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Trente-sixième étage [PV Oroshine]

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Ryou Hanazawa
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Mer 30 Mai - 23:31
"Maintenant, la situation est simple. Tu me dis ce que je veux savoir ou je lâches."

Maintenant que j'y pense, c'est la deuxième fois que je commence penchée à la fenêtre. Enfin cette fois ce n'était pas vraiment moi qui étais penchée à la fenêtre, j'étais penchée au-dessus du type qui était penché à la fenêtre. Et accessoirement ligoté à son siège, lequel tenait en équilibre au bord de sa baie vitrée du trente-sixième étage uniquement grâce au poids de ma main – enfin mon poids concentré sur ma main – sur le bas de son dossier. S'il avait été en état de réfléchir, il aurait réalisé que ma menace était stupide. S'il mourrait aplati sur le bitume en contrebas, il ne pourrait plus me dire ce que je cherchais. A savoir, son code et identifiant pour fouiller les données de la banque dont il était administrateur réseau et imprimer l'historique des transactions de trente-six comptes courants gérés par la dite banque – notez l'ironie dans le choix du chiffre, c'est le genre de détails qui amuse la presse et marque le lecteur.

Parce que bien évidemment, trente-six comptes je m'en fichais un peu. Il n'y en avait que deux de vraiment intéressants pour moi. Le premier appartenait à quelqu'un que je ne nommerais pas, par secret professionnel. Une cliente, que je ne nommerais pas non plus pour la même raison, était très intéressée par l'origine et la destination de l'argent ayant navigué sur ce compte, et me payait moi une somme coquette pour que je lui fournisse cette information. Le second, en revanche, était un des comptes actifs de "feu" Ludwig Snicket. Plus précisément, celui où aboutissait l'argent qu'il utilisait pour ses achats privés secrets, ni pour son commerce ni pour sa famille. J'avais eu du mal à le trouver mais maintenant que je savais où dormait ce pognon, ça me faisait une piste de plus pour traquer les survivants du gang Snicket. Il y avait aussi un troisième compte, vaguement intéressant, que j'avais prévu de rendre public pour donner l'impression qu'il était la vraie cible de cette attaque et faire oublier les autres. Un bon détective ne s'y tromperais pas mais cela devrait jeter assez de doute pour ralentir l'investigation. Et surtout, faire parler de moi.

Je n'en était pas encore là, cependant. En fait, personne ne se doutait que j'étais en train de menacer un des membres les plus sensibles de l'immeuble, mon arrivée étant passée… pas inaperçue, loin de là, mais elle n'avait inquiété personne. Je m'explique. Quand je me suis intéressé à Mr. Libidineux – celui-là même qui pendait à la fenêtre, vous comprendrez vite le surnom – des rumeurs courraient déjà selon lesquelles il avait une maîtresse. Rumeurs parfaitement vraies, même s'il s'agissait plus d'une prostituée privée vu les cadeaux qu'il lui faisaient. En tout cas, ces on-dit sont devenues mon billet d'entrée. D'abord, quelques petits mails et messages bien ajustés ont propagé la rumeur et l'ont faite enfler jusqu'à ce que tout le monde dans la banque soit au courant – sauf bien sûr Mr. Libidineux lui-même. Comme toujours, la dernière personne à entendre une rumeur est la première concernée – et se fasse une idée au moins floue de la maîtresse en question. Tant qu'ils l'imaginaient rousse, ça me convenait. Et oui, vous devez voir où je vais avec ça.

Le jour J, le même jour où Mr. Libidineux allait finir pendu à la fenêtre, j'avais profité de la nuit pour saouler un employé de la banque et dupliquer sa carte magnétique pour entrer dans les locaux. Il fallait un peu plus qu'une carte pour passer le portique mais la rumeur s'en est chargée. J'ai juste eu à présenter une carte quasi-vierge pour invités, dire que j'avais rendez-vous avec Mr. Libidineux, minauder un peu, et paf. Tout le monde m'a regardée de travers, avec un mélange de dégoût et de… non, surtout du dégoût, mais ils m'ont laissée passer et m'ont gentiment guidée jusqu'au bureau de Mr. Libidineux. Qui a été très surpris de me voir, mais j'ai vite fermé la porte et je l'ai tout aussi vite assommé. Ensuite vous devinez, je l'ai ligoté, mis en position au-dessus du vide, puis j'ai attendu qu'il se réveille avant de le cuisiner. Entre la peur et l'hébétude, il n'a pas résisté longtemps.

J'en entends déjà se plaindre dans le fond. Ou pas, je vous imagine peut-être, je ne suis toujours pas certaine. Mais sachez donc que ce n'est pas la complexité d'un plan qui fait son génie, c'est sa précision. Les histoires avec beaucoup d'étapes, les mises en scènes complexes avec étapes sur étapes, ça ne marche qu'au cinéma. Tentez ça dans la vraie vie et vous verrez que votre plan se cassera la figure au premier imprévu. Parce qu'il y a toujours des imprévus, le génie ce n'est pas de tout prévoir c'est de blinder le plan. Simple signifie flexible, solide, avec moins de variables à contrôler. La preuve, absolument rien ne m'avait gênée pour atteindre le bureau de Mr. Libidineux et obtenir ses identifiants. C'est après que l'imprévu est arrivé.
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Oroshine Takane
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Ven 1 Juin - 23:40

    « Maintenant, la situation est simple. Tu me dis ce que je veux savoir ou je lâche ! »

    Dans les rues de Hosu, le trafic était à l'image de l'insouciance de ses habitants : abondant et désordonné. Je m'amusais à regarder par la vitre de la voiture de monsieur Perkins un petit couple en train de se disputer. J'analysais la situation pour déduire que le jeune homme.. is a cheater. Ah, être humain. Tu ne m'étonnes même plus. A l'époque de nos parents, l'amour était encore un joyau, aujourd'hui tout n'est bon qu'à le souiller. Le désir, l'argent, le pouvoir ... nos valeurs sont mises en danger depuis la nuit des temps. Toujours est-il que nous avions encore une dernière tâche à accomplir avant de finir notre ronde. Nous nous sommes rendus au pied de cet immense building d'au moins une bonne trentaine d'étages pour qu'un vieil ami de notre majordome reçoive son paquet. Un devoir mensuel, le vétéran avait l'habitude de s'en charger seul mais aujourd'hui, je pouvais l'accompagner. Ce jour-là, pour une raison X ou Y les cours avaient été suspendus au moins pour notre classe. Power Loader-sensei n'aurait pas annulé un cours sans raison, j'espère juste que tout va bien. Parce que pendant qu'il était ailleurs qu'en classe, moi je m'apprêtais à vivre le clou du spectacle. La cerise sur le gâteau de ma journée. Nous avions gardé cette broutille financière pour la fin de la liste car elle était relativement bénigne, un vulgaire contrôle de routine qui aurait pu être réglé en moins d'un quart d'heure si les choses allaient réellement toujours comme prévu.

    L'imprévu. C'est quand on s'installe devant un téléfilm britannique avec une tasse de son meilleur thé et que l'on se rend compte que l'on n'a plus de scones. L'imprévu ? C'est quand on pense assister à un captivant cours d'ingénierie mais que l'on se retrouve à regarder un bougre d'homme signer des papiers comme la troisième roue du carrosse pendant toute une sainte journée libre. Mais pour aujourd'hui, l'imprévu prenait des dimensions extrêmes pour nous prouver sa puissance. Oh, comme j'aurais aimé ne pas vivre cela. Je n'ai rien vu venir. En tout cas je n'ai pas été inquiété lorsque j'ai salué l'hôtesse d'accueil, encore moins quand j'ai soupiré en voyant un employé réellement fatigué, comme s'il avait passé une nuit salement arrosé bien qu'étant pleinement conscient qu'une journée de travail l'attendait. Je ne me suis pas plus affolé quand, une fois dans l'ascenseur, après que monsieur Perkins ait sélectionné le trente-sixième, une petite musique d'attente me rappelait un petit air que j'avais entendu étant plus jeune, sur lequel je claquais des doigts et tapait du pied. Le rythme m'était resté dans la peau. *ding.* Trente-sixième étage. La voix robotique de l'elevator accompagnait l'ouverture de ses portes comme s'il nous tendait un couloir épique. Ce fameux couloir jonché de portes connectées à de plus petits bureaux dans lesquels, certainement, des hommes et des femmes plus ou moins bien payés pataugeaient dans l'économie locale. Nous l'avons traversé, puis deuxième porte sur la gauche, le bureau de monsieur Minna.

    Très poli même avec de vieilles connaissances, Perkins a toqué trois fois, s'attendant au moins à une réponse qu'on lui dise d'entrer ou de patienter, mais rien. Nous n'avons pas attendu longtemps pour percevoir des cris apeurés. Quelque chose cloche et nous l'avions tous les deux très bien compris. Le majordome a sorti son arme de poing, passant le premier pour ouvrir la porte et découvrir la scène effroyable à en faire tomber le fameux paquet, révélant son contenu : de petits biscuits, des langues de chat, dont raffolait son ami. Je l'ai directement suivi et suis resté bouche bée en voyant une femme aux grands airs maintenir monsieur Minna, notre homme, au-dessus du vide, par la fenêtre de son bureau. *Qu'est-ce que...!?* A cet instant, un professionnel aurait déjà réagi en accord avec la situation. Mais moi, j'ai paniqué. Tétanisé en voyant un pauvre citoyen innocent être menacé par les mains du mal lui-même, j'étais figé une poignée de secondes durant lesquelles, à l'intérieur de mon crâne tambourinant, mon éternelle lâcheté et mes récents instincts héroïques se confrontaient pour répondre à la question existentielle : que dois-je faire ? Laisser sir Perkins s'en occuper ? Négocier la vie du pauvre administrateur contre la vie de la damoiselle elle-même si elle ne voulait pas finir avec une balle dans le crâne, je sais qu'il le ferait, je l'ai déjà vu faire. Ou alors m'en charger moi-même, sauver à la rescousse de ce pauvre homme. Mais pourquoi est-ce qu'une criminelle serait précisément ici, dans cet immense établissement, pourquoi monsieur Minna ...? Anyway ! La police se chargera de l'interrogatoire, l'importance pour l'instant est de sécuriser l'otage ! Je finis enfin par réagir, jetant un regard ardent à la malfaitrice en actionnant mon jetpack. Ce dernier relâchait une légère gerbe de fumée blanche car j'avais régulé sa puissance, histoire de ne pas traverser la fenêtre en perdant le contrôle de mon engin. Mais l'élan que je gagnais était tout de même conséquent, je tendais les mains droit devant pour saisir ma seule cible, monsieur Minna. Qu'elle le lâche ou qu'elle riposte directement je devais juste parvenir à le mettre en sécurité.

    C'est la première fois qu'un acte criminel se produit devant mes yeux depuis que je possède cette nouvelle volonté, celle de devenir un héro. Je dois admettre que j'avais imaginé ça autrement, peut-être en me faisant des films je m'écartais trop de la réalité ? Car à la place de l'epicness typique de notre profession, je faisais face à l'inexpérience du débutant. Je devrais sûrement laisser un professionnel sauver cette personne mais que fait-on si personne ne vient à temps ? Devrais-je le laisser s'écraser plusieurs mètres plus bas, sachant que j'aurais très bien pu le sauver ? Qu'est-ce qu'un héro sinon un individu qui ressent comme l'obligation de protéger son peuple ? Ce sens du devoir qui germait encore à peine chez moi était en grande concurrence avec ma peur du danger; que ferais-je si cette femme n'a pas peur d'utiliser son alter, puisqu'elle enfreint déjà la loi de toutes façons ... Et si elle sort une arme et me blesse ? Ou pire ... Rah ... !! Après tout mon majordome n'était pas qu'un majordome. Egalement mon gardien, il était amplement assez compétent pour me seconder sur ce coup là. Si elle tente quoi que ce soit, il tirera... Et c'est d'un ami à lui que l'on parle, il ne laissera rien de mal arriver ! Moi, je dois attraper Minna. Oh, man. J'ai même les mains qui démangent au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de la cible. Est-ce que je vais y arriver ? Même moi je doutais de moi. J'apprenais au passage que tout ça ne me ralentirait pas. Même avec toute l'anxiété du globe je ne serais pas ralenti dans ma course pour sauver le monde. Avant de
    penser à aider l'humanité, je vais pourtant devoir commencer par cet individu isolé. Une âme en peine, en proie à la terreur parce que le mal le menace. Le même mal qui a tué maman. Le même mal qui rode depuis des millénaires, qui fait tomber des empires et en bâti d'autres. Pas pendant mon service..! *Plus .. Ultraaa....!!*

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Ryou Hanazawa
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Sam 2 Juin - 20:49
Toc. Le dit imprévu a eu la politesse de frapper avant d'entrer, vous noterez. Ce n'est pas toujours le cas. Pas que ce soit un problème, je suis plus qu'assez réactive pour réfléchir à tout entre la manifestation d'un problème et son arrivée. Là, ils ne m'en avaient donné qu'un peu plus. Mr. Libidineux m'avait donné ses identifiants, plus besoin de le faire parler, mais il aurait pu faire un otage utile alors je l'ai gardé suspendu à la fenêtre, à bout de bras. Toc. Du pied j'ai tiré son bureau, histoire de mettre le clavier à portée, et de ma seconde main j'ai tiré une première grenade à gaz pour pouvoir rapidement la lancer. Toc. La grenade a fini sur le bureau pour me libérer la main et me permettre de taper les identifiants sur l'ordinateur et commander la copie des données qui m'intéressaient sur une clé USB, préalablement insérée. Silence après les trois coups, pas assez long pour que je finisse avec les données de la banque, et quelqu'un à défoncé la porte du pied. Un vieux avec un flingue braqué devant, pose assurée, tenue solide, il savait s'en servir. Pas comme le gamin avec lui, Oroshine Takane. Je l'avais déjà vu au tournoi inter-école, il avait sorti ma petite Star au premier tour. Comme Melody avait aussi été sortie au premier tour, je n'avais pas regardé plus loin et je ne sais pas qui a gagné. Je m'en fiches un peu, d'ailleurs.

Lui, du coup, semblait moins calme et déterminé que son accompagnateur. Il est resté figé, bouche bée, immobile. Il portait le même jet-pack que pendant le tournoi, c'était presque touchant. Comme s'il était toujours prêt à sauver la veuve et l'orphelin, comme s'il savait en venant qu'il y aurait du grabuge, ou plutôt comme s'il le portait toujours sur lui. Un gosse avec son jouet. Moi ça m'arrangeait. L'écran de l'ordinateur masquait ma main, il me masquait moi en grande partie, donc j'ai pu continuer à taper en paix. Hors de question de faire autre chose pour l'instant. Si le barbu tirait, je lâchais mon otage dans le vide et il aurait sa mort sur la conscience, pas besoin de me défendre pour l'instant. Au moindre geste menaçant, par contre, il m'abattrait sans doute sur place. Quand au gamin, il était tétanisé, il ne comprenait même pas vraiment ce qui se passait. Ils auraient pu parler, mais ils ne savaient visiblement pas qui dire. Et ça veut devenir héros. En tout cas ça tombait plutôt bien que ce soit lui plutôt qu'un autre qui me prenne la main dans le sac. D'une, après qu'il ait arrêté Star en plein élan, j'avais très envie de lui briser sa jolie mâchoire. De deux, j'avais un moyen facile de le retirer de l'équation le temps de neutraliser le vieux. A peu près au moment où il s'est repris et a décidé de bouger – ce n'était pas calculé mais ça m'a bien arrangé, pour le coup – j'ai lâché Mr. Libidineux dans le vide. Le but était de faire bouger Oroshine-kun mais il était déjà en train de charger de lui-même, donc… tout s'est passé comme prévu.

En se mettant en avant, il m'a involontairement offert un couvert. Le vieux n'allait pas tirer à travers le gosse, après tout. Dès que j'ai relâché ma prise sur la chaise, j'ai commencé à me déporter de côté pour mettre Oroshine-kun dans l'alignement. Ça ne m'a donné qu'une fraction de seconde de protection mais, bon, je n'avais pas besoin de plus pour réduire la distance et prendre le vieux au contact. Il a essayé de tirer au dernier moment, quand le gamin tournait pour rattraper la chaise volante, mais j'étais assez proche et j'ai frappé sa main, détournant le canon et laissant la balle partir dans le mur. Après ça ça a été facile, je l'ai désarmé, je lui ait collé une balle dans chaque genou pour le mettre au sol, puis – quoi, c'est trop simple ? Vous espériez une description épique pour un combat épique ? Ça ne l'était pas, je voyais ses mouvements au ralenti et pensais déjà à la grenade alors que son flingue volait entre sa main et la mienne, ça n'avait rien d'épique ou même d'intéressant. Quelle grenade ? Bah attendez, j'y viens ! – j'ai éjecté le chargeur et tiré la dernière balle dans la chambre au hasard. C'était déjà la panique de l'autre côté de la porte, les employés de la banque se levaient de leurs bureaux en hurlant et se précipitaient vers les sorties, la balle ne les a même pas excités plus. C'était exactement ce que je voulais qu'ils fassent, mais pas si tôt. Ils étaient supposés attendre que j'ai fini de copier les données pour s'enfuir et appeler à l'aide, là le transfert était encore en cours.

Pas que ce soit un problème. Comme je disais, un bon plan doit être flexible et je n'étais pas à la seconde près pour le timing. Il fallait juste que je retarde un peu la sécurité de la banque, sans doute déjà en train de grimper vers mon étage, et Oroshine-kun, qui reviendrait probablement à la charge après avoir perdu son temps avec Mr. Libidineux. C'était un Héros, après tout. J'ai donc retourné l'écran d'un geste, pour pouvoir regarder où en était le transfert, et lancé la grenade à gaz dans les bureaux de l'autre. Son explosion a rempli la pièce de gaz corrosif, pas mortel mais assez agressif pour brûler les poumons et les yeux. Les personnes exposées toussent, se tordent de douleur, et il peut y avoir des séquelles à long terme s'ils en inhalent trop, mais elles ne peuvent pas en mourir.

"Ne respirez pas trop fort !"


Pour moi j'avais tout prévu, j'ai pris un masque à gaz dans mon sac et me le suis accroché sur le visage. Le transfert était à soixante pourcents quand j'ai fini de l'enfiler. Pour ceux qui sont curieux, le nuage de gaz était assez fort pour recouvrir l'étage, ce qui veut dire déborder dans le bureau ou j'étais et aussi flinguer les poumons du vieux au sol avec les genoux cassés. J'aurais pu vérifier que ça ne faisait pas trop, qu'il était encore en vie, mais d'une part je l'ai entendu tousser et d'autre part on m'a sonnée à l'oreillette.

"Ça va Boss ? J'ai entendu des coups de feu."

"Je gère, on continue comme prévu."


Un de mes associés, ou plutôt larbins, engagé pour le coup. Parce que oui, je n'avait pas non plus prévu de tout faire toute seule. J'avais engagé quatre personnes pour le coup de la banque, une seule était vraiment nécessaire mais les autres étaient une sécurité. Soixante-sept pourcents.
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Oroshine Takane
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Mar 5 Juin - 22:58
    Insane. Ce qui s'est passé en à peine trois minutes, les émotions horribles que j'ai dû ressentir à cause de cette ... vieille sorcière rouge ... Ce qui était censé être une visite amicale s'était transformé en véritable cauchemar. Une lutte contre le crime, pour sa propre survie. En première année d'assistance, l'on ne vous parle pas de cette aspect du métier de héro. Je n'étais pas habitué aux situations réelles, mon manque d'expérience se faisait ressentir à travers les innombrables erreurs que je faisais. En face, miss Evil n'en était certainement pas à son coup d'essai.. Elle semble connaître son job si bien qu'aucun de ses gestes n'étaient gaspillés. Elle me faisait vraiment penser à Star, avec ses facultés d'anticipations extrêmes elles menaient la danse ... Et moi je la suivais sagement, en fonçant tête baissée comme un vrai novice. Je n'ai pas l'habitude de combattre, enfin, pas sérieusement ! Là, on parle d'un criminel ... Je m'en suis rendu compte quand j'ai vu cet être infâme lâcher monsieur Minna dans le vide, comme si, d'un coup, sa vie n'avait plus d'importance. Mais qui est-elle pour en juger ... Tch, ces vilains sont vraiment des idiots ... Je peux personnellement comprendre que l'on traverse des passages difficiles au cours d'une vie et qu'on se mette à faire des choses qu'il ne faudrait pas faire ... Mais de là à embarquer d'innocentes âmes dans ces absurdités ! Ils n'ont donc aucune considération pour ce qui les entoure, les vilains sont tous des êtres égoïstes ..!!

    J'ai traversé la fenêtre comme une fusée, plongeant en piqué pour rattraper l'homme encore amarré sur sa chaise en chute libre, gesticulant sauvagement comme s'il dansait contre sa mort imminente. Le désespoir, ladies and gentlemen. Je l'ai vu dans ses yeux larmoyants, je l'ai entendu dans ses cris condamnés. C'était là le produit de la vilenie. Ce genre de personnes n'est bon qu'à répandre un désordre abominable pour des désirs individualistes. Je vomis sur le comportement lâche de ces personnes. Je prends même un sincère plaisir en entravant leurs machinations, j'étendais la main pour saisir la chaise retenant l'employé avant de profiter de l'élan pour le balancer, avec un timing calculé à a décimale près, à travers l'une des vitres qu'ils dévalaient à toute vitesse. Cette femme avait l'air d'avoir pensé son coup, semblant prête à tout pour obtenir ce qu'elle était venue chercher, n'ayant pas encore fui les lieux alors qu'elle avait été prise sur le fait. *pan ! pan !* *Des coups de feu..?! Monsieur Perkins...!?* Mon sang se glaçait dans mes veines après avoir fait un tour de piste en temps records. Il a tiré, alors elle l'a attaqué ..?! Elle s'était servie de Minna pour nous séparer et s'occuper de nous un par un ... *Holy crap ! Je suis tombé droit dans le panneau..!* Pas le temps de souffler, je venais à peine d'en sécuriser une que je devais déjà prêter main forte à une nouvelle personne. Pleins gaz !

    En arrivant au niveau du bureau de Minna d'où provenaient les bruits d'arme à feu, je pouvais apercevoir qu'un gaz engloutissait la pièce, rendant la visibilité assez trouble pour que je ne puisse que distinguer la silhouette de cette cinglée. Si elle est encore debout, c'est que ... *Oh non ...* Il fallait que je le sorte de là, la situation nous échappait un peu trop. Nous aurions au moins eu l'utilité de maintenir la situation le temps que les véritables héros arrivent. Enfin ...

    Je n'avais vraiment pas envie de faire ça. Moi, j'aurais voulu être chez moi, en train de penser à mes prochaines inventions pour devenir un héro accompli. Mais me voilà sur le terrain, à me rendre compte de mes lacunes les unes après les autres. Je n'avais pas le temps de réfléchir et de toutes façons, tout ça était encore si soudain dans mon esprit que je ne m'étais pas encore adapté, mon corps agissait bien avant que je ne lui en donne l'ordre comme pour tenter de sauver l'employé de bureau, cette fois je passais mes lunettes de protection sur les yeux pour ne pas avoir la vue inhibée par l'attaque au gaz. Je n'ai aucune idée de ce qui le compose, je ferais mieux de ne pas en inhaler. Je prends une grande inspiration avant de pénétrer à nouveau dans le bureau cette fois en poussant suffisamment les gaz pour que la fumée de mes réacteurs puisse couvrir la fuite. En un éclair, je filais à travers la pièce et saisissais le majordome ensanglanté pour traverser la vitre, de l'autre côté du bâtiment ! J'ai pu croiser le regard affolé d'autres employés, malheureusement je n'étais pas en mesure de sauver tout le monde.

    Hein, c'est ça ..? C'est cette triste réalité qui constitue ma leçon du jour ? Le mal est partout, personne n'est à l'abri et même sous l'égide des héros, les citoyens devraient être anxieux en permanence... Non ...! Ce n'est pas dans ce genre de monde que je veux vivre ! Le conflit titanesque de la réalité face au rêve était là, dans mes bras, avec mon mentor dans les bras, les genoux littéralement explosés. Il ne s'était pas encore évanoui, mais je le voyais pâlir à vue d'oeil. Fort heureusement l'alerte ayant été donnée, des voitures d'officiers s'amassaient déjà autour du bâtiment. Une ambulance arrivait sur place en même temps que j'atterrissais précipitamment.

    « Des soins !! Des soins, par ici !! Je sommais à l'ambulancier de s'occuper de Perkins, avant de tourner mon attention vers le policier venu me questionner.
    - Qu'est-ce qui est arrivé à cet homme et bon sang, qu'est-ce qui se passe là-haut ?!
    - C'est .. c'est une attaque criminelle.. monsieur ! Haletant, je bégayais encore sous le choc. Une femme, elle est armée... les autres employés .. vite ..! Malgré l'apparente fatigue que m'imposaient les efforts que l'adrénaline m'a fait faire, j'étais visiblement prêt à repartir sur les chapeaux de roues. J'ai vérifié les jauges de mon jetpack avec l'intention d'utiliser une grande propulsion pour rejoindre le bureau et opérer le sauvetage de l'étage attaqué, mais lorsque je marchais en avant pour prendre de l'élan et m'envoler, la voix fébrile de Perkins m'interpellait.
    - Jeune Maître, non .... Les secours le transportaient sur une civière et avaient déjà compressé ses plaies pour limiter l'hémorragie. Les héros... C'est le travail des héros ... Rentrez... ! J'ai serré les poings, tiraillé par le remord, la peur et le regret. Le premier me fendait le coeur quand je pensais que l'état de Perkins était en partie de ma faute. Le second m'engourdissait les membres, car je savais pertinemment que je n'étais pas de taille pour affronter cette folle dingue. Enfin, le dernier allait en direction de ceux qui étaient restés là haut, avec elle...
    - J'ai bien conscience que je ne suis pas encore un héro, monsieur ... Mais si'l y a quelque chose que je peux faire, je ne vais pas rester là à attendre que quelqu'un nous vienne en aide ..!
    - Attends, gamin ..!! »

    Le policier a tenté de m'arrêter mais en vain, j'étais déjà parti. J'avais déjà pris ma décision. Quel genre de héros hésite face au danger... Si All Might avait douté de sa capacité à sauver une centaine de personnes, jamais il ne l'aurait fait... Je n'ai qu'à penser droit. Cette fois, je sais que le combat n'est pas une option viable et qu'il me fallait l'éviter à tout prix pour me concentrer sur les victimes de l'attaque. Je contrevenais à quelques lois, certainement ... Mais pas à celle qui interdisait l'usage d'alters, mes outils sont parfaitement légaux ...! Je me mis à penser que cette vocation que j'entreprenais, devenir un héro ingénieur, était parfaitement adaptée à ce genre de situation improvisée. Si je n'ai pas d'autres choix que de m'en mêler, je devrais avoir sous la main un arsenal d'équipement utiles. Au fur et à mesure que je montais, mon rêve se dessinait. Comme si la rencontre avec cet ennemi était nécessaire à mon développement, à ma maturation.

    Je suis entré par le bureau à l'opposé de celui de Minna, où avaient été prises au piège une dizaine de personnes. Le gaz était dense ici, je hurlais l'instruction de se coucher au sol afin d'avoir le plus d'air frais possible, balayant la zone des yeux pour improviser l'opération. Toujours faisant attention aux émanations hostiles, j'ai actionné le système d'aération pour les dissiper un tant soit peu. Je pouvais maintenant les sortir de là de façon sécuritaire. Galanterie oblige, je me suis emparé d'une femme et je planais jusqu'à l'extérieur de la fenêtre avant d'activer ma botte secrète, les Daddy Long Legs, un ensemble de quatre pattes d'araignée mécaniques. Quatre autres personnes pouvaient s'y agripper, faire des allers-retours avec un seul otage n'aurait pas été rentable. J'ai pu ramener ces cinq civils en bas avant qu'on ne m'interdise de remonter.

    D'autres bruits de lutte se firent entendre à des étages inférieurs du grand établissement. D'autres criminels ? La femme ne serait donc pas seule ? Qu'est-ce qu'ils peuvent bien détenir d'aussi important là haut... Elle semblait vraiment intéressée par l'ordinateur du salarié, tant d'informations pouvant servir à résoudre l'enquête qui suivra cette affaire... L'arrivée de la cavalerie était imminente, j'espérais au moins avoir pu retenir cette garce, tout juste assez pour qu'elle ne réchappe pas aux héros professionnels..! Sans le droit d'entrer à nouveau dans le périmètre assiégé, je faisais le tour pour trouver une issue. Par là, je pourrais rentrer ou alors, l'un des ennemis essaiera peut-être de prendre la fuite ...


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Ryou Hanazawa
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Jeu 7 Juin - 1:19
Quatre-vingt-neuf, le temps que Oroshine-kun revienne par la fenêtre. Entre temps j'avais profité de la pagaille pour prendre la direction de l'ascenseur. Il n'y avait personne pour me gêner, tous les employés s'agglutinaient dans les escaliers. Enfin ceux qui ne convulsaient pas au sol, à s'étouffer à cause du gaz. J'en ai enjambés quelques-uns sur le chemin, d'ailleurs. Sans même les regarder. Ils étaient juste en train de passer un mauvais moment, ils n'allaient pas en mourir. Sauf si certains avaient des antécédents d’asthme, alors là ils sont peut-être mort, mais c'est un peu leur faute. Et non, les journaux n'ont pas parlé de morts après coup, pas d'asthmatiques. Enfin bref, personne ne faisait attention quand j'ai commencé à forcer l'ouverture de la cage d'ascenseur. Pas même Yueï-boy qui, une fois de retour de son sauvetage inutile, a traversé tout l'étage d'une traite, woush ! Il s'est même pas arrêté, il a juste récupéré son vieux avant de filer ! Pas fou, il connaissait ses priorités. Pour moi ça a surtout été le signe que j'avais oublié de regarder le temps filer, assez ironique de ma part. Mais ce n'est pas ma faute, je suis comme tout le monde, ce n'est pas parce que je vois la vie au ralenti que je la vois à vitesse constante. Enfin bref, j'avais réussi à entrouvrir la porte donc j'ai récupéré une chaise pour la caler, le temps de passer récupérer ma clé USB.

"Boss, quelqu'un monte dans l'escalier est, sans doute la sécurité. Ils sont au vingt-neuf. Et des voitures de police en approche."


"Bien reçu, continue de surveiller."


Ils avaient été plus lent que je pensais, en vrai. Pas la police, eux je les attendaient plus tard, mais la sécurité déjà sur place avait mis une bonne minute après le premier coup de feu pour donner signe de vie, plus encore pour arriver. J'avais récupéré ma clé entre temps, plus rien à faire ici. J'ai même eu le temps de retourner à l'ascenseur, entrer dans la colonne vide, m'accrocher au câble et donner un coup de pied à la chaise pour forcer les portes à se refermer. Ils n'ont même pas vu par où j'avais filé ! Alors que j'avais justement un joujou pour les gérer, une belle grenade lacrymo avec extra fumée pour la disparition ninja ! S'adapter, tout ça. Vous avez compris, à ce stade, que j'étais venue équipée. Pas ma faute, mon alter ne permet pas forcément de voler ou de faire des cascades inhumains comme le font pas mal de mes collègues. Comme celui, posté sur le toit d'un bâtiment voisin, qui observait les alentours avec sa vision infrarouge pour me prévenir des mouvements au fur et à mesure. Une des sécurités, bigrement pratique. Je l'ai réengagé plusieurs fois. Et en parlant de jouets, j'avais aussi prévu un dérouleur trafiqué à accrocher au câble de l'ascenseur – préalablement saboté, le matin même, par un autre associé qui s'était assuré qu'il serait immobile et au trente-huit ou au-dessus. Comme ça, j'ai pu descendre jusqu'aux sous-sol sans rencontrer d'obstacle. Ça a juste été un peu lent, mais si j'avais descendu trop vite je me serais écrasée en bas et sprotch, ça aurait été terminé. Le temps que j'arrive, j'ai eu un nouveau message.

"Les flics sont là, ils bouclent l'immeuble. Deux voitures sont parties dans le parking souterrain, pas plus, le reste sécurise la rue et monte vers les étages. On a aussi des ambulances qui arrivent. Et… Oh, merde. Dieu Silvestre au bout de la rue, environ une minute avant qu'il soit là."

Ça, ça m'a un peu fait grincer des dents. Qu'un héros soit dans les passages, soit. Plusieurs, même, on parlait quand même de dizaines de blessés et d'une attaque de banque. Entre mon plan de fuite aux petits oignons et, disons-le clairement, mes propres capacités martiales, je ne me faisais pas trop de soucis. Par contre, je ne me faisais pas de soucis contre des héros débutants ou de petite envergure. Le Dieu Silvestre, l'étoile montante de l'héroïsme et spécialiste de la capture de vilains récalcitrants, lui il serait capable de me poser problème. Ça n'est pas arrivé au final, il est plutôt monté au trente-sixième étage pour aider à secourir les pauvres types coincés dans le gaz que parti fouiller les sous-sols à ma recherche, mais sur le moment je pouvais pas le savoir. Du coup, une fois en bas, j'ai été extra-prudente. Mon associé dans les hauteurs pouvait difficilement me dire quels étages du parking étaient sécurisés par la police, on était trop loin et trop en contrebas pour ça, donc il a fallu que je le fasse à l'oreille. Et heureusement, j'ai une très bonne oreille donc j'ai pu confirmer que, malheureusement, une des voitures était au -4, l'étage le plus bas et celui d'où je voulais fuir. Aucune au -3 cependant, donc c'est là que je suis sortie avant de poursuivre par l'escalier. Parce que la partie dangereuse, c'était l'ouverture de la porte, plutôt bruyante puisque je devais la forcer. Le reste, c'était tranquile. Un peu d'escalier, un peu de slalom entre les voitures à l'arrêt, le tout accroupie pour rester hors de vue des deux policiers qui surveillaient les accès plus nombreux qu'eux à un parking plus grand que tous les étages de leur commissariat réunis. Il y avait des trous. En plus, ma porte de sortie n'était pas vraiment officielle donc je n'avais pas à m'approcher des accès connus.
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Feuille de personnage
Titre: Handy Hero : Mechanoclad
Expérience: 90/1000
Alter: Workshop
Rang C





Oroshine Takane
Rang C
Dim 17 Juin - 13:05
    La panique règne encore. Je suis sidéré par l'enchaînement des événements, je n'aurais jamais pensé être pris au beau milieu d'un acte criminel, que j'aurais bien pu qualifier de terrorisme si seulement je n'avais pas été un si sombre sot. En effet, là, en bas, j'avais tout le loisir de méditer sur les actions que j'ai entreprises. Une bien triste main, j'avais laissé la précipitation prendre le meilleur de moi-même et - à part celle de monsieur Perkins - je n'avais sauvé aucune vie. De la rue l'on pouvait entendre le ramdam qui se déroulait à l'intérieur avec notamment les cris de civils à vous fendre le coeur. J'en avais mal. Très mal. Si seulement j'avais été un peu plus expérimenté, j'aurais certainement pu être mieux préparé pour affronter cet imprévu de taille. Peut-être même que j'aurais pu désamorcer la situation en m'occupant de cette sorcière rouge dès le départ.

    Bien sûr je ne pouvais pas espérer que ma première interaction avec un malfaiteur se passe comme sur des roulettes, mais de là à être confronté par toutes mes lacunes en même temps ? J'en perds le sourire ! A la place, une expression anxieuse souillait mon visage de héro. Mais l'heure n'était pas aux lamentations, tant que les choses ne s'étaient pas calmées ici l'on n'avait aucunement le droit de s'asseoir et de croiser les bras. Bien que je sois parfaitement au courant que les passants et autres personnes n'appartenant ni au personnel de la police ni aux agences héroïques n'avaient en aucun cas le droit de fouiner autour du théâtre de chaos, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer le déploiement des autorités. Elles s'étaient assez inégalement réparties pour de bonnes raisons. Dans le building, le gaz utilisé par les vilains menaçaient encore tous les innocents encore piégés à l'intérieur. On n'avait aucune idée de ce que ces gens recherchent, ma seule piste étant l'ordinateur de monsieur Minna sur lequel j'ai vu la dame s'affairer. Elle semblait même prioriser la machine avant de penser à s'occuper de Perkins et moi ayant fait irruption dans le bureau. Quoi qu'elle cherche, cela se trouvait là. Mais vu le précieux temps que j'ai consacré au sauvetage de deux hommes - au détriment de plusieurs autres, elle devait déjà avoir eu ce qu'elle voulait.

    Ajoute à ça l'ampleur même de leur raid... Si nous n'étions pas arrivée au trente-sixième au moment opportun, est-ce qu'elle aurait provoqué ce chahut ? Surtout que pour monter cette trentaine d'étage sans éveiller un seul soupçon, il fallait soit être étonnamment bien préparé soit avoir un complice travaillant au sein même de l'établissement ciblé. En bref, ces données m'ont permis de déduire qu'il ne s'agissait pas d'un simple hold-up à vocation économique comme on en a l'habitude, vous savez, cette poignée de bras-cassés qui débarquent cagoulés à la recherche d'objets de valeur ! Cette fois nous avions à faire à une équipe plus compétente. Et croyez le ou non, on n'emploie pas d'aussi grands moyens pour des clopinettes ! Une diversion ..? Remarque, pour s'échapper de cet immeuble abusivement gigantesque il faudra un temps fou à cette femme et avec les nombreux policiers qui fourmillaient déjà dedans comme dehors, elle n'allait pas repartir par la porte principale comme une bonne femme. De plus, j'entendais les radios de police notifier leurs équipes sur place qu'un héro atteignait bientôt la destination.

    Bien, les otages sont entre de bonnes mains. A nous deux, lady devil.

    Alors que le plus gros des forces forçaient le passage par les issues principales, j'ai suivi deux voitures isolées s'enfonçant dans un parking souterrain, directement en dessous de tout l'affolement. C'était un bon point de départ, non seulement les officiers en présence étaient moins nombreux me permettant de passer plus facilement inaperçu mais en plus cela me paraissait des plus logiques pour un criminel de privilégier ce genre d'espace sombre, peu fréquenté en arrière-plan quand les feux des projecteurs sont braqués sur le devant de la scène.

    Les deux voitures ont commencé à sonder le premier sous-étage avant de se séparer pour couvrir plus de terrain. Au passage, je notais que la démesure était présente partout dans ce gratte-ciel en apparence déjà imposant. Le sous-sol était immense, deux voitures ne produiraient que très peu de résultat... Je sais que la sécurité des prisonniers est une priorité mais ça n'était pas un prétexte pour ouvrir une fenêtre de fuite aux criminels ! Perkins m'a déjà touché quelques mots au sujet des protocoles réglementaires des forces de l'ordre, je savais pertinemment qu'ils suivraient toujours les instructions pour permettre de garder sain et sauf le plus de monde possible, préférant laisser les affrontements directs aux héros plus à même de tenir tête à des utilisateurs sans scrupules d'alters ! C'est pourquoi j'avais comme cette intime conviction que c'était mon rôle, aujourd'hui.

    Après tout je me suis retrouvé nez-à-nez avec l'un d'eux et je n'ai rien pu faire. Pire, dans la hâte j'ai même risqué de faire tuer mon majordome en le laissant se charger de notre ennemi seul. Tout ce que je pouvais faire désormais pour rattraper mes maladresses et cette cruelle inexpérience, c'était de contribuer à l'opération même si je le faisais illégalement. Fort heureusement, la loi la plus sévère de notre nouveau code pénal interdisait seulement l'usage de pouvoirs en public sans permis correspondant, rien ne m'empêchait d'engager le combat avec des gadgets. Cependant, je ne pouvais pas continuer à agir impulsivement pour autant. Visiblement, l'ennemi est au moins aussi rusé que moi et il mène la danse. Il nous tient, les héros, la police et moi-même et nous fait aller exactement là où il veut. Tiens, il suffit de tendre l'oreille : un bruit de fracas retentissait, partiellement couvert par l'agitation au-dessus. Le bruit était faible, si bien que les officiers que j'avais suivis jusqu'au -4 ne l'avaient pas perçu et continuaient à passer l'étage au peigne fin, balayant les zones obscures de leurs lampes-torches pour espérer discerner du mouvement. Parfois j'étais même obligé de rester parfaitement immobile derrière les voitures garées là pour ne pas qu'ils me trouvent. Je prenais de grands risques ici, étant mineur toutes les conséquences de ma désobéissance se répercuteraient sur mon responsable légal à savoir papa, ou sur mon tuteur à savoir Perkins. C'est pourquoi il est impératif d'opérer discrètement.

    Bref je reste attentif à mon environnement et mes sens alertes reconnaissent les bruits provoqués par les pas des policiers, leurs systèmes de communication ainsi que leurs constantes remarques pour informer qu'il n'y a "rien à signaler par ici." Super, ils prémâchent le travail ! Me tournant vers les zones qu'ils n'ont pas vérifiées, j'enfilais les lunettes de protection que je gardais généralement relevées au niveau de mon haut-de-forme et tapotais la barrette de droite pour que ma vision devienne dix fois meilleure avec le mode nocturne. Pas besoin de lumière, comme ça. Il est vrai que j'avais installé cette petite modification de rien du tout pour pouvoir lire après le couvre-feu mais j'ai toujours eu la certitude qu'elle serait utile en situation urgente. Imaginez juste qu'un vilain cause un horrible blackout ? Ou qu'une éclipse non-naturelle privait le monde de sa bonne visibilité diurne ? Quoi qu'il en soit, je scrutais maintenant les parages avec plus d'aisance... oh, que vois-je ? Un pan de manteau se faufilant ici et là.

    J'aurais bien voulu le prendre en filature mais je ne me fais pas d'illusions, la furtivité n'étant pas mon point fort surtout si un affrontement venait à éclater. C'était bien elle, la dame ayant tiré sur mon majordome et celle avec qui je souhaitais régler mes comptes.

    Elle ne m'a peut-être pas tout de suite aperçu mais ça ne saurait tarder, il y a quelques flaques ici, d'huile et d'eau. Sûrement créées par des véhicules endommagés méritant un tour au garage le plus proche, ou par la tuyauterie dans les murs de ce bâtiment. Et pendant que j'approchais j'ai malencontreusement posé le pied dans l'une d'elle, provoquant un son qui ne manquera pas de lever ma couverture. Les policiers eux sont encore en train de rôder sans succès, devrais-je les alerter ou agir seul ? Les deux options me vaudraient sûrement des ennuis, alors autant jouer cartes sur table ! Je tiens à préciser que je ne suis pas cet égoïste petit insurgé d'habitude, mais d'habitude, je ne laisse pas mes émotions dicter mes gestes. En effet, face à elle je voyais rouge, déjà pour ce qu'elle a fait à mon majordome mais en plus parce qu'elle ne semblait pas plus dérangée par la tournure des événements, comme si même avec toute la bonne volonté du monde, nos justiciers ne l'arrêteront pas. Trop sûre d'elle ? Je croyais me regarder dans un miroir.

    « Ta route s'arrête ici, criminel. Le bâtiment est encerclé, les gens que tu as mis en danger vont vite être secourus et d'ici quelques minutes, les pros seront tous sur ton dos et tu n'auras plus aucune chance de t'en sortir sans casse. Please behave and surrender quietly, milady. »

    Voilà, je ne lui ai pas lu ses droits mais je pense qu'elle connaît la chanson. De toute façon, ce n'est pas de mon ressort. Moi, je suis là pour l'appréhender coûte que coûte. Mais il fallait rester prudent : je n'ai encore rien vu de ses capacités. C'est d'ailleurs pour ça que je n'étais pas déjà tombé sur elle. L'affrontement pouvait encore être évité si j'agissais de manière diplomate, lui proposant de se rendre gentiment pour qu'aucun mal de plus ne soit fait ni à elle, ni à qui que ce soit d'autre. Nous autres, héros n'étions pas forcément là pour capturer les ennemis de la société systématiquement par la force, de toute manière je n'étais même pas sûr d'en avoir assez pour le faire moi-même. Pour le moment, je la retenais. Il ne fallait pas qu'elle file - tout portant à croire qu'elle avait bel et bien récupéré ce qu'elle était venue subtiliser, peut-être que les inspecteurs décideront d'ignorer mon entorse au règlement si je leur ramenais l'objet et la voleuse en même temps ? Toujours est-il qu'elle n'avait pas l'air prête à me faciliter la tâche, je restais par conséquent sur la défensive.

    J'étais au courant qu'un héro devait déjà être sur place mais il lui faudra un certain temps avant de sécuriser la zone là-haut, il me faudra gagner encore un peu de temps ici, je ne la laisserai pas s'échapper..! Je crois bien que c'est l'heure de crier PLUS ULTRA, mais, discrétion oblige, je me contenterai de lui lancer un regard enflammé plongé droit dans le sien.
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Feuille de personnage
Titre: Lady Moriarty
Expérience: 40/1000
Alter: split second
Rang C





Ryou Hanazawa
Rang C
Dim 17 Juin - 22:40
"Je suis arrivée."

"Deux secondes."

Pour être exacte, ma porte de sortie était située au -4, dans un angle isolé au fond du parking, à l'un des rares endroits qu'une caméra de sécurité ne fixait pas et l'à où j'avais garée ma moto en arrivant. Car oui, je n'ai pas parlé des caméras mais ce n'est pas bien grave, elles n'ont pas servi à grand-chose au final. Le temps que la sécurité sache à quel étage j'étais ressortie et transmette l'info à la police, plus que celle-ci réagisse, il était bien trop tard. La banque était conçue pour protéger ses coffres et ses serveurs informatiques, les gros concentrés d'argent, et surtout pour empêcher les criminels d'y entrer ou d'en sortir. Dans le reste du bâtiment, là donc où j'ai opéré, j'avais une bonne marge de manœuvre dont j'ai d'ailleurs bien profité. Avec un encore meilleur timing, j'aurais simplement disparu sans que qui que ce soit, policier ou apprenti héros ou autre, ne sache jamais que j'étais sortie par le parking. Mais ça aurait demandé de synchroniser une panne de courant avec ma sortie de la cage d'ascenseur, pour courir jusqu'à ma sortie le temps que les batteries autonomes de la banque prennent le relais, et d'y trouver mon collègue numéro deux déjà sur place et prête à nous faire sortir de là, et pas planquée pour sa propre sécurité.

Parlons d'elle, justement, que vous compreniez ce qui s'est passé ensuite. La dite collègue était une pauvre fille, immigrée clandestine voulant fuir un pays en guerre – elle ne l'a jamais avoué, ça, mais entre son accent, sa façon de parler, son attitude en permanence sur le qui-vive, sa familiarité des armes à feu et son absence de réaction face à la violence ou la mort, plus des détails plus ponctuels ici et là, pas trop de doute possible – qui n'avais pas réussi à s'intégrer une fois au Japon et, malgré ses efforts pour être une personne honnête et intègre, avait fini criminelle aux yeux de la loi, mercenaire quand elle avait besoin d'argent, et vigilante quand elle en avait l'occasion. Elle ne m'appréciait pas beaucoup mais moi je l'aime bien, elle est mignonne. Et surtout son alter est très utile puisqu'elle peut créer des tunnels. Comprenez par là qu'elle pointe une direction et pouf, la matière s'écarte en ligne droite sur une distance de son choix pour laisser un passage. Ça ne marche pas sur les formes de vie, cela dit. En plus, maintenir le tunnel la fatigue mais elle ne peut pas le refermer s'il reste une forme de vie plus grosse qu'un insecte à l'intérieur. Pas le meilleur alter pour se battre, mais pour s'échapper d'une banque, c'est divin. Si elle avait créé directement son tunnel, je me serais précipitée dedans et elle aurait pu le refermer, moi de l'autre côté avec elle, avant qu'Oroshine-kun ne puisse même voir l'entrée du tunnel. Et pouf, aucune trace, même les caméras n'auraient pas vu le tunnel. Aux yeux du monde, j'aurais juste fui en passant à travers le mur comme un fantôme.

Mais voilà, un policier aurait pu passer et voir le tunnel, donc elle avait attendu mon signal pour le créer. Résultat, le temps que le tunnel se trace depuis le sous-sol voisin – oui, elle attendait dans le sous-sol d'un grand magasin de l'autre côté de la rue d'où nous allions prendre une voiture et fuir deux rues plus loin du braquage, ni vues ni connues, enfin si possible – Oroshine-kun a eu le temps de me retrouver.

"Tu en as manqué un."

"Désolé Boss, je croyais qu'il était à un autre étage. Vous allez gérer ?"

"Sans problème."

La première chose qu'il a fait a été me sortir son monologue de héros intrépide et sûr de lui, pendant lequel j'ai dit tout ça. Ça aurait été touchant si ça n'avait pas été aussi irritant. Évidemment que le bâtiment était encerclé, évidemment que les gens que j'avais dérangés – pas mis en danger, personne n'avait jamais été en danger de mort, le pire qu'ils pouvaient subir c'était des troubles respiratoires – c'était même le but et il en faudrait plus pour m'arrêter. Je crois que je lui ai juste adressé un grognement puis j'ai enfourché ma moto et démarré le moteur, pointée droit vers le mur dans lequel je pourrais bientôt m'enfuir. En fait je n'avais même pas vraiment besoin de me préoccuper d'Oroshine-kun, j'avais vu ses joujous quand il avait tristement humilié ma Star. Mais exactement pour ça, j'avais envie de lui rendre la vie difficile. De vraiment l'embêter, lui, et lui laisser des traces qu'il ne pourrait pas oublier. Et j'avais justement un peu de temps, assez pour me tourner vers lui et sourire. Avec son jet pack, il pourrait me suivre dans le tunnel et nous serions plus tranquilles pour que je lui brises sa petite bulle de naïveté dans l'autre sous-sol.

"Sorry to disappoint, pretty boy, but odds are all in my favor actually. If you want to stop me, it'll take more than uninspired words. Ready to follow in the rabbit’s hole ?"

J'aurais bien ajouté un peu plus de provocation mais d'une part il avait l'air assez remonté comme ça, persuadé que tout se passerait bien et qu'il gagnerait forcément puisqu'il était le gentil, exemple de plus que les vilains n'étaient plus craints ou pris au sérieux, encore un des dégâts collatéraux d'All Might qui allait découvrir que personne n'était là pour le sauver. Et d'autre part, le tunnel s'est enfin ouvert et j'ai donc lancé ma moto à pleine vitesse, certaine qu'il n'hésiterait pas à m'y suivre. Je pensais même qu'il m'attaquerait pendant le trajet et je gardais donc un œil sur lui pendant que je conduisais.
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