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Yomi Kisara, a violent vigilent ~

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Age : 26

Feuille de personnage
Titre: Inquisitor
Expérience: 0/400
Alter: Pink Purgatory
Rang C





Yomi Kisara
Rang C
Dim 3 Sep - 18:07
The Inquisitor
« Burn the sinners ! »
Yomi Kisara
Alter
Pink Purgatory : Brasier éclatant d'une teinte rosée qui dévore la chair et meurtrit l'esprit. Il peut se déclarer d'aussi loin que la vision de l'utilisateur le permet. Le phénomène agit tel un sérum de vérité et force à revivre les crimes et autres viles exactions, sévissant au passage sur la cible. Hélas, les surfaces réfléchissantes endiguent cette faculté, pouvant même la réfléchir à sa maîtresse qui en deviendrait la victime. Cette dernière ne peut d'ailleurs pas agresser une personne pure ou presque, au risque de blesser sa vue, de souffrir de vertiges ou de migraines.
Informations sur le personnage
  • NOM : Kisara
  • PRENOM : Yomi
  • TITRE : l'Inquisitrice
  • AGE : Seize ans
  • NATIONNALITE : Japonaise
  • GROUPE : Vigilante
  • RANG : C
Contenu 1
Contenu 2
Contenu 3
Contenu 4
Description physique
Dotée d’une splendide et soyeuse chevelure d’un beau rose vif, bien peignée, la belle jouvencelle affiche une frange épaisse qui lui voile le front, saillant et modeste ; tout comme des mèches plus longues encore. Des ravissants accessoires l’ornent et embellissent, des barrettes à fleurs blanches, évoquant par la même une factice coquetterie, renforçant l’image de sa fausse niaiserie. De plus, cette robe courte lui dévale tout juste la nuque. Ces fameuses longues mèches encadrent assez bien son cou, elle y a d’ailleurs les esgourdes enfouies. La belle a du reste un joli minois aux traits délicats. Mais ces faux airs d’angélisme s’effacent dès lors qu’un sérieux irréprochable la gagne, que la morosité d’une vie de la lassitude revient la hanter. D’ailleurs, son visage enfantin n’évoque pas moins la confiance qu’inspire la marmaille. Nul n’envisagerait vraiment la méfiance à son égard, s’il l’admirait son attitude chaleureuse et enjouée. Du reste, ses prunelles semblent aussi saisissantes qu’envoutantes, charmeuses et malicieuse. Elles exaltent une élégante et pétillante teinte violacée, se mariant à merveille à sa chevelure. A cela s’ajoutent de bien fins sourcils, ni touffus ni disgracieux. Et elle a le teint frais, la vilaine. Avec de fines lèvres fort peu pulpeuses, voilant des quenottes un brin proéminentes, des canines semblant crocs. Bien qu’elle daigne les étirer à loisir, gratifiant la multitude d’un sourire au demeurant aussi niais qu’impérissable. Intimer la sottise ou le grain de démence est dans sa nature, perfide, voilà ce que traduisent ses égards étranges. La vilaine sait imiter à merveilles les rictus et autres réponses émotionnelles des gens du commun. Quoiqu’elle se surprend parfois à s’y adonner sans savoir et sincèrement. Et lorsqu’elle ne feint pas la gestuelle élégante et gracile d’une bonne jeune fille, ou les manières d’un esprit mondain excentrique, voire la sensualité d’une folieuse ou démente, la donzelle se réserve une démarche machinale, sobre et calculée, presque optimisée et épurée de toute fantaisie ou autre niaiserie qu’elle affiche d’ordinaire. Bien qu’il lui arrive en de rares occasions de grande confusion, ou d’emportement, de se laisser aller à l’instinct, passant plus pour une bête qu’autre chose. Sa petitesse notable à son âge ajoute à son image adorable, fantaisiste. En effet, elle ne culmine qu’à un petit mètre soixante, pour une masse raisonnable de cinquante kilogrammes. Elle semble aussi légère que maigrichonne. Quoiqu’on aura tôt fait de dénoter ses cuisses et jambes appétissantes, enflées et un brin musclées Sa musculature est en vérité peu apparente, mais elle n’est pas vraiment travaillée. La jouvencelle privilégie l’agilité et la célérité dès lors qu’il lui faut agir, elle se repose également sur une bonne endurance et un seuil de tolérance à la souffrance notable. Si elle n’y semble pas, elle s’avère pourtant bien sportive et doit pratiquement redoubler d’efforts quotidiens pour préserver sa forme ; et palier à ses faiblesses naturelles, comme sa taille et sa maigre force. Elle travaille depuis peu son adresse au jet d’armes, puisqu’elle se débrouille assez bien au maniement des lames. Elle n’est du reste pas dénuée de courbes et les affiche avec modestie, laissant ses beaux habits sculpter ses formes sensuelles, lui octroyant un charme bien à elle. Elle n’a dont rien à envier à d’autres, d’autant que la touche finale de son enveloppe fabuleuse renforce cette image. En effet, un appendice à la robe funeste danse dans son sillage et trône à la naissance de son postérieur. Cette queue issue d’une mutation semble tel un fouet, fin et souple, fragile mais virulent. La chose se prolonge sur près d’un mètre et s’acheve par un aiguillon palmé. Et si le membre déroute il feint de pouvoir agir à sa guise, lorsqu’il n’induit pas l’affect de la donzelle.
Description morale
La belle abhorre la sottise et la vilenie, de même que la pauvreté et la souffrance des petites gens l’écœurent. Si bien qu’elle exècre les mécréants qui s’en rient et délectent, les riches s’engraissant au détriment des prolétaires, et les autres profiteurs des injustices. Surtout les misérables se croyant intouchables, ou les canailles que l‘appareil judiciaire ne peut écrouer. Tous des nuisibles immondes, à son sens. Elle s’essaye à leur apporter le châtiment mérité, au nom des victimes. De plus, elle trouve bien aberrant qu’un aspirant héros ne puisse agir à sa guise, y voyant-là une certaine inutilité, d’autant que la surpopulation carcérale coûte assez cher au contribuable. Elle trouve ceci dit admirable qu’une poignée de braves s’attaque aux éco-terroristes ou autres gredins qui dégradent la Nature. Pour sa part, elle ne se limite à rien ni personne. Et de sa vision pessimiste nait une rancœur perpétuelle, une frustration la tiraillant sans relâche. Elle sait le monde malade, l’homme cupide, le système corrompu. C’est ce dernier qui créer les monstres qui le saignent, puisqu’il jette en pâture des individus dans la criminalité pour seul voie viable. Quelque part, elle les plaint d’avoir simplement voulu survivre. Mais elle apprécie la bonté des autres, ces bonnes gens qu’elle veille et pense défendre, puisqu’elle partage leurs valeurs et idéaux; tout du moins en partie. Elle n’aspire qu’à purger le cancer de l’humanité, cette vermine qui l’horripile chaque jour et souille de sublimes paysages. Elle s’avère d’un naturel contemplatif et se plait assez en à l’état sauvage. Du reste, elle ne dénigre pas la foi ou autres croyances, quand bien même elle répugne les dogmes et autres déviances qui pervertissent de nobles pensées. Aussi n’apprécie-t-elle guère le Vatican et son ordre gras de vieux coquins, par exemple. Il est dans sa nature de voir le mal là où il infeste chaque chose, ce qui ne manque pas d’ajouter à sa lassitude chronique. Phénomène qu’elle voile à merveille par les traits d’une bouille d’angélique, afin de mieux abuser ses proies que paraitre agréable aux bonnes âmes. Et il n’y a qu’elles pour lui raviver cette folle espérance d’assister à une nouvelle ère, faite de paix et de joie, dépouillée des horreurs quotidiennes du commun. C’est bien cette banalité du crime, dont la multitude et les pontes s’accommodent, qui la ferait presque douter parfois. Car elle n’a jamais pu vraiment se concevoir humaine, tant cette espèce décadente lui était étrange et absurde, illogique et stupide. Mais elle se navre à devoir s’adonner à sa tâche, et la solitude lui pèserait si elle n’était pas méfiante de ces ignares cherchant à la côtoyer et connaître. A vrai dire, elle redoute l’éventuelle amertume de la trahison, dès lors qu’elle se déclamerait sincèrement. Et elle n’a nul besoin de compagnie. Alors elle tait cette vérité qui dérange, se jouant de chacun à sa manière, hypocrite. A son sens, un bon mensonge vaut mieux qu’une dure vérité, elle en a  fait l’expérience et n’aimerait pas revivre pareille scène grotesque. Et elle n’a que faire qu’on la médise, qu’on la méprise. Elle tolère ces bagatelles, de simples palabres bien vaines, mais elle n’aime guère qu’on lui nuise vraiment, physiquement. Sa liberté lui tient à cœur, car qui s’insurgerait sinon contre les aberrations du genre humain ? Son esprit critique et engagé lui est plus précieux encore, en vérité. Puisqu’il la défini comme une bonne personne, à son sens, dont la noble cause se doit d’être poursuivie. Aussi la confrontation avec les autorités ne l’effraie pas, bien qu’elle préfère l’éviter si possible. Non de crainte d’être défaite trop aisément, bien qu’elle soit peu confiante de ses compétences à défaut d’être couarde ou trop téméraire ; mais elle voudrait simplement convaincre par le dialogue, éclairer l’obscurantisme qui sévit chez les masses et leurs bons défenseurs. Elle est enfin assez fourbe, espiègle ou tordue en ses entreprises. Froide et calculatrice, elle ne recule devant rien, ou presque, pour parvenir à ses fins. Elle s’adapte à l’autrui, pouvant feindre sans vergogne la moindre émotion, afin de renforcer l’image qu’on se devrait faire d’elle ; ou plutôt de celle qu’elle désire inspirer. Enfin, la pauvre se veut pyromane, comme éprise des flammes qu’elle engendre ou contemple, leur trouvant un attrait si singulier et pur qu’elle s’égare en rêverie. Elle jubile devant ce qu’elle immole. A cela s’ajoute la frayeur de l’onde, issue d’un traumatisme encore insurmonté. Une peur panique qui la voit déchanter devant averses ou rivières, par exemple. Aussi la moindre perception liée à cet élément la met profondément mal à l'aise, suivant son degré d'importance. En effet, si l'écoulement de l'eau la perturbe, son contact s'avère lui comme allergène, pouvant provoquer des axés de violence.
Histoire
D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, la jeune fille ne manquait de rien en sa tendre enfance. Elle était choyée, bien entourée. Sa modeste demeure lui semblait havre de paix et d’abondance, le cadre idéal à toute relation saine. Certes elle s’indignait souvent des fréquentes absences de son géniteur policer, comme elle déplorait la détresse de sa tendre mère romancière et ancienne enseignante, dès lors qu’un rien l’empêchait de poursuivre l’écriture d’un manuscrit ; mais rien n’ennuyait vraiment cette gamine au sourire niais et impérissable. Rien n’entachait son expérience fabuleuse de l’existence, pas même les querelles ou autres sottises qu’elle dénotait en son sillage. Et sa balade à la croisée de mondes, de l’enfance ignare et colorée, d’un univers grossier et indéchiffrable, la laissait bien perplexe. Elle n’osait pas mander quelques explications face à l’émoi des adultes et leurs scènes insaisissables. Ces broutilles étranges lui semblaient irréelles.

A vrai dire, elle était si naïve et innocente, si insouciante et espiègle, d’avantage que sa cadette. Quand bien même elles semblaient jumelles, l’une demeurait plus malicieuse. Du reste, Yomi n’aspirait qu’à prendre en modèle sa chère ainée, et parfois sa tendre mère, qu’elle voyait en valeurs sûres quant à l’apprentissage de choses et d’autres. Il y avait d’une part cette élève studieuse en qui elle se projetait, une demoiselle qu’elle idéalisait fort. Et cette drôle de dame que trop raffinée et savante, l’émoustillant par ses égards comme ses manières. Cette dernière cultivait chez elle sans savoir une passion pour la figuration et l’art de fabuler, d’émerveiller son prochain. Si bien qu’elle s’essayait à les imiter, avec une maladresse touchante, tant elles lui semblaient figures d’excellence. Le phénomène entrainait même la plus jeune à sa suite, ajoutant au lien étrange de factice gémellité. Chacune désirait faire la fierté des autres, le tout dans un climat de rivalité conviviale.

L’échec scolaire et le stress de l’apprentissage n’avaient là pas d’emprise sur la fratrie mutante. Ce monde étrange voyait ainsi s’épanouir des enfants des plus adorables. Et l’envoûtante oratrice inspirait son entourage, l’enjouant par une excentricité naturelle, ou simulée sait-on jamais, à colporter les valeurs vénérables d’une époque révolue et presque oubliée ; celles de gens aussi civilisées que vertueuses, sereines et courageuses. De quoi éluder les divergences populaires et autres sottises tiraillant mêmes jusqu’aux écoliers, puisqu’elle trouvait bien absurde que la tolérance raciale soit mise à mal par l’évolution de l’espèce humaine. Peu lui importait sa mutation ou une éventuelle faculté surnaturelle. A son sens, il n’y avait rien de plus prodigieux que l’entente entre les hommes, seule force capable d’engendrer les miracles.

Cette vivacité d’esprit tranchait diablement avec son air benêt d’ordinaire, chose qui l’amusait de perpétuer. Elle trouvait même précieuse la présence de ces congénères sans pouvoir, ils avaient un charme de vestiges rarissimes. La petite avait parfois l’impression de voyager dans les époques, rien qu’en côtoyant des individus dont les différences l’enrichissaient. Et voilà qu’un beau jour d’été sec, elle se découvrait le désir compulsif d’attiser les flammes. Un violent incendie ravageait alors la lande d’un petit village des terres intérieures, dévorant les broussailles et laissant crépiter les cimes. Le fléau sans visage embrasait jusqu’au ciel, flamboyant, tandis qu’un manteau de brume funèbre couvait son sillage, le bordant de manière maternelle. Elle admirait seule le paysage défiguré, trouvant bien étrange la confusion et panique de la multitude.

La donzelle ne saisissait guère l’utilité de s’insurger contre une volonté supérieure. Mère Nature désirait peut-être fertiliser le sol pauvre de la région et laisser repousser une nouvelle variété de végétaux, des cendres de ces vénérables anciens feuillus ; songeait à demi la gamine. D’autant que le brasier, même attisé par la brise maligne, ne menaçait guère les citoyens du val. Cette situation de crise sociale la laissait bien perplexe. Elle remarquait peu après cet incident que l’appel de l’incendiaire lui était irrésistible. En effet, dès lors qu’elle rivait ses prunelles à la lueur de la flamme, de toute origine, elle s’extasiait. L’enfant savourait la poésie d’un foyer dansant dans l’âtre d’une cheminée, comme elle s’émoustillait à entendre craquer une allumette ou même jouer d’un simple briquet. Et elle avait d’étrange de s’en amuser niaisement, alors qu’elle n’éprouvait pas la moindre envie d’essayer la pipe ou la cigarette, par exemple. Elle aimait juste admirer le feu, disait-elle en toute insouciante. Le chaos et la désolation ne l’attiraient nullement.

La poésie naissant d’une frêle flammèche ou des  braises et des cendres lui évoquaient pureté et renouveau, voilà qui l’inspirerait plus tard. La jeune fille avait pareillement d’étrange d’idolâtrer un brin un certain embraseur héroïque, sans pour autant tapisser sa chambre du moindre cliché, poster ou portrait à son effigie. En effet, elle trouvait bien risible ces fanatiques aussi dépensiers que sots. Elle ne voyait pas l’utilité d’un autographe et il ne lui servait de rien de se produire en groupie. Elle n’avait pas d’admiration ou d’affection si folle à témoigner, et elle blâmait presque ce genre d’attitudes compulsives voire maladives. Une seule pensée de lui suffisait, l’inspirait. La virilité sauvage du personnage l’amusait beaucoup, lui plaisait. Maints autres jeunes gens n’en auraient jamais l’étoffe, à son sens. Et sa passion découlait plus d’une simple coïncidence, en vérité, celle de partager cet attrait pour les flammes. Elle ignorait dont quel maladie était sienne.

Et c’est à l’aube de son douzième anniversaire, lors d’une excursion scolaire où elle était en vadrouille encore, s’étant esquivée au troupeau touristique et niais, qu’elle se découvrait enfin une faculté prodigieuse, plus fabuleuse encore que le pouvoir de son ainée. Hélas, la nuit annonçait son règne sinistre, égarant la petite sur les sentiers de campagne, à l’écart du petit village. Une averse diluvienne battait la lande, la rivière qui bordait le chemin menaçait de déborder. A vrai dire, elle était brave et ne redoutait nulle ombre pouvant surgir des broussailles de la forêt noire avoisinante, tandis qu’elle s’y enfonçait en toute insouciance. Mais elle était frêle comme esseulée, une brebis à la merci d’un éventuel détraqué. Nul ne devait s’inquiéter de son escapade, la vilaine étant insaisissable, indomptable. Ses professeurs s’accommodaient des manies étranges de la jeune fille studieuse. Cette dernière rêvassait en sa balade, savourant la mélodie chaotique du déluge.

Si bien qu’elle ne percevait rien d’autre et admirait le paysage, malgré la forte pénombre. Le paysage lui semblait si poétique, si charmant, qu’elle n’avait que faire de la froideur de l’onde lui ruisselant au corps. Soudain, un malandrin venait déchirer sa sérénité. L’ombrageuse carrure lui était méconnaissable, sans être massive ou corpulente. Le misérable qui l’empoignait à l’appendice avec sadisme pour mieux l’ébranler toute entière, avait de petites mimines. Ainsi donc, sans même pouvoir river ses prunelles écarquillées vers son agresseur, elle statuait déjà qu’il ne pouvait s’agir que d’un garnement. Si bien que sa seule interrogation concernait l’identité de son détracteur. La cause du geste ne l’intérêt guère. Elle avait grand peine à imaginer qu’il s’agissait-là d’une simple farce, avec cette brutalité et à l’écart, dans le noir. Le cadre semblait idéal à ce genre d’exaction.

Le malfaiteur craignait sans doute d’être identifié sinon. Car si la canaille n’était pas de ces camarades qui l’abhorraient, un voyou en devenir, il était dont du village. Aussi la raison de cette agression se voulait la haine, ou tout du moins l’aversion de son être. Peut-être même qu’on détestait sa nature de mutante, son allure diabolique. A moins qu’un désir tout autre ne motivait le gredin qui s’essayait à l’aborder plus intimement. A vrai dire, la belle n’avait nulle envie de lui laisser tout loisir de l’enserrer, de s’agglutiner. Au fond, elle dénigrait l’hypothèse d’un coquin précoce, voyeur ou pire. Elle lui préférait d’avantage la thèse d’une âme rancunière ou prise d’une haine raciale viscérale. Voilà que son prédateur pensait la faire trébucher en tirant sur sa suivante fragile, avant d’attirer à lui celle qui espérait fuir, avec une bien risible maladresse.

Mais elle lui refusait ce privilège de l’humilier et dompter, tandis qu’elle se laissait choir en avant, manquant là l’embrasser la terre boueuse et l’herbe fraiche, afin de mieux orchestrer sa riposte. En effet, ce fugace instant distrayait le manant, épris par la vision d’une gaucherie. La belle rose plongeait ses mains dans la vase fine, y trouvant appui, et elle envoyait ses jambes en arrière. Cette ruade inouïe stupéfiait son prédateur tout en le frappant avec virulence. Le voilà qui se tordait de douleur, lâchant sa proie pour mieux ployer à genoux écorchés et se tenir la bedaine, le souffle coupé. Yomi s’élançait prestement, s’adonnant à l’escapade. Elle s’en voulait presque d’être une piètre gymnaste, car malgré son agilité et son intelligence, elle avait manqué d’atteindre le visage de l’inconnu. Elle pensait le sonner ainsi. Hélas, sa prouesse imprécise pouvait ne lui accorder qu’une frêle avance. D’autant qu’elle bridait ses foulée, ne pouvant trop fondre dans la pénombre, au risque de heurter un arbre ou de trébucher violement sur une racine traitre.

Elle craignait-là de pouvoir s’y évanouir sous le choc, ce qui la condamnerait en même temps. Du reste, la seule pensée que son détracteur soit un natif de la région, lui éveillait quelque angoisse. Puisqu’il n’aurait de difficulté à la pister et ne tarderait pas à la gagner. Cette terrible connaissance du terrain lui assurait un avantage indéniable. Une belle leçon que lui faisait ce méchant enfant. Soudain, elle atteignait la lisière du sombre bosquet, et manquait de glisser une énième fois. La pluie battante avait fait son office, le sentier qui bordait la rivière grasse ne semblait plus que rive d’un lac miniature. Certes le cours d’eau ne s’était nullement mué en torrent, mais les éléments semblaient d’aventure déchaînés. Et pas las et éreintés ne discernaient plus tant la petite pente du lit de la rivière, ni son creux à vrai dire. Le vacarme du délure, sa respiration forte et ses battements de cœurs lourds ne l’aidaient pas à demeurer aux aguets.

Si bien qu’elle succombait d’aventure aux assauts de son détracteur. Lui qui fondait depuis les broussailles, fondant telle une bête sur sa proie, venant heurter la gamine. Si collision ne l’étourdissait guère, l’élan qui l’enlevait dans l’onde redoublait sa surprise. Elle sombrait dans quelques cinquante centimètres, maintenue au fond de ce bassin trop peu profond, pouvant à peine se débattre sous la masse notable d’un gredin. Un effroi sans pareille la tenaillait alors, elle envisageait enfin sa propre perte. Et l’instrument de cette triste fin la marquait dès lors. La caresse de l’eau glacée, la poigne de l’étrangleur, la sensation mêlée de noyade et de suffocation. Elle était terrifiée, désemparée, démunie. Sa frayeur grandiose liée à l’agonie qui tendait à s’emparer d’elle, nourrissait-là un ardent désir de vengeance.

Elle maudissait cette vilaine tournure, si injuste et révoltante. La malheureuse manquait de se noyer dans ce torrent gelé et sentait ses maigres forces l’abandonner, tandis qu’une fureur infâme la saisissait, la dévorait. Elle haïssait tant son détracteur, ce misérable, ce monstre abject qui allait sévir sans vergogne ; alors que sa noblesse à elle s’éteignait dans des eaux glacées où nul n’en saurait rien. Une unique pensée lui demeurait, l’obsédait, celle de voir périr ce maraud. Hélas elle échouait à l’entrainer dans la tombe. Voilà sa vision brouillée, peu à peu engloutie par les ténèbres du trépas. Mais alors qu’elle larmoyait de rage et de désespoir, un phénomène étrange la délivrait de son agresseur. En effet, sa poigne ne l’enserrait plus le cou, de même que son corps ne lui pesait plus.

Une étrange lueur rosée illuminait le paysage pluvieux et gris de l’orage, déchirant les ténèbres oppressante et le voile de l’inconscience qui l’avait presque prise, lui semblait si limpide sous l’onde qu’elle croyait divaguer, l’oxygène lui venant à manquer pouvait en être la cause. Mais elle se fourvoyait en pensant s’élancer vers la lumière d’un monde meilleur et accueillant, juste et bienveillant. La jeune fille se hissait péniblement à la surface avant de se figer devant la merveille qui l’abusait d’aventure, le maraud hurlant et crépitant. Eblouie par ce châtiment dont-elle ne devinait pas l’origine, la belle jubilait en déglutissant, quand bien même elle s’effondrait au rivage proche. Une fois de plus le grondement du tonnerre couvrait toute sonorité.

Et si cette mésaventure l’avait dépouillée de sa presque innocence, la vilaine s’affèrerait à n’en laisser rien paraitre, afin d’entretenir l’illusion de sa bonne condition mentale. Elle n’avait nulle envie d’inquiéter sa famille et de perturber l’harmonie qu’elle aimait tant. Et la crainte de voir cette toile se déchirer lui était plus pénible qu’une bagatelle comme l’avait pu être cette soirée. Son agression ne la marquait pas tellement, elle en retirerait certes une frayeur immonde et maladive, mais elle jouissait de l’éveil d’un pouvoir lui siant à merveille. L’éventualité d’une carrière héroïque s’offrait à elle, mais elle ne s’accordait guère avec ces mœurs et leur éthiques. Aussi tairait-elle son potentiel. Et elle délaissait sa vocation de vétérinaire ou d’herpétologue, quand bien même sa passion perdurait, songeant que sa cadette pourrait bien s’en enticher et lui en faire profiter. En vérité, si elle n’avait pas de varan ou autre reptile de compagnie, c’est bien qu’elle préférait ces animaux à l’état sauvage et non en captivité. Les zoo l’attristant. Sa jeune sœur en adopterait un pourtant, de reptile.

Une fois rentrée, la donzelle prenait grand soin de paraître aussi fraiche et radieuse qu’au premier jour, afin de berner la multitude et de ne pas induire un évènement traumatisant. Sa balade en forêt justifiant de fâcheuses maladresses au détour de la rivière et ses abords boueux. Après quoi elle méditait l’affaire, songeant qu’elle détenait enfin le pouvoir d’agir, au regard du châtiment qu’elle avait influgé à un triste inconnu. D’ailleurs, le fait de n’avoir pas eu à déplorer la disparition d’un camarade de classes, et donc un élément indésirable, la laissait bien indifférente. La belle voyait naître peu à peu son idéologie terrible, demeurer passive aurait été intolérable et révoltant, puisqu’elle pouvait remédier à la criminalité, et donc prévenir des nuisances qu’elle épargnerait à l’ingrate peuplade de sa petite ville. Sa pensée déviante l’enjaillait tant qu’elle se voyait en héroïne irréprochable. Mais elle feindrait de n’avoir nulle capacité et d’être saine d’esprit.

Afin de ne pas dépendre d’une faculté capricieuse, l’esseulée s’instruisait prestement sur la confection artisanale d’engins inflammables. Certes elle n’ambitionnait pas de rivaliser avec un artificier qualifié, mais elle se rassurait à développer une alternative viable à la piètre maîtrise de son alter. D’autant qu’agir par d’autres moyens détournerait tout soupçon quand à ses exactions. Siphonner l’essence d’un véhicule avant de répandre le liquide et d’incendier le tout, dérober un bidon à un particulier, saboter un engin motorisé, étaient par exemple dans ses cordes. La vilaine variait au plus souvent son mode opératoire, afin de brouiller les pistes. Et elle avait pour elle cet imaginaire fertile lui assurant une certaine ingéniosité à chaque expérience.

Elle demeurait ceci dit tout proche des scènes de crimes, afin d’admirer son œuvre. Tapie dans l’ombre d’une ruelle, invisible pour le commun des mortels alors affolés par les divers brasiers et accidents en tout genre. Elle jubilait de sa justice expéditive et sauvage. Un bar de voyous embrasé par les explosions en chaînes de motos de bikers, une pagaille provoquée par un véhicule criminel ou d’officiel corrompu aux freins sabotés, semer la discorde chez des gangsters afin qu’ils s’étripent à l’écart ; elle n’hésitait qu’à diffuser un message d’avertissement aux futures raclures, de crainte de paraitre trop dérangée et arrogante auprès de la populace et des autorités. Elle méditait dont ses plans, envisageait avec minutie chaque expédition. D’autant qu’elle disposait de relations non négligeables, susceptibles de l’aiguiller en ses recherches et traques de malandrins notoires.

Comme cette amie très discrète dont-elle parlait peu et qui lui ressemblait fort. Elle l’avait ramené d’un voyage de vacances dans la région du Kansai, la séduisant bien habilement du reste. Yomi rendait grâce à l’influence de sa génitrice sur ce point, sa verve subtile la rendait presque fine manipulatrice. Et la jouvencelle de campagne pensait se rendre utile. Elle avoisinait tant son âge que ses traits, à ceci près qu’elle était dénuée d’appendice. Un accessoire bernait le monde, au besoin. Mais elle avait cet air douillet et bon d’une véritable angélique, ce qui hélas trahissait sa légère naïveté comme son altruisme débordant. L’aimable donzelle lui servait tant d’informatrice, du fait de son ouïe formidable, que d’alibi puisqu’on la confondait avec sa partenaire.

Une doublure dont-elle abusait à loisir les soirs de sortie, comme lors de ses excursions à travers le pays. Et leur affection mutuelle témoignait d’une réciprocité incertaine, à la fois ambiguë et peu assumée. Là elle déguisait ses aspirations funestes par l’aimable discours du patriote, du bon citoyen ne désirant qu’aider son ainée. Cette dernière avait délaissée à demi sa vocation, trouvant plus plaisant d’ouvrir son cabinet de détective modeste, que de rejoindre les forces de police. A vrai dire, rien n’empêchait une collaboration étroite et saine, à moins qu’une vilaine jouvencelle ne s’amuse à induire en erreur ou relayer de fausses informations. Mais la diablesse ne s’y adonnait vraiment, préférant d’avantage se renseigner sur les rumeurs des ruelles et de la clientèle.

Elle n’avait de cesse d’y trouver sottise, lorsque rien ne la reliait à un véritable malfaiteur. Et elle se gardait bien de proférer ses conseils insidieux lui trottant, quand bien même dénoncer les fraudes et autres formes d’abus s’évadaient à ses lèvres. Là elle paraissait si froide en ses déclamations, traduisant un dégout réel de la gente amorale. Les diverses enquêtes qu’elle menait presque de connivence avec sa tendre sœur, si intelligente et perspicace, la confortaient au moins dans l’idée qu’elle avait bien fait de la prendre en modèle. Mais la belle était trop bonne, trop gentille. Yomi redoutait fort qu’elle ne souffre dans la froideur de ce monde cruel et ingrat. Au fond, malgré sa faculté de lecture de l’esprit, son ainée ne l’inquiétait pas plus que la plupart des remarquables enquêteurs de la ville. Elle craignait juste de décevoir sa famille. Une angoisse naissante.

La belle s’octroyait ainsi des pouvoirs judiciaires et pour peu spirituels en jouant tant les juges que les bourreaux. Elle n’aspirait plus qu’à traquer la vermine dénigrant la voie du rédempteur pénitent, jubilant déjà de purger le monde que ces crapules souillaient sans vergogne. D’autant qu’elle pouvait jouer à loisir l’illuminée digne du temps jadis, où l’inquisition immolait encore de pauvres diables. A ceci dit qu’elle se refusait déjà à jeter en pâture aux flammes un éventuel innocent, même le plus impudent et navrant. Cette seule pensée lui assurait d’avoir la conscience tranquille. Et la vilaine affublait d’un subtile sobriquet sa faculté propre, en y voyant-là une raison de plus d’être bien vue par la populace. Puisqu’elle idéalisait ses exécutions comme la migration des âmes impures au Purgatoire, terre d’expiation où elle purifiait plus sa personne que celle des autres.

Là encore elle se gardait bien de contacter les autorités ecclésiastiques, chrétiennes notamment, pour s’en assurer. En effet, elle redoutait la trahison des faux croyants, comme le fait d’être accusée de blasphème ou encore d’hérésie. Elle n’avait nulle intention d’apparaitre à chaque religion en avatar du Malin, usurpant des pratiques et autres niaiseries qui ne l’amuseraient guère plus qu’une année. Naguère encore, la fratrie fabulait à son avenir jonché de prouesses et d’allégresse pure. Hélas la vilaine n’irait pas rejoindre la fine équipe, l’hydre radieuse s’était tranchée une tête.

Mais elle en chérirait à jamais le souvenir. Ce temps jadis bien naïf semblait dont révolu, balayé par la virulence d’une bête sauvage qui se découvrait un certain attrait pour des pulsions indignes de ces gens-là, baignés de lumières. Aussi demeurer dans l’ombre de son ainée ne la gênait pas. Et malgré tout, elle restait proche de sa famille, n’allant pas s’en éloigner comme la multitude des déviants. Au contraire, c’est en entretenant son image d’angélique irréprochable auprès de ses chères sœurs, que la deuxième née s’assurait de ne pas inspirer le moindre élan de suspicion. Sans pourtant exagérer en ses entreprises conviviales et intimistes, où elle adorait fort passer des heures voire des soirées entières en leur compagnie, quitte à  vadrouiller et patrouiller moins souvent.

A vrai dire, la vilaine chérissait ces instants mémorables, seuls capables de lui insuffler un brin d’espérance en ses congénères. Sa vision pessimiste du monde s’éventrait parfois, à l’occasion d’une bonne action u de belles gens qu’elle s’aimait à admirer. Et elle n’éprouvait pas le moindre remord à abuser ces demoiselles. Puisqu’elle leur épargnait ainsi une vérité plus laide que ce doux mensonge qu’elle entretenait à loisir, avec le plus grand des plaisirs. Voilà qui l’enjaillait vraiment, d’avantage que ses autres passions sordides. La bête manquait là de savourer la douce ironie qui la caractérisait, d’autant qu’elle n’imaginait pas même que cette frêle once d’humanité puisse jamais s’éteindre.

A l’orée de son seizième anniversaire, la belle conviait son illustre inconnue d’amie à célébrer quelques bagatelles, comme l’implication louable de cette autre rose. Une soirée festive dans un petit karaoké où la vilaine simulait de s’avouer, déclamant une affection bien incertaine. Le venin de la vipère frappait au cœur la jeune fille, saisissant sa proie d’une virulence foudroyante. La malheureuse, bien ébranlée par la possible nouvelle, dont l’autre entretenait encore l’ambigüité, tombait d’aventure en son emprise et lui cédait d’avantage d’occasions d’opérer sur elle une sordide métamorphose.  Voilà des lustres qu’elle lui empoisonnait l’esprit avec sa verve insidieuse, ses égards sensuels et admirables. Yomi l’avait immolée par le désir, consumée par la bêtise.

En plus de l’avoir remodelée presque à son image, y voyant plus là une autre sœur à chérir et préserver d’une vérité qui dérange. Aussi ce pantin ne la laissait plus vraiment indifférente, sa félicité nouvelle étant plaisante. Sa camarade semblait bien digne d’être la quatrième tête de l’hydre radieuse, l’une étant les yeux de l’autre qui était en retour ses esgourdes. Aussi lui incombait-elle de s’assurer de son indéfectible loyauté, tant professionnelle qu’émotionnelle. A vrai dire, la jeune fille semblait vraiment s’être éprise de sa comparse. La bête l’avait deviné, au vu de son éloquence et charisme entrainants, avec ses manies taquines auxquelles l’autre souriait. Peu gênée. Yomi se gardait pourtant de la mettre dans la confidence, craignant toujours la trahison. Aussi l’utilisait-elle d’aventure comme indicatrice ambulante qu’espionne ou véritable éclaireuse.
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Titre: Mt. Lady
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Yu Takeyama
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Lun 18 Sep - 21:34


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