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Speed Up. [Pv Ryou Hanazawa]

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Sam 12 Mai - 21:44
Ca me stresse... Il ne reste plus beaucoup de temps, avant le tournoi... Je n'aime pas ça. Cette tension. Ce sentiment que tout se jouera là-bas... Que mon avenir pourrait prendre un tournant des plus regrettables, en un jour m'ensevelissant d'une pluie diluvienne... Enfin, ce dernier point ne me dérange pas tant... le subissant d'ailleurs actuellement... Tu sais ce que je veux dire par là, toi, n'est-ce pas ? Bien évidemment... Une averse pour les autres, correspond pour moi à un lourd début de pluie. Ces gouttes tombent, encore et toujours, au ralenti... Bloquée au sein d'un temps n'étant le mien, j'avançais une fois de plus... observant mon environnement... Cette ville, aux mouvements incessants, ne m'avait pas encore livré tous ses secrets... Capuche sur la tête, aujourd'hui je la revêtais, cette veste noirâtre, qui à mon sens me seyait... Mini-short et soutien-gorge, ça t'étonne ? Juste plus confortable... Mais t'inquiète, personne ne verra mes 2 grandes cicatrices, tant que je garderai mon manteau fermé... Je devrais m'entrainer, plutôt que de patrouiller, mais plus vite j'en termine, avec la mémorisation de ces recoins, moins j'aurai de chances de me retrouver un jour prise au dépourvu... Tu comprends, maintenant ? Ouais, forcément... Sur ces dalles luisantes, le son de mes bottes, transcendant la mélodie ambiante. Les passants me frôlaient, tous avec leur parapluie... regards au sol, le mien fixant alors cet horizon, aussi grisâtre que mon âme... Ils vivaient, pour quelques minutes, ce que j'endurais métaphoriquement chaque jour... et s'en plaignaient allègrement. L'humain est ainsi fait. Il n'est jamais content.

" Et voilà. De bons Taiyaki, pour vous réchauffer, mademoiselle... J'espère que vous vous régalerez... " me confia une vieille dame, à l'orée de son stand.

" Je l'espère aussi, au vu de ce prix indécent... Vous voulez faire faillite, ou attirer des clients ?... "

Observer son visage chaleureux se décomposer, en une mine des plus effarées, ne me provoqua le moindre sentiment de culpabilité... Je n'ai fait que dire la vérité. Elle fait gonfler ses prix, en profitant de l'espace touristique, comme du climat... C'est pas son petit sourire, qui y changera quoi que ce soit. Ni son ton, faussement mielleux... J'ai tout mon temps, pour la décoder... Cette femme n'est qu'une hypocrite, parmi tant d'autres... Terminant de la fixer dans les yeux, sans laisser paraître d'émotions, je jugeai finalement bon de poursuivre ma route, sous ses gémissements dérangeants... Valait-il mieux concentrer mon attention à une cause plus utile, que son égoïste satisfaction... La mienne, par exemple... Puisqu'on y venait, c'est en croquant la bouche de cette première pâtisserie, en forme de poisson, que me revint la position de ma véritable destination... J'avais gardé l'endroit en question pour la fin. Ces ruelles étroites et mal éclairées... Tout ce que tu veux, que les bas fonds de la plèbe s'y trouvent, en ce moment même... Déjà que, pour le jour de la rentrée, j'ai été obligée d'exploser un de ces gêneurs, sur le mur d'une bâtisse... Ouais, j'avais pris un raccourci, dans un de ces confinés passages. Et à présent, voilà qu'il me fallait y retourner, dans le but que mon projet soit bien mené... Précédemment, j'avais pour moi l'excuse d'avoir tardé à me lever. Cette fois, ça part entièrement de ma volonté... Mais au pire des cas, à mon entrainement cela participera, n'est-ce pas ?...

" Ola, ma jolie... Ces rues ne sont pas très sûres pour toi, tu es certaine de ton choix ?... "

Détournant les yeux de son visage blafard, je continuais ma route... Je sais très bien dans quoi je m'engage. Et je sais aussi très bien comment m'en sortir... Tu penses que je n'ai pas compris son petit jeu ?... Il fait mine de me prévenir à moitié, mais ne fait rien pour réellement m'empêcher de pénétrer... C'est un éclaireur. Il va prévenir les autres de mon arrivée et une embuscade je serai censée me manger... Alors pourquoi je continue malgré tout ?... Pourquoi j'emprunte ces croisements, sans faire mine de guetter mon environnement ?... Parce que j'écoute... Le rythme de ces notes descendantes... L'impact de l'eau sur les surfaces... Je me concentre... Je prête attention aux diverses perturbations... Jusqu'au moment fatidique, où l'un de ces enfoirés déboule d'un coin sombre. Mais je l'ai entendu... c'est bien trop lent, pour moi... Surpris de ma vive réaction, il se laissa prendre le bras, tendu vers moi, avant de se retrouver plaqué, incrusté, dans le plâtre de ce bâtiment miteux, le souffle coupé. À quoi s'attendait-il de mieux ?... Je continuais de marcher, zigzaguant entre les carrefours, n'hésitant à emprunter de nouvelles voies. Si j'ai peur d'utiliser mon Alter ?... Ah oui. Tu parles de cette fameuse restriction à la con ?... Peut-on prouver, lorsque je l'utilise ? La réponse est non. Fin de la discussion... Oh, nous arrivions à un très bel emplacement. Une assez restreinte place, qui ne manquerait de me saluer prochainement. Je la mémorisais, en même temps que de régler son compte à mon comité d'accueil... Deux mecs random, m'attendant symétriquement aux murets extérieurs. Je ne leur laissai pas le temps de me dévoiler leurs Alters et préférai les assommer, l'un sur l'autre, d'un recul trompeur.

Devrais-je être blâmée, pour n'agir qu'en légitime défense ?... Je n'ai pas pour intention de faire dans la dentelle. Rien ne me fait peur. Tu m'attaques, je riposte. C'est aussi simple que ça... Pourquoi en serait-il autrement ? Nous parlons de survie. Il n'y a pas de règles, sinon celle du plus fort... Ca fonctionne comme ça, depuis les débuts de l'univers. Fondamentalement parlant, il n'y a que la causalité à blâmer... C'est en me rendant au sein de la suivante et large ruelle, que je soupire de plus belle... Cette fois, ils ne se cachent même pas. Sur les côtés, au devant... même en arrière, en y prêtant un regard... Ils ont fini par m'encercler, il fallait s'y attendre. Mais c'était moins bête de leur part. Au moins, ils se sont adaptés, voyant que l'effet de surprise ne suffisait pas... Très bien... Ouvrant totalement ma veste, pour me permettre une plus grande liberté de mouvements, j'abaissai également la capuche, afin d'agrandir mon champ de vision... Sous la cohue à venir, j'en aurais bien besoin... Tous ne pouvaient évidemment me combattre à la fois, mais les deux premiers vinrent de pôles opposés. Chacun comptant sur la présence de l'autre, pour me surmener, alors que les suivants se préparaient déjà, à me défoncer... Tu sais, l'avantage de voir les alentours trop lents, c'est d'avoir le temps de calculer nos mouvements, aussi ambitieux soient-ils... Ces acrobaties ne représentent rien de plus pour moi qu'un jeu d'étirements, lors d'un vol parabolique. La gravité parait si permissive, lorsque l'on représente une structure cérébrale aussi atypique... Marchant rapidement sur l'un, pour passer vivement derrière l'autre, d'un saut périlleux maîtrisé, j'attrape par les cheveux mon lâche agresseur, lui faisant bientôt passer un sale quart d'heure.

" Quelle affligeante lenteur... Vos capacités offensives sont aussi moisies que vos Alters... Pourtant vous persistez ?... Moi je ne faisais que m'échauffer... " leur communiquais-je, tout en rendant la pareille, à plusieurs de ces énergumènes, dans une danse riche en esquives et en propulsions vengeresses, provoquant divers bruits sourds, comme de multiples craquelures.

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Ryou Hanazawa
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Sam 12 Mai - 23:33
J'adore la pluie. Déjà, elle est froide. Même ce que vous appelez une pluie chaude, pour moi, c'est comme une bonne douche réfrigérante qui m'aide à évacuer la chaleur. C'est comme ça, l'eau aide à évacuer la chaleur, pour ça que tout le monde aime se baigner en été, qu'on sue quand on fait du sport ou qu'on meurt d'hypothermie quand on reste piégé dans l'eau. Mais c'est pas le mieux. J'aime la pluie pour sa musique, la seule à naturellement aller plus vite que moi. Vous autres vous en rendez pas compte mais selon la surface impactée, l'angle de chute, la vitesse, la taille des gouttes, leur composition, le bruit de chaque choc est unique, une symphonie aléatoire toujours renouvelée, toujours inédite, qui se poursuit à l'infini pendant des âges et des âges sans jamais se ressembler ou se répéter, comme les décimales de Pi ou les galaxies qui emplissent le vide du cosmos. Et puis ça fait pousser les plantes, ça nettoie les rues, tout ça tout ça. Non, franchement, je comprends pas que les gens se plaignent de la pluie, j'ai jamais compris ça. Ça complique notre travail, m'a un jour sorti quelqu'un. Une petite frappe, le chef d'un gang mineur qui survivait de racket dans les rues mal éclairées et délaissées de Hosu. On était tous les deux à la fenêtre de sa planque, un appartement du premier étage qui ne donnait sur rien sinon une cour mal éclairée, tout son royaume et territoire. Tout ce que la lumière ne touche pas est à moi, m'avait-il un jour dit en ricanant, révélant ainsi son amour des vieux films occidentaux. Une des rares choses que nous partagions. Mais il avait travaillé il y a longtemps avec les Snicket, et j'avais une promesse à honorer, donc je devais lui tirer les vers du nez.

L'occasion de lui faire cracher le morceau s'était présentée ce jour-là, justement, alors qu'il m'expliquait pourquoi la pluie compliquait son travail. On regardait son minuscule royaume depuis le premier étage, penchés à la fenêtre, lui habillé presque uniquement de ses tatouages et de son alter – du cuir de requin, épais, rugueux, soi-disant pare-balle, et aussi tatoué que le reste de sa peau – moi grimée en Lady Moriarty. Combinaison noire moulante, perruque rouge, lunettes teintées et manteau en fourrure, la tenue habituelle, un peu mon costume de vilaine à moi. Les gouttes nous tombaient sur le visage, glissant sur mon maquillage waterproof qui en avait connu des pires. Imaginez, si au milieu d'un braquage, il suffisait que je me passe la main sur le front pour tout faire partir ? Ryou Hanazawa aurait été attrapée depuis longtemps et Lady Moriarty n'aurait simplement jamais vu le jour. Non, j'utilisais une marque spéciale résistante, qui ne partait qu'avec un solvant violent assez agressif et mauvais pour la peau, mais bon, maigre prix à payer pour protéger mon identité, puis la gamme a une variété de couleurs pour les fonds de teint ou les fards, j'ai rarement vu ça, je crois qu'elle est destinée au cinéma à l'origine mais ils la vendent aussi aux particuliers maintenant, en tout cas je n'ai jamais eu de mal à en trouver. Mais je m'égare. Il m'expliquait donc que la pluie gênait ses gars, qu'elle poussait les gens à ne pas sortir de chez eux ou à emprunter les souterrains, et que personne ne venait gentiment se faire faire les poches les jours de pluie. Moi pendant ce temps, je sifflotait la mélodie des gouttes en écoutant une bagarre, en contrebas, dans une rue adjacente. J'ai su avant de le voir – de la voir, en fait, mais ce genre de détail ne s'entend pas – que la proie était en train de mater le chasseur. J'ai été à peine surprise que la proie en question soit une gamine, après tout ses agresseurs étaient des loosers. Je les auraient matés pareil à son âge, un peu de la même façon d'ailleurs. Ça, ça a retenu mon attention.

Je suis sûre que si j'avais demandé à Squalo – oui, l'homme requin se faisait appeler Squalo, d'une originalité folle, je sais, qu'est-ce que j'y peux – il aurait dit que le combat, ou plutôt le carnage, s'était terminé en un instant. La petite occidentale avait frappé vite, précisément, et fait tomber tous les débiles sans être blessée une seule fois. Pour moi il a duré un certain temps, comme un bon spectacle ou un film d'action passé en accéléré. La petite bougeait lentement, comme tout le monde, mais pas non plus comme tout le monde. Elle réagissait trop vite, elle improvisait trop bien, chaque geste était calculé et méticuleux, reposant sur des données que son cerveau n'aurait pas dû avoir processé à ce stade. Et comme si ça ne suffisait pas, au moment de provoquer ses adversaires, elle leur a dit qu'ils étaient lents. Oh oui, ils étaient lents, comme tout le monde, comme elle, comme moi. Mais elle, elle pouvait voir à quel points ils étaient lents. A ce stade, vous vous doutez bien que même l'actrice d'exception que je suis souriait jusqu'aux oreilles. Pas mon voisin, lui était plutôt horrifié. Avant qu'il ait pu se remettre du choc de voir sa bande d'élite du pire des bas-fonds se faire étaler sans efforts, je lui ai tiré le bras pour attirer son attention.

"Je fais partir la gêneuse sans que tes gars soient plus amochés ou humiliés qu'ils viennent de l'être et en échange, tu me dis tout ce que tu sais, d'accord ?"

Il avait sans doute pas bien compris ce que je venais de dire quand il a hoché la tête, il a fait ça trop vite. De toute façon je n'avait pas attendu sa réponse, j'étais déjà en train de me glisser à travers la fenêtre ouverte, comptant sur la gravité pour m'amener dans la cour en contrebas. Il me dirait ce que je voulais savoir, c'était juste une question de temps et d'arguments, celui-là n'en était qu'un de plus. Le plus intéressant, là maintenant tout de suite, c'était que j'avais trouvé quelqu'un avec un cerveau comme le mien, quelqu'un de trop rapide pour sa propre vie, quelqu'un qui allait peut-être enfin comprendre quand je parlais normalement, avec qui je pourrais échanger sans avoir à m'expliquer, à me freiner ou à faire attention. Je souriais toujours au moment de toucher le sol, mes jambes se pliant à l'impact pour amortir le choc pendant que j'amorçais déjà un premier pas en avant, utilisant l'effet de ressort contre le sol pour me redresser et m'avancer. Autour de moi les gouttes continuaient à chanter, accompagnées par les gémissements des incapables étalés au sol. Allions-nous parler, allions-nous nous entendre, allions-nous nous battre jusqu'à la mort et jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une ? Le suspens était insoutenable, je ne savais qu'une chose, j'allais apprécier cette journée.

"Salut ma grande. Le japonais ça te convient ou tu préfères l'anglais ?"

La plupart des truands était au sol, étalés et sans aucune envie de se redresser, mais ils pouvaient toujours écouter et j'avais pas forcément envie qu'ils profitent de ce petit moment privilégié entre moi et l'américaine – son accent l'avait trahie, même s'il n'était pas très marqué extrêmement bien effacé, il restait quelques légers détails, légers accents typiquement U.S. Ça restait mieux que mon anglais, typiquement, et pourtant je suis presque bylingue à ce stade, enfin pas by vu le nombre de langues que je parles, mais bref, elle était à un rien de la perfection mais c'est ce rien qui l'a trahie – surtout que personne ne sait vraiment ce qu'est l'alter de Lady Moriarty. Je suis bizarre, je suis maligne, je peux faire chauffer mes poings mais personne n'a encore fait le lien entre tout ça et j'avais pas envie que ça change. Si on pouvait discuter en privé et profiter du chauvinisme local, de l'inaptitude des gens ordinaires à apprendre plus que les quelques mots utiles à leur quotidien et à s'intéresser au reste du monde, ça n'aurait pas été plus mal.
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Dim 13 Mai - 2:53

Comment une personne, normalement constituée, réagirait-elle, en ces instants ?... Je pense qu'elle paniquerait. Ou du moins, son visage ne pourrait s'empêcher de revêtir une multitude de mimiques... Ce n'est pas mon cas. Ca ne l'a pratiquement jamais été, puisque peu de choses parviennent à me surprendre. Surtout en combat... Un écart à gauche, un écart à droite, je recule à la fois. Ce type, avec son alter d'élongation, pense sérieusement avoir une chance de me toucher ? Je finis surtout par le tirer à moi, le laissant s'éclater le visage sur mon genoux, avant qu'il retombe sur les siens... Le relevant partiellement, par les cheveux, je lui colle alors la patate magique, qui l'enverra dans le royaume des songes, pour un bon moment... Mh. Je sais. Il n'en reste pas beaucoup... Je pourrais m'en aller maintenant. Je veux dire... J'ai le champ libre, ça devrait aller... Sauf qu'il en reste 2... Moi, sadique ? Pas le moins du monde. J'ai juste là une opportunité de tester la puissance de frappe de ces prothèses, sur de vrais humains... Elles sont pas top, mais tant que je ne dois pas affronter All Might avec, ça devrait passer, pour le tournoi. Enfin, je crois... Oh ?... L'un de ces ratés venait de faire émerger une végétation, des interstices de ces pavés... De grosses racines, menaçant de m'emprisonner, d'un dôme empressé. Là leur dernière tentative ?... À défaut de ne pouvoir me battre, on tente de m'immobiliser ? Probablement le moins bête du groupe. Malheureusement pour lui, il me suffisait de fléchir des jambes, pour m'élancer vivement, en direction de l'un desdits barreaux... À constater sa mine surprise, il ne s'attendait probablement pas à ce que je saisisse l'une des racines, pour me laisser porter au sommet de la cage, avant même qu'elle n'ait le temps de se refermer sur moi. Je le guettais donc avec lassitude, mon corps balançant faiblement, alors que je piétinais désormais mon prétendu tombeau, à la suite d'une modeste acrobatie de redressement...

" ... On recommence ?... "

À peine le temps de lui octroyer un duel de regards, que j'observai le sien perdre l'once d'espoir, constatée quelques secondes plus tôt... D'un simple saut, je dévalai sa structure brunâtre, marchant désormais et calmement, en sa direction. Son petit copain tenta bien de me barrer le passage, m'agressant de profil, avec ses barres de fer, lui sortant des avant-bras... seulement... bah cela ne lui servit qu'à se faire attraper plus facilement, lui permettant de s'éclater plusieurs côtes, d'un mouvement circulaire, l'envoyant fracasser une bordure de toit, avant de retomber, inerte, sur la terre qui l'avait vu naître... Et là, tu perds tes moyens... tu perds ta concentration... Je vois ses yeux dévier lentement, très lentement, vers son camarade... L'erreur de trop. Mes prothèses passe-partout me permettent d'atteindre les limites physiques humaines des Sans-Alters, ce qui s'avère amplement suffisant, que pour combler l'espace manquant, d'une vive course propulsée... Un face à face s'opère alors, tandis que je lui fracasse soudainement l'estomac, en tenant son cou, pour ne pas que le corps m'échappe... Plié en deux, l'insultant personnage est à mes pieds, peu de temps avant de ramasser le mien dans sa tempe, l'envoyant donc au sol... Mais ça ne me suffit pas. J'en veux plus... Alors je le relève, par le col, et je fais goûter à son minois le poing du forain, l'envoyant lécher le mur d'en face, d'où il commence à dégouliner... de façon imagée, bien sûr... Allez... Relève-toi... J'ai rien vu d'intéressant, là... Même des élèves de Yuei se défendraient mieux, j'en suis persuadée et c'est bien ça qui me frustre... On ne se prépare pas correctement, en affrontant de tels insectes... Alors, en l'agrippant à nouveau,  je lui colle une baffe... puis une autre... puis encore une autre... J'essaye de le réveiller, mais ça marche pas... Tu sais, c'est comme le dernier chips. Tu veux le savourer jusqu'au bout, mais il y a souvent une fin à tout.

Fatiguée de cette déception supplémentaire, je comptais noyer ma déprime dans une ultime frappe, avant de passer à autre chose... Oui, du moins, jusqu'à l'émergence d'un son étranger à la pluie battante... Pivotant immédiatement mes perles électriques en direction de sa provenance, j'arrêtai, net, mon impulsion en cours. Cette femme... très certainement témointe de mon massacre, que me voulait-elle ?... Dans tous les cas, elle demeurait certainement en meilleur état que ma dernière victime, s'étalant présentement, le visage en sang... tandis que je me redressais, pour ma part, fixant intensément l'arrivante, d'une certaine méfiance, mais sans pour autant en perdre ma légendaire inexpressivité... Son style n'est pas approprié à ces lieux insalubres. Elle est bien plus distinguée. Ce n'est pas normal... J'ai soit affaire à une touriste fortunée, ce qui serait très peu probable ici... soit à un mannequin en tournée et venant de sortir du casting, ce qui est encore moins envisageable... Donc, il ne reste plus... qu'une vilaine, comme ils appellent ça... De toute façon, je restais toujours sur mes gardes, au-delà des apparences... Et alors que les lames d'eau scindaient, verticalement et calmement son enviable silhouette, cette intrigante gêneuse me posa une question qui me déstabilisa mentalement... Juste un peu, hein. T'emballes pas... Elle me demanda si je préférais poursuivre une conversation en anglais ou en japonais... Pourquoi me demander ça ? Quelque chose lui parait indiquer ma nationalité ? Oh, bien sûr, je dispose de signes physiques rappelant l'occident... Mais n'est-ce vraiment que cela ? M'a-t-elle entendue m'exprimer, tout à l'heure ? M'observait-elle ? Représente-t-elle le boss final ? Mon accent japonais est pratiquement parfait... Pratiquement ? Oui, mais seulement pour une perception égalant la mienne...

" ... Peu importe... Tu peux bien parler anglais, si ça te chante. Je viens d'Amérique, je comprendrai... Mais le japonais reste tout aussi simple à saisir, pour quelqu'un comme moi... T'es ici pour subir le même sort, ou tu préfères que je t'épargne ? C'est bizarre, de m'aborder ainsi... Tu caches quelque chose, j'en suis sûre. "

Je n'aime pas sa posture... Elle est trop fière... trop détendue... trop, comme la mienne... C'est pas bon. Ca pue... Moi je me la permets, car je le peux... Ce n'est pas de l'inconscience, je suis alerte. Je suis toujours alerte, même si la fatigue m'alourdit... Je ne parle pas de mes récents exploits, mais d'une lassitude profonde pour le monde qui m'entoure, une gravité écrasante et permanente, faisant s'affaisser mon être sur lui-même... J'y résiste du mieux que je peux, mais c'est pas toujours facile... Je sais, je sais. Je radote, une fois encore... Que puis-je faire d'autre ? Tout est trop lent, à l'extérieur. Trop de temps, encore et toujours... Ces paroles, devant obligatoirement être prononcées au ralenti, finiront par me rendre folle à lier. Devoir se calquer aux autres représente une torture, à laquelle je suis obligée de me soumettre, si je ne veux compromettre les plans de la défense nationale américaine... Personne ne doit connaître mon Alter. Il me mettrait en danger. Risquerait d'attiser la convoitise de personnes aux sombres desseins... telle que cette dame, me faisant face, en cette pluvieuse journée... Je m'inquiète possiblement pour rien, mais cet excès de confiance, la représentant, ne me rassure pas... Surtout si elle m'a vue combattre... Cependant, à une vitesse de perception normale, tout s'est déroulé assez vite, j'imagine... Elle ne peut pas avoir remarqué ma particularité. Si je lui affirme que mon Alter me permet d'atteindre les limites mentales, comme physiques, des Sans-Alters, ça devrait passer crème, non ? Ouais, certainement... Alors, pourquoi je me sens si mal à l'aise ? Pourquoi je, tremble ?... C'est léger, mais... Ca doit être l'adrénaline. Oui... Non, la flamme n'est même pas apparue... Ses verres teintés me font chier. Je peux pas voir ses yeux, alors que elle, doit certainement me bouffer du regard. Je déteste ça... comme dans les salles de tests de la Novel's Industry... Putain de vitres fumées...

" ... Tes yeux, déjà... Enlève ces lunettes, en signe de bonne foi... " tentais-je alors, dans ma langue natale, profitant de ma frustration pour la convertir en un test qui, je l'espérais, me permettrait d'en tirer une conclusion riche d'informations.

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Ryou Hanazawa
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Dim 13 Mai - 15:45
Plic, ploc, plic, ploc, plicploc, ploc, plic… Oh, allez, vous n'entendez pas la différence ? Je suis sûre qu'elle l'entendait, elle. Elle m'a entendu toucher le sol malgré la pluie battante, après tout, puisqu'elle s'est retournée avant même que je prenne la parole. Pivot rapide, posture décontractée mais défensive, un bon équilibre entre la nonchalance et la préparation qui ne sert que si on sait qu'on aura le temps de se tendre à temps, le même genre que j'adopte en permanence sans vraiment m'en rendre compte. Décidément trop chou, on aurait dit moi à son âge. En brune. Et en plus agressive. Et un peu plus plate, ce qui est surprenant pour une occidentale, mais elle avait peut-être juste pas atteint la puberté. Même dans sa façon de parler, de trop en dire et de sauter d'un sujet à l'autre parce qu'à trop se concentrer sur la vitesse à laquelle on parle et à parler moins vite qu'on pense on en perd le fil de ce qu'on voulait dire à la base. Est-ce que c'était pour ça aussi, trop concentrée sur la vitesse pour penser au reste, qu'elle est repassée à sa langue natale sur la fin de sa tirade, ou est-ce que c'était pour profiter de mon offre et parce qu'elle préférait l'anglais, à moins qu'elle aussi ait déjà compris qu'il valait mieux que personne n'entende ce que nous étions sur le point de dire ? Elle était trop sur la défensive pour vraiment laisser filtrer des indices à ce sujet sur son visage, d'autant qu'elle devait être aussi douée que moi pour voir le moindre petit signe qui échappe aux autres et donc prendre l'habitude de contrôler même ceux-là, une menteuse trompeuse aussi forte que moi, c'était inédit, excitant ! Je voulais la faire parler plus, la pousser à tout me montrer, tout me dire, mais pour ça il fallait qu'elle parle, donc pas de geste agressif et surtout pas un pas de plus en avant pour raccourcir la distance, des fois qu'elle pense que je me préparait à la frapper ou lui révéler un alter surprise quelconque que je n'avais pas. Non, un petit haussement d'épaules accompagné de mon éternel sourire canaille suffirent comme réaction.

"Désolépourçajesaiquecertainaimontrertoutleurcoutures
– j'ai accompagné la parole d'un petit geste du doigt, droit vers les cicatrices bien en évidences sur son ventre qui devaient être bien douloureuses mais qui étaient surtout assez disgracieuse, certains pensent que les cicatrices c'est classe ou quoi mais ils ont trop lu de manga, les vraies cicatrices sont plus souvent moches qu'autre chose et rarement nettes, quoique celles-ci étaient bien droites et symétriques, plus proches des restes de chirurgies que des traces d'agression, mais quel genre de chirurgie laisse des traces comme ça, elle s'était pas fait remplacer un rein ou l'estomac quand même, de toute façon on sait le faire plus discrètement que ça maintenant – maicertainondeschosàcachercommonvisagepuisquejesuirecherchéeparlapolice, difficildevivrecommunecriminellesuperstardenojours. Celadicenesonpavraimentmesyeuquitintéressmaiplutôcequilyaderrière, pavrai?" *

Pour accompagner ça c'est vers ma tête que j'ai pointé le doigt, droit vers ma tempe et mon cerveau caché derrière. Si je m'étais trompée, aussi improbable que ce soit, si elle était finalement aussi lente que le reste du monde, elle aurait été incapable de comprendre un mot de ce que je venais de dire, et encore moins de comprendre ce dont je parlais. Elle aurait juste l'impression que je suis bizarre, comme tous les autres. Si elle était vraiment comme moi, par contre, piégée dans une prison de chair et de réalité incapable de suivre son rythme, elle serait forcément intéressée. Je cherches depuis des années, enfin je suis attentive plutôt, mais jamais je n'ai trouvé qui que ce soit d'aussi rapide que moi, capable d'aller à ma vitesse sans se faire dépasser et de me suivre alors que je laisse mes pensées libres sans les freiner. Histoire de ne pas complètement la braquer cependant, de faire un petit geste pour aller dans son sens et de montrer ma bonne volonté, à défaut de retirer mes lunettes et la laisser voir complètement mes yeux, j'ai juste tiré la monture un peu plus bas sur mon nez pour montrer mes sourcils dûment teints pour s'accorder à ma perruque et le haut de mes yeux, qu'elle puisse admirer mes superbes lentilles et qu'elle voit aussi la direction dans laquelle mon regard pointait sans pour autant pouvoir remarquer et mémoriser la forme exacte de mes yeux.

"Maijesupposquejepeufairunefforpuisquetuteballadéjàpresquàpoil.
Etpuis, cestassezrardecroiserdesgenavecquiavoircegenrdediscussion, jepeubienfairungeste, non?"
*

J'ai difficilement retenu un regard en arrière, vers Squalo l'idiot qui regardait par la fenêtre sans forcément comprendre ce qui se passait et certainement sans comprendre ce que je disais. Plic ploc, plic, ploc, peut-être qu'il n'entendait rien, en fait, juste la mélodie de la pluie et le concert des gémissements des types au sol. Le parfait contre-exemple puisqu'il réussissait l'exploit d'être encore plus lent que la moyenne, à moins que ça soit juste une impression parce qu'en plus de traîner dès qu'il parle, ce qu'il dit est rarement intéressant. Pour quelqu'un d'autre, ce petit coup d’œil en arrière aurait été l'occasion de se prendre une attaque surprise, une faille dans une garde pas exactement parfaite mais suffisante puisque je n'étais pas vraiment en train de me préparer à me défendre à ce moment précis, mais si elle bougeait je la verrais à la périphérie de mon regard, je l'entendrais claquer ses semelles sur le sol, j'entendrais les gouttes changer leur rythme, en bref elle ne pouvait pas me surprendre comme je ne l'avais pas surprise.

* : en anglais dans le texte
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Dim 13 Mai - 21:25

Boum boum boum boum, baboum boumboumboumboum... Je connais ce battement... Ca monte... Ca monte de plus en plus... Mon rythme cardiaque augmente, peu à peu... C'est bizarre. Ca devrait pas. Je comprends pas... mais ça ne me rassure pas... Je me sens en danger ? Pourquoi ?... Eh... Réponds-moi, toi... Tu sais quelque chose ? Dis-moi que tu sais me répondre... Ca me le fait qu'en combat. Alors pourquoi j'ai l'impression qu'elle pourrait exploser, à n'importe quel moment ? La flamme... Elle est là... Dans mon sang... Elle dort... Nan, là elle gronde... Elle attend l'instant précis de mon relâchement, pour engloutir une part de ma psyché... Elle sourit... Cette femme me sourit, malgré la scène, le carnage qu'elle peut observer... Elle n'en a rien à foutre, de mon ton provocateur. Pourquoi ?... Elle se sent à l'aise ? C'est pas normal. Rien de tout ceci ne l'est... Du bluff ? Trop détendue pour ça... Trop... euphorique ?... Ce genre de personnes laissent des ouvertures dans la garde. Pas elle... Folle mais compétente ? Dans ce cas, à quel point ?... Oui, à quel point... À présent, je vois ses lèvres bouger... Cette intruse, à la chevelure rougeâtre, va s'exprimer à nouveau... Au moins ça traine p-à ce moment exact, le grand frisson... Mes paupières se sont modérément écarquillées. J'ai perdu le contrôle, mais je ne comptais pas tarder à le récupérer, bloquant net le mouvement de mes sourcils et déviant légèrement la tête sur le côté, afin de permuter la surprise en quelque chose de plus volontaire... Ca ira. Je sais gérer les imprévus... Mais ça, c'était pas juste un imprévu. En fait si, c'était bien là tout le problème. La mannequin me pointe alors du doigt... À en juger par ses dires, je... Attends, quoi ?... Vient-elle juste de ?...

Attends, attends... Calme-toi... Mais je peux pas, putain ! Mes pensées s'entrechoquent à toute vitesse et l'adrénaline en disperse des morceaux ! C'est la panique. La panique du noyau... Me fallait-il produire un effort considérable, pour ne rien laisser paraître à l'extérieur... Parce qu'à l'intérieur... Ouais, c'est la merde à tous les niveaux... Un sentiment renforcé, alors que mes yeux tentèrent, pendant un millième de secondes, la bifurcation de ma concentration, sur ces cicatrices... J'y arrive pas... Mon attention revint automatiquement sur mon interlocutrice, avant même de m'offrir la constatation précitée... Je peux pas la quitter du regard. Je sais pas pourquoi, mais je sais que c'est trop dangereux... Mon instinct me hurle de continuer à la fixer. Que l'inverse constituerait une erreur comparable à celle de l'autre con... Hein ?... Comparable ?... Les briques s'assemblent, au gré des perturbations mentales... Tu comprends ce que je veux dire ? T'as probablement déjà deviné, toi, pas vrai ?... Si tu résides bien dans mon inconscient, comme ils me l'affirment, c'est toi, mes tremblements présents ?... T'essayes de me prévenir d'un truc ? Ca te fait peur ou ça t'excite ? Que ce soit l'une ou l'autre réaction, la résultante est la même. Diffusion d'adrénaline... Elle me reparle, à la même fréquence... C'est une blague ? Elle cherche quoi ?... C'est une criminelle ? Ca me fait une belle jambe. Qu'elle ne soit pas spécialement incompétente, ça aussi, je m'en doutais... Mais qu'une personne normale puisse tenir une diction si... Je sais, ouais, je sais, je veux pas me l'avouer, hein ? Les faits sont là, mais je ne veux pas me les admettre. C'est ça ?... Je continue de chercher la petite bête, d'emprunter chaque faille possible, pour rejoindre la voie du déni, n'est-ce pas ?... Pourquoi je fais ça ? Peut-être parce que la vérité me... elle me fait peur ?...

Qu'elle arrête ça. Ce petit jeu. Elle se fiche de moi... Mais comment est-ce possible ?... Pour jouer avec mes nerfs de cette manière, elle doit forcément savoir comment m'atteindre à l'avance... Elle me teste. Elle teste mes réactions. Une théorie à vérifier ? Tu sais très bien de laquelle je parle. J'ai pas besoin de te faire un dessin, t'es avec moi dans cette galère. On est deux à risquer gros... Merde... Comment ça, ce qu'il y a derrière ?... Tu saisis ce qu'elle veut dire, toi ? C'est ça, qu'on voulait vraiment ?... Je sais même plus ce que je voulais me prouver, en lui ordonnant presque de retirer ses lunettes... Ses yeux ! Mais pourquoi ça me rassurerait ? Les fenêtres de l'âme, tu dis ? Conneries. Seule une conscience, prenant la source de son existence, à travers un réseau neuronal en activité... Putain... C'est ça que je voulais constater, depuis tout ce temps ?... Elle me pointe son cerveau, d'un doigt sur la tempe. Je me sens mal putain... J'ai envie de me poignarder, de faire gicler tout ce sang bouillant hors de mon corps, pour me libérer de cette insupportable pression liquéfiée... Pourquoi croit-elle que je m'intéresse à son cerveau ? Elle pense que j'ai deviné un truc à son sujet ? Et ça devrait être quoi ? Bordel et si ces coups de marteau pouvaient arrêter de me perturber, aussi ! Je me déteste... mais je peux rien y changer... C'est ma malédiction... Cette situation, ne doit certainement durer que quelques secondes... mais cette réflexion, pour moi équivaut déjà à plusieurs minutes... Je passe, sur le fait que je me balade en tenue légère. Ca, je le sais déjà et cela reste dans un cadre combatif... En revanche, la suite de ses propos me glace ironiquement et davantage le sang... Pourquoi cette discussion serait si spéciale ? Parce qu'elle est en anglais ? Mais bien sûr que non, grosse conne... À ce niveau, tu penses encore t'en sortir, avec ces excuses débiles ? Avoue-le toi franchement... Remets les pièces en place... Arrête de disperser volontairement ce puzzle... de faire semblant de ne pas comprendre, depuis tout à l'heure... Cesse de te mentir... Il n'y a qu'une seule issue logique à tout ce cinéma... tous ces signes... La vérité, c'est qu'elle est...

" Comme moi ?... "

... Splatch... SLATCH ?!... C'était quoi, ça ?!... Mes bottes... Je sens que la droite est mouillée... du genre, bien plus que l'autre... Ai-je juste... Oui, j'ai reculé d'un pas. Et pas de la façon la plus discrète qui soit... C'est, la faute de ses yeux... Ce regard... Il a bougé trop vite... n'a eu à peine le temps de se poser sur une autre cible, qu'il s'est recentralisé immédiatement sur le mien... Le cerveau n'a pas eu le temps d'interpréter l'information. Et quand bien même cela serait le cas, un tel niveau de vivacité, pour quelqu'un d'apparence aussi détendue... Est-ce la preuve que j'attendais ?... Celle qui parvint à me faire sortir de mon mutisme apparent, lors de sa petite tirade ?... C'est grave. C'est très grave... Non seulement je lui donne l'opportunité de me penser capable de suivre ses dires... Mais en plus, sous le coup de la panique, je n'ai plus fait attention au rythme de ma voix... sans parler de la signification de mon exclamation... Bout à bout, ces éléments... Hein ? Ces courbes, à mon oeil gauche... De brefs filaments bleutés... J'en suis déjà à la limite de son activation ?... J'ai la bouche entre-ouverte, les yeux bien élargis... Je suis comme, figée... Sauve-moi. J'ai peur. J'ai peur de ce que je suis, de ce qu'elle est... C'est un cauchemar, je vais me réveiller, non ? C'est pas possible que cela puisse être réel. Quelle est la probabilité ?... Dans les 0% ?... Non, la probabilité des évènements, n'avoisine que les 100%, en toutes circonstances... Je ne pouvais pas y échapper. Aujourd'hui, en ce moment même, les lois de la causalité ont décidées de me persécuter... comme depuis toujours...

" Putain de merde... "

Je perds mes moyens, je le sais... Il y a une fuite dans mon armure... Elle siffle avec férocité, après s'être retrouvée transcendée, par ce regard perçant... Ces quelques mots, je les vomis presque, en entamant un second pas en arrière... pourtant suivi d'un troisième... Il n'y a plus de place pour la réflexion... Toutes mes pensées convergent vers une seule destination, un seul objectif... et c'est en me retournant vivement, que je cède enfin à mes pulsions, à mon instinct... Sur le moment, ça faisait du bien... Comme, se libérer d'un poids insoutenable... On se sent si libre, dans la fuite... lorsque l'on fait dos aux problèmes, au lieu de les affronter... qu'on les ignore, pour avancer... Mais là, je n'avance pas, je cours... Mais qu'est-ce que je suis en train de foutre, au juste ?... J'essaye vraiment de m'en sortir comme ça ? C'est stupide. Je n'ai aucune stratégie, dans cette action subite... Je fais même pas gaffe aux intersections que je prends. Je renverse des poubelles, je tombe dans moult flaques... je me relève et continue à me perdre dans les ruelles, sous la pluie battante... L'adrénaline m'aide à prendre des décisions plus rapidement, elle accélère mon rythme cérébral, mais diminue mes capacités de réflexion en conséquence... J'ai peur... Pour la première fois de ma vie, je ressens cette émotion, au lieu de l'excitation... Sous la pluie battante, mes lèvres tremblent... Je fais de la merde. Je fais de la merde... Mon corps bouge tout seul, j'ai plus le contrôle... Même la flamme de mon oeil gauche ne parvient pas à se décider, quant à la réaction à adopter... Elle s'allume et s'éteint aussitôt, plusieurs fois d'affilée... de façon désorganisée... Ca me perturbe, alors que je m'écroule, une fois de plus... J'arrive même pas à coordonner correctement mes jambes. Je ne pense plus à rien... à rien d'autre qu'à ma vie... Quelle ironie... Est-ce qu'elle me suit ? Elle devrait pas avoir trop de mal, au vu de mes nombreuses fautes... J'ai jamais autant paniqué, je suis pas habituée... Tu ferais quoi, toi, à ma pl-

" Ah ? Quoi ?... Non... Non ! Non... " m'exclamant avec effroi, je ne pouvais que réaliser ma bêtise, alors que ce cul-de-sac avait manqué de m'embrasser, mon regard désorienté guettant successivement et prestement les moindres recoins de cette prison apparente, dont mon oeil déviant en constaterait bientôt le loquet ?

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Ryou Hanazawa
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Lun 14 Mai - 22:15
C'est facile de repérer quand quelqu'un est tendu, il y a plein de signes extérieurs, c'est à tel point que même les gens normaux bien entraînés en sont capables avec presque cent pourcent de réussite. C'est encore plus facile quand on voit la personne se tendre en direct parce qu'on peut comparer l'avant et l'après, on voit les changements s'opérer et la physionomie se métamorphoser. Les traits du visage durcissent, surtout la mâchoire. La ligne des épaules devient plus droite. Les coudes remontent, aussi, et les muscles des jambes se gonflent. Et comme la petite portait vaguement des sous-vêtements sous son manteau, je ne pouvais techniquement pas ne pas voir qu'elle se tendait. C'était pas inattendu, elle venait de défoncer des petites frappes en étant plus futée qu'eux et là j'arrivais, me présentant comme une criminelle et prouvant que, cette fois, elle ne serait peut-être pas la plus intelligente de la pièce.

Le reste par contre, c'était un peu excessif. Mouvement de recul, babil incomplet et/ou incohérent, perte de contrôle des expressions faciales – parce que la bouche et les yeux grands ouverts, c'est pas une expression de stupeur, c'est un relâchement dû à une perte de contrôle des muscles faciaux, ce qui était d'autant plus dommage que jusque là elle s'était plutôt conduite comme quelqu'un de maîtrisé, capable de profiter de son intelligence supérieure, calculant aussi bien ses mouvements que son accent. La voir perdre pieds comme ça, c'était presque décevant, mais là encore, c'était une gamine. Elle devait avoir quoi, une petite dizaine d'années ? Non, je charries, un peu plus. On va dire douze ou treize, ça me semble plus correct. Elle avait carrément moins d'expérience que moi, donc, rien d'étonnant à ce qu'elle se comporte encore, bah, comme une gamine. C'était déjà miraculeux qu'elle soit pas assommée par la fièvre, en fait, parce que ça m'arrivait souvent quand j'étais plus jeune. C'était peut-être pour ça qu'elle était à poil, pour aider à ventiler, mais si ça suffisait j'aurais fini exhibitionniste.

Puis elle a lâché un juron, elle s'est retournée et elle s'est mise à courir. J'étais sûr le cul, on va pas se le cacher. Moi j'essayais d'entamer le dialogue, d'être sympa, de lui montrer que j'étais comme elle et qu'on allait pouvoir se comprendre, être copines, qu'elle était pas seule ! J'aurais tué pour avoir quelqu'un comme moi, plus jeune ! Littéralement, je pense que c'est une des rares choses qui auraient pu me faire sauter le pas. Pas la seule, mais… on en reparlera, peut-être, c'est pas le sujet. Non, elle, elle a préféré balancer une grossièreté – à la bonne vitesse, histoire de prouver que j'avais raison, à moins que ça soit juste une preuve de plus de sa perte de contrôle, en fait c'est plus logique parce qu'elle n'aurait pas été me donner raison pour se tirer juste après – et me planter là. C'était aussi imprévu que décevant, j'ai dû passer bien, quoi, plusieurs dixièmes de secondes à processer l'information avant de comprendre que oui, elle était en train de courir vers la sortie. Sauf que contrairement à elle, je voulais cette discussion, moi. Je voulais voir qui elle était, comment elle était, comment elle vivait son cerveau au quotidien et ce qu'il avait fait d'elle.

Du coup, forcément, je lui ait couru après. Elle n'avait à peu près aucune chance de me semer, à moins d'avoir un second alter secret pour prendre l'avantage, parce que je suis quand même une bien meilleure athlète que j'en donne l'impression, je suis même bonne tout court, il faut bien ça pour tenir tête à des héros qui s'entraînent à longueur de journée, d'autant que mon rythme de vie me laisse aussi pas mal de temps pour m'entraîner. Tout ce dont j'avais peur, c'était qu'elle rejoigne les rues fréquentées avant que je lui mettes la main dessus, ce qui pour le coup aurait été parfaitement possible si elle avait choisi un chemin plus direct. Ce qu'elle ne fit pas, préférant plutôt tourner en rond dans des ruelles sombres et humides. Plocplocplocploc, ses pieds résonnaient à quelques mètres devant moi sur le sol couvert d'humidité, projetant plus de gouttes à chaque pas et ajoutant un rythme nouveau à la symphonie de la pluie que je ne pouvais m'empêcher de siffloter alors que je la rattrapais dans un cul-de-sac. Qu'elle finisse comme ça à l'opposé de la rue d'où elle était arrivée prouvait qu'elle n'avait pas simplement fait le chemin en sens inverse. Soit elle n'avait pas mémorisé l'itinéraire à l'aller, soit elle n'avait pas fait attention à son environnement sur le retour, dans tous les cas elle avait fait preuve d'une négligence qui ne ressemblait pas à son style de combat si précis et ses provocations pleines de confiance. C'était comme une autre personne, soudainement moins rusée que je l'espérais.

Il était cependant trop tôt pour juger, nous n'avions échangé que trois mots et pas un coup, peut-être avait-elle en fait un plan si habile que même moi je n'y avais pas pensé, je faisais après tout souvent cette impression. Au cas où, quand elle s'est immobilisée, j'ai fait la même chose directement pour ne pas trop réduire l'écart. Je ne voulais pas me mettre à portée d'attaque, et pas lui donner l'impression que j'allais attaquer non plus. Comme j'étais pas essoufflée, et que bon, c'était justement pour ne plus perdre du temps avec des imbéciles que je voulais lui parler, je me suis vite redressée avec les mains sur les hanches pour reprendre la discussion calmement.

"Cestpatrèsympadetenfuircommeça, tusais? Moijeveujustdiscuter, maisiçatedérange, tupeujustlediretenaller, cestoiquiesvenuiciàlorigine, aprètout. Pabesoindêtregrossièrcommça."*

Mouais, bon, c'était moyen engageant et moyen calme, autant pour reprendre la discussion calmement. C'était vraiment le but, hein, mais sans aller jusqu'à dire qu'elle m'avait vexée en partant sans rien dire, j'avoue que j'étais un peu déçue qu'elle soit pas aussi curieuse et enthousiaste que moi. Et puisque je voulais justement me laisser aller, arrêter de faire attention à tout ce que je disais ou faisait en permanence, j'étais déjà dans la mentalité de parler à la vitesse à laquelle je pensais et donc de dire tout ce qui me passait par la tête. Puis bon, c'était pas grand-chose, c'était pas comme si je l'avais insultée. J'étais relativement soft, même, je dirais.

"Regarde, jetattaquepas, jeteforçàrien, jesuijustelàpourquonparle. Jepeumêmtefairuncalin, siçapeuterassurer."*

* : en anglais dans le texte
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Mar 15 Mai - 22:23
Que se passe-t-il ?... Que me veut-elle ?... J'entends le bruit des gouttes d'eau... il est plus doux... Un marteau piqueur à la place du coeur... Je sais ce que cela signifie... Mes couettes étaient trempées, me paraissant à la fois lourdes et légères. Mais que dois-je faire ?... Déviant des façades, mon regard valdingua en direction de ma provenance... Je l'entendais. J'entendais le son des perturbations... Elle est là... s'est arrêtée au même moment que moi... Malgré mes nombreuses chutes, j'avais réussi à tenir la distance, grâce à mes prothèses... Du coin de l'oeil, je la remarquais et la fixais, cette figure svelte qui hantait à présent mon être... De quoi as-tu peur ?... Je n'ai peur de rien... De la souffrance, de la solitude ?... Je n'ai peur de rien... D'être surpassée, d'être tuée ?... Je n'ai peur de rien... Tu as peur de l'inconnu, de ce que tu ne maîtrises pas... Je n'ai jamais peur, jamais... Ce miroir, ton démon... c'est moi ?... Je suis ma propre peur. Comme c'est stupide... et à la fois si logique... Je suis la seule personne que je ne peux pas prévoir... la seule personne que je ne battrai jamais elle n'est pas ton reflet... Comment ça ? Je ne comprends pas... Reprends-toi... C'est étrange... Pourquoi parle-t-elle plus lentement, maintenant ?... Non... C'est autre chose... Alors que je me retourne progressivement, pour lui faire face, quelque chose se pose en travers de mon chemin, tandis que j'observe ses lèvres bouger... C'est rond, plutôt applati... d'autre sphères, plus petites, la suivent... Comme c'est intriguant... Il ne pleut plus ?... Je vois des sphères translucides, partout autour... Elles naviguent tranquillement jusqu'au sol... C'est si fluide, si calme... que même ses paroles me détendent...

Je sens un liquide chaud, dans ma bouche... Le goût est métallique... ca devrait pas me rassurer, mais je me surprends à jouer avec, de ma langue... Savant mélange de lourdeur et de légèreté, qu'est-il en train de m'arriver ?... La criminelle m'assurait de son accord, pour me laisser partir. Tu y crois, toi ?... Moi non plus... Pas après ce qu'elle a découvert sur moi, ce que j'ai découvert sur elle... Rappelle-moi dans quelle direction dois-je me rendre, pour me tirer d'ici ? Oui, droit devant... juste par là où elle se trouve... Elle est curieuse, cette découverte l'excite ? Moi, elle me stresse... Pourquoi a-t-elle cette réaction ? Je ne comprends pas... C'est pas normal... Elle devrait avoir autant peur que moi... des capacités qu'un tel cerveau est capable... même si moi je suis bridée par... par... C'est pourquoi... elle est différente de moi... Elle ne tremble pas, son pouls est commun, elle ne manifeste aucun signe propre à l'adrénaline... même en dehors de ceux-ci... Ses pupilles ne sont pas dilatées... Elle n'est pas bridée ? Mais si elle ne l'est pas, elle ne peut pas non plus m'atteindre, dans la diction... Ses performances ne peuvent pas rivaliser. À moins d'emprunter un chemin différent, pour le même résultat... Mais si seule l'adrénaline peut brider les capacités de réflexion, les siennes le sont-elles ? Je ne peux pas croire que son raisonnement ne soit pas impacté. Son approche ne serait pas la même. Elle n'aurait pas pris autant de risques, ne me parlerait pas comme elle le fait... Si la réflexion suivait le schéma des performances cérébrales de mon Alter, elle serait incalculablement intelligente. Cela se remarquerait immédiatement et elle ne pourrait même pas se retrouver ici, à perdre son temps avec quelqu'un comme moi. Un insecte, un animal... de la même façon que je considère mes semblables, à l'instant présent... Ce n'est pas une modification de la structure cérébrale... et si elle ne peut pas traiter plus d'informations à la fois, pour percevoir son environnement plus lent... Alors il ne reste que la solution de...

" ... L'accélération du flux de transmission... C'est la seule autre méthode, pour égaler mes performances cérébrales... Mais y parviens-tu réellement ? Je ne suis pas à fond... et toi non plus... n'est-ce pas ?... " lui répondis-je, juste après sa dernière exclamation, alors que mon air impassible se manifestait à nouveau.

Si ma théorie s'avère correcte, elle représenterait l'apogée de ce que le cerveau ordinaire serait capable... avec un peu d'aide... Overclocking... Mais même une telle méthode possède ses limites... De la même manière que l'adrénaline menace l'éclatement de mes veines, par sa pression grandissante... l'augmentation du flux de transmission échauffe un système, de plus en plus... Qui gagne, entre un Ordinateur Quantique bridé et un classique, surcadencé ?... Je suis curieuse... Il n'y a pas meilleur entrainement, pour le tournoi, que de mener une partie d'échec, avec un équivalent... Si j'ai peur ? Oui. Bien sûr que j'ai peur... Mais je sais désormais qu'elle possède aussi des limites... que je reste plus développée dans ma structure, même si ma réflexion en souffre, en fonction du cumul de stress... Sauf que... Fixant le ciel grisâtre, je le remarquais... L'adrénaline me donne quelque chose de plus avantageux, à mon sens, que la réflexion, en pleine bataille... Et alors que je fermais l'une ou l'autre paupière, en fonction des sphères tombantes, que je distinguais à l'avance... je le réalisais, sous la véracité de cette pluie pourtant battante... Du temps... Le plus important, c'est le temps... Chose que mes prothèses pouvaient également me permettre de gagner... Problème. Si cette femme s'avère plus compliquée à toucher, cela signifie également que j'en perdrai davantage, sur la durée d'une confrontation... Si la flamme s'active, les minutes seront comptées, pour moi... Mais si je contiens la peur nécessaire à son activation, je risque de perdre... Mon état actuel me donne un avantage de vitesse, compte tenu de son élocution plus ralentie, du taux d'adrénaline parcourant mes veines... Si je l'entretiens, je démarre la partie avec une avance, comme pour les autres, à l'état normal...

" On discutera après. Donne-toi à fond... ou je te tue... "

Je ne suis pas une petite chose fragile... Ne fais pas l'erreur de me sous-estimer, simplement parce que j'ai pris peur de mon propre reflet... C'est justement parce que je suis un monstre, une arme, que j'en ai une peur bleu... Bleu, tout comme l'intrigante flamme, qui explosa encore brièvement et modérément, depuis le coin de mon oeil gauche, tandis que ma botte éclatait une nouvelle fois le sol humide... Je ne recule pas. Je ne recule plus... J'avance vers elle... Pas à pas... Calmement... Les gouttes gardent leur vitesse de chute... Je remarque que celle-ci ralentit même davantage, même si la différence est subtile... Un troupeau d'éléphants piétine ma pompe à sang, mais ça ira... Ca finit toujours par aller, non ?... À mesure que je réduis l'écart avec mon interlocutrice, ma respiration augmente... C'est normal... Le flux d'adrénaline se fait plus important... Je le voulais. J'ai besoin de ce poison, de cette drogue, pour m'aider à m'exprimer pleinement... C'est pour ça que je l'ai provoqué... en menaçant jusqu'à sa vie... Ca marche. Ca marche... Je creuse l'écart entre nous, en le réduisant. C'est amusant. Je suis meilleure qu'elle, pour le moment... Plus je me rapproche et plus je stresse. J'ai peur d'elle, mais cette peur, je m'en sers, je la cultive... Elle m'apportera la victoire... Le bonus s'agrandit, à mesure que je fais trainer le premier échange de coups... J'ai envie d'en apprendre plus, sur elle... J'ai envie de savoir ce que ça lui fait, de vivre cette vie... Ca voudrait dire que je ne suis plus seule ?... Mais je... tousse du sang ?... C'est celui dans ma bouche ?... Ca ne fait rien... Je n'ai pas envie de la blesser. J'en ai rien à foutre, qu'elle fasse du mal ou non, autour d'elle. Le bien et son contraire n'ont pas de sens, pour moi... Ce sont des concepts sociétaires, nés d'une souffrance physiologique. Juste une information transmise au cerveau... 4 mètres... 3 mètres... Encore un petit... Juste un seul... Je peux pas... Je veux pas... Il fait un peu chaud, non ?... Allez... Vide ton esprit... et entamons cette nouvelle danse... poing chargé, fonçant avec prudence...

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Dés de combat
Mar 15 Mai - 22:23
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Ryou Hanazawa
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Mar 15 Mai - 22:41
Sauf que bon, je pouvais bien dire ce que je voulais, c'était comme si elle n'écoutait pas. Pas de réponse, du moins pas à ce que disais ou faisait, c'est à peine si elle réagissait tout court et ses réactions avaient à peine de sens. Ça plus les pupilles dilatés, la tension constante, la peau rougie par l'afflux sanguin, les gestes brusques et erratiques – ça m'arrive de faire les mêmes, donc tout seul cet indice n'aurait pas suffi, mais il s'ajoutait à beaucoup d'autres – elle avait presque plus l'air défoncée que rapide, comme moi. Ce qui aurait pu être juste ça, une drogue ou un médicament quelconque. Entre la chaleur et l'hyperactivité, j'ai eu droit à plus que ma part de traitements avant d'avoir ma combinaison et d'accepter que tant pis, je serais seule dans la foule du monde et j'en tirerais le maximum. Mais elle a finit par dire quelque chose qui, comme je disait tout à l'heure, avait rien à voir avec ce que moi j'avais dit mais qui n'était pas tout à fait hors-contexte et surtout qui était riche en enseignements. Pour moi, ça coulait de source, le temps s'écoule plus lentement parce que je perçoit et pense plus vite, ce qui était dû à une circulation accélérée des impulsions électriques dans mon système nerveux. Et n'ayant jamais croisé quelqu'un d'autre capable de percevoir le temps au ralenti comme moi, j'avais forcément assumé qu'elle fonctionnait pareil, sauf que visiblement c'était pas son cas, elle était trop proche de la rupture pour inventer un bluff aussi tordu donc elle pensait ce qu'elle disait, ce qui m'a forcée à reconsidérer.

Déjà qu'elle ne soit pas à fond impliquait un certain contrôle, conscient ou non, sur son accélération – on va l'appeler comme ça par soucis de compréhension même si je n'aime pas le mot, je dois bien admettre qu'à moins d'utiliser une longue périphrase lourde et pas très jolie, je ne trouverais pas plus adapté parce qu'après tout, de l'extérieur, c'est un peu ce que c'est – là où mes nerfs sont toujours à cent pourcent en permanence, c'est pas un interrupteur mais un changement de matériau. Ensuite… non, ça ajouté au fait qu'elle ait tout les symptômes d'un traitement médicamenteux sans en montrer l'effet évident de ralentir la réflexion comme on pourrait l'attendre d'un traitement contre la folie inhérente à une perception accélérée, tout pointait vers une altération métabolique chimique plutôt que purement organique. Dans les organes, vous m'aviez compris. Et de tous les composés capables de produire ce genre d'effets… il n'existe qu'une substance déjà présente dans un organisme humain capable de ce genre d'effets, et des substances extérieures ou un cocktail n'aurait pas eu aussi peu d'effets secondaires, donc ça laissait seulement l'adrénaline. Ce qui expliquait l'insociabilité et l'incapacité à réagir à ce que je disais, elle était surchargée d'adrénaline, son cerveau branché en mode survie par la dose massive d'hormones bloquant à peu près tout le reste.

Enfin pas tout le reste, elle n'aurait pas parlé comme ça sinon. Parce qu'elle a continué après, même si ce qu'elle disait ne répondait toujours pas à ce que moi j'avais dit. Elle m'a provoquée, en fait, ce qui est à peu près l'inverse de ce qu'elle aurait dû faire si sa conscience était bloquée par la surcharge hormonale comme je le devinais, preuve qu'elle avait peut-être développé une certaine forme de résistance ou d'accoutumance, quoique les deux cas auraient aussi impliqué une diminution des autres effets de l'adrénaline, j'ai donc vite opté pour un effet secondaire de son alter ou carrément une mutation secondaire, dans les deux cas elle avait clairement conservé sa conscience. Elle était capable de penser, de raisonner, de réfléchir, et pour moi ça voulait forcément dire qu'elle n'allait pas vraiment attaquer.

C'était du bluff. Forcément. Je ne pouvais même pas concevoir qu'il en soit autrement. Un alter se développe aux alentours de cinq ans et elle devait presque en avoir dix de plus. Dix ans à vivre seule dans un monde incapable de la comprendre, isolée et à moitié folle, dix ans qui avaient dû lui en sembler vingt, trente, cinquante, plusieurs centaines par moments, une à plusieurs vies d'isolations comme celles que moi j'avais connues. Si on m'avait proposé un jour de rencontrer quelqu'un comme moi, n'importe qui, j'aurais tout fait pour ça, j'aurais tué, j'aurais renié tout ce en quoi je croyais. Encore là, alors que je l'avais sous les yeux, alors que j'avais la preuve de son existence et l'occasion totalement inespérée et inattendue de lui parler, de lui expliquer, de lui transmettre et qu'elle me comprenne, j'aurais tout donné juste pour que ça continue. Qu'elle puisse m'attaquer, qu'elle puisse réellement refuser cette opportunité que j'avais attendu tout ce temps, je n'arrivais pas à imaginer que ce soit possible. Quand elle m'a dit de me défendre, quand elle s'est approchée, quand elle a serré le poing et armé son bras, je continuais à croire qu'elle faisait semblant. C'était un test, c'était une expérience, pour évaluer ma réaction et savoir quand je riposterais. Parce que j'aurais pu, elle allait si lentement, si volontairement lentement, que porter le premier coup aurait été simple. Mais je ne voulais pas la frapper, je ne voulais pas me battre, je voulais échanger, faire connaissance, brancher directement mon cerveau dans le sien et laisser les informations circuler.

Alors je n'ai rien fait. Je n'ai pas bougé, les mains toujours sur les hanches, le visage toujours souriant, les yeux fixés sur elle et les oreilles à l’affût. Plic ploc plic ploc bam, et la douleur, presque aussi rapide que les gouttes, moins inconnue et bien plus forte. Je n'avais pas besoin de baisser les yeux pour reconnaître la forme de ses phalanges enfoncées profondément dans mon estomac, un coup de poing lancé à pleine vitesse que rien n'avait arrêté ou ralenti, ni tension musculaire, ni angle improvisé ni obstacle préliminaire. D'un seul coup des centaines ou des milliers de nerfs surchargeaient mon cerveau de cris de douleur, effaçant mon sourire aussi vite, écarquillant mes yeux et dilatant mes pupilles derrière le filtre opaque de mes verres teintés. L'impact avait vidé mes poumons dans un soupire, libéré un peu de sang dans mon estomac et provoqué une remontée gastrique sous la forme d'un hoquet. Le goût du métal mélangé à celui de la bile envahit ma bouche, bien discret face aux tourments de mon estomac, mais je suis restée immobile. J'ai juste ouvert les lèvres, utilisant ce qu'il restait d'air dans mes poumons avant d'inspirer en sifflant.

"Pourquoi? Jaijustenvideparler…"

Puis pour déloger sa main de mon ventre, sachant que ça ne calmerait pas la douleur mais que ça me permettrait au moins d'inspirer, j'ai fais un pas en arrière. Pas une si bonne idée parce qu'avec la douleur qui perturbait toutes les transmissions nerveuses, ma chevilles s'est tournée incorrectement et a fait déraper mon pied sur le sol humide, me forçant à mettre un genou à terre. Plic ploc splash, le sang qui coulait de mes lèvres rejoignait le concert de la pluie en touchant le bitume et les flaques.

Résumé ::
 


Dernière édition par Ryou Hanazawa le Mer 16 Mai - 0:07, édité 1 fois
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Dés de combat
Mar 15 Mai - 22:41
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Mer 16 Mai - 2:38
J'ai chaud... J'ai si chaud... que j'aurais presque la sensation que les gouttes s'évaporent sur ma peau... Ca fait combien de temps, que je suis à la limite de la flamme ?... Depuis que je l'ai rencontrée, je crois... Mais malgré tout... Il faut porter ce coup... Oui... Je sais plus trop pourquoi, mais il le faut... Pourquoi elle continue de me regarder, avec un sourire ? Elle se moque de moi ? Oui... Ca ne peut être que ça... Elle bluffe... Elle n'attend que ça, que je manque d'attention, pour m'avoir dans le dos... Je sais de quoi je suis capable. Je sais de quoi elle peut être capable. Je ne lui fais pas confiance... C'est une criminelle... Elle peut tenter de me manipuler. Mais je me laisserai pas faire. Non... Et elle me dira tout ce que je veux savoir, une fois que je lui aurai montré ma valeur. C'est ça. Oui, c'est, c'est... c'est ça... Retenant un élan de vomissement, je m'approchais encore un peu... Pourquoi elle ne réagit pas ? Je l'ai menacée et elle ne change même pas sa posture. Elle veut mourir ?... Est-ce si étonnant ?... Combien de fois j'ai essayé de le faire, moi ?... Ah oui, c'est juste... 67 tentatives... Le fait de venir ici, c'était aussi pour ça, inconsciemment ?... Non. Je ne planifie jamais cela. C'est plus brusque, chez moi. Ca l'a toujours été... Putain... J'ai l'impression que je pars en vrille. Wow, j'ai tangué, là, non ? Nan, t'es sûr ? Mince... concentre-toi... Ouais, je sais, juste à serrer ce poing... puis, je plie légèrement des jambes... Elle réagit toujours pas. Je veux pas la blesser, mais... C'est de sa faute... Attends, non. C'est pas normal. Elle aura jamais le temps d'esquiver, là. C'est trop lent. Ces mouvements... C'est pas de l'esquive, c'est... de la surprise ?!

" ... Mais... Mais... "

Pourquoi ?... Pourquoi n'a-t-elle pas... Abaissant mon regard s'écarquillant, j'observais la scène au ralenti... Je pouvais voir chaque détail... Mon poing fermement enfoncé dans son ventre, sa réaction faciale virer du tout au tout, vers une mine souffrante... Elle... Elle ne s'y attendait pas ?... Je comprends pas... Pourquoi ?... Elle qui avait semblé si sûre d'elle, si... joviale... Se pourrait-il, qu'elle ne se fichait pas de moi ?... Je comprends plus rien... J'arrive plus à me concentrer sur autre chose que... J'ai besoin de... frapper... Quoi ?... Non, c'est pas ça, je... Je me sens mal... J'ai froid... Et, j'éternue du sang, là ?... Elle se retire de ma frappe, d'un pas en arrière... Peut-être que je devrais... donner un deuxième coup... Hein ? Mais non... Enfin, normalement si... Alors frappe... Attends, c'est pas le bon moment... C'est l'instant parfait... Mais pourquoi ?... Elle ne saura pas se défendre... Mais c'est justement ce que je veux qu'elle fasse. Bordel. Je suis en train de perdre la tête... Je deviens schizo ? Nan, c'est autre chose... Mes pensées se contredisent entre elles et j'arrive pas à me décider. Je suis plutôt indécise. C'est mieux comme ça... C'est juste ça, non ?... Pourquoi tu réponds plus ?... Aah... Je sens une douleur dans ma jambe gauche... Alors, c'est... Une tache ?... C'est un peu rosé, pas très large... Je crois qu'une veine a pété... C'est pas grave, ça partira vite... Reportant mon attention sur ma proie, euh, plutôt mon interlocutrice... je remarquai vite ses lèvres, sur le point de bouger à nouveau... C'est un peu chiant. C'est pas très facile, parce que la flamme n'en fait qu'à sa tête... Du coup, je l'entends parler, avec des montées et des descentes, dans le rythme... Elle... Elle avait juste envie de parler ?... Sincèrement ? Pour de vrai ?... C'est pas un piège ?... Elle a l'air sincère. Elle a l'air si triste... Je me sens très mal... J'ai quelque chose qui me monte à l'estomac... Tu m'as menti... Même si on ne partage pas le même Alter... Même si on n'est pas du même côté de la bataille...

" On... On partage... la même... la même, souffrance ?... "


Tout en prononçant distinctement cette phrase, avec une difficulté étrangement élevée, je venais de faire un pas en arrière... Ou du moins, j'avais essayé... Perturbée mentalement et même physiquement, d'ailleurs... je n'avais pas fait attention au surélèvement de la dalle, derrière mon pied... Ainsi je tombai rapidement sur les fesses. Mais c'était bien là le dernier de mes soucis... Ce sol, il était si froid... et mon corps si chaud... Et cette nausée qui me prenait, tout à coup... C'est trop bizarre... Pourquoi des gouttes coulent, sur mes joues, alors que je ne les ai pas senties percuter mon visage ?... Mes lèvres tremblent... J'ai comme des pulsions dans mon torse, mais c'est pas ma respiration. J'ai jamais eu ça de toute ma vie... Je voulais pas la frapper. Je voulais pas. Je veux plus continuer. Je veux... Je veux... Aah... Mon bras droit, cette fois ?... C'est un peu plus gros... J'ai la tête qui tourne... Ca va faire combien de temps, que je suis en état de stress ? 1 heure ? 2 heure ?... Comment je suis censée convertir ça, avec tous ces imprévus ?... J'ai, j'ai trop pompé, c'est ça ?... Je, je sens que ça redescend... La pluie... Elle, elle retombe en lignes... Aah, c'est froid. Ca va trop vite... J'ai trop froid et je recrache encore du sang. En fait, je saigne même du nez... C'est pas bon, je sais, mais je veux pas m'évanouir ici... Je tiendrai... alors, alors je me relevais, tremblotante... Je suis un peu pâle, maintenant, je crois. Enfin, un peu plus que d'habitude... Non, t'inquiète pas. C'est juste quelques veines, c'est pas grave... Je veux juste, je veux juste en avoir le coeur net... Quelques secondes. Quelques secondes et après, on arrête tout, ok ?... Tiens juste encore un peu. Je sais que tu le peux, on l'a déjà fait ensemble... Agrippant mon coeur, de la main droite, et d'une respiration un peu irrégulière, je repris donc, la discussion...

" Alors... Alors c'est ça ? C'était, juste ça ?... T'avais rien derrière la, derrière la tête ?... Dans ce monde, on est comme des monstres, après tout... Tu devrais savoir, de quoi... de quoi des cerveaux comme les nôtres, sont capables... Tout ceci, n'a tellement aucun sens... Cette ville, ces gens, ton camp, le mien... On pourrait aider l'humanité, comme la détruire... Franchement, ça changerait quoi, au final ?... Rien du tout... Ca changerait quoi, que tu disperses, mes atomes, là, maintenant ?... Rien du tout... Alors, pourquoi le faire ? Pourquoi pas le faire ?... Comment j'aurais pu deviner, ce que t'avais derrière la tête ?... Je peux pas... Et toi non plus, tu peux pas... Parce qu'on est libre, de ces concepts de merde... sans aucun, fondement... cosmologique... avé... avé... avérrrr... " Avouais-je alors, tout en, constatant, la, finesse, de cette, pluie diago, diagooo, rizon, taaa...

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Ryou Hanazawa
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Mer 16 Mai - 23:15
Si vous vous posez la question, cherchez pas, elle m'a pas expliqué pourquoi elle avait fait ça, pourquoi la meilleure réaction à ma main tendue lui avait semblé être d'enfoncer la sienne assez profondément dans mon estomac pour mettre au tapis quelqu'un de moins solide. Elle en a pas vraiment eu besoin, j'ai compris toute seule et donc pas posé la question. C'était ma faute, à me présenter comme une criminelle – ce qui est pas faux et ce dont je n'ai pas honte ou ne me cache pas, c'était juste pas le meilleur moyen d'établir la confiance, surtout qu'elle venait de passer à tabac un petit paquet de petites frappes et que, forcément, elle a dû m'associer à eux et donc se montrer méfiante – alors qu'elle était surchargée d'adrénaline, excitée comme jamais et prête à exploser. Bon, je savais pas encore qu'elle était rendue instable par sa biologie interne, mais voilà, mauvaise combinaison, mauvais choix de mot, tout ça tout ça. Au moins ce malentendu là était dissipé puisqu'elle ne semblait pas vouloir porter le coup de grâce et me tuer comme elle l'avait promis, pour peu j'en aurais ri si j'avais pas été tordue par la douleur.

Elle a semblé ne pas trop savoir quoi faire pendant un moment, une longue indécision accompagnée de petits gestes inachevés et aussitôt abandonnés, pour moi l'occasion de bien reprendre mon souffle et mon équilibre. Pas question de me relever maintenant, d'une part parce que j'étais à sa hauteur et que ça m'allait très bien et aussi parce qu'elle aurait pu prendre ça comme un signe d'agression et décider que frapper à nouveau était la bonne décision à prendre. Ça a été l'occasion de faire un peu plus gaffe, aussi, de remarquer la flamme clignotant sur son œil qui elle a réussi à me tirer un sourire crispé. Aucun rapport possible avec une décharge hormonale humaine, et elle ne semblait pas non plus porter de condensateur de chaleur comme ma combinaison. Son alter était plus complexe que je l'avais initialement pensé, même si se brûler un œil ne devait pas avoir beaucoup d'avantage intrinsèque. Plus un effet secondaire qu'autre chose, sans doute, un peu comme pour moi. Deux alters complètement différents avec pourtant des effets si similaires, c'était statistiquement improbable et pourtant, les faits étaient là.

Puis elle s'est décidée à tomber. J'avais fait pareil l'instant d'avant, je juge pas, mais ça m'a aussi prise par surprise quand son pied s'est prit dans l'irrégularité du sol. J'ai d'abord pensé qu'elle se rééquilibrerait toute seule, elle n'avait pas une explosion en train de lui déchirer les entrailles et de détourner son attention, mais quand j'ai compris que ça ne viendrait pas j'ai essayé de la rattraper moi. Trop tard cependant, et en partant d'une posture pas adaptée, j'ai essayé de la saisir mais la prise aurait été trop mauvaise et j'aurais juste réussi à tomber aussi donc j'ai interrompu mon geste et crispé les traits un peu plus. Elle ne devait pas avoir trop mal, la chute n'était pas haute et elle était en pleine overdose d'anti-douleur naturel, peut-être qu'elle l'a même pas senti. Elle n'avait franchement pas besoin de ça, de toute façon. Une hémorragie interne sans origine précise dans sa jambe, sans doute due à une surtension artérielle ; du sang plein sa bouche dû à la même chose, son organisme était aussi incapable de supporter son alter que mon corps souffrait du mien. Et dans son cas, il faudrait plus que juste des dissipateurs de chaleur pour atténuer le problème, plutôt une dialyse permanente ou un traitement médicamenteux lourd.

Enfin, elle devait avoir un peu de contrôle dessus. Ou en tout cas c'était pas permanent. Peut-être qu'en se reposant assez longtemps et dans des bonnes conditions, elle était capable de guérir à cent pourcent de ses séquelles entre deux utilisations, ce qui voudrait aussi dire qu'elle pouvait aussi s'échapper de son flux temporel personnel pour se calquer sur celui du reste du monde à l'occasion, un privilège que je n'avais jamais eu. Si je dit ça c'est parce que je l'ai vue, à la fin de sa tirade, commencer à complètement perdre les pédales. Je reviendrait sur ce qu'elle a dit, c'était moins intéressant sur le moment que de la voir vaciller et bégayer et se perdre dans ses propres mots, comme si son cerveau lâchait complètement. A défaut de l'empêcher de tomber ou de l'aider à se relever après je me suis redressée et je me suis approchée, lentement même pour quelqu'un d'ordinaire. Folle ou mourante elle aurait perdu tout son intérêt, je voulais qu'elle aille mieux et – forcément – vite. Dans les deux sens possibles. Sauf que, sans savoir précisément quel était le problème et sans pharmacie complète sous la main, le mieux que je pouvais faire c'était la rattraper pour de bon alors qu'elle tombait encore – plus proche de l'inconscience, cette fois. Elle pesait vraiment rien, c'était d'une part surprenant vu les capacités physiques qu'elle avait démontré et d'autre part triste, elle était vraiment pas épaisse.

En tout cas c'était l'occasion de l'emmener à l'écart, à un endroit où elle pourrait au moins se reposer pour de vrai justement. Ploc, ploc, ploc, c'était pas le froid et l'humidité qui allaient l'aider, même si elle était brûlante. Pas besoin qu'elle chope la crève en plus, d'autant que son organisme était peut-être très sensible aux maladies. Ou très robuste. Moi j'ai en permanence de la fièvre, donc je tues tout avant que la maladie s’installe, mais elle fonctionnait différemment en interne, après tout. Enfin bref, j'ai commencé par lui refermer son manteau puis je l'ai entraînée dans un coin sec, dans une ruelle juste à côté, avant de l’allonger par terre. Niveau confort je ne pouvais pas faire beaucoup mieux, puis ce n'était pas spécialement l'objectif, mais j'ai quand même roulé mon beau manteau de fourrure en boudin pour le lui mettre sous la tête comme un oreiller. Je savais pas à quel point elle était consciente ou capable de comprendre ce que je disais, mais si on en était là c'était parce que je voulais lui parler alors j'ai parlé.

"Onpartagelemêmesprit, aussi. Tudevraisavoirquejaitoujourquelquechosderrièrlatête. Destasdechosenfait, quejecontrôlpatoujourautanquejevoudrais. Vingtsixansdesolitude, disolation, dincompréhesion, entouréedepersonnquipensaicomprendrejustparcequellpouvaientintélectualiser, parcequellesavaiquelmotmettresurmonalteretcommentilmarchait. Maipersonnajamaivraimencompris, personnajamairessenticequeçafaisait. Etreseuledanlemonde, trodifférentepourvivrensociéténormalement, entouréedidiotfieretarrogants, inconscientdeleurpoprelenteuretincapacité. Jaipassédeufoistaviàmecroirunecauseperdue, àpenserquejamaijenetrouveraiquelqunavecquipartagercequejepense, avecquiparlerenégalsansavoirlimpressiondemebrider, demerabaisserpourfaireplaisiràdesgensquisefichdecequejeressent. Vingtsixansdesouvenirsquimesuivenpermanence, gravédanslescircuitdemonespritavecplusdeclaretéquaucunautrehumainepeutsesouvenir. Alorsijepeuxymettrefin, sijepeuxteviterdesubirçaaussi, jeferaiscequilfaut."

J'ai fini par soupirer et reprendre ma respiration. Une tirade comme ça, aussi longue et aussi rapide, ça essouffle. Sauf que ça fait mal, aussi, d'inspirer et gonfler ses poumons, surtout après les grosses lésions internes que la gamine avait causé. Ça elle savait se battre, elle ira loin dans la vie. Où, c'est une autre question, mais quelle que soit la route qu'elle choisit, elle a ce qu'il faut pour y aller. Enfin physiquement, mentalement c'est plus discutable. Oh ouais, je m'étais assise à côté d'elle, aussi. Quitte à parler.

"Etducoup, testrèsnihiliste, tusais? Jevaipatedonnertord, jesuiplutôdaccoravectoi, maiçaveupadirquilfautsarrêteràça. Noviesontànousetàpersonndautre, etpuisqueperrsonnepeunoucomprendreouprendresoindenousànotreplace, autanprendresoindenoumêmetprofiterdenovies. Oneslibredetoucequinousintéressepas, toucequinouplaipais, toucequelesautrontinventésanchercheràsavoirsiçanouconcernait. Onpeufairecequonveudenovies, onpeusefairplaisir, onpeuprofitersanlimitniretenue. Quelesautrchanglemondanlesensquilveulent, nousonlechangeradanlesensquinoubénéficiànous. Onesdesmonstrparcquonespacommeux, parcquilpeuvpanoucomprendre, alorpuisquonpeurienyfaire, autantenetrfieretassumer."
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