour certains, c'est facile. Ils sont doués, ils sont faits pour ça. Je dirais pas que ça leur vient sans effort, mais ils sont à l'aise, ils arrivent à tout faire et ils foirent jamais. C'est plus une question de niveau. Faut pas juste faire de son mieux, faut aussi faire assez bien et pour certains, même leur mieux suffit pas. Le corps, l'esprit, les compétences, il faut être au taquet sur pleins de trucs. Faut…"

Elle serrait les poings et les pinces, posés sur la table et bien en vue, ses phalanges tournant au gris sous l'obscurité. Même après avoir pleuré dans la rue, elle pouvait sentir sa gorge recommencer à se serrer et les larmes venir.
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Yomi Kisara
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Dim 30 Sep - 22:21
La curiosité de la brune était toute à son honneur, même l'éventuelle méfiance déguisée d'ailleurs. La belle rose pouvait n'être qu'une journaliste amatrice, un vautour susceptible d'abuser une étudiante presque crédule, un scoop ambulant. Elle ne pouvait hélas se résoudre à faire preuve de bonne foi en lui laissant tout loisir d'admirer ses écrits, de crainte qu'une méprise n'ajoute à la possible suspicion. Car seuls les enquêteurs et les reporters tenaient ce genre de calepins macabres. Et le jeune âge de l'animal jouait rarement en sa faveur lorsqu'elle s'essayait à s'expliquer sur ses agissements. Le risque demeurait trop grand, pour l'heure. Mais quelle charogne publique ignorait pour les détails énoncés, du reste, sinon un inspecteur en herbe n'ayant que faire des domaines d'expertises autres que les siens ? La jeune détective n'était pas sûre que sa perspicace voisine médite ce genre de subtilités, et ne pourrait pas lui en vouloir de se fourvoyer. De plus, l'aspirante héroïne avait sans doute mieux à faire que de se renseigner sur ses confrères plus modestes.

Soudain, une tirade lourde de sens frustrait cette dernière. Le phénomène se voulait révélateur. Sa voie aussi pernicieuse que noble exerçait sur ses épaules une certaine pression. Et d'où pouvait bien venir cet embarras ? D'une erreur particulière, d'un instant de faiblesse mais encore d'une série d'échecs divers ? L'incertitude pouvait bien embrumer sa pensée poignante, que l'inquisitrice s'osait à raviver l'esprit de compassion. Voilà qu'une douce main espérait s'immiscer auprès d'une autre, à envelopper tendrement tandis qu'un buste se penchait un brin sur la table, manquant-là d'heurter le verre plein alors que des pages s'étaient vues délaissées à ce seul profit. L'impérissable fin sourire perdurait d'ailleurs, les mirettes de mauve émues plongées dans ce regard pouvant se vouer rancune. L'incendiaire hésitait hélas à se déclamer, fourcher signifiant forfaire, malgré l'infime probabilité de désamorcer la situation, d'apaiser au lieu d'envenimer le malaise. Pouvait-elle seulement échafauder une amorce adéquate ou valait mieux-t-il s'adonner à la précipitation ? Sachant que demeurer silencieuse s'avérait déjà pénible, comme spectatrice impuissante.

« Vous n'êtes pas seule ... », susurrait cette petite voix troublée.

A vrai dire, l'inquisitrice partageait allègrement son calvaire. Puisqu'elle avait souvenance d'échecs cuisants, de débâcles dramatiques, de remords devenus hantises voraces. Tant de maux qui la saignaient au détour d'une évocation quelconque. Et la bête sanguinaire ne savait que trop bien ce qu'impliquait la moindre la maladresse, même la plus infime, un nouveau péril. Ces proies-là avaient tout loisir de récidiver, de nuire aux innocents qu'elle déplorait alors de n'avoir su sauver des griffes de la tentation et autres supplices. La jeune détective broyait du noir lorsqu'un médiat relatait de nouvelles victimes de violeurs et d'assassins, il en allait de même lorsqu'elle écoutait un informateur lui rapportant l'activité d'un simple dealer guère incommodé par son agression. Elle en éprouvait la virulente sensation d'être profondément inutile à ces gens qu'elle n'aspirait qu'à protéger et servir. Ce qui justifiait chaque fois un peu plus son inéluctable dégringolade dans la violence où bientôt seule une créature enragée subsisterait, enivrée par des pulsions vengeresses. Puisse l'oubli épargner ses idéaux, le doux songe d'une monde plus sûr et juste où sa croisade serait désuète.

En l'attente de quoi l'esseulée incomprise songeait là à traquer l'odieux mécréant qui aurait au préalable sévi chez sa compagnie de table. L'idée même qu'un maraud s'en tire impunément lui était insupportable, intolérable. Son aversion du phénomène motivait un étalage de sauvagerie sous le masque impassible. Et cette envie justicière primitive la délivrait pour l'heure de piétiner en sa traque d'un tout autre monstre où la suspicion du moindre individu croisé la labourait plus tôt. Son autre griffe demeurée au carnet refermé avait rechigné d'épouser une congénère de crainte d'en faire trop, hors l'éprise des flammes souhait avant tout la ménager et apaiser. A l'instar d'une ambiance assez plaisante, quoique trop frêle et malhabile. Mais la belle rose n'aurait pu déléguer cette tâche à l'autre galant affairé à l'écart, dont le regard presque indiscret rodaient à ces abords, osant braver plus que ténèbres et méprise sèche. Il se fourvoyait peut-être à trop observer cette table isolée, cette pénombre intimiste et ces donzelles étranges. Le comptoir s'amusait sans doute de duo insolite tout en fabulant des inepties burlesques ou tout juste anodines.

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Iku Tozutsami
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Mer 3 Oct - 0:21
Le contact sur le poing d'Iku la fit frissonner. Une fois encore elle s'était isolée dans ses pensées, concentrée au point d'en ignorer le monde autour d'elle et de ne pas voir Yomi bouger. Elle redressa les yeux, désormais de retour dans le monde réel, mais ne vit aucun signe de tromperie. Rien ne laissait penser que la jeune femme jouait la comédie, ou tentait de la manipuler, ou de se moquer d'elle. Peut-être était-ce le cas, peut-être était-elle juste une bonne actrice, peut-être l'étudiante n'était-elle simplement pas en état de juger. En tout cas elle ne voyait qu'une compassion sincère. Un instant ses poings se raidirent encore plus, au point de blanchir ses phalanges et planter un ongle dans sa paume, puis elle se détendit et ses épaules s'affaissèrent alors qu'un sanglot éclatait dans sa gorge.

"Je suis juste trop nulle pour ça. Tout ce que je fais je le foire, ou j'empire les choses. J'essaie, j'essaie vraiment d'être au niveau, mais… Je sais même pas pourquoi j'insiste. J'ai promis à Kioshi que je ferais ce que je peux pour devenir une héroïne, mais si je sais que j'y arriverais pas, est-ce que je dois encore continuer ? Est-ce que ça vaut vraiment la peine, est-ce que ça serait vraiment briser ma promesse s'il n'y a vraiment plus d'espoir ? Et si y avait encore un espoir, même pour une catastrophe pour moi ?"

Elle finit par perdre la force de parler, continuant juste de hoqueter. Vider son sac comme ça lui avait fait du bien, un bien fou même. C'était la première fois qu'elle en parlait à qui que ce soit à part elle-même. Elle n'avait pas spécialement cherché à se cacher mais pourtant personne ne lui avait demandé. Personne n'avait essayé de l'approcher. En fait même ses amies l'avaient évité ces derniers jours, ce qu'Iku mettait sur le compte d'un hasard des agendas. Le résultat restait qu'elle avait ruminé son désespoir seule pendant tout ce temps, incapable de lui donner forme ou de le sortir de son système.

Cela l'aida aussi à se calmer un peu et à réfléchir à ce qui venait de se passer. Comme ses yeux embrouillés fixaient la surface percée de larmes du café, sa casquette humide acheva de glisser sur ses cheveux trempés et heurta la table avec un bruit de succion misérable. Elle tourna son attention vers le bout de tissu profané. Tant qu'elle portait la casquette, elle représentait Shiketsu et devait se montrer sous son meilleur jour. D'un geste vif elle retira sa main de celle de Yomi, empoignant le couvre-chef alors que déjà, de son autre bras, elle commençait à repousser sa chaise et se préparait à se lever.

"J'aurais pas dû vous parler de tout ça, ça vous concerne pas. Merci quand même d'avoir écouté, mais il vaudrait mieux que je file."
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Yomi Kisara
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Dim 7 Oct - 18:46
A la faveur d'une étreinte charnelle, des plus intimistes et chastes, frémissait la brune aussi frêle en ses chairs qu'impénétrable d'ordinaire en surface. La façade grossière s'effondrait d'aventure avec une aisance édifiante et cruelle, une ironie que partageait sa compagne d'infortune tandis que la jeune fille désarçonnée, comme aux prémices de leur rencontre, ne répondait favorablement à cette poigne compatissante pour mieux s'extirper de la houle du triste vécu, ou plutôt s'en délivrer enfin. La belle rose se savait du reste malhabile en terme d'apaisement des mœurs, victimes comme plaignants. Elle déléguait plutôt cette tâche d'accompagnement de malheureux en tout genre à sa chère et tendre aînée, si douce et douée en matière de relations publiques, dont les démarches agréable et empathiques ne cessaient jamais de l'impressionner. La bête abordait ainsi avec son seul professionnalisme la clientèle du cabinet familial. Au risque de paraître glaciale, détachée ou brusque. Mais sa visée de la profession ne s'embarrassait pas de telles bagatelles que sont les sentiments, tout au contraire, l'implication émotionnelle embrumait la raison et les sens.

La jeune détective saisissait enfin cette subtilité lui ayant maintes fois échappé. Et le sanglot ne lui semblait que plus pénible et déchirant. Ces palabres lui raisonnaient à l'esprit. Elle avait songé à se confesser pareillement à sa confidente, bien qu'innocente à ses méfaits et susceptible de la trahir un jour, le tout à maintes reprises. Préférant dès lors enfouir toute cette frustration vorace, ces larmes ardentes qui ruisselaient à l'écart, dans l'ombre de sa félicité de toujours arborée devant quiconque. Ces mots étaient presque les siens, aussi contempler la ruine de ces prunelles ne pouvait que la laisser larmoyer en retour, sans savoir. Et sa tendre mimine affichait une moiteur palpable, bien que minime, entre deux bien légers frissons. Peut-être trop subtils ? Mais voilà que l'incident d'une emblème achevait l'aspect tragique du discours, phénomène qu'une mirette de mauve avait pu déceler à demi en son mutisme pesant. Comme si la pucelle funèbre se devait de renoncer. Seul un misérable dieu enverrait de tels signes, si cruels et brusques. Hors cette dernière s'y refusait, par bravoure ou noblesse d'âme, préférant retrouver fierté que s'abandonner à l'apitoiement.

Mais se prodiguer soi-même une thérapie valait mieux t'il qu'écouter conseils d'une inconnue pertinente et dévouée ? S'exiler dans la solitude ne guérissait pas toujours les blessures invisibles, au contraire. L'animal silencieux se dressait alors, sans pourtant gagner des abords admirables et plaisants qu'elle admirait fort émue, avant de la héler gentiment. Elle espérait là prodiguer sagesse, même maladroite, puis mander plus amples informations afin qu'on aille pas commettre une bêtise. « Je vous comprends, je traverse encore ce genre d'épreuves. Mais ne dit-on pas que l'échec est le meilleur des maîtres, qu'il faut d'abord trébucher pour apprendre à réussir au mieux ? Pourriez-vous juste me décrire l'individu qui vous saigne ? », soufflait-elle une main campée au carnet, preuve de son envie d'aider alors qu'une autre griffe brandissait sa carte de détective, bien qu'étrangère à la cité et très jeune pour officier en ce métier rude. Son furtif appendice ondoyait au flanc de la table, discernable sur le rouge de la banquette, pouvant induire plus qu'une apparence exotique de diable alléché par l'horreur de la situation. La clientèle n'y prêtait pas attention et les bougres au comptoir n'en savaient trop quoi penser, hormis que l'établissement fermerait bientôt.


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Iku Tozutsami
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Mer 10 Oct - 1:29
Le geste prit Iku au dépourvu, tout comme le reste. Elle n'avait simplement pas imaginé la réaction de sa confidente de fortune, et même si elle l'avait fait, celle-ci n'aurait pas été dans la liste. Ses yeux rougis et humides se portèrent naturellement vers la carte. Détective. La photo correspondait bien à la jeune femme qui la brandissait, ce n'était pas juste de la publicité ou une arnaque. La fille aux cheveux roses était bien détective. Cela expliquait peut-être qu'elle pose des questions comme ça, déformation professionnelle. Et aussi comment elle avait si facilement trouvé le point faible de la crevette et appuyé dessus, lui tirant des aveux. Iku releva finalement les yeux, immobile depuis que la jeune femme lui avait adressé la parole. A voir les yeux embués de larme de l'investigatrice, peut-être que ce n'était pas son expérience professionnelle qui lui avait permit de lire à travers Iku si facilement, plutôt une compréhension instinctive. Finalement, n'ayant retenu que la moitié de ce qu'elle avait entendu, la brune sortit de sa torpeur.

"Vous êtes pas vachement jeune pour une détective ?"

Malgré toutes les questions qui lui brûlaient les lèvres, de toutes les choses qu'elle avait envie de dire en cet instant, ce fut seulement celle-là qui franchit ses lèvres. La plus insignifiante et sans importance de toutes, lâchée de sa voix cassée et rocailleuse. Elle réalisait bien à quel point c'était sans intérêt, secouant d'elle-même la tête avant de se concentrer sur des sujets plus importants et utiles. Elle tenta de se redonner un air sérieux, ce qui aurait marché sans ses yeux encore rouges, sa voix encore brisée et les cheveux collés à son front et sa nuque.

"Et de toute façon je pense pas que vous puissiez quoi que ce soit pour moi. Personne me saigne, ou je sais pas quoi. Enfin j'ai bien croisé des tarés et des débiles plus ou moins dangereux qui m'ont plus ou moins blessée, mais personne en particulier. Mon seul problème c'est moi-même, c'est que je suis bonne à rien, et ça je pense pas que vous pouvez m'en débarrasser."

Elle se tut un instant, toujours debout face à la table, toujours prête à partir sans pour autant amorcer de mouvement vers la porte. Rien dans cette rencontre ou dans cet échange n'allait comme elle pensait, comme elle voulait, et elle ne savait pas quoi faire ou quoi dire ensuite. Finalement elle tendit la main comme pour saisir la carte, s'immobilisant à mi-chemin comme si elle hésitait, et un gloussement las et rauque monta de sa gorge.

"Je savais même pas qu'il y avait des détectives privés dans le coin, tiens..."
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Yomi Kisara
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Lun 15 Oct - 20:09
Le fait de ne pas paraître médusée ou badinée d'inepties grossières, au regard d'une absence de stupéfaction chez cette jouvencelle à la sombre chevelure, n'ennuyait nullement la modeste enquêtrice, presque ravie d'une telle attitude. A vrai dire, elle ne s'attendait pas à une réaction exagérée, un sourcil haussé à la rigueur. Son derme officiel paraissait dont crédible aux yeux de la brune, dont la perspicacité lui rappelait sans doute la teneur de l'entretient et la rassurait éventuellement sur les intentions de son étrange camarade. Le phénomène épargnait une puérile perte de temps à s'essayer à convaincre par des élans pédagogiques, chose qu'il lui fallait faire d'ordinaire et que trop souvent en ses quartiers. Mais son jeune âge s'accommodait fort d'une tolérance aux méprises et parfois aux sots discours. La bête n'irait dont pas blâmer sa compagne de se fourvoyer un brin, puisqu'elle demeurait des plus mystérieuses, tandis que ses griffes glissaient presque sa carte à cette mimine hésitante, voire craintive de s'y abandonner. Le feuillet aux secrets délaissé, l'inquisitrice à demi démunie pouvait encore s'essayer à convaincre. Sa frange éludait d'ailleurs sa mine larmoyante.

Le funèbre fauve à la rose chevelure craignait d'offusquer en lui mandant confirmation de ses dires que la honte et l'égo pouvaient s'interdire. Le déni n'aidant pas toujours, Yomi préférait ne pas trop insister en l'état, et peut-être que la crevette se confierait à la faveur de la nuit, au détour d'une conversation téléphonique ou d'un papelard expédié au siège de l'entreprise de détectives. Etait-elle seulement folle d'espérer une confession plus poussée, ou bien n'aspirait-elle qu'à châtier le moindre misérable tenu pour responsable de ces maux béants ? L'inextinguible soif de justice se voulait d'avantage ivresse sanguinaire en cette heure d'aveux terribles et poignants. La belle rose ne s'en trouvait que plus inutile, frustrée de ne pas être sollicitée pour la moindre quête de vengeance. Pouvait-elle alors l'obliger à transcender leurs divergences afin de se délivrer ensemble ? Sa houle intérieure émoussait là encore sa raison et l'empêchait de cogiter convenablement, si bien que divaguer semblait plus plausible qu'affiner le portrait psychologique de la victime. Et la vilaine s'osait d'ailleurs à effectuer une légère révérence, le buste penché un brin sur ses bras.

« Ne dîtes pas ça, voyons. Vous êtes très intelligente et observatrice. Cerner les gens est dans votre nature, j'imagine. Et puis vous avez beaucoup de courage. Ce n'est pas tout le monde qui envisagerait sérieusement une telle carrière. Ainsi, nous pourrions nous aider mutuellement, si vous êtes d'accord bien entendu. Mener des investigations en solitaire s'avère parfois si hardu, vous savez. »


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Dernière édition par Yomi Kisara le Ven 26 Oct - 15:44, édité 1 fois
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Iku Tozutsami
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Mer 24 Oct - 0:26
La détective lui fourra presque la carte entre les doigts et l'étudiante finit par accepter de la prendre avant de la rapprocher de son visage. Ce n'était qu'une carte de visite, ça n'était en rien un engagement, ça ne signifiait rien, pourtant Iku avait l'impression d'avoir offert une place permanente dans sa vie à une inconnue, ou au moins de longue durée. Détective Kisara, pas de prénom. C'était déjà un début, d'autant que la brune ne s'était pas présentée non plus. C'était une voie de plus à laquelle Iku n'avait pas pensé, devenir détective. D'un autre côté, elle ne se voyait vraiment pas réussir. Elle manquait de la subtilité nécessaire, elle n'était pas futée, elle n'avait ni la mémoire ni les connaissances.

La spécialiste, cependant, semblait penser le contraire. La brune releva les yeux quand la détective reprit la parole. Est-ce qu'elle cherchait à la rassurer, est-ce qu'elle voulait toujours la flatter pour avoir des infos ? C'était d'autant plus difficile de savoir maintenant que l'apprentie héroïne avait confirmation que son interlocutrice était une enquêtrice. Elle voulait continuer à croire, cependant, que Kisara-san était sincère, qu'elle se trompait simplement sur son compte. Avant de répondre, elle glissa la carte dans son sac, à l'abri d'une poche rigide, prête à être rangée plus tard.

"C'est pour la phobie que vous dites ça ? Parce que si c'est ça, c'était plus un coup de bol qu'autre chose. J'ai vu la serviette, j'ai trouvé ça bizarre, mais vous auriez pu revenir de la piscine ou je sais pas. J'étais même pas certaine que ça existait, j'avais juste vu un reportage qui parlait de ça il y a longtemps, et j'y ai repensé, c'est tout. Et pour ce qui est du courage…"


Elle se tut et se tourna, faisant désormais face à son reflet dans la vitrine. La trace des larmes se voyait encore, traçant des sillons dans le peu de maquillage qu'elle portait. Ses yeux étaient rouges et révulsés. Même sa voix était encore éraillée par les sanglots.

"J'ai vraiment l'air de quelqu'un de courageux ? Nan, si j'étais courageuse je craquerais pas comme ça, j'aurais pas tous ces doutes. Je serais plutôt comme l'autre abruti, à toujours charger droit devant sans me poser de questions, à douter de rien et surtout pas de moi. Faut être capable de se mentir à soi-même pour avoir du courage, et je veux pas faire ça."

Elle continua de s'observer, détaillant son visage défait, jusqu'à ce qu'un frisson secoue son corps et la ramène à la réalité. Elle plaqua ses mains le long de ses bras, ses pinces s'entrechoquant dans un bruit mat, et se retourna vers la détective. Ses vêtements étaient encore humides et lui collaient à la peau, dissipant peu à peu sa chaleur corporelle et la condamnant au froid. Elle avait besoin de se sécher rapidement, de se changer, la serviette ne suffirait pas. Mais elle n'avait étrangement pas non plus envie de laisser là cette nouvelle connaissance. La fille aux cheveux rose avait quelque chose de fascinant, peut-être par la nouveauté qu'elle représentait.

"Vous bossez seule ? L'intérêt d'une agence, c'est pas d'avoir des gens avec qui collaborer ? Et de quel genre d'aide vous avez besoin ?"

Si le but de ces dernières questions était surtout de suivre le flot de la conversation, Iku devait admettre qu'elle voulait un peu savoir. La détective avait réussi à piquer sa curiosité, peut-être même son intérêt, fouillant à travers son désespoir jusqu'à trouver autre chose sur quoi appuyer.
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Yomi Kisara
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Mar 30 Oct - 16:33
L'affaire qui l'amenait demeurait des plus délicates et sinistre, aussi la démarche pouvait paraitre de mauvaise augure. Mais la vilaine ne savait que trop bien insinuer le discours enchanteur avec des insidieusement attrayantes. La belle rose craignait toutefois d'heurter la sensibilité de sa camarade d'infortune en lui exposant les faits, tout du moins de manière moins subtile, en plus de faire part de ses constatations et idées plus que saugrenues, macabres et écœurantes. Certes elle n'était pas sans ignorer la formation poussée des aspirants héros à envisager une flopée de cas de figures, mais intervenir sur zone alors que les autorités encadrent les lieux relevait d'un tout autre climat de confort que de traquer en solitaire la vermine, isolé face à l'incertitude et l'horreur des méfaits. Une scène de crime même modeste éprouvait peut-être d'avantage la bleusaille des enquêtes que les brigades d'intervention lâchées au cœur de l'action. Et l'inquisitrice avait vécu les déboires du guerrier au front, tandis qu'elle engageait des hostilités envers des truands et autres gangsters à travers les années. S'élancer en cette voie s'avérait chaque fois anxiogène et presque terrifiant.

« Vous voyez que vous avez le sens du détail, énumérant par la suite maintes réflexions plausibles. Cette corrélation peut suffir à cerner autrui et prévenir des dérives. Du reste, l'on nous demande d'être brave pour les innocents, simples civils ou des clients. Mais nous demeurons des êtres humains, des personnes sensibles et faillibles. Celui qui n'a jamais pleuré ni échoué n'en est pas un. La belle rose fort marrie s'était déclamée entre deux gorgées de son breuvage tiède. Comme s'il lui était pénible d'apposer ses lèvres pincées à sa paille. Ce genre d'aveux de faiblesse cuisant la dépouillait de l'envie même de festoyer, elle exécrait le gaspillage. Hélas il lui incombait toujours de traquer, débusquer et confondre le pire maraud du domaine. Mais elle craignait que ce mécréant là ne soit trop éprouvant pour sa camarade, la pauvre. Yomi confiait dont après coup, l'air un brin plus enjouée, se déclamant sans détour ni crainte. De plus, je n'investigue en solitaire qu'afin d'être discrète, mais j'ai mes informateurs. Mon père est lieutenant de police à Hosu, l'agence est à son nom mais c'est ma grande sœur qui l'administre. Et comme elle collabore activement sur des enquêtes criminelles ou autre, je suis seule disposée à traiter les demandes plus conventionnelles. Des affaires parfois trépidantes d'ailleurs. Celle qui m'amène est assez délicate, aussi un regard neuf serait éventuellement d'une grande aide. D'autant que vous connaissez sans doute mieux cette ville que moi, rarement de passage. »

Ses derniers dires s'agrémentaient d'une observation nouvelle. La créature d'ordinaire taciturne avait là remarqué l'escapade de la donzelle qui tenait le comptoir. Chacun achevait son service sans pourtant presser la clientèle du modeste établissement à demi plongé dans la pénombre. Et l'optique même d'en saisir l'occasion de porter l'évasion en compagnie de sa malheureuse comparse l'enchantait à peine, en dépit d'une fantasque providence. Si bien que son appendice abattu, qui pendouillait d'ailleurs presque entre ses jambes, ne s'en trouvait pas d'avantage pris d'un sursaut d'excitation. Nulle vigueur n'y transparaissait, pas plus que sa gestuelle générale n'allait se mouvoir. la belle rose semblait s'être figée là depuis des lustres. Mais ses mirettes de mauves avait surgit de sa frange, sans admirer hélas sa séduisante complice de confessions. Comme si la bête se voulait tout juste tiraillée par l'intérêt suscité et la compassion vouée à une jouvencelle en détresse. Cette dernière qui retrouverait alors tous ses moyens au détour d'une enquête la valorisant. La réussite même minime de l'entreprise reposait sur elle, la jeune détective songeant à l'épauler.


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Iku Tozutsami
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Mer 31 Oct - 0:10
Ses yeux mis-clos par l'irritation d'avoir trop pleuré se firent plus étroit encore. A parler de sens du détail comme ça, Kisara-san attirait forcément l'attention sur elle, donnait envie d'en chercher plus, comme s'il y avait quelque chose à découvrir. De son apparence, pas grand-chose, à part une queue de diable qu'Iku n'avait pas remarquée jusque là. Rien de très intéressant, donc. De ça façon de parler, par contre, il y avait sans doute des informations à tirer. La détective parlait bizarrement, soit dans un style suranné, peut-être avec un accent, l'étudiante aurait été incapable de le dire. Une preuve de plus qu'elle ne connaissait rien à rien, ou du moins pas suffisamment.

Pour ce qui était du discours… Elle ne croyait toujours pas qu'elle était spéciale, ou douée, ou qu'elle avait le sens de quoi que ce soit. Elle s'en tenait à sa version, Kisara-san n'avait vu qu'un coup de chance et en tirait trop de conclusions. Iku ne s'était jamais distinguée par son sens de l'observation, du moins pas à sa connaissance. Au contraire, elle qui se fiait beaucoup à son instinct, celui-ci ne l'avait jamais vraiment aidée à réussir sa vie. Il l'avait même plutôt trahie régulièrement ces derniers temps. Et qu'elle ait réussi à entrer dans une école héroïque, ou à survivre face à trois vilains différents en quelques mois à peine, faisait pâle figure face à ses échecs. Sans parler du courage, elle qui avait tenu tête et pris des risques plusieurs fois déjà ne pouvait que penser à la façon dont ses jambes chancelaient face à l'illusion du placard, ou à son effondrement au café.

Au final il n'y avait guère que lorsque la jeune femme aux cheveux roses parlait d'elle-même qu'Iku parvenait à être d'accord. Son histoire faisait sens, sa famille faisait envie. Un père et une sœur proches au point de partager sa vie professionnelle en plus de sa vie privée, l'exact opposé de ce à quoi la crevette avait eu droit. Sans parler de la passion qui animait ses mots quand elle parlait de son métier et de ses enquêtes. Kisara-san avait trouvée sa voie, comme Jae-Sun, comme d'autres. Pourquoi est-ce que c'était si difficile pour elle ? Finalement, la brune haussa les épaules.

"Ouais, j'ai pas mal bougé donc globalement j'ai fait le tour de pas mal de coins. Pas tout par contre, je suis pas taxi non plus."

Elle ouvrit la bouche, voulant poursuivre et demander quel genre d'enquête la détective pouvait mener, pour qu'elle soit si délicate – et demande l'avis d'un guide comme ça. Un fuyard mystérieusement disparu dans un dédale de ruelles, un courrier adressé à une adresse inconnue, quel genre de cas un détective « conventionnel » pouvait-il recevoir ? Mais un nouveau frisson, plus violent que le précédent, la força à s'interrompre. Lui vint alors une idée, une mauvaise idée qui pourtant était bien trop tentante.

"Si vous voulez, on peut, euh… on peut en parler chez moi. J'habite pas loin. Et j'ai du thé, enfin c'est du thé en sachet pas cher mais au moins ça réchauffe."


Voilà. Elle avait invité une inconnue, car à ce stade elle ne pouvait pas vraiment affirmer connaître la jeune femme, chez elle. Mais elle avait vraiment besoin de se changer et ne voulait pas en rester là pour autant. Elle voulait… elle voulait voir où tout le discours de Kisara-san allait mener, où elle voulait en venir. Car ce même instinct dont elle commençait à douter commençait à souffler à Iku qu'il y avait quelque chose derrière la loquacité de sa nouvelle connaissance. Si elle était détective, elle était supposée être prudente, alors est-ce qu'elle pouvait vraiment raconter sa vie comme ça à la première venue ?
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Yomi Kisara
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Sam 3 Nov - 11:36
La perspective alléchante d'un cadre plus intimiste découlait d'avantage d'une envie pure de se trouver plus à l'aise, au détour d'une nouvelle panoplie voire d'un bon bain chaud, que d'inviter une plaisante compagnie l'ayant éventuellement sauvé de son désarroi. Mais l'embarras demeurait de circonstance, aussi la proposition s'avérait-elle plaisante à entendre. Des dires emplies de bonnes augures, intimant l'issue loin d'une dépression pernicieuse. La jeune détective se réservait pourtant un brin des doutes quand à l'optique d'un suicide ou autre perdition navrante et plausible en devenir, afin de s'assurer qu'en côtoyant d'aventure cette pauvre pucelle elle n'irait pas en déceler les moindres prémices, signes avant-coureur d'un nouvel échec cuisant qui lui imputerait d'ailleurs. Certes l'inquisitrice n'avait nulle envie de lambiner au devant d'une niaiserie plus sereine, et donc plus encline à lui arracher des aveux qu'elle confirait à peine à ses proches, tandis que l'optique de s'y adonner de manière habile là encore lui assurerait peut-être une pleine confiance du sujet, son guide salvateur et méritoire. Ce curieux crustacé devait s'extirper des ruines de sa honte.

Voilà que la belle rose achevait son breuvage. L'éprise des flammes avait d'étrange ses manières bien singulières qui au-delà d'une prudence fabuleuse l'accablait presque de manies maladives. L'une de ses griffes se saisissait-là de la paille où ses lèvres avaient trop trôné. Afin d'oter risque d'être compromise par quiconque. Si elle n'ignorait pas qu'un commis de vaisselle effacerait ses empreintes sur le verre, le reste s'en irait rejoindre les ordures, chutant ainsi dans le domaine public et dont constituant une potentielle preuve de son passage en une cité compromettante. Car seul un sot d'enquêteur ne saurait relier ce détail dans le sillage du mystérieux vigilent incendiaire d'aventure indéchiffrable. Pensé mâle bien bâti mais encore maigrichon ou ancien assassin de la pègre ou des forces spéciales de police, ledit Inquisitor non genré pour la fratrie Kisara la trahirait au moindre faux pas. Et s'acoquiner d'un agent héroïque relevait de la folie pure à l'instar d'être une occasion inespérée, celle d'infiltrer un jour cette clique bien méfiante. Là encore le profit se voulait secondaire, en dépit du fait d'être inopinément réjouissant. Son haletante compagnie lui était plus précieuse en ces terres qu'aucune espie à sa solde ou inspecteur redevable à son géniteur.

Yomi louait en cela sa partenaire d'investigation nouvelle, à qui elle songeait à rendre grâce maintes fois en leur périple à venir. Sans doute la plus dangereuse affaire clandestine qu'il lui était donné d'effectuer. Et la vilaine n'excluait pas d'avoir à épauler cette donzelle au déclin, sans toutefois dénigrer ses aptitudes fabulées meilleures que les siennes, tandis que sa nature taciturne revenait hanter son joli minois aux traits délicats. Lèvres à peine étirées, figées d'un fin sourire. Nul besoin de palabres pour induire sa condition ravie. La bête docile et douillette se laissait dont enlever en un habitacle autrement plus intimiste, d'avantage propice à se déclamer en toute quiétude alors que cette chère crevette avait tout loisir de laver ses chairs frigorifiées et d'enfiler panoplie nouvelle. Yomi se contenterait aisément d'un fauteuil où il lui serait bon de méditer une fois de plus les éléments de l'affaire, à l'écart, d'un regard neuf au vu d'une humeur apaisée. L'appendice gisant à ses cuisses, enroulé à sa taille et dissimulé sous son haut saillant. L'uniforme ne lui allait pas qu'à ravir, il lui servait de rempart à la fraicheur du crépuscule. D'autant qu'elle espérait fort convaincre sa comparse de s'élancer en ces heures sombres, forte d'une perspective audacieuse, celle d'happer sa proie avec un duo de jeunes filles au demeurant démunies et chétives. Malgré l'infime probabilité que l'affreux lascar ne rôde à leurs abords que de piètres galants gagneraient. La belle rose savourait en toute dignité et en l'instant l'hospitalité de sa camarade d'infortune.


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Dernière édition par Yomi Kisara le Lun 26 Nov - 16:00, édité 1 fois
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Iku Tozutsami
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Dim 4 Nov - 15:51
Comme annoncé, le chemin vers l'appartement d'Iku ne fut pas long. Quelques minutes de marche à peine pour atteindre le bas de l'immeuble. La pluie, si elle ne s'était pas arrêtée, avait au moins perdu en force. Les gouttelettes qui tombaient encore étaient facilement arrêtées par le parapluie de Kisara-san, et bientôt ne resterait plus de l'averse que des flaques sur le pavé. Pour ménager la détective, qui devait déjà avoir assez à l'esprit avec toute l'eau à esquiver, Iku garda le silence, attendant d'être arrivée pour poursuivre.

Situé au troisième étage, l'appartement de l'étudiante méritait à peine ce titre, Composé de deux pièces, dont une salle de bain et une salle de tout le reste, il tenait plus du studio ou de la chambre de bonne. La pièce principale était à peine assez grande pour un lit à l'occidentale et un plan de travail, avec plaques électriques et frigo mais aucun ustensile supplémentaire. Un ordinateur portable traînait au sol, à moitié enfoui sous le sommier. Un grand placard accroché à côté de la seule fenêtre contenait à la fois ses vêtements, ses ustensiles de cuisine et la nourriture qui ne tenait pas au frigo. Il n'y avait pas de décoration, pas de fioritures, presque rien de personnel à part quelques DVDs éparpillés sous le lit pour économiser la place – principalement des comédies romantiques, une poignée de films d'action, et même un documentaire sur le héros montant Dieu Sylvestre.

D'un geste, Iku désigna le lit à son invitée, seul endroit où s'asseoir de la pièce. C'était là qu'elle s'installait pour manger, réviser, regarder ses films, en bref pour absolument tout faire. Se glissant sur le côté de celui-ci, la brune rejoignit le placard et en tira une casserole, une tasse, un verre – pour remplacer la deuxième tasse qu'elle n'avait pas – et des sachets de thé, ainsi qu'une tenue propre. Elle remplit rapidement la casserole et la mit l'eau à bouillir avant de se diriger vers la cuisine.

"Je vais laisser la porte ouverte, si vous voulez expliquer votre problème en attendant."


Même ainsi, pas certain qu'elle puisse entendre par-dessus le bruit de l'eau qui coule, et la lycéenne frigorifiée avait grand besoin de sa douche chaude, mais elle n'avait pas l'intention de s'éterniser. Le shampoing attendrait, le plus long serait le séchage, et là au moins elle pourrait écouter sans problème.
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