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Noir firmament [pv Star]

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Yomi Kisara
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Mer 6 Juin - 15:42
A la faveur d’un ciel clément se baladait une jouvencelle à la traine exotique, une suivante ondulait en son sillage paisible et la belle semblait parée aux festivités du jour. Mais si la cité des fastes et de l’opulence médiatique n’intéressait nullement la virulente justicière, l’évènement d’ampleur nationale méritait un brin d’attention. Elle daignait tout du moins rôder aux abords du Colisée, portant l’errance en demeurant à l’affut du moindre écart de conduite chez la populace. Des congénères si niais et fades qu’elle en espérait presque y débusquer une crapule même insignifiante, pouvant se livrer à la vente de billets à un tarif scandaleux. Et les passants s’émoustillaient d’un rien que dénigrait allègrement la bête au faux air d’angélique. La jeune détective ne saisissait-là guère l’engouement des masses pour cette pratique archaïque lui évoquant tout des gladiateurs de l’ancienne Rome.

Des misérables jetés en pâture aux désirs de profit des précurseurs au capitalisme et de l’inextinguible soif sanguinaire d’un public d’ânes. Que leurs servaient-ils de se livrer batailles, de s’humilier, de s’amocher ? Quel sinistre gredin y décèlerait mieux leur potentiel ? Certes l’adversité du duel devait bien stimuler ces jeunots, mais elle trouvait bien désuet et grossier d’inciter des mioches à faire étalages de leurs facultés surnaturelles afin de mieux vendre leurs produits et de voir perdurer le prestige académique. Elle fabulait à de meilleures occasions de s’adonner à ces talents divers, à l’image de l’héroïsme d’antan, si simple et cinglant. Là encore elle trouvait bien risible de museler la bravoure de jadis, qui même inconsidérée, lui semblait autrement plus méritoire et sincère.

Mais la belle rose ne dénigrait pas tant ces fougueux excentriques en collants, ils méritaient bien son estime à l’instar des sauveurs illicites. Hélas, l’hypocrite purgatrice n’envisageait que l’aspect funeste des évènements, blâmant sans trop savoir. Et ce monde de lutteurs grand-guignolesques l’ennuyait tant, qu’elle n’envisageait pas même d’approfondir ses connaissances en la matière. Soudain, une autre clameur vociférante venait à retentir, plus distincte et amère, ainsi qu’emprunte d’une frustration palpable. La diablesse arrachée à ses réflexions se mouvait de sorte à pouvoir y river ses prunelles intriguées. Grotesque scène que celle-ci, songeait-elle à demi stupéfaite au détour d’un tronc vénérable.

La voilà dont qui s’élançait au chevet de la donzelle estropiée, quoiqu’un brin vaillante malgré les blessures dénotées par endroits. Celle qui s’y déportait sans véritable hâte ni précipitation hystérique, en dressait le portrait de manière machinale. Triste automatisme qu’elle ne réalisait guère. Une gamine au teint pâle et en sueur, la chevelure d’obsidienne inégale et négligée, des prunelles marines aussi glaciales que bouillantes, et dont l’ensemble reflétait la condition. Une novice jetée dans l'arène. Tandis qu’elle s’agenouillait auprès de l’énergumène sans doute humiliée par la débâcle ou honnie par quelque camarade d’infortune ragoutant, Yomi pouvait même s’essayer à épauler l’exilée. La malheureuse craignait-elle d’embarrasser ses proches ou de décevoir d’aventure ?

Une affreuse éventualité plus sordide encore la traversait un fugace instant, avant de s’évanouir dans le silence pesant que son avancée machinale instaurait. Bien qu’une autre pouvait s’en inquiéter et la refouler, s’offusquer ou s’empourprer d’être ainsi prise en pitié par une illustre inconnue, une civile. Et malgré son altruisme transparaissant à sa figure, dont les traits semblaient s’adoucir, elle n’irait dénigrer une âme en peine, même rustre et fière en excès. Elle lui concéderait volontiers de demeurer à l’écart s’il s’avérait qu’une dignité s’érodait dans le geste aussi vif que taciturne. Elle n’était pas de ces femelles secouristes à la verve aussi niaise qu’absurde et sotte. Aussi n’allait-elle souffler mot sur l'instant, songeant que son avancée charnelle témoignait son intention. A moins qu'on n'en digue sa manœuvre délicate par quelque accès de violence hargneuse.

Là elle pourrait bien susurrer par inquiétude « Vous faire violence ne rime à rien. Vous n'envisagez pas le seppuku au moins ? », en serrant la lanière de sa besace. Un sac cylindrique beige en bandoulière flanquait son bel ensemble et contenait au moins de quoi prévenir une infection ou une hémorragie. Elle pouvait dont appliquer les premiers secours si l'autre andouille se refusait à gagner l'hospice le plus proche et demeurer à l'abri des regards en cette antre de verdure isolée, dépeuplée des randonneurs qu'une drôlesse avait vu déchanter et détaler en hâte.

La tenue de la miss :
 


Dernière édition par Yomi Kisara le Dim 10 Juin - 14:02, édité 1 fois
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Ven 8 Juin - 23:23


???:
 


" C'est mou ! Aucune volonté, dans ce coup !... Tu recommences tout de suite. Plus écartées, les jambes ! Là, si je te pousse, tu tombes... Travaille davantage ta garde, bon sang !... Oh, tu m'écoute ? Relève-toi, allez ! "

J'essayais... Mais peu importe le nombre de tentatives, l'approche que j'empruntais... je n'arrivais juste pas à la toucher... C'était comme si, à l'instant où j'entamais un mouvement, elle en avait déjà calculé le contre... Disposait-elle de ma particularité ? Non. C'était autre chose... Quelque chose de plus pratique, de moins restrictif... De qui je parle ? De mon coach personnel... La commandante en chef de la brigade d'élite du pays... La défense nationale américaine, disposait-elle d'autres talents aussi surprenants ?... Aucune idée, mais je n'avais pas vraiment le temps d'y penser... Je devais avoir une dizaine d'années, tout au plus, lorsque cet enfer commença et recommença, sans m'en laisser le choix... Plus je m'entrainais et moins j'éprouvais la sensation de pouvoir dépasser cette femme, à la droiture aussi intimidante que son regard, des plus perçants... J'endurais ses leçons, ses coups, ses réprimandes... Plus le temps passait et plus ma personnalité s'endurcissait... plus mes mouvements gagnaient en fluidité, en finesse, en rigueur... plus je lui ressemblais... Seulement, tout ceci n'était en réalité qu'une gigantesque illusion. Jamais je n'atteindrais son niveau... C'est l'impression qu'elle me rendait. Car un coup bien anticipé ne peut se rectifier... C'était son Alter, exploitant la moindre des failles adverses... L'alter de l'entrainement par excellence et justifiant d'autant plus sa position enviée, au sein de l'armée... Clairvoyance de l'Aigle Royal... Ces deux derniers mots en représentaient également son nom de code... Quel pseudonyme plus honorifique, pour un membre de l'US Command ? Aucun, certainement... Il s'agissait après tout de leur animal totem et je commençais enfin à en comprendre la raison...

" Non. Toujours pas... Tu dois arrêter de compter sans cesse sur ton Alter ! N'oublie pas que tu n'es plus rapide que dans ta tête. Si tu as mal calculé ton coup, tu peux bien voir la scène au ralenti que tu auras déjà perdu. Surtout contre un adversaire tel que moi... On recommence ! "

Elle venait encore de me foutre à terre, pour la 22ème fois, en l'espace de quelques minutes à peine... À plat ventre, botte m'écrasant le dos et bras droit presque déboité, par cette unité spéciale me le tenant fermement, je demeurais totalement immobilisée... Elle était vraiment incroyable. Même maintenant, avec toutes ces années d'entrainements, je n'aurais osé affirmer pouvoir lui rendre, ne fusse qu'un seul de ses coups... Enfin, en réalité, les frappes n'étaient pas sa spécialité... ou du moins était-elle capable de varier son style de combat, en fonction de ses adversaires... Sa force résidait ainsi en ses nombreuses prises. Avec franchisse et sans la moindre faute d'inattention, l'Aigle Royal prévoyait, observait et ripostait. Usant souvent de la force comme de la position adverse, pour amplifier les dégâts et prendre un ascendant déterminant. Elle bloquait chaque issue, au point qu'un contact de sa part signifiait automatiquement le début d'une défaite des plus cuisantes... Au corps à corps, la seule solution pour la dépasser... était de lui ressembler. De la copier... Une fois supplémentaire, de mon corps entamant à peine la route de la puberté, je m'élançais, jusqu'à remarquer ses perles colorées prendre un éclat des plus significatifs... Tu penses que je n'ai pas tout tenté ? Tu crois que je n'ai jamais essayé de la feinter ? De tester les limites de sa perspicacité ?... Le résultat fut encore et toujours le même... À portée de bras, elle s'abaissa pour subitement me le saisir, le tordre... se placer derrière moi en profitant de mon instant de douleur, reproduire l'une de ses énièmes clés dont elle avait le secret... et finalement, m'immobiliser totalement en me plaquant violemment au sol... Je soupirai d'agacement, serrant la mâchoire et compressant mes paupières...

" Quoi ? Tu vas te mettre à pleurer, maintenant ?... Tu t'attendais à quoi, en brisant ta posture, juste pour tenter de m'impressionner ?... C'est ridicule. C'est encore plus facile pour moi. Ta garde ne dois, jamais, se rompre ! Il n'y a pas plus important à retenir... quitte à ne pas attaquer... Si tu veux une analogie, prends donc l'exemple des échecs. Si tu pars du principe que l'adversaire est plus bête que toi et mordra à l'hameçon, tu perdras tôt ou tard... Tu crois que je te sous-estime ? Détrompe-toi... C'est bien car je n'offre jamais de pièces à mon adversaire, que je te mets à terre aussi simplement. Nos confrontations sont comparables. C'est parce que ma défense est parfaite, que mes ripostes le sont tout autant. Chaque action de ton adversaire, doit représenter un dilemme, à ses yeux... Écoute-moi bien, Star... Pour atteindre mon niveau... Pour atteindre le haut du panier... Autant mentalement que physiquement, tu dois, devenir ce mur impénétrable. La forteresse piégée que personne ne peut assiéger... N'arrête jamais de calculer. Fixe ton adversaire. Lis en lui ! Deviens ton propre ennemi... Joue à sa place, pour te surprendre... pour le surprendre... Et surtout, n'abandonne jamais. Peu importe si tu échoues, ne couche jamais ton Roi ! Jamais. "

À mesure qu'elle répétait inlassablement ce mot, auprès de mon oreille, mon cerveau l'imprimait d'autant plus profondément. Comme formaté par l'impact, l'explosivité avec laquelle cette femme le prononçait... Elle voulait me communiquer ce sentiment, cette fermeté. Cette rigueur. La hargne. La discipline. L'Aigle Royal a fait de moi ce que je suis devenu... a supervisé l'entièreté de mes entrainements, inlassablement... Pendant 5 longues années, qui m'en ont paru plus de 20... La haine me transperçait le coeur. Une frustration profonde... envers moi-même... envers mes performances... Comment avais-je pu perdre contre lui ?... Avec ma formation, je le battais sur tous les points... Je ne comprenais pas. Non, vraiment pas... J'avais fait attention à tout... Ou presque... La seule chose que j'avais négligé, c'était ma condition physique. Ce crachat de sang... ce début de crise cardiaque... avaient été responsables de ma défaite. Blâmer mon propre Alter ? C'était facile, oui, bien sûr... En réalité, j'avais conscience de mes erreurs, à moi et à moi seule... Mais barbotant en plein centre de ce torrent d'adrénaline, mes pensées se concentraient sur les évènements extérieurs à mon corps, au point de ne plus suffisamment prêter attention à mes limites... Et même à présent le combat terminé, même en reprenant plus perceptiblement conscience, alors soutenue par une entité dont je ne percevais qu'à moitié la présence, je ne pouvais penser à autre chose... Pas avant d'avoir gagné... Je pouvais encore le faire. Je pouvais encore me relever. Encore une fois. Juste une fois...

" Je peux... Je peux encore gagner... J'ai pas perdu... J'ai pas perdu... Je peux, je peux marcher... Je peux parler... Alors je peux, je peux... Le, seppuku ?... "

Ca sonne japonais, putain... Non ?... Je sais plus... Ma tête tournait et je clignais compulsivement des yeux, tentant vainement de ne plus voir flou... J'avais un peu froid, je crois... Prêtant désormais plus attention à mon interlocutrice, je remarquai son visage, ses cheveux, d'un rose apaisant, tout comme pour ses yeux, d'une teinte améthyste... Que m'arrive-t-il ?... Eh, ma peau est bien pâle. Mais y a des taches, dessus... J'attrape la peau d'une vache ? C'est ça ?... Ahah... Ooh... Cette impression de rouler sur moi-même, comme dans le tambour d'une machine à laver... C'est pas si désagréable, d'avoir la sensation de se faire siphonner de l'intérieur... C'est juste, très perturbant... Mais je ne comprends pas... C'est qui, cette fille ? Pourquoi elle me tient par l'épaule ?... Je lui ai rien demandé. Je sais me débrouiller toute seule. Je suis grande, maintenant... enfin... pas au sens littéral, mais... Eh... Où tu m'amènes, comme ça ?... Je dois retourner me battre... Si je suis toujours debout, c'est que j'ai pas encore perdu, hein ?... Dis-moi que c'est pas déjà fini. Toi tu le sais, hein ? Ouais, ouais, évidemment. T'es toujours là. Hein ? Eh... Toi aussi, tu m'as abandonnée ?... Je sers à rien, c'est ça ?... J'ai fait honte à l'armée... Je suis pas foutue d'aider mon père à s'en sortir... J'arrive même pas à tenir ma promesse à Ryou... Léo... Où t'es, Léo ?... Ma dose. Donne-moi ma dose, putain... Je me sens mal... J'en peux plus de ce goût de fer, dans ma bouche... de mes battements incessants, de ces pincements dans mon corps... Mais ça suffit pas. Nan, ça suffit jamais. Jamais...

" Ca suffirait pas à me buter... Une bête épée, peut pas me transpercer...  Je suis pas, un petit chiot que tu peux, aller faire piquer... Mais ça serait peut-être, mieux comme ça... Pourquoi je parle de ça ? T'es juste dans ma tête... C'est pas réel... Lâche-moi. Je dois me relever. Ou l'arbitre va me faire perdre... Elle va pas être contente... J'ai mal joué... Putain d'Oroshine... Pourquoi mon coeur a lâché ?... Je pouvais le faire. Je pouvais tout esquiver... Je pouvais le faire... Je pouvais... Je pouvais... Aaah, aah... "

J'arrivais plus à parler. J'arrivais presque plus à respirer. Ni à marcher. En fait, je pouvais plus rien faire, je crois... Juste une putain de loque. Complètement défoncée par mon propre Alter. N'est-ce pas pitoyable ?... Je suis qu'une merde, hein ? Ouais. C'est ça. Ca poserait de problèmes à personne, que j'y passe ici... je suppose... Mes inspirations étaient plus fortes, alors que me voilà étendue au sol... Ah bon ? Je suis tombée? Ou bien... J'ai l'impression d'avoir eu une absence. Non, plusieurs ?... Y a un truc qui tourne pas rond, chez moi ? J'entends les feuilles des arbres. Quelle belle mélodie. Il fait beau, aujourd'hui. Ouais. Pas pour longtemps. C'est jamais qu'une question de temps... Bordel mais je fous quoi, là ? On s'en fiche, de ces détails. Je vais crever ici. Je la sens. L'hémorragie interne. C'est suffisant ?... Cette fois, c'est bon ?... Je vais enfin réussir mon coup ? C'est génial... Finalement elle avait raison... Faut jamais abandonner... Jamais... La 68ème sera la bonne. Je vais enfin réussir quelque chose. Je vais enfin réussir à mourir... De toute façon, je ne leur sert plus à rien. Maintenant, tout le monde sait que je suis nulle... Je pourrais vivre avec Ryou ?... Nan, elle aussi doit avoir honte de moi... Et elle a bien raison. Si la rose me connaissait mieux, ça serait pareil... Sur le moment, j'ai l'air d'une victime, alors je la saoule juste ou je lui fais pitié... Mais dès que j'irai mieux, je serai redevenue la personne que je suis réellement. Je redeviendrai cette forteresse que rien ni personne ne peut pénétrer. Les pierres de cet édifice deviendront à nouveau le filtre de mes pensées... Je lui dirai ce que je veux. Au pire, j'inventerai une raison à mon délire. Je sais pas. Mais je trouverai un moyen de m'en détacher... de colmater les fuites... Je dois sécuriser mes pièces, pour gagner... tout calculer... jamais abandonner... jamais se coucher ? Oh. Merde. Trop tard ?

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Yomi Kisara
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Lun 11 Juin - 16:01
Si l’éprise des flammes s’essayait à l’enlever vers d’autres horizons plus cléments et propices à lui insuffler quiétude et sérénité, l’hospice le plus proche où elle envisageait même de l’initier à la méditation, l’altruiste jouvencelle taciturne se rassurait à constater que sa compagne d’infortune était bien vaillante, assez pour déblatérer une tirade digne d’un délire. La fièvre accablait éventuellement la malheureuse, songeait celle qui remarquait pareillement une certaine frustration. Et la bête n’était pas sans connaître l’amertume de l’impuissance, en dépit du fait de n’avoir jamais vraiment enduré d’échec cuisant ou d’expérience similaire, hormis peut-être lors de l’éveil de son pouvoir. Une renaissance macabre l’avait investie d’une puissance vengeresse, l’alter du châtiment né d’une agonie furibonde. Elle compatissait d’autant plus à cette épreuve que traversait l’aspirante héroïne. Mais cette dernière pouvait-elle seulement le déceler en ces douces prunelles violacées ?

La jeune détective avait tôt fait de se raviser quand à son entreprise, porter la balade laborieuse s’avérait néfaste pour l’estropiée. Elle qui présentait les prémices du malaise, tendait déjà à s’évanouir d’aventure. Si bien que la belle rose se résignait à l’allonger en douceur dans l’herbe fraiche, où se laissait choir une frêle pénombre accueillante. L’épais feuillage d’une cime haute préservait la jeune fille de la morsure diurne et de ses affres, telle qu’une insolation. Yomi s’attelait pareillement à rassurer une poignée de passants venant à l’aborder avec inquiétude ou simple curiosité, la bougresse intriguait ironiquement de part son accoutrement témoignant une factice appartenance. Mais qui blâmerait la marmaille de trouver d’avantage d’attrait à une élève d’académie héroïque autrement plus prestigieuse qu’une demoiselle ravissante et plus modeste ?

L’inquisitrice s’en gardait bien et estimait l’optique puérile et incongrue, tandis qu’elle éconduisait délicatement chenapans et niais de sa seule verve agréable. Du reste, cette piètre infirmière n’allait ausculter sa patiente. Elle n’avait trop eu ce loisir et ne s’était pas d’avantage instruite auprès de sa chère cadette vétérinaire en devenir. Si bien que son regard même attentif ou sa perspicacité ne comblaient guère ses maigres connaissances en matière d’anatomie. Elle manquait-là d’en savourer toute l’ironie, son savoir n’incluant que des tactiques de frappes chirurgicales au détriment de procédures de prévention et d’interventions salvatrices. Voilà qui méritait d’être approfondit si d’aventure on daignait l’enseigner à d’avantage que des méthodes rafistolages de plaies. Le genre de vilenies qui ne courait pas le corps de la jeune fille évanouie, malgré les lacérations du tissu et les ecchymoses qu’elles dévoilaient. Son esprit étriqué envisageait même plus funeste.

A vrai dire, une autre pensée l’ennuyait, la tiraillait. Celle d’être gagnée par le personnel médical alloué aux festivités, car elle n’imaginait pas d’évènement pareil dénué de corps curatif. Et n’était-ce justement pas plus judicieux de les héler si d’aventure l’un d’eux venait à cavaler en dératé dans les parages, puisqu’ils devaient bien se faire un sang d’ancre à son égard, ou bien la préserver de professionnels apitoyés en vue de protéger sa dignité ? L’étrangère amochée n’avait pas perdu connaissance depuis cinq minutes que sa garde-malade s’en remettait à un esprit plus éclairé, une modeste érudite plus jeune qu’elle. Une griffe arrachait en hâte un cellulaire mauve à sa besace couchée dans l’herbe, afin de solliciter un appui préventif. Et la gamine s’étonnait qu’on lui mande comment déceler un cas d’hémorragie interne ou de traumatisme. Son ainée avait beau suivre ses instructions, une fois expédiée de brèves explications, que l’inconsciente la laissait perplexe.

La malheureuse ne semblait présenter que partiellement certains symptômes, tout du moins ceux décelables pour un non initié. Et ce rythme cardiaque élevé allié à un presque coma finissait d’éventrer le dilemme. La belle rose s’éloignait alors du chevet de sa compagne d’infortune afin d’aller quérir les secours dispersés près du stade proche, le tout sans vraiment beugler ni paraître plus angoissée que cela. L’autre pouvait bien s’offusquer de sa décision, que l’incendiaire diablesse se moquait éperdument de blesser son ego. Surtout qu’il semblait peu probable que leur chemin se croise à nouveau. Peut-être était-ce mieux ainsi. D’autant qu’elle rendait presque grâce à la providence l’ayant fait dénigrer l’envie de s’en retourner à sa juridiction, sans omettre sa chère et tendre dont la future carrière professionnelle s’avérait plus utile que prévu, cruciale même. La jeune touriste s’en remettait alors à ces spécialistes affolés gagnant une pauvre enfant.


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