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If it doesn't challenge you, it won't change you. | Entraînement solo

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Oroshine Takane
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Jeu 31 Mai - 21:29
    Un vacarme agaçant régnait dans la classe de seconde F, pendant un cours de pratique durant lequel l'on nous demandait de penser à un objet original, unique et au possible, fonctionnel, qui saurait répondre à un sujet précis. Ce sujet ? Rien de plus simple. "Mon style actuel est au point au corps-à-corps, mais je suis complètement désarmé face à un adversaire distant." En filière assistance, nos talents créatifs - presque artistiques selon moi - sont mis à rude épreuve afin de produire des designers de qualité, prêts à répondre à toutes les attentes de la clientèle de super-héros. En un temps record, car un délai de trois jours nous était accordé, les retards entraînant un retrait conséquent de points sur la note finale. Parce que U.A ne serait pas aussi réputée si c'était aussi facile, l'homme qui nous faisait cours semblait prendre un malin plaisir à déclarer que nos inventions seraient proposées à de vrais clients. What the hell ?! La nouvelle attaquait la classe comme une vague de peste. J'entendais dans mon dos des chuchotements anxieux et je ne pouvais que très bien imaginer les craintes de mes camarades. De vrais clients, impliquent de vrais héros ...? Est-ce que des outils fabriqués par des premières années devraient vraiment être mis sur le marché aussi subitement ? Tous, l'on en doutait. Mais hey ! Hail school, right ?

    Et aussi gênant que cela puisse paraître, je pouvais parfaitement m'identifier à notre problématique du jour. Notre professeur l'avait écrite à la craie blanche sur le tableau noir, mais moi, j'y voyais comme une raillerie d'un rouge sanglant, qui me visait tout particulièrement. En effet, je n'avais pas prêté attention au cruel manque de versatilité de mes outils de combat ! Je me défends plutôt bien quand il s'agit de combat rapproché mais admettons... que je fasse face à un revolver ? A un alter de longue portée ? A part éviter l'affrontement et fuir comme un lâche grâce au Jetpack, je n'avais que très peu de choix, très peu d'entre eux m'évitaient l'hôpital. Pendant les premières minutes cruciales où je devrais déjà m'y mettre, j'étais perdu face au vaste ... que dis-je, à l'abyssale gouffre que creusaient mes incompétences dans ma carrière. Pris d'une panique intime, je me rassurais moi-même en accusant la simplicité novice de mon équipement actuel. Certes, cela ne faisait même pas un an que j'étais là, je ne pouvais pas déjà avoir tout appris ! Apprendre ... C'est ça. Je dois apprendre de cet horrible constat. Oh my ! L'horloge accrochée au-dessus du bureau me riait au nez, mon temps était compté. Mais même en y mettant toute la bonne volonté de la sainte Couronne* je restais comme terrifié par les outils posés ici et là dans notre petite aire de jeu à nous. Notre atelier est vaste, éclairé, propre et bien rangé, il respirait la créativité et pourtant ... Mes bras ne se décroisaient pas, l'appel des écrous n'était pas assez fort ...? Soudain, une voix vint le tirer de sa torpeur.

    « Tout va bien, Takane ? C'était le professeur, Power Loader. Il avait sans doutes remarqué mon comportement inhabituel, j'étais souvent le premier à me jeter sur nos grandes ressources, impatient de pondre d'innombrables bricoles à la chaîne comme une vraie usine.
    - Oh, je ... Je soupirais, hésitant à raconter mon problème avant de me rappeler que l'adulte était là pour ça, pour nous aider à progresser nous n'avions pas d'autres choix que de nous ouvrir sans peur au corps enseignant. Je ne penses pas être déjà à la hauteur de satisfaire un véritable héro ... Cet exercice .. that's rude ... I mean, nous sommes en première année, sir ! Sauf votre respect, je ne crois pas que mettre des vies en danger avec un matériel incertain soit la meilleure façon de nous faire apprendre notre rôle de demain, sir !! J'en avais les yeux qui brillent. Même mon ton de voix trahissait l'importance que j'accordais à ce détail. Le petit d'homme ricanait sans se moquer, tapait doucement le haut de mon crâne puis tendis une main démonstratrice vers le reste de la classe.
    - Baka ..!! Et eux, tu penses qu'ils n'ont pas peur ? Touché. Il avait décelé la peur que je renfermais, que j'avais fait passé sous mes inquiétudes en tant qu'aspirant héro. Je balayais la classe du regard et voyais mes amis s'activer, certains avec plus d'assurance que d'autres, tentant de produire quelque chose même dans la peur. Tu sais mon grand, si tu passes trop de temps à y réfléchir, plus tard dans une situation d'urgence où tes petites mains de fées sont sollicitées, tu ne vas pouvoir servir qu'un travail bâclé ! Suis ton instinct, Oroshine. Tu as dû remarquer que tu ne sais rien de la personne qui utilisera ton travail ? Il laissait un silence, comme s'il s'attendait à ce que je comprenne quelque chose.
    - I see... Je souriais, content d'avoir été tiré du doute, même si d'autres zones d'ombres subsistaient. Mais j'ai toujours fabriqué des objets pour mon usage personnel alors je ne me suis jamais soucié de satisfaire ou non ... J'imagine qu'il y a un début à tout, after all ... Je devrais partir sur quelque chose qui puisse être utilisé sans soucis d'alter incompatible, un outil qui puisse servir à n'importe quel individu du moment qu'il lui donne une option à longue distance ... »

    Je m'étais éloigné inconsciemment en monologuant mon plan de travail, laissant perplexe le héro professionnel. J'avais en tête une foule de nouvelles idées maintenant qu'il m'avait remonté le moral. Alors je me suis assis en plein milieu de la salle profitant de l'espace libre pour manifester mon alter. Une bulle bleutée englobait une partie de la pièce. La [work]Room comme je me plais à l'appeler était réellement fidèle à son nom, me fournissant une salle de travail où je n'avais pas besoin de lever le petit doigt pour manipuler tournevis, écrous et boulons simultanément. Mais alors que je prenais le temps de me concentrer correctement pour que mon alter encore en développement ne provoque pas un chaos monstre en renversant des étagères comme des dominos géants, métalliques et mortels, j'entendais Power Loader annoncer la fin de l'heure. Je ... je n'ai même pas eu le temps de commencer... J'avais tellement perdu de temps autour de mes inquiétudes que je me suis moi-même tiré une balle dans le pied dès le début de la course contre la montre. Mais n'étant pas le seul à exprimer de la déception quant au terme de l'activité, le professeur nous rassurait à nouveau pendant que j'utilisais plutôt mon alter pour aider au dernier élan de rangement qui accompagnait ses mots :

    « Ne râlez pas vous n'alliez pas finir ce projet en une heure de toutes façons, non ? Vous avez 3 jours ! Profitez de votre temps pour bien penser votre gadget ! Bricoler ne se fait pas à l'arrache ! Donnez-y votre Plus Ultra !! »

    En choeur et mollement, des élèves ont répété le Plus Ultra typique de l'école comme pour moquer l'enthousiasme de l'enseignant. Moi, j'étais frustré de n'avoir rien pu produire, c'était un faux départ et je devais absolument rattraper mon retard, je le ferais ce soir en rentrant ...

    Monsieur Perkins est venu me chercher à la sortie des cours. Comme toujours, cet homme qui est à la fois mon gardien, mon majordome et mon plus proche ami ne pouvait manquer un seul signe de malaise de ma part. Il avait l'oeil, il avait rapidement déduit que ma journée avait été difficile et me proposait d'en parler. Je sais très bien que je peux tout lui dire, à lui plus qu'à quiconque. Alors j'ai commencé à lui expliquer la situation, en n'omettant aucun de mes questionnements, aucun de mes doutes, aucune de mes craintes. Il a eu la même réaction que le prof ... Je finissais par croire que le problème venait réellement de ma tendance à trop m'en faire ...?

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Oroshine Takane
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Sam 2 Juin - 11:54

    « Jeune Maître, saviez-vous que votre passion, le bricolage n'est pas si différente de toutes les autres ? C'est tout un art. Si vous excellez dans le votre, c'est que vous y avez investi du temps. Vous y avez mis de l'énergie, du vôtre ! Le vieil homme ne détournait même pas les yeux de la route en me sermonnant. Moi, je faisais une moue qu'on n'avait pas l'habitude de voir sur mon visage d'ordinaire souriant. Mon moral était réellement entamé par cette impression d'impuissance et d'inefficacité. Comme si j'avais perdu mon talent. Jusqu'à présent, j'avais fabriqué mes petits bijoux sans même y penser. Je les ai faits, c'est tout.
    - Mais c'est différent ... Je ne suis pas inquiet pour un objet que je crée pour mon usage personnel, que je pourrais modifier dans le pire des cas si quelque chose ne va pas. Un objet dont je connais parfaitement les spécificités ne m'effraie pas, non ! Je me mets à la place du customer, monsieur Perkins. Imaginez juste que mon équipement lui semble pas intuitif ? Qu'il se mette en danger en l'utilisant ?
    - Qu'est-ce là, my dear child ! Manqueriez-vous de confiance en vous ...? Son visage strié par les ravages du temps causés au gré de sa plutôt longue et sage existence se plissait encore davantage, à la fois ahuri et dubitatif, à l'idée de redécouvrir une part de moi qu'il pensait évanouie depuis longtemps. Il n'a pas dit un mot, il s'est contenté de naviguer la voiture calmement, s'éloignant subitement de la route qui nous menait au bercail. En effet, alors qu'il aurait dû emprunter la grande route principale et parcourir quelques bons kilomètres avant de ne pouvoir apercevoir le gratte-ciel dans lequel nous habitions, il avait prématurément pris à droite et puis à gauche, avant que je ne me rappelle de cet itinéraire.
    - Monsieur Perkins ... Le parc !? Nous arrivions à l'entrée du dit parc. Pas n'importe lequel, non. Celui de ma douce et tendre enfance. C'est dans cet espace verdoyant respirant l'herbe fraîche que nous venions nous promener auparavant, mon gardien et moi. Quand papa et maman étaient trop pris par le travail, il m'aidait à passer au-delà de leur absence en m'occupant l'esprit. Moi, j'étais tout fou à l'idée de courir comme un dératé sur le gazon en m'amusant avec mes jouets d'enfant. J'appréciais également donner des miettes de pain aux canards dans la mare, ou déguster une crème glacée ou un hot-dog pendant que le majordome me contait une de ses anecdotes de son temps. Que faisons-nous ici, nous devrions rentrer...
    - Voyez, cher maître. Vous me rappelez votre père. Cet homme n'arrêtait jamais, peu importe qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il vente, son travail était si cher à ses yeux qu'il culpabilisait de ne pas l'avoir en tête à toute heure. Venez. Nous faisions une promenade comme au bon vieux temps. Il y avait toujours plein de monde dans ce parc. Des familles et des couples, des jeunes et des vieux... La diversité de sourires ici était certainement ce qui m'avait donné le mien. Même ce soir, en voyant la joie qui émanait de l'endroit, toute mes émotions négatives s'allégeaient peu à peu jusqu'à s'évaporer complètement. Nous nous sommes assis sur notre banc en face de la mare avec un cornet de glace et il s'est mis à me parler d'une fois où papa s'était rendu compte de son amour excessif pour son boulot.
    - Vous ne deviez pas être âgé de plus de quatre ans, votre alter s'était manifesté il y a peu et à priori, cela vous faisait souffrir un martyr intolérable pour un si jeune bambin. A longueur de journée vous avez pleuré toutes les larmes de votre petit corps sans jamais vous assoupir et j'étais là, à courir comme un fou à travers l'excessivement grande demeure familiale. Je savais pertinemment que déranger vos parents au bureau était inacceptable alors je me suis démené par moi-même pour vous apaiser, sans grands succès malheureusement. Puis votre père est rentré. Il était exténué vous vous l'imaginez bien, mais il est venu à vous. Vous pleuriez encore et, sauf votre respect mon garçon, votre voix aiguë n'était pas la plus réconfortante des mélodies. Pourtant, même avec les yeux lourds de fatigue, votre père vous a bercé et vous vous êtes tus. J'étais jaloux, je dois l'admettre, après tout ce n'était pas lui qui avait tout donné pour vous faire rire sans jamais réussir ! Mais j'ai trouvé le tableau profondément émouvant ... Son métier était d'une importance capitale pour lui ! Et le poids que cela lui imposait sur les épaules n'était pas une raison pour qu'il ignore son fils bien-aimé. "Appelle ma secrétaire, dis lui que je serais absent demain." m'a t-il ordonné. Je n'ai pas tout de suite compris, pourquoi est-ce qu'un chef d'entreprise suspendrait une journée de bénéfices ? Il m'a vite expliqué. S'il avait travaillé avec autant d'ardeur ce jour là, c'est qu'il était conscient que vous traversiez une période difficile. Pire que vos premières dents ! Il avait bouclé son travail pour avoir du temps. Du temps qu'il voulait passer à s'occuper de vous, jeune maître...
    - Il a fait ça ..? Je n'étais pas au courant, on ne me l'avait jamais racontée celle-là. Je connaissais mon père comme étant un entrepreneur intransigeant, un capitaliste né si j'ose dire ! Je ne doutais pas qu'il avait tout de même un coeur, une certaine part d'humanité mais cela me faisait tellement de bien de le savoir à nouveau ... Mais qu'est-ce que tout ça a à voir avec mon projet, Perkins ? demandai-je, confus.
    - Vous n'avez pas saisi, did you ? Il gloussait doucement. "Le travail bien réparti ne tue pas, bien au contraire" voilà la réponse de votre père, quand j'ai demandé pourquoi cette décision. Votre patriarche n'est pas fou, monsieur ! Il a toujours cru en l'importance d'une bonne organisation. Il a toujours été méthodique et a pour habitude de remplir son devoir avec une précision d'architecte. Il aurait voulu vous l'inculquer par lui-même, mais il est tellement préoccupé par la prospérité de votre famille que la besogne me revient ... Faites de la place dans votre esprit, monsieur. Dans le désordre, rien de bon n'est produit !
    - Oh ... Je comprenais finalement, ce qu'il tentait de me dire était plus ou moins la même chose que Power Loader tout à l'heure : je m'en fais beaucoup trop. C'est ce qui joue contre moi ! J'encrasse mes propres compétences en ne les dépensant pas intelligemment ... Quel imbécile je fais ... Le point commun qu'il y a entre son travail et moi .. c'est l'amour qu'il porte aux deux, c'est bien ça ? Je me grattais la tête, embarrassé de m'être conduit comme un capricieux petit arrogant. Si je vous comprends bien monsieur Perkins, alors nous devrions rester encore un moment...»

    J'ai levé les yeux vers le ciel pour contempler une toile sombre étoilée, parsemée de petites lumières et de grosses tâches formées par des nuages imposants. En réalité, je le ressentais parfaitement. Le cerveau humain est réellement similaire aux systèmes informatiques qu'il a inventé, au bout d'un moment le stockage est plein et le fonctionnement de toutes les autres applications en est impacté. Si je ne faisais pas un peu de vide, si je ne me changeais pas les idées de temps à autre, si je ne me changeais pas les idées de temps à autre, je ne serais bon à rien.

    C'est alors ce que nous avons fait. Jusqu'à ce que mon père passe un appel pour exprimer son inquiétude; nous n'avions même pas vu l'heure passer ! Mais nous ne nous sommes même pas pressés pour rentrer tant nous nous amusions bien. J'ai passé un très bon moment et je dois même dire que j'en ressortais avec davantage d'inspiration. En observant les alentours j'ai gardé en tête quelques images banales comme un garçon en train de faire des ricochets sur l'eau de la mare, des enfants s'emmêlant les cerfs-volants ou un autre en train de s'entraîner à jeter un boomerang. Mine de rien, toutes ces données allaient m'être utiles ... Nous sommes arrivés à la maison en cours de soirée, j'étais comme allégé. Notre balade m'avait fait un grand bien ! De plus, je venais de prendre une bonne leçon, jamais je n'aurais pensé que mon implication pouvait être aussi malsaine pour mon travail ... Il faut croire que même dans cette spécialité dans laquelle je me croyais être un véritable expert, j'avais encore des choses à apprendre.

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Oroshine Takane
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Mer 6 Juin - 15:21
    De retour chez nous, je pouvais effectivement sentir un poids en moins sur mon dos. Et dire que je n'ai que 15 ans .. Qu'en sera t-il, quand je serais enfin un héro certifié et que j'aurais un nombre grandissant de vies sur le dos ? Mais le challenge n'était pas ce qui me faisait peur. Après tout dans mon jeune temps, Perkins me répétait toujours "if it doesn't challenge you, it won't change you." ... A chaque fois que je tombais, que j'échouais, que je rencontrais une difficulté, a wall ... m'empêchant d'accéder à la prochaine étape de mon éducation... Comme un encouragement important dissimulé dans un ton sévère comme à l'armée. Après tout Cavendish Perkins a fréquenté les bataillons. Un peu comme une seconde figure paternelle, je l'admirais. Et là encore ce soir, he hit the feels.

    J'étais désormais prêt à m'adonner calmement à ce fardeau qu'est le devoir-maison. Je me suis tout de même mis dans des habits plus décontractés, sachant que je ne comptais pas sortir l'artillerie lourde pour le coup. Il fallait faire simple, mais unique. Je suis arrivé face à la porte de ma chambre, où j'avais toujours du matériel proprement rangé dans des boîtes, si bien rangées que je remarquais le gain d'espace. Comme quoi, l'organisation est - comme mon père le sait si bien, cousine de la patience ou la mère des vertus et la mère des richesses. Mais je soupirais malgré la béatitude. J'entendais des pas que je ne connais que trop bien.

    « Tadaima. »

    Tournant les talons, les chaussettes sur le parquet me faisaient glisser comme avec des patins à roulettes, changeant d'avis à la dernière minute je me précipitais au salon pour accueillir père à la maison. Notre timing était correct, j'oubliais directement mon envie de bricoler et nous avons préféré passer un peu de temps à discuter autour de nos journées respectives avant le dîner. Je lui ai raconté mon sentiment désagréable à l'école et ce que monsieur Perkins avait fait pour m'en défaire, il acquiesçait en remarquant qu'il a toujours pris grand soin quand il choisit ses employés. Encore plus lorsqu'il choisit ses amis. Il m'a lui-même conté comment il avait viré 3 grattes-papier en une journée pour des raisons qui, de mon point de vue étaient des broutilles - ne pas avoir respecté le code couleur pour les dossiers ou encore ne pas avoir su gérer l'imprimante, finissant au final avec trois fois plus de copies que nécessaires. - mais pour lui étaient éliminatoires. Je réalisais à quel point son métier nécessitait du discernement. En effet la qualité du travail des employés a de lourdes répercussions sur l'image de la boîte. C'est de regarder la plus grande image que de se séparer des éléments qui ne correspondent pas aux standards, m'explique t-il. L'appel de l'estomac nous sommait de passer à table.

    Les domestiques se sont pliés en quatre pour dresser une magnifique table pour deux. Autrefois nous mangions à trois ... Face à face, chacun à un bout de la table longue, un chandelier nous séparait à équidistance du chemin formé par la nappe et ses ornements. Des plats variés commençaient à remplir l'espace de chaque côté du chandelier au fur et à mesure qu'ils les apportaient de la cuisine. Encore fumant, du riz de première qualité suivi de poulet, d'agneau, de poisson tous travaillés par les soins de nos cuistos. Une belle saucière débutait l'arrivée des accessoires de table. Une carafe d'eau était de rigueur pour remplir les verres déjà sur place aux côtés des assiettes et des couverts. On amenait également une bouteille de vin, car papa est le genre de d'homme qui ne fait pas les choses à moitié. Pour moi, ce sera plutôt un peu de soda parce que j'aime ça. Le service totalement terminé, l'ensemble des serviteurs se rangeaient.

    « Je vous remercie du fond de mon coeur, I truly appreciate a competent crew.
    - Merci, Monsieur Takane ! Ils s'en allèrent, heureux.
    - Itadakimasu.
    - Itadakimasu ! »

    Pendant un long moment le tintement des couverts contre les plats était le bruit dominant, surplombant même la petite musique d'ambiance qui nous berçait tout au long du repas. Je me suis rempli la panse, faisant honneur au travail considérable que fournissaient nos domestiques. Je reconnaissais leur talent à chaque bouchée, priant intérieurement que maman soit contente de voir que son fils continue de bien manger et que son mari n'a pas failli à sa tâche de tenir la maison, même veuf. Nous avons bavardé trivialement jusqu'à avoir dégusté la plupart des mets. C'est alors que les domestiques revinrent à la charge, connaissant précisément nos temps de repas pour venir débarrasser la table, conservant les restes parce que même étant fortuné, le gaspillage restait inhumain. Surtout quand on parle de gastronomie étoilée !

    Ils ont amené le dessert. Je me suis retrouvé face à une trop grande coupe de glace que je ne pouvais en avaler. J'ai tout de même entamé une bonne moitié la crème glacée rembourrée de biscuit et de caramel fondu. Je devrais avoir honte de festoyer de la sorte, comment devenir un héro si je me goinfre ?! J'étais repu.

    Après le repas, on a continué à bavarder dans le canapé. J'en ai profité pour lui poser des questions à propos de mon héritage, Workshop. L'alter que nous avions en commun était encore un mystère à mes yeux. Même si lui n'avait pas forcément eu grands recours à cette télékinésie restreinte, il était toujours plus capable de l'utiliser que moi.

    « [...] Tu n'es pas allé aux académies héroïques, comment est-ce que tu as fait pour renforcer ton Workshop ?
    - Et bien pour être honnête, c'est une bonne question...
    - Mais tes rooms sont nettement plus vastes que les miennes et tu manipules bien plus de choses que moi à la fois !
    - La pratique ?
    - La pratique ? je répétais.
    - Oui, la pratique. Je serais bien tenté de te donner mes techniques pour me faciliter l'usage de Workshop, mais ce serait comme ... terminer le jeu à ta place, n'est-ce pas fils ?
    - Je ... il avait raison. Alors tu veux que .. je devine par moi-même ?
    - Que tu le déduises ! Baka ! La vie n'est pas un jeu de hasard ! Tu ne retournes pas une carte dans l'incertitude et en espérant tirer une carte chance ! Tu dois travailler tes méninges pour que les choses marchent dans ton sens. C'est tout un engrenage, tiens ! Tu connais le principe ! Quand tu auras débloqué un de tes engrenages le reste suivra naturellement jusqu'à tomber sur un énième engrenage coincé, que tu débloqueras éventuellement et ainsi de suite... Chaque étape devenant plus difficile que la précédente. Mais si ça peut t'aider, ma première vraie révélation aura été de penser à des mains.
    - Des mains ?! Je pensais à un fétiche étrange, comme de se balader avec des mains sur le corps.
    - Oui, des mains éthérée qui me permettait de "visualiser" la télékinésie. Tu sais, c'est comme si dans ma room, je pouvais faire apparaître une main spirituelle n'importe où. Comme ça, j'ai commencé à me sentir Maître de ma Room avant de maîtriser le Workshop dans sa globalité.
    - Je .. vois ... Je restais bête. La solution paraissait si.. simple ?
    - D'autres questions ?
    - ... Je le regardais toujours aussi incrédule. Cette journée aura été pleine de leçons et celle-ci devrait être la plus énorme. Si j'avais bien compris, je pourrais monter d'un cran dans la maîtrise de l'alter.
    - J'aime mieux ça. »

    Suite à notre discussion, j'étais d'autant plus motivé à commencer le bricolage. Fourré dans mon repaire, j'ai ouvert une room qui englobait l'ensemble de la pièce pour avoir accès à tous ses secrets. J'étais posé au centre, le lit était placé là pour s'accorder avec la disposition circulaire que je trouvais pratique dans mon cas. Pour appliquer les conseils de papa, je pensais donc à des mains. Des mains spirituelles... Au départ je me trouvais vraiment débile, mais ensuite j'y ai mis du mien, prenant son histoire de mains plus au sérieux quand j'ai réussi à fermement saisir un stylo. Une autre main apparaissait et je portais à moi mon carnet de notes. Alors qu'auparavant ma "poigne" était encore tremblante et imprécise, je parvenais maintenant, grâce à l'image des mains, à utiliser le stylo par télépathie suffisamment bien pour écrire, comme si je l'avais fait avec mes propres mains. Il était temps de pousser la pratique un peu plus loin pour assimiler cette notion nouvelle.

    Une nouvelle main apparaissait ici, là et là-bas, rassemblant un nombre d'objets. Je n'arrivais pas à excéder dix mains comme si la onzième refusait de se manifester. C'était peut-être un de ces limiteurs naturels dont sont équipés nos corps humains pour garantir qu'on n'abuse pas de nos capacités. Soit, je m'en contenterai pour aujourd'hui, je les repousserai violemment plus tard. Pour l'instant, je m'inspirais de mes souvenirs du parc pour recréer quelques outils prototypes.

    Après maintes essais non concluants, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il fallait maintenant que j'essaie de combiner les utilités de ces outils en un, ingénieusement pensé seul gadget capable de remplir leurs fonctions voire plus. En une quarantaine de minutes j'avais assemblé un puissant système électro-magnétique intégré dans un gant. Son usage primaire serait de pouvoir se servir d'objets métalliques environnants pour se battre - poussant effectivement l'aptitude d'un héro de corps-à-corps aux moyennes et longues distances s'il en faisait un usage intelligent. L'assemblage était remarquablement fait : grâce à la maniabilité accrue grâce à "l'image mentale des mains" j'avais réduit la marge d'erreur. J'avais la fâcheuse tendance de laisser un jeu ou deux dans les boulons ou de mal connecter deux câbles, résultant en un outil qui fonctionne mais pas au top de sa forme. Il faudra que je jette un oeil à mon équipement actuel plus tard, je pourrais peut-être régler quelques défaillances ...

    Le gant fini, je l'ai baptisé Prototype Tesla Glove, en référence aux petites bobines électriques qu'il possédait et aux éclairs qui en jaillissaient. J'aurais voulu pratiquer quelques tests sur place, mais un prototype était un objet vraiment dangereux à manipuler. Il est plus judicieux de ne pas s'en servir dans un endroit domestique ou public, risquant de causer des dégâts ou de provoquer des accidents. Je me suis contenté d'admirer le résultat, préférant respecter le protocole de sécurité. Les ingénieurs possédaient, entre leurs petits doigts de fée, un potentiel destructeur impressionnant. Il valait mieux dans les mains gantées d'un ingénieur responsable. Croyez-moi.

    En somme j'avais de grandes attentes pour le Prototype, je marquais des commentaires et autres remarques sur mon carnet pour qu'elles me guident dans la série de tests que je conduirais après une bonne nuit de sommeil, dans un endroit plus approprié. Parce que mine de rien, j'y ai passé une bonne partie de la nuit et la fatigue m'empêchait de visualiser correctement. J'ai consacré mes forces au rangement de la chambre avant de passer à la douche : l'usage de Workshop était vraiment gourmand en énergie, j'en suais à grosses gouttes. Avant de me coucher, je me plaisais à imaginer les éventuels usages que moi j'aurais pu faire d'un gadget pareil. Mais mes rêvasseries furent rapidement coupées court par Morphée, me prenant dans ses bras sans poser de questions. Je m'en inquiéterais demain.
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Oroshine Takane
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Sam 9 Juin - 0:57
    L'on dit qu'une bonne nuit de sommeil nous revigore le corps et l'esprit. Je ne connais rien de plus vrai ! Ce matin, je me réveillais aux aurores pour respirer les premières effluves de cette journée de travail. J'avais, parfois le matin, l'occasion de croiser papa avant qu'il ne s'en aille jusqu'à ce soir. Il terminait son café concentré sur son journal si bien qu'il répondait à mes salutations sans trop de conviction. Anyway, je quittais bien vite la monotonie de notre chez nous pour pénétrer la convivialité et la chaleur de U.A. L'académie est plus vivante que jamais lors des heures d'ouverture, c'est l'un des rares moments où l'on peut croiser des étudiants de tel ou tel département. Peu porté sur le plan social, je traversais pourtant les longs couloirs peuplés pour rejoindre bien en avance l'atelier de la filière assistance. Quelques autres grands esprits se sont déjà rejoints pour fignoler leurs projets donné la veille par le professeur. Quelle joie de voir que je n'étais pas le seul si fervemment dédié à ma tâche ! Cette école est le lieu parfait pour s'épanouir !

    J'ai rapidement salué mes camarades de classe en profitant pour complimenter quelques inventions qui m'apparaissaient prometteuses faisant preuve de bonne foi face à la compétition, sévère ici en seconde F. Nos ingénieurs venaient de tous les coins du pays et possédaient déjà une grande expérience dans le domaine de la technologie, nous avions tous l'avantage d'être né à cette époque où les progrès déjà effectués nous étaient grandement profitables. Mais nos talents n'étaient pas uniquement dus à l'ère des nouvelles technologies, non ! Nous étions toujours à la recherche de ce progrès. Comme un fil conducteur, il nous guidait dans nos carrières pour nous pousser vers l'avant - il était nécessaire que l'un d'entre nous soit l'inventeur d'une prochaine grande révolution. La première intelligence artificiellement entièrement autonome et sensible ? Le premier véhicule volant écologique ? Pour l'instant nous nous concentrions sur de moins grandes ambitions. U.A se devait de nous forger et précipiter les choses ne mènerait à rien de bon.

    Alors je me suis trouvé un coin tranquille où passer en revue les quelques croquis que j'avais fait de ma toute nouvelle création pour opérer des vérifications sommaires mais néanmoins importantes. Sans ça, je n'aurais pas remarqué ce circuit électrique incorrectement raccordé qui aurait empêché le gant de fonctionner. Je n'aurais pas non plus pu gommer ces quelques composants là pour les remplacer avec d'autres de meilleure qualité venant de l'atelier prestigieux de l'école. En bref, la révision est une étape à part entière pour tout bon bricoleur. Au moins autant que le chef cuisinier goûte sa sauce pour juger sa saveur il nous fallait faire preuve de minutie au travail. Un grain de sel en trop et tout le mécanisme est fichu. Je me suis appliqué profitant de toute l'énergie que j'avais récupéré cette nuit pour faire extrêmement attention aux plus petits détails. C'est un projet que je veux parfait. S'il ne l'est pas, il sera considéré comme inachevé ... je déteste l'inachevé !

    Nous sommes enfin partiS pour la phase la plus fun : le testing. Nous autres, assistants avions le droit d'amener nos inventions sur les terrains d'entraînement de l'école pour les tester en toute sécurité. La supervision d'un adulte étant toutefois nécessaire, j'ai dû convaincre monsieur Maijima de me suivre. Il était hésitant au départ, ne voulant pas laisser le reste de la classe sans surveillance dans un endroit où tout pouvait vite dégénérer. Ce fut grâce à l'intervention d'un petit groupe de camarades que j'ai pu obtenir l'approbation. Ils voulaient eux aussi tester leurs premiers exemplaires de gadgets. Le professeur n'a pas eu d'autres choix que de charger les délégués de la bonne tenue de l'atelier pendant son absence, estimant la durée de cette dernière à une trentaine de minutes. Héhé. J'ai emporté une boîte en carton pleine d'outils métalliques en tout genre.

    Arrivé là-bas, ça a été un peu le bazar. Deux des bricolos perdaient le contrôle de leurs machines, se retrouvant forcés à leur courir après afin d'éviter qu'aucun dégât majeur ne soit causé. Parce que pour les dégâts mineurs ...

    Bref, m'écartant de ces farceurs, j'enfilais enfin mon petit bijou. Il était d'une classe indéniable, c'est un effet désiré ! Mon idéal esthétique concerne la grâce, le chic, le beau. En accord avec mon caractère, j'aime les choses nobles. Tout en légèreté, il importait une technologie de pointe en matière d'électro-magnétisme. Le prototype était rudimentaire à la base mais grâce aux ressources de notre belle académie je pouvais laisser libre cours à mon imagination. Il rayonnait d'une lueur bleue électrique en s'activant. Avec le poing ganté, j'ai frappé la boîte que j'ai apportée pour la renverser, magnétisant au passage son contenu. Premier test.

    Je prenais une grande inspiration en essayant de faire abstraction du désordre provoqué par les autres pour me concentrer sur mes propres affaires et en levant le bras droit devant moi. Je pouvais d'ores et déjà confirmer que le gadget avait plus ou moins le bon fonctionnement : une lueur bleutée enveloppait les objets métalliques et ils bougeaient fébrilement. Monsieur Maijima m'observait discrètement jusqu'à voir mon échec.
    "Tu devrais peut-être augmenter la puissance de ton électro-aimant." - Bien, chef.

    Il m'a fallu bidouiller pendant dix minutes pour enfin réussir à augmenter le débit de puissance de mon gant. Il est passé de dix à quarante pour cent. A en juger par la faiblesse des résultats sur le paramètre précédent, autant pousser la dose, histoire de voir de quoi il retourne.

    Second test. Je lève une nouvelle fois le bras, réaction positive les outils s'illuminent et bougent.... What...!! Ils convergent tous vers moi à une vitesse dangereuse !! Des tournevis et des clous parmi tant d'autres objets de bricolage potentiellement mortels se dirigeaient tous sur moi, attiré trop fortement par l'aimant de mon gant. Je pourrais bien me donner la peine d'esquiver mais le magnétisme les ramènera automatiquement à moi et ma nature prudente m'a poussé à mettre une sangle bien trop serrée pour que je l'enlève rapidement. Ne me dites pas que c'est la fin... Je vois ma courte existence défiler rapidement devant mes yeux - appréciant au passage mes plus beaux souvenirs une deuxième fois.

    *cling. cling.* C'est le bruit de toute cette artillerie menaçante qui rencontrait l'obstacle salvateur : Power Loader utilisait son propre costume, celui qu'il porte quotidiennement sur lui, pour dévier la salve de projectiles. Sauvé in-extremis, j'éteignais mon jouet pour éviter davantage de frayeurs.

    « Maijima-sensei... balbutiai-je, incapable de le remercier immédiatement de m'avoir sauvé.
    - Ca ne te ressemble pas Oroshine, tu es si prudent d'habitude ! Heureusement que je ne t'ai pas laissé venir ici seul ! Tu as dû te tromper sur la polarité. Je commence à mieux saisir le concept auquel tu as pensé avec ce gant, je pense qu'il serait plus efficace s'il fonctionnait dans l'autre sens. Tu vois, en repoussant violemment ces clous vers une cible plutôt qu'en te les enfonçant dans le corps..! »

    Je prenais son conseil en compte et inversait alors la polarité du gant. D'ailleurs, quarante pour cent me semble être a bit too much. Je devrais baisser un peu ... voilà, trente. Maintenant, je m'attends à ce qu'il y ait tout juste assez de puissance pour que les attaques à l'aide du gadget soient viables tout en restant maniables. Troisième test. Cette fois je prends une précaution supplémentaire : je me cache derrière un pilier pour ne plus être pris pour cible par mon propre outil.

    Encore une fois les réactions s'enchaînent correctement et vont même jusqu'à se solder par une tentative concluante. Les outils qui me servaient de cobayes se sont agressivement plantés dans les drones d'entraînement fourni par la filière assistance. En héroïque, les professeurs étaient plutôt amenés à utiliser leurs alters pour fournir des mannequins d'entraînement ou de simples cibles à viser aux élèves en apprentissage. Ici, on a le nec plus ultra du dispositif de test pratique !

    « Ah ! Là, ça a déjà l'air plus menaçant ! » remarquait l'adulte sur un ton moqueur mais sympathique.

    J'ai tout de même pu observer quelques autres limites sur lesquelles je devrais plancher. La trajectoire des objets magnétisés était encore imparfaite et je n'ai pas pu affecter l'ensemble de ce que j'avais apporté. En vérité, moins d'un quart de mes munitions avait été affectées par le gant. Bon, il y avait encore du progrès à faire mais je pouvais déjà me réjouir d'avoir un prototype encourageant.

    Il me restait bien dix minutes alors je me suis vaguement amusé avec ce nouveau bébé, ayant exploré quelques usages possibles pour me faire une idée de ce qui était réalisable et ce qu'il ne l'était pas. En somme, disons que le gant dans l'état me permettait de projeter quelques objets métalliques légers à condition de les avoir touché avec, de sorte à transmettre son influence magnétique. De l'autre côté je pouvais aussi les attirer - une option que je préférais ne pas utiliser avec des objets coupants ou pointus mais que j'utiliserais personnellement volontiers avec le Leiscepter. En revanche, la portée n'était pas excellente, plutôt moyenne tout au plus. En ce qui concerne sa simplicité d'usage, il était plus naturel pour moi de savoir comment m'en servir que pour le fameux client, j'envisage alors de fournir une courte notice d'utilisation. Sinon, je n'ai pas vu d'autres projets présenter de spécificités similaires au mien, j'en conclus qu'il répond au critère d'originalité. Le travail n'est pas terminé, mais on en voit le bout.

    Je peux faire un break, penser à autre chose le temps que mon esprit se ressource. Après tout j'ai bien compris que pour être efficace dans ma passion il fallait que les idées soient claires et fraîches. C'était donc l'heure des rafraîchissements ! Qui en veut ?!



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Oroshine Takane
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Dim 17 Juin - 14:30
    Le jour du projet...

    Je me suis réveillé en bataille ce matin, la veille je n'ai pas pu avoir une nuit correcte parce que mon gant - que j'avais décidé de baptiser le Tesla Glove - m'avait demandé quelques menus ajustements. En terme d'esthétique, j'avais opté pour une couleur métallisée, majoritairement grise avec des pointes de cyan rappelant des nuances électriques pour coller avec le thème général. Nikola Tesla, le célèbre inventeur d'origine serbe de qui j'empruntais le nom pour mon projet était un ingénieur en mécanique plus connu pour ses travaux dans l'électricité. D'où l'usage de champs électromagnétiques pour faire fonctionner le gant de ma confection. Je suis resté éveillé bien après l'heure pour pouvoir fignoler ces quelques détails qui peuvent sembler triviaux mais qui, aux yeux d'un inventeur, pourraient faire toute la différence. En effet, un travail bien pensé dans les moindres recoins avait beaucoup plus de chance de plaire.

    Mais le travail n'est jamais sans un coût. Energétique, qui plus est. Ce matin, j'étais donc dans la voiture de Cavendish Perkins avec une mine effroyable ! J'avais l'épi tout ébouriffé, les yeux rouges de fatigue et bordés par de légères poches noires à en faire pâlir Eraserhead de jalousie. J'ai même profité du court trajet jusque l'Académie pour rattraper à peine quinze minutes de sommeil réparateur, me retrouvant encore plus épuisé en me réveillant. J'aurais tout donné pour retourner au lit et prendre un petit jour de repos, mais le devoir n'attend pas. Ce matin j'étais si éreinté que je sentais parfaitement mes sens et mon cerveau lui-même tourner en sous-régime. J'avais même du mal à sourire ! Arrivé en classe, notre professeur a rapidement fait l'appel avant de nous mener jusqu'aux terrains d'entraînement, là où se passera la fin de ces trois jours de travail constant. J'ai donc traîné mon corps avec difficulté, une difficulté qui ne passait pas inaperçu aux yeux de mes camarades qui s'empressaient de faire des remarques parfois désobligeantes sur ma médiocre présentation du jour. Je peux comprendre que ça soit ... inhabituel. Moi qui suis un grand habitué de l'élégance et un amoureux de l'esthétique raffinée, je ne collais plus avec mes propres standards.

    M'enfin, l'école n'étant pas faite pour proposer un défilé de mode différent chaque jour, je ne m'attardais pas plus sur cet aspect. A travers les couloirs il m'était presque difficile de suivre le rythme, facilement dépité par les bavardages de si bon matin. Je suis néanmoins arrivé debout et en un seul morceau : j'ai tout de suite écarquillé les yeux quand j'ai vu ce qui nous attendait. Comme s'il s'agissait d'une autre classe, un rassemblement d'une bonne vingtaine de personnes se trouvait déjà là. Ce ne sont pas des étudiants de U.A et je n'ai pas besoin de mes pleines capacités cérébrales pour le comprendre : il y en a des très jeunes et des très vieux, certains n'ont même pas l'air d'avoir le profil de l'apprenti héro, alors oublions l'idée que ce soit des professionnels. Les autres élèves de la seconde-F se questionnaient aussitôt avant que Power Loader ne se place au centre de la grande salle de pratique pour expliquer la situation.

    Ceux-là sont donc des "clients." La nuance distinctive étant que bien qu'aucun ne possède de formation ou de permis adéquat, tous rêvaient de devenir des héros. A priori, quelques uns étaient même des sans-alter dont le crédo était "la Justice pour tous." J'entendais des railleries parmi nos rangs, il y avait des garçons moins sympathiques chez nous qui critiquaient déjà la présentation de nos fameux clients. Zéro. La bande de quatre perturbateurs juvéniles était éjectée d'office sans comprendre. Enfin, sans comprendre, jusqu'à ce que monsieur Maijima se justifie. "Vous êtes ingénieurs et non coach de vie. Des amateurs, par dessus le marché." Selon l'ingénieur chevronné, notre métier nous confrontera forcément à ce genre de situation où l'on a l'impression que le monde n'est pas sérieux. Et encore selon lui : ce monde n'est pas sérieux. C'est bien pour ça que nous avons le pouvoir d'y mettre notre grain de folie, comme jouer les êtres divins en donnant (ou non) des pouvoirs à ceux qui en sont privés. Quoique limités, les pouvoirs que nous attribuions par notre travail restaient des facteurs importants dans la vie de tous les jours, aussi ceux qui ont travaillé sur leurs projets avec en tête l'idée que seul un véritable héro fort de son expérience s'en servira ont eu tout faux. J'en fais partie. D'autres avaient proposé des gadgets magnifiques mais bien trop poussés pour un utilisateur peu compétent comme ceux qui se trouvaient devant nous.

    Tout de suite, l'ensemble de la classe se calmait. On attribuait maintenant un client à chacun. Les plus chanceux ont pu se retrouver avec quelqu'un de notre âge avec qui l'on pouvait partager plus facilement, moi, c'est d'un vieillard que j'héritais. Le bougre s'est présenté comme un vétéran, un héro à la retraite mais malgré ma grande culture générale héroïque je n'ai pas pu le reconnaître... sûrement parce que c'en était pas un très bon. On ne peut plus faire marche arrière, pas vrai ? Alors il fallait que je fasse un grand effort lors de la présentation de mon projet.

    « Voici.. ahem.. Le Tesla Glove ..! Je lui tendais la bête, enfilée sur mon poing droit.
    - T'es là Grove ? C'est qui Grove ! Moi c'est Ray Man Senior !! Bougonnait-il.
    - *soupir* ... Enchanté, Ray Man Senior. ET VOICI LE TESLA GLOVE !! cette fois je l'ai crié si fort que même un sourd l'aurait entendu.
    - C'est bon, c'est bon je suis juste là, pas la peine de crier ! P'tit effronté... Bon et il fait quoi ton bidule ?
    - Bien, on avance... chuchotai-je. Très bonne question monsieur Man ! Le Tesla Glove est un dispositif qui utilise le pouvoir des champs électromagnétiques pour attirer ou repousser des objets métalliques ! Fort utile, en combat comme dans la vie de tous les jours, vous pourriez, euh... Je réfléchissais brièvement, qu'est-ce qu'un vieux grincheux en ferait ? Directement mener la télécommande dans le creux de votre main sans bouger du canapé ! Ou encore ... Je stoppais, choqué. Cet homme.... il s'est endormi !! Je pouvais le sentir intérieurement se rapprocher des limites de ma patience pourtant éloignées, j'ai cependant pris une grande inspiration avant de hurler son nom pour le réveiller en sursaut.
    - Qu .. qu.. TU VEUX QUE JE FASSE UNE ATTAQUE OU QUOI ?? Bon sang ces jeunes gens de nos jours ! Aucune considération pour leurs anciens.... Bon, tu vas me dire il fait quoi clairement ton machin ?!
    - Well .. C'est un aimant, il attire et repousse le métal. »

    J'étais parti droit au but, très visiblement agacé par l'attitude abrasive du retraité. Ce dernier n'a même pas essayé mon invention, a tourné les talons et est parti bouder auprès de notre professeur. Ce dernier est revenu me voir, embarrassé, à priori monsieur Man avait entendu "amant" au lieu d'aimant et "méthane" au lieu de métal et l'avait interprété comme une farce de mauvais goût visant à se moquer de son âge l'empêchant tout bonnement de trouver l'élue de son coeur et favorisant sa production de gaz. En somme, toute mes explications lui étaient passées au-dessus de la tête. J'étais complètement abasourdi. Jamais de ma vie je n'avais envisagé avoir affaire à ce genre de cas difficiles. C'était donc ça, le réel intérêt de l'exercice ?

    « Tu pensais que ça aurait été facile, hein ? demandait le professeur.
    - Facile ? Non, rien ne l'est, je le sais.. Mais je pensais être un inventeur de talent...
    - Je t'arrête tout de suite bonhomme, la satisfaction du client - pour cet exercice en tout cas, ne vaut qu'un tiers de la note. Je croyais avoir été clair le premier jour quand j'ai parlé d'originalité et de simplicité ?
    - Alors je n'ai pas échoué ? rétorquai-je, enthousiaste.
    - Pas... vraiment. Sache que pour la carrière que vous entreprenez tous au département d'assistance, l'approbation du public est au moins aussi importante que pour les héros. L'avis général à propos d'une agence quelconque est un des principaux indicateurs de sa qualité, plus l'avis est positif, plus l'agence recevra de distinction ! Mais ça n'est pas toujours simple...
    - Il existe des circonstances dans lesquelles il nous faut faire les choses différemment de nos habitudes... je déclarai à voix basse.
    - Tout à fait. Et dans votre cas, ce sont les commanditaires qui émettent l'essentiel de l'impression générale. C'est pour ça qu'il est primordial de tenir compte de leurs spécificités, que ce soit l'âge, l'alter, le style de combat, lorsque vous créez pour autrui, n'oubliez pas de vous intéresser à cet autrui.
    - Mais, nous ne savions pas pour qui nous allions bricoler jusqu'à aujourd'hui ! Après cette réplique, Power Loader me frappait doucement la tête.
    - Parce que vous n'avez pas demandé, bande d'imbéciles.
    - Heeein ?! C'était l'incompréhension unanime.
    - Eh bien oui, je ne vous ai pas explicitement donné les détails concernant les clients mais rien ne vous empêchait de poser des questions. La curiosité, c'est une qualité primordiale de votre travail, comment est-ce que vous êtes passés à côté ?! Tous, nous nous sentions faibles et ignorants. Et oui les enfants, bricoler c'est bien ! Mais bricoler avec une idée claire de ce que vous devez bricoler, c'est encore mieux !
    - C'était si évident... je déplorais mon manque de discernement, je reconnaissais ne pas avoir songé une seule seconde à tout ce qu'il venait d'expliquer. Je réalisais encore une fois qu'il me restait tant à apprendre.
    - Sinon, ton Tesla Glove est plutôt bien pensé. Original, même le nom est bien trouvé, simple et efficace comme toujours, Oroshine. Tu mérites un C+ ! »

    On ne peut pas dire que la note me faisait sauter au plafond, mais je regagnais le sourire peu à peu en comprenant par conséquent que mes talents d'ingénieur seuls n'étaient pas remis en cause. En revanche, ma méthodologie l'était. Je devrais pourtant savoir que le métier d'ingénieur passait également par une étape de recherches. Rassembler le maximum d'informations pour créer l'objet le plus pratique possible. Cette leçon me servira à l'avenir, j'appliquais dans ma tête le principe que monsieur Maijima nous avait exposé et me visualisait en train de confectionner un gadget en suivant une base de données créée et remplie par mes soins, compilant des informations sur des criminels précis. Si j'adaptais ma façon de faire, je serais virtuellement en mesure de faire face à n'importe quel vilain... Il me suffit de me donner la peine d'être curieux, de faire des recherches, de poser des questions pour connaître mon sujet.

    Bien que je sois encore exténué, j'avais au moins le sourire, fier de mon nouvel équipement. En effet, ceux qui n'avaient réussi à refourguer leurs inventions avaient le droit de le garder, au détriment de notre évaluation. J'intégrais alors le Tesla Glove à mon arsenal, cherchant depuis ce jour à marquer d'une pierre blanche à devenir un héro plus complet. Au delà de cet ajout matériel, je pouvais également me sentir plus fort d'avoir assimilé davantage de connaissances aujourd'hui. Ah, Yuei. On en apprendra tous les jours, cet établissement fait de véritables miracles quand il s'agit de notre formation...

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