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Speed Up. [Pv Ryou Hanazawa]

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Star Novel
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Sam 19 Mai - 20:25
... ... ... Papa... c'est toi ?... Rouvrant légèrement mes paupières, je voyais encore trouble... mais je sentais mon corps se faire transporter, avec précaution... Je n'aime pas le contact physique... J'ai sans cesse cette impression d'être souillée par ce qui m'entoure. Ce monde n'est pas le mien... Juste, une anomalie dans la matrice... Un bug... c'est ce que je représente ?... J'en ai assez de tout ça... 12 années de vie, qui m'en ont paru 48... Plus qu'une quinzaine, qui m'en paraîtront soixante, avant la crise cardiaque... Que puis-je réellement espérer, au sein de ce monde sans foi ni loi ?... Tap... Tap... Tap... des bruits de pas, des plus reconnaissables... C'est elle, n'est-ce pas ?... C'est cette femme, qui soutient ma restreinte silhouette inerte... endolorie... Tu vas te moquer de moi ?... C'est vrai, c'est ridicule de tomber ainsi, d'être prise en charge de la sorte... alors que je lui ai défoncé l'estomac... Elle ne m'en veut pas, tu crois ?... J'ai eu peur. J'ai paniqué. Pourquoi ?... Je ne sais plus très bien... J'ai cru voir mon démon en elle... J'ai ressenti la crainte qu'il s'éveille... Parfois, j'ai des pulsions inexplicables, sous l'influence de l'adrénaline... Cette pression sanguine, cette chaleur interne envoute mon esprit... Le concert des battements de coeur envahit mes pensées, jusqu'à me dicter ma conduite... Comme un parasite, qui me récompense de mon dévouement, en me noyant de ce liquide infecte, mais qui me fait oublier, l'espace de quelques instants, la pitoyable condition de mon existence... Je ne peux pas lui échapper, car je fais corps avec... Je suis mon propre démon. Je ne vis que par la constante confrontation... C'est bien comme ça...

Elle me dépose ?... Combien de mètres avons-nous effectués, depuis mon réveil partiel ?... Je n'avais pas la tête aux calculs, pour le moment... L'entièreté de cette apparence en chair me fait souffrir. Je suis en train de payer le contrecoup... La sensation ?... J'imagine que c'est comme, une crampe généralisée, en 2 ou 3 fois plus intense ?... La douleur, je la ressens, à mesure que l'adrénaline redescend... Je ne peux pas crier... Et même si je le pouvais, je ne suis même pas sûre que la tonalité serait audible... Elle, a refermé mon manteau ?... C'est pour que je ne prenne pas froid ? Pourquoi elle se montre si attentionnée avec moi ?... Juste parce que je lui ressemble ?... Pourquoi pas, après tout... Oui, pourquoi pas... Si elle endure ce que j'endure, cela doit faire si longtemps, qu'elle est seule... Mes plaintes, à côté des siennes, doivent faire pâle figure, non ?... Observant difficilement son visage, ma vision commençant à peine à revenir, je sentais quelque chose se mouvoir, à l'orée de ma nuque... C'est doux... Vraiment doux... C'est la fourrure de son manteau ?... Ca doit coûter une fortune, au vu de son physique apprêté... et pour soulager ma position, elle la souille... Je devrais la remercier ? Je sais pas. Je ne lui ai rien demandé, en même temps... Je n'aime pas être redevable, mais... je le suis déjà, pour avoir porté ce coup, injustifié... sinon par ma folie apparente et passagère... Je devrais m'excuser ? Je lui avais pourtant dit d'esquiver... mais que se serait-il passé, si elle ne l'avait fait ?... J'aurais continué à essayer, à m'acharner, pour la faire craquer... pour qu'elle m'avoue ses véritables intentions... pour qu'elle me considère, moi aussi, tel un danger à se méfier...

C'est alors qu'elle prit enfin la parole, tandis que mes sens me revenaient perceptiblement... On partage le même esprit ?... Peut-être bien... La suite de ses propos paraissait en tout cas l'indiquer... Elle m'avouait avoir souffert de cet isolement mental et ça, je pouvais parfaitement en comprendre la sensation... Ce sentiment d'être également entourée par des singes, tout juste capables de se montrer un minimum conscientisés, mais se pensant pourtant au-dessus de tout. Mais pas de nous... Leur perception, leurs capacités, sont aussi fragiles qu'un bête château de cartes... Ils peuvent le fortifier autant qu'ils le veulent, un simple souffle, en notre provenance, sera toujours en mesure d'envoyer valdinguer leurs futiles conceptions au loin... Il pensent pouvoir nous entourer... nous contrôler... mais tout dépend uniquement de notre volonté... Parce que nous sommes libres... de l'autre côté de cette fenêtre verrouillée... On pourrait faire semblant d'être accompagnées, mais la vérité, c'est que nous sommes isolées, au sein de cette sombre pièce, que seuls quelques photons peuvent atteindre... Nos yeux représentent les vitraux de cette souffrance condensée... Elle aussi comprend cette peine, cette réalité partagée... Mais pour la première fois, après des années d'errance... les ermites croisent leur route, au milieu d'un désert de ruines leur appartenant... Comme une douce lumière... mon étoile à moi... C'est ce qu'elle ressent aussi ?... Je commence à peine à le comprendre sincèrement... La seule réelle source de chaleur, en ce monde. Le seul espoir de compréhension véritable... Notre chute, dans l'abîme de nos espérances, se voit consolée de nos mains tendues, bien qu'hésitantes... de nos doigts se touchant, puis s'enlaçant avec fermeté... Moi non plus, je ne peux pas laisser telle opportunité m'échapper... À cette Naine Noire, faisons reprendre l'éclat d'une Géante Bleue, d'une fusion thermonucléaire en son centre... C'est ça, que tu attends de moi ?... Mais en suis-je seulement encore capable ?... As-tu apporté assez de carburant ?...

Elle soupire... Bouger ses lèvres plus vite, augmenter le débit d'informations, ça a un coût... La fatigue... la physique, j'entends... La mentale, ça, c'est autre chose... Les nuages de pluies ne m'atteignent pas, ici... Ou du moins, juste dans ma tête, comme à l'accoutumée... Se sentir au sec et à la fois trempée, c'est l'histoire de ma vie. Ni plus ni moins... Celle d'une déprime constante, transformant chaque initiative en un effort épuisant... Je suis nihiliste, moi ?... Ca sonne comme une doctrine, alors qu'il n'existe de point de vue plus réaliste... Je constate l'aspect fondamental de l'existence, rien de plus ni de moins... une fois encore... Cette réalité me détruit en même temps que de constituer la clé de ma liberté... Ma conceptualisation, elle la reconnait, elle la partage... mais il y a une chose que nous ne partageons visiblement pas ou plus. Quelque chose que je subis constamment, depuis maintenant bien 5 années de ma vie... Mon regard dévia du sien, afin de fixer l'averse... Celle-ci ne s'arrête pas, hein ?... Bien sûr que non... La météo prévoyait du beau temps, pourtant... C'est souvent ainsi... Ces débiles appellent ça, la théorie du chaos... Tu sais, le battement d'ailes du papillon... C'est toujours plus simple de croire au désordre qu'à son contraire... C'est plus facile à observer, à quantifier... Mais rien n'arrive par hasard... Les fluctuations météorologiques ne répondent, qu'au théorème de l'ordre absolu... Une équation juste bien plus complexe, que ces ridicules moyens de la calculer... Alors... Est-ce vraiment moi, qui souffre de la dépression, ou n'est-ce pas plutôt les autres, qui refusent de voir en face cette éternelle nuit étoilée ? Préférant se complaire dans le voile bleuté de cet horizon mensonger ?... Je représente cette météo, rappelant à tous et de force, les principes de la causalité.

" ... Je... Je comprends, comme je vis, quotidiennement, tout ce que tu m'expliques... J'avais peur... que tu te sois abandonnée à lui... au monstre que nous pourrions facilement devenir... Mais tu résistes encore à cette facilité, du mieux que tu le peux... J'ai peur, de ce que je suis, à l'intérieur, de tout ce que je pourrais commettre, par manque de considération, pour ce monde, comme pour ses résidents... J'ai comme, la sensation de n'avoir aucune limite... de ne pouvoir croire en aucune morale, tant elles n'ont fondamentalement aucun sens... Tu veux m'aider à vivre ? Je ne sais pas si tu le peux... parce qu'à mes yeux, rien ne vit. Tout n'est que chimique illusion, tout comme ce libre arbitre, que l'on pense naïvement pouvoir disposer... 67. C'est le nombre de mes tentatives... mais je me foire à chaque fois... parce que même ça, je ne suis pas capable de le faire correctement... Ou plutôt, ça me fatigue d'y songer sérieusement, alors je fais cela n'importe comment... J'ai beau être au sec, il continue de pleuvoir sur moi... Tu comprends ça, toi ?... "

J'ai l'impression de pouvoir me confier, avec elle... De pouvoir tout lui dire, car je ne retrouverai jamais une autre personne, capable de saisir aussi bien que moi, l'enfer de notre existence... Que devrais-je faire ? Je prends un risque, ou je me replonge dans le mutisme ?... À mes yeux, nous sommes déjà telles deux particules intriquées... Rien d'autre n'a plus d'importance que ce lien... Cette union présente me ligote chaque membre, alors que je demeure impuissante... Je ne peux plus bouger, juste parler... Je suis à nu, complètement sans défense... et malgré tout, j'aime ça... Ce moment de complicité s'installant, je pense être née pour cet instant... Je pourrais mourir ici-même, devant cet accomplissement... Qu'en penses-tu ? Ca ne serait pas une fin heureuse ?... C'est vrai. Je ne connais même pas ton nom... Ca serait bête de claquer sans cette information, qui aura pourtant tôt fait de se dissiper dans la mer quantique... Faire ce que je veux de ma vie, hein ?... Bonne question... Je veux quoi, moi, au juste ?... Face à ce questionnement, le néant... Obéir aux ordres de la défense nationale américaine, ça ne me dérange pas, en soi... parce que personne ne me donne d'ordres... Je fais tout ça uniquement pour la société de Papa... parce que lui, croit fermement en quelque chose... Il croit à l'avenir, au succès de la science sur cette prison qu'est l'univers... Mais ce dernier n'existe qu'à travers ses lois et sa chimie... Il veut trouver la porte d'une liberté suprême, pour l'humanité. Quelque chose au-delà de cet horizon étoilé... Dépasser la grande barrière, la limite finale... Il possède constamment cette flamme ardente, que je ne revêtis que rarement... moi, la fille du CEO de cette grande firme. Novatrice, la Novel's Industry peut-elle vraiment tous nous sauver, de ces grisâtres fatalités ?...

" ... Je n'ai jamais cru en quoi que ce soit, tu sais... Je suis les directives, parce que ça me donne une raison de sortir du lit, chaque matin... ni plus ni moins... Sentimentalement, ça ne me fait rien. Je me suis toujours sentie si vide, comme si peu importe ce que je faisais, je ne ressentais rien... à quelques exceptions près... Depuis mes 10 ans, ça s'est amplifié, à cause de mes dérèglements hormonaux, de la production constante et abusive d'adrénaline, en mon organisme... Tu le devines, c'est pas mon Alter, mais plutôt une conséquence cérébrale de ma mutation... Je suis pas autorisée à en parler... mais toi, t'es pas comme les autres... T'es comme moi... alors je m'en fiche... New Brain... Mes conduits neuronaux sont plus larges, mais donnent lieux à plus de voies de transmissions, en leur sein... et les informations circulent dans n'importe quel sens, contrairement à un cerveau classique... J'ai pas besoin de te faire un dessin des répercussions, pas vrai ?... " continuais-je donc, en reprenant moi aussi mon souffle, malgré mes multiples crampes et après avoir fixé le toit au-dessus de moi, mon attention finissant enfin par se reporter sur mon interlocutrice.

" ... Je m'appelle Star... Star Novel... et toi ?... " demandais-je alors, finalement et presque timidement.

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Ryou Hanazawa
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Dim 20 Mai - 19:05
Un autre truc que la plupart des gens n'arrive pas à appréhender, c'est que la compréhension totale est impossible. Chaque individu est différent dans ses mécanismes psychiques et psychologiques, cette différence étant plus forte encore quand la structure même du cerveau est différente. Mon esprit avait vécu plus d'un siècle si on adapte le temps que j'avais déjà passé dans mon esprit à votre perception du temps, j'avais des expériences et des acquis qui ne sont que miens, un langage et une appréhension du monde unique. Tout comme elle, tout comme chacun de vous ou n'importe qui sur cette planète. La langue et l'interprétation de nos perceptions sont des acquis, fondamentalement uniques car impossibles à transmettre ou transcrire de façon précise et universelle. Quand elle parlait de la pluie qui la suivait même à l'abri du ciel, quand elle parlait de son interprétation de la vie, c'était sa perception interprétée par ses mots, des concepts qui m'étaient étrangers exprimés dans une langage qui n'était pas le mien. Pris seuls, découpés, séparés, ses propos n'avaient pas de sens pour moi et ils n'en auraient pas eu pour la plupart des gens. Mais la plupart des gens se serait arrêté là, justement, incapable de réaliser que ce qui n'a pas de sens pour eux en a pour les autres, incapables de faire l'effort de tordre leur psychée pour s'adapter à celle de la personne en face et recomposer la complainte gluante et lourde qui suintait de son esprit.

Comme une chanson, ses mots égrainaient les informations importantes, belle mélodie aux sens multiples superposés et entremêlés, succession chaotique des multiples pièces de son histoire que je recomposais sans difficulté. Suivre les directives, vide, Star Novel, 67, le monstre. Sans vraiment y penser, ou plutôt si, parce que j'y pensais et que j'avais envie de le faire, j'ai essuyé rapidement un de mes gants avant de passer une main dans ses cheveux trempés. J'ai toujours vu faire ça dans les films, les mangas, les livres, les séries, mes parents me le faisaient aussi avant que je devienne trop différente, et c'est vrai que ce genre de contact est agréable. On est calibrés pour trouver ça agréables, à moins que ça aussi soit un acquis hérité de nos plus jeunes années à connaître l'attention de parents aimants. Les siens l'étaient-ils ? La fille dépressive, nihiliste et incompréhensible d'un magnat américain de l'armement avait-elle reçu de l'attention ou seulement des attentes démesurées, un entraînement froid et du désintérêt professionnel ? Elle semblait trop raide pour bouger de toute façon, trop épuisée et usée pour résister.

"Javaiàpeuprècompris, oui. Palesdétailspécifiquemailidéegénérale. Cestassezdifférentdemonpropralter, mastructurneuronalnestpadifférentedecelledunautre, maimesnerfsontenparticomposédematériausuperconducteur, capabldetransmettrlesimpulsionbeaucouplurapidementetenplugrandequantité. Maislerésultatestlemême, toietmoi, nousommesleseulecapabledecomprendrelautre. Etdantoncas, jevaisêtrfranche, jenaimepascequejecomprends."

A ce moment je me suis redressée, profitant du peu d'espace entre là où j'avais posé Star et la pluie pour faire un petit pas de danse et tourner sur moi-même.

"Lemondemeconnaitcomme Lady Moriarty, Vilaine Extraordinaire*, criminelleconsultantetespritlibre. Cenestpasmonvrainombiensûr, maijesuisunecriminellerecherchée, tucomprendsquejenepeupadonnermonvrainomànimportequi. Situprometdenepalerépéter – j'ai profité de la fin de ma pirouette pour me pencher en avant, murmurant quelques mots  à son oreille avant de me redresser – tupeumappelerRyou. Toujourtrovivetromalignepourcomprendrlesrègletloidelacivilisation, jenaijamairéussiàmyconformer. Lefforétaitropépuisant, trocomplexemêmepourmoi, vivrecommlesautrmedemanderaitunatentiondechaqueinstant, etjaivitabandonné. Aujourdhuijenevisquepourmapropresatisfaction, caràquoibonvivruneviedontonestpasatisfait? Decepoindevujesuiscommtoulemonde. Laltruisme, ladévotion, labienveillancenesontquedesproduidelempathietdelautosatisfaction, desactespourlesautrpournepluressentirleurpeinoupourserengorgerdesesproprvertues. Maitoi, tunespasatisfaite, nestcepas? Tutelèvchaquematinsansavoirpourquoitulefais, tupasschaquejourinterminablesansrienenattendre, tunarienàespérer, rienàpoursuivre, aucunelumièrauboudetavieàpoursuivre. Cestsitristetpourtansinormal, lemondenestpafaipournousatisfairtoietmoi. Ilestàpeinefaipourpermettrauxautrdetrouverunsensetduplaisirdanleurexistence. Moijeletrouvetoulejourdansmaliberté, dandesimpulsions, dansunbonlivrouunbonfilm,  etdansmongranplanpouraméliorerlemonde. Cemondestimparfait, lentetdéplaisant, àpeinecontrôlable, maisirichenopportunité. Questcequetudiraiquontetrouveça, quoncherchequelquechosequetupourraipoursuivre, quontetrouvequelquechosàaimer? Croyance, ambition, passion, motif, ildoibienyavoirquelquechosequisauracomblerlevidàlintérieurdetonesprit."
* : en français dans le texte
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Lun 21 Mai - 20:17
Je déteste... me sentir impuissante... Je ne sais pas pourquoi, mais sitôt que je me retrouve en pareille situation, j'éprouve la sensation d'être condamnée à subir tous les maux que cet univers pourrait m'infliger... Si une divinité, une conscience supérieure, existe bel et bien... De quelle manière nous considère-t-elle ?... Nous, de simples fourmis sans intérêt, à travers un espace bien trop vaste... Se fiche-t-elle de notre condition ? Quel intérêt aurait-elle à se soucier de notre courte, de notre si courte existence, à l'échelle macrocosmique ?... Notre bulle gonfle, elle s'étend si rapidement, que même la vitesse de la lumière ne peut outrepasser cette dilatation infinie... C'est ce que l'on appelle l'Univers Observable... Une sphère au-delà de laquelle, absolument rien ne peut être perçu... Une circularité à jamais infranchissable... La grande barrière... Aucune particule ne peut s'y mesurer... Le phénomène s'accélère, exponentiellement, nous emprisonnant au sein d'un cruel étau... L'humanité devient alors inexorablement et progressivement myope, se voyant de moins en moins autorisée à observer les confins de l'univers, qui l'a pourtant vu naître... Ils me diront que cela prendra des milliards d'années, que ce cimetière glacé ne nous concerne pas, que la mort nous attend bien avant... Mais si c'est le cas... Si nos vies ne sont que de passage... Si leurs significations s'avèrent si futiles et sans intérêts... À quoi ça sert de s'obstiner ? À quoi ça sert de vivre aujourd'hui, si c'est pour crever demain, avec toutes nos données accumulées, se dispersant au loin ?... je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas... Alors, je continue à observer, à les guetter, eux qui ne semblent jamais scellés à s'en soucier, à en souffrir... Tu ne peux pas te sentir prisonnier, si tu ne remarques pas les limites de l'enclos, pas vrai ?...

En proie à mes multiples questionnements existentiels, je remarquai à peine cette tendre paume, venant épouser ma noirâtre chevelure... Pourquoi fait-elle ça ?... Je n'aime pas le contact physique. Je voudrais qu'elle arrête, alors pourquoi je me laisse faire ?... Parce que je n'ai pas le choix ?... J'avais encore celui de la protestation orale, mais les mots ne sortaient pas... Je me souvenais de cette sensation, datant du moment où elle avait pris la peine de transporter mon corps inerte... Cela n'avait pas été si désagréable, en fait... Peut-être, parce que tout comme moi, elle ne faisait pas partie de ce monde souillé... Reprenant la parole, cette femme m'avoua s'être quelque peu doutée de la nature de mon Alter... tout comme j'avais eu le loisir de me construire également une théorie, quant au sien... Des matériaux supraconducteurs ? Évidement... Ca justifiait parfaitement l'accélération du système... Tu crois qu'il s'agit de quoi, toi ? Du graphène ? Voire même du carbyne, sous état stable ?... Je ne connais pas mieux, comme solide, pour la conductivité... Bordel... Imagine si mon Alter fusionnait avec le sien... En un sens, nos voies sont différentes, mais complémentaires... Le résultat, serait juste absolument terrifiant... Pas une simple addition, mais plutôt une inconcevable multiplication de tous les paramètres cérébraux. Pourvu que personne ne subisse cette malédiction... Je n'imagine pas les conséquences d'une telle fusion. Ca serait, juste tellement au-delà de toute conception...

À la fin de sa dernière phrase, mon interlocutrice m'avoua ne pas apprécier ce qu'elle comprenait de ma personne... Quoi de plus normal ?... Moi non plus je ne m'apprécie pas, après tout... J'ai beau me savoir mentalement supérieure... que suis-je, au fond, sinon une loque, une ridicule figure, qui tente désespérément de se dresser, face à l'inévitable... Je ne suis même pas fichue d'assumer mes objectifs, sans fléchir... 67 tentatives de suicides... C'est pitoyable, non ?... C'est pourtant pas si compliqué, d'y passer... Un peu de cyanure et hop... Mais j'y arrive pas. Quelque chose en moi refuse probablement de me laisser consciemment partir... Cette sensation brulante... Se relevant et tournant sur elle-même, de façon chorégraphiée, la jumelle de notre Système Binaire se présenta enfin à moi, tel que je lui avais demandé... Enfin, pas tout à fait, puisqu'elle ne m'offrit que son nom de code... Lady Moriarty ?... Vilaine extraordinaire ?... Ces derniers mots avaient été prononcés en Français... Mes connaissances de cette langue étaient assez limitées et se résumaient surtout à un vocabulaire, entrevu au fil de mes initiatives d'apprentissages... comme de certaines conversations, ayant eu lieux au sein du complexe... Le mot Vilain restait toutefois des plus popularisés, et ce peu importe les pays, en cette période trouble... L'autre terme me parlait vaguement. Je savais qu'il s'agissait d'un adjectif valorisant, mais sans pour autant être en mesure, d'établir l'exacte intensité de sa nature...

" Lady Moriarty ?... Le choix est compréhensible, au vu de tes compétences mentales... quoique probablement rabaissant, en y réfléchissant... "

Cette dernière partie, je l'avais plutôt murmurée, presque inconsciemment... Je ne savais pas à quel point la réflexion de mon égale, pouvait se retrouver accentuée, de par son Alter... Moi, elle restait bridée par la constante adrénaline, mais jusqu'à quel point mon optimisation cérébrale permettait de rattraper le coup ?... Ou plutôt, de quelle avance précise avais-je disposée, avant l'âge du début de ma puberté ?... Je me demande si nous sommes vraiment équivalentes, sur ce plan... Impossible d'affirmer la dépasser, comme du contraire... et ce n'est peut-être pas plus mal... Le fait de ne pas avoir l'occasion de se fixer des préjugés, ne peut que m'aider, dans la voie de l'objectivité, en fonction des différents points de vue présentés... J'éprouve, à ce propos, la nécessité d'examiner chaque mot sortant de sa bouche... comme un mineur, à la recherche de l'or, dont la quête avait représenté tant de sacrifices pour sa vie... Je faillis me vexer, lorsqu'elle m'avoua ne pas pouvoir confier son vrai nom au premier venu, même si j'en reconnaissais l'évidente sécurité... Toutefois, lorsqu'elle rapprocha subitement ses lèvres de mon oreille, je fus prise d'un frison inexplicable... Le léger souffle en provenance de cette antre, les petits bruits de salive, la douceur de ces mots salvateurs... Ryou... Ryou... c'est donc son véritable prénom ?... Elle me ferait déjà assez confiance que pour me le communiquer ?... C'est osé, mais étrangement, ça me touche, je crois... comme une réchauffante braise, qui m'enlaçait... Devient-elle, peu à peu, l'une de mes drogues ?... J'y goûte encore timidement, mais qui pourrait m'affirmer que l'addiction ne s'était déjà installée ?... Il me faut une plus grande quantité, pour m'en assurer...

" ... ... ... Pourquoi ?... ... ... Pourquoi ça nous a pris tout ce temps, pour se rencontrer ?... J'aurais tellement voulu... je crois... certainement... que tu apparaisses plus tôt dans ma vie... Je ne comprends pas comment quelqu'un comme toi, qui me ressemble pourtant tellement, peut réussir à aimer vivre... peut fausser cette réalité, cette fatalité si ancrée... ne pas se faire écraser par sa pression monstrueuse... C'est vraiment moi, qui ai un problème ? C'est vraiment moi, qui est dépressive ?... J'y pense trop, ou juste assez ?... Je peux pas m'en empêcher... Vivre de ses impulsions... c'est vraiment la solution ?... Aide-moi... s'il te plait... à trouver le chemin qui me convient... "

De ce qui pouvait ressembler à une supplication, je la fixais, droit dans les yeux... tandis que je percevais à nouveau un liquide s'en échapper ?... Ce n'était pas l'averse, alors, peut-être la faute à ma chevelure, gorgée d'eau de pluie ?... Encore ces lèvres tremblotantes, ces remous à l'estomac, cette impulsion étrange à la poitrine... Ca fait la deuxième fois de ma vie, en un laps de temps si court ?... J'ai la sensation de me vider d'une charge énorme, de progressivement perdre cette masse accumulée, condensée sur elle-même, jusqu'à s'être un jour effondrée par sa propre gravité... symbolisant ma vie d'un Trou Noir béant... Ryou... essayes-tu me délivrer de cet horizon, armée du Rayonnement de Hawking ?... En auras-tu le temps ?... Cela en vaut-il bien la peine ?... Il ne me reste qu'une quinzaine d'années à vivre... mais nos perceptions communes nous permettent de tricher, en s'en octroyant près du quadruple... J'ai juste besoin de la voir plus souvent... de ne pas gâcher mon temps inutilement... mais je ne peux pas le lâcher pour autant... Je ne peux pas lui tourner le dos, alors qu'il a fait son possible pour rendre ma vie plus supportable... le laisser s'écrouler, en perdant le budget de l'armée, dans le but de suivre une voie hasardeuse... négliger son espoir le plus cher... Mais ces perspectives sont-elles réellement incompatibles ?... Ne puis-je pas réussir à les combiner, d'un résistant entrelacement ?... Tu veux changer le monde, Ryou ?... De quelle manière pourrait-on procéder ?... Est-ce si souhaitable ? Cela rendra-t-il notre vie plus supportable ?...

" ... Je ne sais pas, ce que je pourrais spécialement apprécier... On m'a très vite encadrée... Papa s'est chargé seul de mon éducation, jusqu'à l'âge de mes 12 ans... C'est le PDG de la Novel's Industry... une entreprise vouant son existence aux avancées scientifiques et technologiques... Du coup... j'ai été formée au domaine... L'astronomie, la physique, la chimie, les mathématiques... je m'y intéresse. Enfin, je suis les actualités... mais ca ne me donne pas la sensation de vivre... Les seuls moments où j'ai vraiment l'impression d'exister... c'est quand cette saloperie me ronge... quand je ressens le danger de la confrontation... Je suis destinée à me battre, pour me sentir complète ?... L'adrénaline me pousse à en vouloir toujours plus... à sans cesse augmenter la difficulté, pour en préserver les effets... tandis que eux m'en demandent systématiquement davantage... au point qu'il finit par m'obséder... All Might... Si je pouvais juste... trouver un moyen de le mettre en échec... ils nous laisseraient enfin tranquille... " lui avouais-je alors, en détournant mécaniquement le regard, en direction du pavage.

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Ryou Hanazawa
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Mar 22 Mai - 22:35
Je saurais pas dire si ça se voulait comme une pique ou si c'était juste une pensée prononcée sur le vif comme les miennes, comme beaucoup des siennes sans doute, une idée lancée dans le vent avant de l'oublier et de se laisser happer par autre chose. Une insinuation vexante aurait été déplacée dans le contexte cela dit, et n'aurait pas collé avec ce qu'elle avait dit avant et après. En plus il en aurait fallu plus pour me vexer. Oui, l'authentique Moriarty aurait été plus génial que tous ses contemporains ou presque s'il avait existé mais en deçà d'elle ou moi, en ce sens je ne pouvais lui donner tord, mais qu'y puis-je si je suis fan ? Pas de lui, de Sherlock, mais prendre un nom de détective quand on se revendique criminelle ou vilaine, ça aurait fait un peu tarte. Et au moins le symbole était clair, compréhensible par tout le monde sans difficulté. Si j'avais été m'appeler Curie ou Athéna, les gens auraient compris de travers. Puis j'avais choisi le nom autant pour le génie du personnage que pour son métier, puisque j'avais éhontément volé son concept. Ou celui de Conan Doyle.

Pas que ça compte vraiment. Certains choisissent leur nom sur une impulsion, certains font un hommage ou trouvent un joli jeu de mot, mais au final, si celui qui porte le nom fait parler de lui, toutes ces origines s'effacent et le nom ne devient plus que ça, un nom, la désignation commune et officielle de celui qui le porte, un moyen rapide de transmettre ce qu'il est et ce qu'il représente, une pierre de plus dans le langage que se construisent les hommes pour tenter de transmettre leurs impulsions neuronales de l'un à l'autre avec le plus de précision possible puisqu'aucun câblage ou réseau ne permet l'échange direct. Ce serait bien utile pourtant car même avec nos cerveaux si semblables, nos esprits balafrés par le même isolement et maudits par le même génie, la barrière de la langue ralentissait encore nos échanges, forçant des mots hésitants, des phrases hachurées, des paroles incomplètes, le mieux que nous pouvions faire et qui pourtant continuait encore de nous ralentir autant que la prudence nous avaient séparées. Car c'était bien de ça qu'il s'agissait, la prudence, la crainte, la clairvoyance nécessaire pour deviner comment le monde réagirait s'il savait, ou plutôt la mémoire nécessaire pour se souvenir des réactions de ceux qui l'avaient appris. Son père, ses proches, mes camarades de classe et ma famille, ceux qui avaient craint ou n'avaient pas compris, ceux qui avaient voulu nous utiliser ou nous brider, toutes ces entraves à une danse libre et enivrantes que nous seules pouvions danser si bien. Sans ces craintes et ces souvenirs, le monde entier aurait entendu de nous et forcément, nous aurions entendu parler l'une de l'autre. Mais l'essentiel, c'était que le secret était brisé. Maintenant nous savions. Nos vies auraient-elles été différentes si nous nous étions rencontrées plus tôt, m'aurait-elle menée sur un autre chemin, l'aurais-je protégée du désespoir et du pétrole qui engluaient son esprit dans des flots de noirceur et d'immobilité ?

Il n'était pas trop tard cependant, et tant de portes s'ouvraient à nous pour ça ! Alors que je la fixais toujours, désormais debout à côté de son corps étendu, penchée sur elle comme le diable sur l'épaule de Faust, elle me parlait d'elle, de son passé, de son histoire et de ses chaînes. Obligation, responsabilité, devoir, reconnaissance, tout ce que la vie avait mis sur son chemin pour la faire trébucher et l'empêcher de courir ou danser à son aise, tout ce dont je m'étais séparée pour enfin trouver le bonheur de vivre une vie égoïste et emplie de tout ce que je désire. Seule l'adrénaline pouvait encore l'en sauver, disait-elle, titiller ses neurones de la meilleure façon et lui apporter une quelconque forme de satisfaction par l'oubli. Oui, se laisser porter était agréable et l'adrénaline était très efficace pour ça, mais il y avait d'autres hormones capables du même résultat, d'autres stimulus capables d’apaiser les cerveaux torturés, et si elle ne les connaissait pas, son histoire me laissait deviner que c'était plus pour n'avoir jamais pu les expérimenter que par lassitude ou inadéquation. Peut-être qu'un rien pourrait la sauver, peut-être que ces plaisirs simples du quotidien de tout un chacun auraient des effets surprenants. Déjà je réfléchissais à ce que je pourrais lui proposer. Restaurant, sport, parc d'attraction, cinéma, jeux vidéos, casino, arts plastiques, travail manuel, botanique, littérature, tant de possibilités, d'idées, d'opportunités.

Puis elle parla de lui. Ah, lui. Même à l'étranger, tout le monde connaissait son nom, même par delà l'océan il arrivait à gâcher des vies. Comme si le monde ne pouvait plus tourner qu'autour de lui, comme un trou noir si imposant que son champ de gravité attirait tout le monde à lui, inexorablement. Rien que son nom suffit à me faire perdre mon sourire et à durcir mes traits, puisque j'avais déjà arrêté de jouer la comédie pour me laisser aller à être moi-même, je laissais aussi déborder ma propre noirceur. Pas de fatalisme assommant pour moi mais de la haine et de la rancœur, des petites bulles de poison qui flottaient dans mes pensées jusqu'à ce qu'on les fasse éclater et se déverser dans mon esprit.

"AllMight, hein ? Lesymboledelajustice, lehéroleplufordumonde, évidemmenquonenparlaussiauxetatsunis. Leseulpeutêtrequiseraicapabledenousuivrenesprit, ilesparfaitaprèstout. Saforcestsanslimite, sesgestesivifsquilpeutoujourêtraubonendroitaubonmoment, ilgagnetoujoursanseffort, sandégâtcolatéral, unexempledecequetouthérodevraitêtre, unabsoluimpossiblàdépasserouégaler, carcestcequefontlesabsolus. Unmodèlsiparfaiquonreprochàceuxquinepeuvlimiterleurfaiblesse, leurinatention, leurviolenceouleurcruauté."

Sans y penser je me recroquevillait lentement, les jambes raides alors que mon dos se tordait, les bras glissant le long de mon ventre et mes doigts se refermant sur le vide comme si je pouvais le saisir, y planter mes ongles et le saigner à blanc pour faire couler toutes sa substance, tout ce qui s'y niche et le pourrit d'une façon ou d'une autre. Ma voix aussi se tordait sous l'effet du venin, plus sèche, plus dure, plus rapide encore.

"Maisquestcequilyconnait, lui, àlhéroïsme? Toutesifacile, rienepeularrêter, ilréussitout, alorpourquoiladmirerpuisquecestsifacile, querieneluidemandelemoindreffort? Pourquoileprendrecommréférencealorsquilneconnairiendesdifficultés, desdangersetdesacrificesquedoiventfairelesvraishéros? Souprétextedaiderlesautres, deportersecouràlunoulautràloccasion, ildistordlemondautourdeluicommuntrounoirquitordmêmelalumière, reformantlasociétéjusquàseretrouveraucentre, serendantindispensablenobscurciçantoutcequitentedesuivrelamêmevoiequelui. Iladétruitlhéroïsme, ildétruitlasociété, jelehais, jelehais, jelehais, jelehais!"

Normalement, vomir mon fiel comme ça me suffirait à vider le poison de mon esprit, à retrouver le contrôle à défaut de retrouver mon calme. Mais parfois, alors qu'il se dilue, le poison se fait plus subtile, plus insidieux et encore plus dangereux. Parfois même il réagit avec ce qui flotte déjà dans le flux de mes pensées, corrompant de bonnes idées ou de beaux sentiments, me poussant à devenir la pire version de moi-même, trop efficace dans la nuisance et l'autodestruction. Un sourire carnassier, un regard extatique, un petit ricanement maniaque, les signes sont toujours les mêmes et pourtant je ne les vois jamais, il faut dire que je fais pareil quand j'ai de vraies bonnes idées.

"Maisàdeux, peutêtrequonpeuréussir. Peutêtrequensemble, lasommedenoslimitpeudépasserl'absoludAllMight. Caneteplairaitpas, ça? Leplubeaucombadetoulestemps, capabledetedonnertouteladrénalinequetupeuvouloir, dépassernolimitespourdépasserlultimelimite, etrappeleraumondedequoiildoitavoirpeur, pourquoiilabesoindeseshérosetpajustedunsymbole!"
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Dim 27 Mai - 1:14

J'ai beau y réfléchir... J'ai beau y repenser dans tous les sens possibles... Le problème est toujours le même. Il revient toujours de la même façon... Je n'ai aucun goût à la vie... La mienne est fade... C'est amusant, non ?... De me savoir si instruite et à la fois si vide...Quel est le sens de tout cela ?... J'avais abandonné l'idée de pouvoir trouver ma place un jour. Je suis les ordres parce que je ne dispose pas d'envies propres... J'aide celles des autres à se réaliser, lorsque ça me va... C'est tout ce dont je suis capable ?... Je le sais, oui, je le sais... que je ne suis pas omnipotente. Que je n'ai pas encore tout expérimenté. Qu'un plaisir, même des plus éhontés, pourrait éventuellement se cacher... Où se trouve-t-il ? Où se trouve ce sentiment de bonheur, dont ils profitent tant ?... Tristesse, colère, frustration, ennui... Depuis quand suis-je devenue si décolorée ?... Moi je le sais... Depuis que je suis esseulée... seule avec mes pensées... Je ne pourrai pas y échapper. Mais si je pouvais juste rendre cela plus supportable, peut-être pourrais-je enfin me sentir plus légère... Je laisse le choix à la causalité. Celle d'une mort lente, me décomposant pièce par pièce, comme c'est le cas depuis maintenant plusieurs années... Ou bien... Quelque chose de nouveau, de différent... En bien ou en mal, selon eux, je m'en fiche... Tout ce qui compte... s'il persiste, ne serait-ce qu'un infime espoir... de retrouver enfin ce sentiment... ces émotions de mes premières années... Je croyais être destinée à vivre avec cette insatisfaction, cette lassitude grandissante... Mais Ryou me prouve qu'une issue existe... Elle met l'accent sur l'accessible, la simplicité... Je ne sais pas si cela me convient... Quelque chose au fond de moi... semble me faire savoir que l'important n'est pas tant ce que je pourrais vouloir faire... mais plutôt avec qui je me le permettrais... Seule prisonnière de ma forteresse, recroquevillée et coupée de ce monde primitif, cette alternative ne m'avait jamais traversé l'esprit... Mais à présent que cette fière silhouette était parvenue à ouvrir les tentures, offrant à ma sombre pièce une promesse de clarté... elle, la seule capable de résoudre les énigmes de mes cadenas... La solution réside dans notre union ? Notre fusion ?...

Elle ne me laisse pas de répit. Elle ne me laisse pas le temps de m'esseuler davantage. C'est ce que j'aime chez cette femme... Elle est rapide. Aussi vive que moi ou le paraît du moins... C'est bizarre, non ? C'est comme rester sur une île déserte pendant des années, vivre un enfer, chaque jour durant... finissant fatalement par se parler à soi-même, pour se rassurer, pour tenir le coup... avant d'apprendre l'existence d'un voisin, à quelques mètres de soi... Quelqu'un ayant vécu la même galère, au même rythme que soi... Cette personne devient irrémédiablement la plus importante au monde. Je pourrais me mentir. Prétendre que cela ne me fait rien, prendre peur des conséquences d'une telle rencontre... mais au final, on sait tous les deux très bien ce que ça implique véritablement... L'une comme l'autre ne pouvons envisager une séparation. Nous sommes trop rares, l'une pour l'autre. La seule entité en mesure de vivre à notre rythme. Nous sommes sur le même plan, dans la même dimension... Le reste n'a plus d'importance. Tout ce que je veux, c'est être avec elle... mais il me faut respecter ma part du marché... Toutes ces modifications, ce voyage, mes connaissances, ma naissance, je les dois à plusieurs personnes... Alors, même si certains de ces liens me maintiennent encore sous influence, je n'oublie pas que sans leur présence, le cause à effet ne m'aurait probablement jamais permis de croiser la route de Ryou... Ils en sont responsables, fondamentalement parlant... C'est comme, un cadeau cosmique, pour ma servitude, comprenant même une paye en avance... Je n'ai qu'une chose, une seule à accomplir, pour satisfaire les investissements de l'armée... pour que la pression retombe et que je puisse lui vouer plus de temps libre...

" ... Faire tomber All Might... ensemble ?... C'est vrai... Je n'ai pas besoin de le surpasser seule... Il doit juste perdre... Peu importe comment. Si il s'écroule, si on trouve un moyen de le gérer... Une faille... J'aurai accompli l'objectif de l'armée... et Papa pourra enfin souffler... il ne sera plus dépendant de mes résultats... Et moi... "

Je n'aurai plus aucune limite, pour me brider... Pour la défense nationale américaine aussi... All Might représente une gêne... Plus que d'être dangereux, dans le cadre d'une rébellion de sa part, ou d'une prise de contrôle éventuelle... cet hypocrite, au sourire forcé, déstabilise complètement l'ordre... Ryou aussi, s'en est rendue compte, forcément... Il fragilise l'équilibre et engendre les bourgeons d'une catastrophe à venir... Tu ne me crois pas ? C'est pourtant simple à comprendre... Rien de plus qu'un Effet Papillon... En devenant une figure si imposante, dictatoriale, d'un point de vue si futile que la justice, il provoque toutes les personnes n'étant pas en accord avec sa vision du monde... Les vilains redoublent d'ingéniosité pour le vaincre, comme des bactéries, évoluant pour combattre l'antibiotique... Et tandis qu'ils se démènent à devenir plus puissants, le peuple, lui, encourage inutilement, se ramollit, telles des défenses immunitaires peu sollicitées... les quelques héros, le devenant par admiration pour cette montagne de muscles, rebroussant parfois chemin, devant la difficulté de lui ressembler. Ils se fixent alors des objectifs plus petits, car de toute façon, All Might est là pour gérer les gros morceaux, non ?... Et ça, c'est quand les héros ne finissent pas par changer de camp, par réalisation de la différence de niveau... Parce lui est si fort qu'il peut s'imposer des contraintes, des règles pour parfaire ses sauvetages, sans dommages excessifs... ces règles ruissèlent sur tous les autres héros, n'étant évidemment pas en mesure de les assumer, tout en gérant efficacement la menace... L'inégalité se creuse de plus en plus, parce que les principes l'emportent sur la cause. Parce qu'il ne peut pas être partout à la fois... Parce qu'il force tout le système à graviter autour de sa personne, All Might représentera bientôt cette unité surpuissante, prenant un territoire alors que celui derrière se fait déjà reconquérir, comme tous les autres autour... Placer toute sa puissance en un seul point a toujours représenté une stratégie foireuse... Il sauve une maison des flammes, pendant que tout un pays crame... Les bactéries gagnent, à la fin... Des unités telles que nous... À tous les niveaux, la disparition d'All Might est souhaitable, avant qu'il ne soit trop tard... C'est bien parce que les vilains, eux, ont compris qu'ils devaient travailler de concert, qu'ils renverseront le système actuel...

Ryou a raison... All Might est un poison déguisé en médicament... et c'est à nous d'y mettre fin... Je peux considérer ça comme une envie, un but ?... Je suis toujours d'avis qu'un tel acharnement ne représente rien, astronomiquement parlant... Mais... Autant pour ma liberté, que pour celle de mon père, comme de ses projets... la quiétude de Ryou... quelques heureuses années, pour le restant de mes jours ?... Toutes ces raisons font que je dois essayer... que nous devons tenter quelque chose pour le neutraliser une bonne fois pour toutes... Ca prendra du temps, je le sais. Mais au moins, cela nous donnera-t-il une raison de le passer ensemble... non ?... Je ne sais pas... Je n'ai rien à perdre dans cette histoire, de toute façon. Seulement des gains potentiels... pour tout le monde... La fin d'un règne... d'une Hypergéante... qui, par sa Supernova, redistribuera toutes ses richesses, engendrant la naissance d'une multitude d'étoiles... Un ciel des plus lumineux... C'est la solution... Les étoiles, ont toujours été la solution... Bougeant mes doigts, par à-coups, je modelais présentement mes poings, parvenant enfin à reprendre le dessus sur mes insoutenables crampes... Vacillant, titubant, je me relevais alors, la douleur se retranscivant sur mon visage... Un effort plus colossal qu'il n'y paraissait, mais j'allais l'endurer, car je devais entretenir cette détermination montante... souffler sur ces braises, pour qu'elles embrasent le reste de mon être... Mon objectif se construit, mes espérances prennent formes... Il était temps de me battre pour l'avenir que je souhaitais. Et cela tombait plutôt bien, car j'avais justement une occasion parfaite de me remettre sur pieds... d'affirmer le résultat de mes entrainements... D'abord ses élèves... puis le tournoi... Suivra l'académie... et enfin, All Might...

" ... Je suis étudiante à Shiketsu, classe A... l'académie rivale à Yuei... Dans quelques jours, il y aura un tournoi entre les académies... J'aimerais le gagner, leur prouver ma valeur et dévoiler qu'All Might ne relève pas le niveau de sa propre école... D'ailleurs... c'est aussi une occasion de montrer à tous, que c'est seulement en ne se bridant pas, qu'on peut espérer repousser les pires situations... que ça a un prix, de franchir ses limites pour s'améliorer... Je veux qu'en observant mes confrontations, toutes les autres leur paraissent décevantes d'enjeu... C'est un évènement très médiatisé... donc... plus de personnes pour saisir le message... Non ?... J'espère que tu regarderas... Je vais tout donner... " clôturai-je, essuyant mes joues et fixant mon interlocutrice, avant de constater le beau temps revenant, mais pour longtemps ?

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Ryou Hanazawa
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Dim 27 Mai - 23:30
Avec du recul – et pour rappel, je prends du recul très facilement et très vite puisque j'ai beaucoup de temps et de ressource cérébrale à y consacrer, pour peu que l'idée m'en vienne, ce qui pour le coup n'est pas toujours le cas – je suis mitigée sur cette partie de notre discussion. D'une part, qu'All Might vienne même parasiter cet instant qui n'aurait dû être qu'à nous me donne la nausée, comme s'il ne bouffait pas déjà suffisamment tous les aspects de nos vies au quotidien. En plus, je ne suis pas bien certaine qu'encourager Star à pourchasser le plus grand héros de tous les temps, non pas pour le surpasser comme le fait Endeavor mais bien pour lui déboîter sa tronche et le faire définitivement tomber de son piédestal comme je veux le faire, et donc l'encourager à rejoindre le camp des vilains avec moi était une bonne idée. Je veux dire, quand je parlais de l'aider à ne pas reproduite mes erreurs et de ne pas subir mes propres déboires, ça incluait le choix peu heureux mais parfaitement assumé de la vilainie. D'un autre côté, faire tomber All-Might apparaîtrait comme un crime odieux aux yeux du public, un affront autant qu'un danger pour la civilisation, mais ultimement ça ne leur apporterait que du bon. Pas que leurs cerveaux lents soient capables de l'appréhender, ça. On pourrait penser que leurs esprits ralentis seraient mieux équipés pour penser à long terme mais non, moins ils vont vite et moins ils ont de temps à perdre avec l'avenir, la société, ces trucs idiots qui ne sont qu'inévitables, après tout, préférant se concentrer sur une satisfaction rapide et rudimentaire facile à appréhender. Et le fait que ces esprits ralentis soient des centaines ou des milliers semblait plutôt les restreindre encore plus que les aider, comme une suite de résistance électrique plutôt que comme des processeurs combinés. Mais Star, elle, elle l'avait compris. Forcément, elle n'avait pas les mêmes tares que les autres débiles, elle était capable d'utiliser bien son cerveau pour réfléchir et voir toutes les ramifications des choses au lieu de juste rester en surface. Elle avait vu toutes les conséquences d'All-Might sur le monde, comme un poids sur une nappe tendue qui s'enfonce et déforme l'agencement de tout ce qui l'approche. Elle avait réalisé que son élimination, d'une façon ou d'une autre, était nécessaire et donc elle était prête à m'aider dans ce qui aurait sinon été une quête vaine puisque, les limites d'All-Might étant trop lointaines pour être connues, même mon esprit acéré ne permet pas d'imaginer un moyen de les surpasser.

Sur le moment, seul ce dernier point m'intéressait. J'aurais déjà pu me faire toutes ces remarques par moi-même, prendre le recul pour voir que j'avais peut-être corrompu toutes les chances de Star d'avoir cette vie meilleure que je lui souhaitais en l'entraînant dans mes pas, mais je n'avais pas l'esprit à ça. J'étais encore trop empoisonnée par la rage pour être lucide, et un peu excitée qu'elle me suive au lieu de me rabrouer. C'est assez rare, en vrai, même quand j'ai des bonnes idées – ce qui arrive très souvent – les gens à qui je les explique ont souvent du mal à comprendre en quoi elles sont géniales, voire à les comprendre tout court. Et forcément, ils laissent leur instinct réagir à leur place et rejettent en bloc tout ce qui est trop complexe pour eux, tout ce qu'ils ne connaissent pas ou n'appréhendent pas. Là pour peu j'aurais pris Star dans mes bras tellement j'étais excitée, surexcitée même, au point que je ne pouvais pas m'empêcher de sautiller d'un pied sur l'autre comme une gamine d'anime cliché. Mais elle n'aurait sans doute pas aimé ça, déjà qu'elle luttait pour se relever. J'aurais pu l'aider, vous direz. J'avais encore mal au ventre mais pas au point de ne pas pouvoir supporter son poids. Mais elle était tellement chou à vouloir se redresser absolument, avec le poing serré et les traits crispés par la douleur. En apparence, l'aider aurait été le truc sympa à faire mais ça aurait été lui refuser cet instant d'effort, de concentration, cette démonstration de l'esprit sur la matière et de sa volonté à aller de l'avant, toujours plus loin, plus loin que personne l'avait jamais été.

Non, je lui ai laissé ça, j'ai même admiré. Sans connaître les spécificités précises de son alter, il était difficile de déterminer les conséquences exactes qu'il avait sur son organisme et donc l'état dans lequel se trouvait celui-ci aussi peu de temps après une utilisation, certes courte mais intense, de celui-ci. Difficile donc de savoir à quel point cet effort lui coûtait. En tout cas, elle aurait besoin de cette combativité nouvelle, loin du fatalisme dépressif qu'elle m'avait montré plus tôt, pour son fameux tournoi. Les écoles de héros ça ne plaisante pas, il y a des gamins vraiment doués. Je sais de quoi je parle, j'ai fait une école de héros. Pendant un temps. J'ai pas fini le cursus mais je suis restée assez longtemps pour voir de quoi les autres étaient capables, et s'il y avait des boulets, il y avait aussi des prodiges. Puis de façon plus générale, avoir la niaque et vouloir rendre les coups mène beaucoup plus loin que se lamenter en contemplant la chair décrépie d'un monde mourant depuis l'instant de sa naissance. Chaque petite victoire doit être célébrée, peu importe son insignifiance, sans quoi elles perdent toutes leur sens et la vie fait de même. Qu'importe le peu de conséquences de nos actes, ils n'ont pas besoin de retourner la réalité entière pour avoir des effets et se concentrer sur l'immensité de l'univers, si vaste et complexe qu'il est même hors d'atteinte de nos cerveaux surboostés, ne peut avoir de sens même pour nous sinon tout faire paraître négligent. Alors que ce soit pour un tournoi, pour tenir sur ses pieds ou pour sauver le monde de son plus dangereux sauveur, il faut toujours le faire avec énergie et détermination. Alors forcément, la voir faire le premier pas dans cette direction, en tout cas le premier que je pouvais voir puisque nous ne nous étions rencontrées que depuis une insignifiante portion de nos vies respectives, ça a effacé le peu de craintes que je pouvais avoir à son sujet. Elle retomberait peut-être dans sa léthargie nihiliste, mais elle pouvait aussi s'en défaire et donc, à terme, s'en libérer entièrement.

"Biensûrquejeregarderais. Jeseraipeutêtremêmesurplace, danlesgradins. Tunemereconnaitraipas, doncneprenpalapeinedemechercher, maijetesoutiendrais. Unseultournoi, quelquecombats, nesuffironsansdoutepasàfairepasserlemessage, lesgensonlatêteduretsontroplentpourassimilerrapidement, maiçaseraunbonentraînement. Unbondébut. Ensuitonpourravoirquellconséquenceçaaeu, etcommentallerpluloinlaprochaînefois. Oh, et…"


L'espace d'un instant, j'ai forcément pensé à la petite Melody. Toute mignonne elle aussi, à se demander ce qu'elle faisait en école de héros. Pas pourquoi elle voulait y être, hein, plutôt comment elle y était entrée. J'aurais bien voulu qu'il ne lui arrive rien, elle avait presque perdu d'avance un tournoi, surtout contre Star ou d'autres élèves d'un niveau équivalent. Mais d'une part, parler d'elle à Star aurait été compromettant pour Melody, je restait une vilaine après tout, pas une connaissance dont on pouvait être fier. En plus, est-ce que ma petite étoile filante n'allait pas mal prendre, après que je l'ai encouragée à relever la tête et à chercher une raison de se donner à fond, après sa démonstration de détermination, si je lui demandais d'y aller doucement contre quelqu'un ? De Yueï, en plus ? Pas de l'épargner, juste… de faire ça vite et bien. Dans le doute, j'ai préféré ne pas le faire.

"Bonnechancebiensûr."
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