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Noir firmament [pv Star]

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Yomi Kisara
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Mer 6 Juin - 15:42
A la faveur d’un ciel clément se baladait une jouvencelle à la traine exotique, une suivante ondulait en son sillage paisible et la belle semblait parée aux festivités du jour. Mais si la cité des fastes et de l’opulence médiatique n’intéressait nullement la virulente justicière, l’évènement d’ampleur nationale méritait un brin d’attention. Elle daignait tout du moins rôder aux abords du Colisée, portant l’errance en demeurant à l’affut du moindre écart de conduite chez la populace. Des congénères si niais et fades qu’elle en espérait presque y débusquer une crapule même insignifiante, pouvant se livrer à la vente de billets à un tarif scandaleux. Et les passants s’émoustillaient d’un rien que dénigrait allègrement la bête au faux air d’angélique. La jeune détective ne saisissait-là guère l’engouement des masses pour cette pratique archaïque lui évoquant tout des gladiateurs de l’ancienne Rome.

Des misérables jetés en pâture aux désirs de profit des précurseurs au capitalisme et de l’inextinguible soif sanguinaire d’un public d’ânes. Que leurs servaient-ils de se livrer batailles, de s’humilier, de s’amocher ? Quel sinistre gredin y décèlerait mieux leur potentiel ? Certes l’adversité du duel devait bien stimuler ces jeunots, mais elle trouvait bien désuet et grossier d’inciter des mioches à faire étalages de leurs facultés surnaturelles afin de mieux vendre leurs produits et de voir perdurer le prestige académique. Elle fabulait à de meilleures occasions de s’adonner à ces talents divers, à l’image de l’héroïsme d’antan, si simple et cinglant. Là encore elle trouvait bien risible de museler la bravoure de jadis, qui même inconsidérée, lui semblait autrement plus méritoire et sincère.

Mais la belle rose ne dénigrait pas tant ces fougueux excentriques en collants, ils méritaient bien son estime à l’instar des sauveurs illicites. Hélas, l’hypocrite purgatrice n’envisageait que l’aspect funeste des évènements, blâmant sans trop savoir. Et ce monde de lutteurs grand-guignolesques l’ennuyait tant, qu’elle n’envisageait pas même d’approfondir ses connaissances en la matière. Soudain, une autre clameur vociférante venait à retentir, plus distincte et amère, ainsi qu’emprunte d’une frustration palpable. La diablesse arrachée à ses réflexions se mouvait de sorte à pouvoir y river ses prunelles intriguées. Grotesque scène que celle-ci, songeait-elle à demi stupéfaite au détour d’un tronc vénérable.

La voilà dont qui s’élançait au chevet de la donzelle estropiée, quoiqu’un brin vaillante malgré les blessures dénotées par endroits. Celle qui s’y déportait sans véritable hâte ni précipitation hystérique, en dressait le portrait de manière machinale. Triste automatisme qu’elle ne réalisait guère. Une gamine au teint pâle et en sueur, la chevelure d’obsidienne inégale et négligée, des prunelles marines aussi glaciales que bouillantes, et dont l’ensemble reflétait la condition. Une novice jetée dans l'arène. Tandis qu’elle s’agenouillait auprès de l’énergumène sans doute humiliée par la débâcle ou honnie par quelque camarade d’infortune ragoutant, Yomi pouvait même s’essayer à épauler l’exilée. La malheureuse craignait-elle d’embarrasser ses proches ou de décevoir d’aventure ?

Une affreuse éventualité plus sordide encore la traversait un fugace instant, avant de s’évanouir dans le silence pesant que son avancée machinale instaurait. Bien qu’une autre pouvait s’en inquiéter et la refouler, s’offusquer ou s’empourprer d’être ainsi prise en pitié par une illustre inconnue, une civile. Et malgré son altruisme transparaissant à sa figure, dont les traits semblaient s’adoucir, elle n’irait dénigrer une âme en peine, même rustre et fière en excès. Elle lui concéderait volontiers de demeurer à l’écart s’il s’avérait qu’une dignité s’érodait dans le geste aussi vif que taciturne. Elle n’était pas de ces femelles secouristes à la verve aussi niaise qu’absurde et sotte. Aussi n’allait-elle souffler mot sur l'instant, songeant que son avancée charnelle témoignait son intention. A moins qu'on n'en digue sa manœuvre délicate par quelque accès de violence hargneuse.

Là elle pourrait bien susurrer par inquiétude « Vous faire violence ne rime à rien. Vous n'envisagez pas le seppuku au moins ? », en serrant la lanière de sa besace. Un sac cylindrique beige en bandoulière flanquait son bel ensemble et contenait au moins de quoi prévenir une infection ou une hémorragie. Elle pouvait dont appliquer les premiers secours si l'autre andouille se refusait à gagner l'hospice le plus proche et demeurer à l'abri des regards en cette antre de verdure isolée, dépeuplée des randonneurs qu'une drôlesse avait vu déchanter et détaler en hâte.

La tenue de la miss :
 


Dernière édition par Yomi Kisara le Dim 10 Juin - 14:02, édité 1 fois
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Ven 8 Juin - 23:23


???:
 


" C'est mou ! Aucune volonté, dans ce coup !... Tu recommences tout de suite. Plus écartées, les jambes ! Là, si je te pousse, tu tombes... Travaille davantage ta garde, bon sang !... Oh, tu m'écoute ? Relève-toi, allez ! "

J'essayais... Mais peu importe le nombre de tentatives, l'approche que j'empruntais... je n'arrivais juste pas à la toucher... C'était comme si, à l'instant où j'entamais un mouvement, elle en avait déjà calculé le contre... Disposait-elle de ma particularité ? Non. C'était autre chose... Quelque chose de plus pratique, de moins restrictif... De qui je parle ? De mon coach personnel... La commandante en chef de la brigade d'élite du pays... La défense nationale américaine, disposait-elle d'autres talents aussi surprenants ?... Aucune idée, mais je n'avais pas vraiment le temps d'y penser... Je devais avoir une dizaine d'années, tout au plus, lorsque cet enfer commença et recommença, sans m'en laisser le choix... Plus je m'entrainais et moins j'éprouvais la sensation de pouvoir dépasser cette femme, à la droiture aussi intimidante que son regard, des plus perçants... J'endurais ses leçons, ses coups, ses réprimandes... Plus le temps passait et plus ma personnalité s'endurcissait... plus mes mouvements gagnaient en fluidité, en finesse, en rigueur... plus je lui ressemblais... Seulement, tout ceci n'était en réalité qu'une gigantesque illusion. Jamais je n'atteindrais son niveau... C'est l'impression qu'elle me rendait. Car un coup bien anticipé ne peut se rectifier... C'était son Alter, exploitant la moindre des failles adverses... L'alter de l'entrainement par excellence et justifiant d'autant plus sa position enviée, au sein de l'armée... Clairvoyance de l'Aigle Royal... Ces deux derniers mots en représentaient également son nom de code... Quel pseudonyme plus honorifique, pour un membre de l'US Command ? Aucun, certainement... Il s'agissait après tout de leur animal totem et je commençais enfin à en comprendre la raison...

" Non. Toujours pas... Tu dois arrêter de compter sans cesse sur ton Alter ! N'oublie pas que tu n'es plus rapide que dans ta tête. Si tu as mal calculé ton coup, tu peux bien voir la scène au ralenti que tu auras déjà perdu. Surtout contre un adversaire tel que moi... On recommence ! "

Elle venait encore de me foutre à terre, pour la 22ème fois, en l'espace de quelques minutes à peine... À plat ventre, botte m'écrasant le dos et bras droit presque déboité, par cette unité spéciale me le tenant fermement, je demeurais totalement immobilisée... Elle était vraiment incroyable. Même maintenant, avec toutes ces années d'entrainements, je n'aurais osé affirmer pouvoir lui rendre, ne fusse qu'un seul de ses coups... Enfin, en réalité, les frappes n'étaient pas sa spécialité... ou du moins était-elle capable de varier son style de combat, en fonction de ses adversaires... Sa force résidait ainsi en ses nombreuses prises. Avec franchisse et sans la moindre faute d'inattention, l'Aigle Royal prévoyait, observait et ripostait. Usant souvent de la force comme de la position adverse, pour amplifier les dégâts et prendre un ascendant déterminant. Elle bloquait chaque issue, au point qu'un contact de sa part signifiait automatiquement le début d'une défaite des plus cuisantes... Au corps à corps, la seule solution pour la dépasser... était de lui ressembler. De la copier... Une fois supplémentaire, de mon corps entamant à peine la route de la puberté, je m'élançais, jusqu'à remarquer ses perles colorées prendre un éclat des plus significatifs... Tu penses que je n'ai pas tout tenté ? Tu crois que je n'ai jamais essayé de la feinter ? De tester les limites de sa perspicacité ?... Le résultat fut encore et toujours le même... À portée de bras, elle s'abaissa pour subitement me le saisir, le tordre... se placer derrière moi en profitant de mon instant de douleur, reproduire l'une de ses énièmes clés dont elle avait le secret... et finalement, m'immobiliser totalement en me plaquant violemment au sol... Je soupirai d'agacement, serrant la mâchoire et compressant mes paupières...

" Quoi ? Tu vas te mettre à pleurer, maintenant ?... Tu t'attendais à quoi, en brisant ta posture, juste pour tenter de m'impressionner ?... C'est ridicule. C'est encore plus facile pour moi. Ta garde ne dois, jamais, se rompre ! Il n'y a pas plus important à retenir... quitte à ne pas attaquer... Si tu veux une analogie, prends donc l'exemple des échecs. Si tu pars du principe que l'adversaire est plus bête que toi et mordra à l'hameçon, tu perdras tôt ou tard... Tu crois que je te sous-estime ? Détrompe-toi... C'est bien car je n'offre jamais de pièces à mon adversaire, que je te mets à terre aussi simplement. Nos confrontations sont comparables. C'est parce que ma défense est parfaite, que mes ripostes le sont tout autant. Chaque action de ton adversaire, doit représenter un dilemme, à ses yeux... Écoute-moi bien, Star... Pour atteindre mon niveau... Pour atteindre le haut du panier... Autant mentalement que physiquement, tu dois, devenir ce mur impénétrable. La forteresse piégée que personne ne peut assiéger... N'arrête jamais de calculer. Fixe ton adversaire. Lis en lui ! Deviens ton propre ennemi... Joue à sa place, pour te surprendre... pour le surprendre... Et surtout, n'abandonne jamais. Peu importe si tu échoues, ne couche jamais ton Roi ! Jamais. "

À mesure qu'elle répétait inlassablement ce mot, auprès de mon oreille, mon cerveau l'imprimait d'autant plus profondément. Comme formaté par l'impact, l'explosivité avec laquelle cette femme le prononçait... Elle voulait me communiquer ce sentiment, cette fermeté. Cette rigueur. La hargne. La discipline. L'Aigle Royal a fait de moi ce que je suis devenu... a supervisé l'entièreté de mes entrainements, inlassablement... Pendant 5 longues années, qui m'en ont paru plus de 20... La haine me transperçait le coeur. Une frustration profonde... envers moi-même... envers mes performances... Comment avais-je pu perdre contre lui ?... Avec ma formation, je le battais sur tous les points... Je ne comprenais pas. Non, vraiment pas... J'avais fait attention à tout... Ou presque... La seule chose que j'avais négligé, c'était ma condition physique. Ce crachat de sang... ce début de crise cardiaque... avaient été responsables de ma défaite. Blâmer mon propre Alter ? C'était facile, oui, bien sûr... En réalité, j'avais conscience de mes erreurs, à moi et à moi seule... Mais barbotant en plein centre de ce torrent d'adrénaline, mes pensées se concentraient sur les évènements extérieurs à mon corps, au point de ne plus suffisamment prêter attention à mes limites... Et même à présent le combat terminé, même en reprenant plus perceptiblement conscience, alors soutenue par une entité dont je ne percevais qu'à moitié la présence, je ne pouvais penser à autre chose... Pas avant d'avoir gagné... Je pouvais encore le faire. Je pouvais encore me relever. Encore une fois. Juste une fois...

" Je peux... Je peux encore gagner... J'ai pas perdu... J'ai pas perdu... Je peux, je peux marcher... Je peux parler... Alors je peux, je peux... Le, seppuku ?... "

Ca sonne japonais, putain... Non ?... Je sais plus... Ma tête tournait et je clignais compulsivement des yeux, tentant vainement de ne plus voir flou... J'avais un peu froid, je crois... Prêtant désormais plus attention à mon interlocutrice, je remarquai son visage, ses cheveux, d'un rose apaisant, tout comme pour ses yeux, d'une teinte améthyste... Que m'arrive-t-il ?... Eh, ma peau est bien pâle. Mais y a des taches, dessus... J'attrape la peau d'une vache ? C'est ça ?... Ahah... Ooh... Cette impression de rouler sur moi-même, comme dans le tambour d'une machine à laver... C'est pas si désagréable, d'avoir la sensation de se faire siphonner de l'intérieur... C'est juste, très perturbant... Mais je ne comprends pas... C'est qui, cette fille ? Pourquoi elle me tient par l'épaule ?... Je lui ai rien demandé. Je sais me débrouiller toute seule. Je suis grande, maintenant... enfin... pas au sens littéral, mais... Eh... Où tu m'amènes, comme ça ?... Je dois retourner me battre... Si je suis toujours debout, c'est que j'ai pas encore perdu, hein ?... Dis-moi que c'est pas déjà fini. Toi tu le sais, hein ? Ouais, ouais, évidemment. T'es toujours là. Hein ? Eh... Toi aussi, tu m'as abandonnée ?... Je sers à rien, c'est ça ?... J'ai fait honte à l'armée... Je suis pas foutue d'aider mon père à s'en sortir... J'arrive même pas à tenir ma promesse à Ryou... Léo... Où t'es, Léo ?... Ma dose. Donne-moi ma dose, putain... Je me sens mal... J'en peux plus de ce goût de fer, dans ma bouche... de mes battements incessants, de ces pincements dans mon corps... Mais ça suffit pas. Nan, ça suffit jamais. Jamais...

" Ca suffirait pas à me buter... Une bête épée, peut pas me transpercer...  Je suis pas, un petit chiot que tu peux, aller faire piquer... Mais ça serait peut-être, mieux comme ça... Pourquoi je parle de ça ? T'es juste dans ma tête... C'est pas réel... Lâche-moi. Je dois me relever. Ou l'arbitre va me faire perdre... Elle va pas être contente... J'ai mal joué... Putain d'Oroshine... Pourquoi mon coeur a lâché ?... Je pouvais le faire. Je pouvais tout esquiver... Je pouvais le faire... Je pouvais... Je pouvais... Aaah, aah... "

J'arrivais plus à parler. J'arrivais presque plus à respirer. Ni à marcher. En fait, je pouvais plus rien faire, je crois... Juste une putain de loque. Complètement défoncée par mon propre Alter. N'est-ce pas pitoyable ?... Je suis qu'une merde, hein ? Ouais. C'est ça. Ca poserait de problèmes à personne, que j'y passe ici... je suppose... Mes inspirations étaient plus fortes, alors que me voilà étendue au sol... Ah bon ? Je suis tombée? Ou bien... J'ai l'impression d'avoir eu une absence. Non, plusieurs ?... Y a un truc qui tourne pas rond, chez moi ? J'entends les feuilles des arbres. Quelle belle mélodie. Il fait beau, aujourd'hui. Ouais. Pas pour longtemps. C'est jamais qu'une question de temps... Bordel mais je fous quoi, là ? On s'en fiche, de ces détails. Je vais crever ici. Je la sens. L'hémorragie interne. C'est suffisant ?... Cette fois, c'est bon ?... Je vais enfin réussir mon coup ? C'est génial... Finalement elle avait raison... Faut jamais abandonner... Jamais... La 68ème sera la bonne. Je vais enfin réussir quelque chose. Je vais enfin réussir à mourir... De toute façon, je ne leur sert plus à rien. Maintenant, tout le monde sait que je suis nulle... Je pourrais vivre avec Ryou ?... Nan, elle aussi doit avoir honte de moi... Et elle a bien raison. Si la rose me connaissait mieux, ça serait pareil... Sur le moment, j'ai l'air d'une victime, alors je la saoule juste ou je lui fais pitié... Mais dès que j'irai mieux, je serai redevenue la personne que je suis réellement. Je redeviendrai cette forteresse que rien ni personne ne peut pénétrer. Les pierres de cet édifice deviendront à nouveau le filtre de mes pensées... Je lui dirai ce que je veux. Au pire, j'inventerai une raison à mon délire. Je sais pas. Mais je trouverai un moyen de m'en détacher... de colmater les fuites... Je dois sécuriser mes pièces, pour gagner... tout calculer... jamais abandonner... jamais se coucher ? Oh. Merde. Trop tard ?

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Yomi Kisara
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Lun 11 Juin - 16:01
Si l’éprise des flammes s’essayait à l’enlever vers d’autres horizons plus cléments et propices à lui insuffler quiétude et sérénité, l’hospice le plus proche où elle envisageait même de l’initier à la méditation, l’altruiste jouvencelle taciturne se rassurait à constater que sa compagne d’infortune était bien vaillante, assez pour déblatérer une tirade digne d’un délire. La fièvre accablait éventuellement la malheureuse, songeait celle qui remarquait pareillement une certaine frustration. Et la bête n’était pas sans connaître l’amertume de l’impuissance, en dépit du fait de n’avoir jamais vraiment enduré d’échec cuisant ou d’expérience similaire, hormis peut-être lors de l’éveil de son pouvoir. Une renaissance macabre l’avait investie d’une puissance vengeresse, l’alter du châtiment né d’une agonie furibonde. Elle compatissait d’autant plus à cette épreuve que traversait l’aspirante héroïne. Mais cette dernière pouvait-elle seulement le déceler en ces douces prunelles violacées ?

La jeune détective avait tôt fait de se raviser quand à son entreprise, porter la balade laborieuse s’avérait néfaste pour l’estropiée. Elle qui présentait les prémices du malaise, tendait déjà à s’évanouir d’aventure. Si bien que la belle rose se résignait à l’allonger en douceur dans l’herbe fraiche, où se laissait choir une frêle pénombre accueillante. L’épais feuillage d’une cime haute préservait la jeune fille de la morsure diurne et de ses affres, telle qu’une insolation. Yomi s’attelait pareillement à rassurer une poignée de passants venant à l’aborder avec inquiétude ou simple curiosité, la bougresse intriguait ironiquement de part son accoutrement témoignant une factice appartenance. Mais qui blâmerait la marmaille de trouver d’avantage d’attrait à une élève d’académie héroïque autrement plus prestigieuse qu’une demoiselle ravissante et plus modeste ?

L’inquisitrice s’en gardait bien et estimait l’optique puérile et incongrue, tandis qu’elle éconduisait délicatement chenapans et niais de sa seule verve agréable. Du reste, cette piètre infirmière n’allait ausculter sa patiente. Elle n’avait trop eu ce loisir et ne s’était pas d’avantage instruite auprès de sa chère cadette vétérinaire en devenir. Si bien que son regard même attentif ou sa perspicacité ne comblaient guère ses maigres connaissances en matière d’anatomie. Elle manquait-là d’en savourer toute l’ironie, son savoir n’incluant que des tactiques de frappes chirurgicales au détriment de procédures de prévention et d’interventions salvatrices. Voilà qui méritait d’être approfondit si d’aventure on daignait l’enseigner à d’avantage que des méthodes rafistolages de plaies. Le genre de vilenies qui ne courait pas le corps de la jeune fille évanouie, malgré les lacérations du tissu et les ecchymoses qu’elles dévoilaient. Son esprit étriqué envisageait même plus funeste.

A vrai dire, une autre pensée l’ennuyait, la tiraillait. Celle d’être gagnée par le personnel médical alloué aux festivités, car elle n’imaginait pas d’évènement pareil dénué de corps curatif. Et n’était-ce justement pas plus judicieux de les héler si d’aventure l’un d’eux venait à cavaler en dératé dans les parages, puisqu’ils devaient bien se faire un sang d’ancre à son égard, ou bien la préserver de professionnels apitoyés en vue de protéger sa dignité ? L’étrangère amochée n’avait pas perdu connaissance depuis cinq minutes que sa garde-malade s’en remettait à un esprit plus éclairé, une modeste érudite plus jeune qu’elle. Une griffe arrachait en hâte un cellulaire mauve à sa besace couchée dans l’herbe, afin de solliciter un appui préventif. Et la gamine s’étonnait qu’on lui mande comment déceler un cas d’hémorragie interne ou de traumatisme. Son ainée avait beau suivre ses instructions, une fois expédiée de brèves explications, que l’inconsciente la laissait perplexe.

La malheureuse ne semblait présenter que partiellement certains symptômes, tout du moins ceux décelables pour un non initié. Et ce rythme cardiaque élevé allié à un presque coma finissait d’éventrer le dilemme. La belle rose s’éloignait alors du chevet de sa compagne d’infortune afin d’aller quérir les secours dispersés près du stade proche, le tout sans vraiment beugler ni paraître plus angoissée que cela. L’autre pouvait bien s’offusquer de sa décision, que l’incendiaire diablesse se moquait éperdument de blesser son ego. Surtout qu’il semblait peu probable que leur chemin se croise à nouveau. Peut-être était-ce mieux ainsi. D’autant qu’elle rendait presque grâce à la providence l’ayant fait dénigrer l’envie de s’en retourner à sa juridiction, sans omettre sa chère et tendre dont la future carrière professionnelle s’avérait plus utile que prévu, cruciale même. La jeune touriste s’en remettait alors à ces spécialistes affolés gagnant une pauvre enfant.


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Ven 22 Juin - 0:07
C'est, un peu honteux... En fait non. Ca l'est totalement... Allongée dans l'herbe, bien à l'ouest... Le moment parfait, pour faire ce que l'on veut de moi, de mon corps... En un sens, je remercie le ciel, que je sois tombée sur cette fille et pas sur un vieux pervers dégueulasse. Tu comprends ce que je sous-entends à moitié, hein ? Sans l'ombre d'un doute... Dans l'incapacité totale de me défendre, je comprenais à quel point un geste, ampli de fierté, pouvait se retourner contre son auteur. Je sais. Oui, je sais... Tout cela reste bien stupide. J'aurais simplement dû me laisser bercer... me laisser transporter, bien gentiment, jusqu'à l'infirmerie la plus proche... Cela reviendrait pourtant à ne pas rester fidèle à moi-même. Alors, ne devrais-je pas plutôt changer, à la place de m'entêter ? À quoi bon ?... Je connais déjà la finalité d'un sauvetage. Je vais encore déprimer. Ma défaite continuera de me mutiler, même et surtout après les soins apportés... Juste une fragile créature dont on prend soin... C'est donc ce que je suis réellement ? Du verre qui se fracasse... J'ai beau foncer à toute vitesse, en direction de ce poing invincible, ce n'est jamais assez... Cette image me hante. Pourquoi refusez-vous tous de me laisser un sens à ma vie ? Vous pensez peut-être que je subis tout ça par plaisir ? J'ai appris à apprécier le sel de la confrontation, comme on apprend à fumer une clope dégueulasse, que l'on finit par s'allumer avec soulagement, avant d'en devenir droguée... et d'en subir la descente qui s'en suit... Qu'est-ce que j'ai fait... J'ai tout foiré... Ces espoirs s'envolent, telle une nuée d'oiseaux, en recherche de migration... Je la vois sortir son téléphone. C'est déjà trop tard, je le sais bien... Pas pour ma vie, mais pour ma fierté... Je sais qu'elle n'y peut rien, qu'elle veut juste me sauver. Mais peut-être que certaines personnes ne peuvent l'être, qu'au travers de la mort...

En lambeaux, ma résistance inutile, mon acharnement maladif... Je ne le veux pas... Cette détermination... cette force, que je sentais brûler en moi... Elle s'éteint, à la manière d'une flamme vacillante, sous l'agression de ce nuage de pluie... Quoi ? Bah nan... bien sûr qu'il ne pleut pas... C'est une façon de parler... Je demeure la seule, pour qui cette eau en suspension éprouve un plaisir sadique, à me flageller. Tu parles d'une élue... Ma silhouette décolle du sol. C'est eux, je le sens... Putain. Alors ça y est ?... Cette fois, j'ai vraiment perdu ? Cette fois, je vais vraiment devoir faire face à l'humiliation, de me faire prendre en charge par Yuei ?... Les reproches et les critiques de ma propre académie, je les sens arriver... Pourrais-je, ne fut-ce qu'encore fixer Léo dans les yeux, à la suite de ce pitoyable spectacle ? Ha. C'est ridicule. Je me suis vraiment faite défoncer, pas vrai ?... Tout ce que j'ai pu réussir, c'est à lui envoyer une dalle en pleine gueule. Je ne l'ai même pas touché, de mes propres mains... Peut-être aurais-je dû forcer davantage, dans ce lancer, quitte à le tuer ?... Je ne sais pas... Je ne sais même pas s'il m'aurait été possible de déployer plus de vigueur, sans pour autant perdre en précision... Elle s'éloignait. Cette inconnue, à la chevelure rosée, que je ne reverrais certainement jamais. Possiblement était-ce mieux ainsi. Je veux dire... ça m'éviterait d'avoir à la remercier, ou de piquer une forte colère... Mince... Cette fois, ils font gaffe. Ils me tiennent vraiment à l'oeil, tout en s'inquiétant perceptiblement de mon état... Je guette, mais je ne parle pas. En fait, garder les yeux ouverts, c'est déjà un effort colossal, en soi. Pourquoi je m'accroche encore ?... Je me le demande... J'imagine, parce que c'est la première fois de ma vie... que j'ai senti une telle combativité, émaner de moi... Ces derniers jours, mon étincelle est devenue brasier... J'ai peur. J'ai peur de redevenir ce bois, aussi mou que trempé... Quitte à crever, autant le faire en cramant d'un grand feu, non ?...

" Ton état était vraiment catastrophique... C'est le contrecoup de ton Alter ?... Humanity's Limits, c'est ça ?... Ca me rappelle... Haa, mais pas en bien ! Mmh... Pourquoi les plus grands talents représentent aussi souvent les plus insupportables têtes brulées, que j'ai pu rencontrées au cours de ma longue carrière ?... Enfin... Peu importe... Tu ferais mieux de te reposer un peu. Mais, ceci dit... J'aimerais bien comprendre pourquoi seuls tes bras et tes avants-jambes s'en sortent indemnes, alors que ce so- "

J'ai cru comprendre qu'on la nommait Recovery Girl, dans le milieu... Disposant d'un Alter capable de soigner sa cible, elle n'a pas tardé à me remettre sur pieds. Le temps de retrouver mes forces, m'avait-elle contrainte de supporter sa longue tirade, dont je ne t'en partage qu'une partie... Je ne saisissais pas bien l'impact des mots employés. Aussi pensais-je mécaniquement qu'elle se fichait de moi, en me définissant de grand talent... Sérieusement. J'ai perdu au premier tour, contre un ingénieur... Comment peut-on me juger crédible, en tant que héros, face à telle humiliation ?... Enfin, ce n'est pas comme si ce but m'importait. Je ne parlais qu'au niveau de la puissance. La seule chose que j'avais en tête, par moments... Ok. Un peu souvent, quand même... Recovery Girl pouvait bien faire semblant de ne pouvoir être prise en défaut, mais elle restait humaine... Une primate ne disposant de ma perception... Se retourner un instant, afin de prendre quelque chose dans un tiroir, fut l'erreur de trop. J'avais déjà testé mon état actuel, à plusieurs reprises, en profitant de ses brèves bifurcations d'attention... Tu penses bien qu'en comparaison de ma posture lamentable d'auparavant, je me sentais bien plus en condition de lui échapper, à présent... Alors, je ne m'en suis pas privée. Timing excellent, car elle commençait déjà à aborder une question délicate, à laquelle il restait véritablement préférable d'adopter le mutisme complet... La fuite, représente une certaine forme de mutisme... À peine le temps de l'entendre se retourner et s'étonner, que j'étais déjà dans le couloir... avec pour compagnie latérale, mes deux précédents transporteurs.

" Mais c'est pas vrai ! Elle tient vraiment pas en place, cette mauvaise graine !... Cette fois, ça commence à bien f... Mais, que... Elle, les a carrément assommés ?... Ooh... tout bien réfléchi, je pense que la réputation de Shiketsu a aussi du souci à se faire, avec cette gamine... Les mauvaises herbes poussent plus vite. Il leur faut plus d'attention... Ca n'empêche qu'ils vont m'entendre ! "

Déjà bien loin, j'entendais à peine les contestations de cette vieille femme... Ouais. Je me casse. Encore... Ils peuvent bien avoir renforcé la surveillance, je suis moins bridée, à présent... Les esquiver redevient un jeu d'enfant, pour moi... Certains n'hésitaient pas à utiliser leurs Alters, afin de bloquer mon avancée... Mais j'ai fait un choix. Celui de m'affranchir... À Ryou, j'ai fait en quelque sorte le serment, de chercher cette liberté, de m'y accrocher... Je suis à deux doigts de craquer moralement, je le sais. Du bout de ses branches, je saisis l'arbre et y affermis ma poigne... La lumière, je l'atteins alors enfin, pour la deuxième fois... Briser les règles, d'une certaine manière, me donne un sentiment d'accomplissement... Elles représentent une limite, alors que mon objectif m'impose justement d'en briser la plus grande qui soit... Bien sûr, ça n'a rien d'autre de comparable, mais cela me permet-il au moins de supporter ma faiblesse actuelle, mon désespoir m'ensevelissant lentement... C'est ça. Cette énergie indomptable, représente un résidu de mes échecs... Du pétrole que je fais sauter, afin de me propulser, tout en m'étouffant peu à peu, dans le gaz toxique qu'il me revoit finalement... Ironique. Tout comme ma vie... Ainsi courais-je, avec hargne, premièrement... Les nuages défilaient, tandis que mon visage jonglait avec les émotions... Je la contenais, cette énergie faiblissante... même si le bois commençait à craquer... jusqu'à me chuchoter des idées noires. Plutôt élevé, le toit de ce building, n'est-ce pas ?... Non. Non, pas cette fois... La forêt et les résidences passées, ce fut cette plage de sable fin, qui m'accueillit... Je commençais à m'épuiser, suant légèrement, tandis que mon rythme s'affaiblissait à vue d'oeil... Mais je ne voulais pas m'arrêter. Je ne pouvais pas m'arrêter... si je voulais encore pouvoir me regarder dans une glace, après la terrible déception de cette journée... Poussant la porte du complexe de la Novel's Industry, je m'effondrai pourtant au Hall d'entrée... Sur les fesses, jambes symétriques, je commençais à craquer... Je pouvais plus... J'en pouvais juste plus...

" Bah tiens... J'aurais espéré de plus formelles retrouvailles. J'ai vu la rediffusion... et je sais ce que tu cherches à faire... Viens. Battons le fer, tant qu'il est encore chaud. "


C'est... Oui. Elle me fixait, me tendant la main, sans la moindre émotion apparente... Debout, droite et fière, regard perçant... L'Aigle Royal désirait, une fois de plus, me prendre sous son aile... La guettant, d'une surprise palpable, d'une espérance bien trop mal dissimulée, que pouvais-je faire d'autre ?... À la limite de tomber en un gouffre, que je ne connaissais que trop bien, elle me proposait une issue, un bras auquel s'accrocher... C'était ça ou... Une hésitation si courte, avant la ferme saisie de cette opportunité. Je n'allais pas tomber. Pas cette fois... À la place, j'allais me prendre un coup dans le ventre... Un crochet dans la face... Une violente clé de bras... Ca fait du bien... Ca fait du bien, d'avoir mal. Je veux continuer de me prendre des offensives, de sa part... de la part d'une personne si compétente, si inatteignable... Elle esquivait le moindre de mes mouvements, me donnait des conseils, entre chaque erreur... C'est vrai... même si mon niveau ne rayonnait pas encore autant que le sien, je n'étais plus la pleurnicharde inexpérimentée de mes débuts... J'avais acquis de la force, de l'expérience, de la réflexion... La route était longue, mais j'avais déjà bien avancé, en aussi peu de temps... C'est ça ? C'est ça qu'elle voulait me faire comprendre, à travers cet entrainement intensif ?... Autrefois, ce fut comme un rituel, une routine... Quelque chose dont je voulais m'abstenir. Une corvée... Elle avait trouvé le moment. L'instant précis où je ne pourrais le considérer autrement que comme un besoin ardent... Elle n'avait pas tord... de coutume, le fer était froid comme de la glace... Mais aujourd'hui, c'était différent. Sa chaleur le rendait malléable... Elle pouvait me travailler, comme jamais elle ne l'aurait pu... m'élever au-delà de mes limites, parce que je l'en suppliais presque à ses bottes... J'implorais, à la seule personne dont j'étais certaine de son implication présente, à mon sujet... Au bon endroit, au bon moment. Quelle en était la probabilité ?... 100%. Comme pour cet exploit... Celui d'un poing dans la figure... ... ... La, la sienne !... ... Je l'ai fait, je l'ai touchée !... Sous l'extase actuelle, déjà je baissai ma garde, une nouvelle fois, alors qu'elle profita de la force communiquée à son corps, pour pivoter et me la retourner... me plaquant ainsi, une énième fois, au sol.

" Ce sentiment... imprime-le bien. Car tu l'éprouveras au centuple, voire bien davantage... lorsque tu mettras fin, au règne d'All Might... Plus dure est la montée, plus satisfaisante sera la descente... T'auras rien sans rien. De façon contextuelle, un coup donné peut impliquer un coup reçu... Quelques fois, lorsque tu n'as pas le choix, il faut savoir tirer partie de la fatalité, pour rebondir. Relève-toi, Star... et continuons. Continuons de profiter, de ta fierté retrouvée ! "

Elle me tendait, cette fois encore, la main... comme pour tester le degré de détermination qu'il me restait, comparativement à plus tôt... Aigle Royal... pourrais-je un jour voler aussi haut et si loin que toi ?... Je savais que ça ne suffirait pas... que l'éclaircie cesserait encore, de multiples fois... Mais je venais d'avoir la preuve... la preuve qu'avec un acharnement démesuré, il était possible, même pour moi... de transcender les limites, au-delà de l'imaginable, par-dessus l'horizon... Forcer l'Aigle Royal à retrouver sa joue sous mes phalanges, représentait déjà une conséquente victoire en soi. C'était pour cette émotion, que je me battais. Ce soulagement d'ampleur existentiel... D'un claquement des plus fermes, les deux mains se rejoignirent une nouvelle fois... Nos regards se confrontant, je le sentais... Moment trop rare, que celui d'une dualité, battant à l'unisson. Notre longueur d'onde se confondait. Une première... Cet échange visuel, je suis certaine qu'elle l'avait désiré depuis si longtemps. Plus que du respect, une complicité naissante, envers la seule combattante que nous avions un jour... réellement estimée... Son visage, me donnait l'impression d'être légèrement plus détendu, tout comme le mien... Je crois qu'elle... sourit ?... À peine le temps de le constater, que déjà nous commencions à tenter de profiter de la faille en question, s'élançant l'une vers l'autre et partageant moult tentatives de déstabiliser notre adversaire... Alors c'était ça ?... Il me suffisait de ça, pour donner un nouveau sens, à mes entrainements ? Pour me procurer le désir de m'améliorer ?... Il me suffisait d'une écrasante défaite ?... Tomber pour mieux se relever... Toutes ces phrases clichées, que j'avais si longtemps balayées, d'un revers de main... La combustion ne s'applique plus. Le feu ne fume plus... mais la braise reste dressée, envers et contre toute averse. Du coeur de la flamme, s'est imposé son remplaçant... le plasma. Celui dont toutes les étoiles montantes sont pourvues...

" Mais pourrais-je seulement un jour, réellement les atteindre ?... "

Tendant ces doigts vers la toile scintillante, c'est là mon ambition... m'emparer de cette luminosité. Elle paraît traverser, avec tant de simplicité, l'immense espace nous séparant. Moi aussi, je disposerai d'une place, parmi ce sombre tableau... Une Hypergéante, en particulier, me cèdera sa place... De gré ou de force. De ma gravité, que je m'efforcerai de rendre suffisante, je la dévorerai... Ainsi me voici. À l'extrémité d'une longue structure en bois, servant aux embarcations... La plage... Elle n'était qu'à quelques pas du complexe et l'on pouvait aisément le constater, depuis l'endroit où je me tenais, perdue au sein de ma propre psyché... La mer était calme, en cette soirée, ce crépuscule s'éteignant complètement... Une brise fraiche, de derniers cris de mouettes... Je n'avais pas froid, malgré mon habituelle tenue noirâtre, cette veste bien ouverte... Comment l'aurais-je pu ? Le plasma reste plus chaud que n'importe quel feu, après tout, puisque sa chaleur en représente fatalement une finalité... Mes sens non plus, n'étaient pas à plaindre, car mon adrénaline restait constante. Ainsi entendais-je soudainement un bruit... Lequel ? Celui d'un pas dans le sable... Alerte, je ne tardai à réaliser l'éventualité d'une menace... Ca ne faisait rien, j'étais prête à y faire face. Je l'étais toujours... Me retournant subitement, je calquai immédiatement mon attention sur le visage de l'intrus présumé. Une personne, à cette heure-ci, à ce lieu précis... cela n'avait rien de commun. C'est pourquoi je ne me permettrais pas de baisser ma garde... L'éclairage ne demeurait pas des plus absolus, mais restait nonobstant bien suffisant, pour me permettre de reconnaître la personne, désormais face à moi... tandis que celle-ci pourrait, d'ores et déjà, constater l'entièreté de ma petite silhouette, de ses grandes cicatrices, comme des habits la revêtant et se montrant, pour une fois, plutôt en adéquation avec le lieu où nous nous retrouvions... bien que l'heure ne s'y prêtait franchement.

" ... Tu es... Pourquoi t'es là ?... Pour des remerciements, je suppose ?... " lui demandai-je alors, écarquillant faiblement des paupières, sous la surprise, mais reprenant bien vite ma mine des plus glaciales.

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Yomi Kisara
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Dim 1 Juil - 20:49
A la faveur d’un silence poignant et songeur, une jouvencelle admirait le cortège agité dans sa retraite. Sa terrible inertie contemplative redoublait ce départ précipité tandis qu’elle dédiait une pensée à sa camarade d’infortune. La belle rose n’espérait nul pardon, pas plus qu’elle n’envisageait qu’on lui rende grâce. Cette gargouille plongée au mutisme le plus naturel ne songeait guère à de fortuites retrouvailles. A vrai dire, elle planifiait de s’en retourner à sa demeure. Sa besogne lui paraissait toute accomplie, si bien que le pressentiment d’avoir à errer en la cité s’était tout bonnement évanoui. Il pouvait tout aussi bien s’agir d’une satisfaction personnelle, car la donzelle exécrait l’improductivité journalière. Aussi le geste modeste et charitable l’enorgeuillait presque. Voilà que le brancard s’évanouissait dans les ténèbres d’une galerie qui pénétrait le colysée. Les pas d’une diablesse taciturne s’étaient là déportés aux confins du domaine boisé, dernier bastion d’un silence dédié aux vaincus. La bête impassible n’admirait plus qu’un fugace instant cette arène endiablée par une clameur vociférente, de bien sots gredins qu’elle préférait délaisser.

Sa ballade la laissait perplexe. Combien de pauvres bougres s’étaient brisés sous les rires et ovations navrantes de ces vautours ? L’autre estropiée rejoignait une lignée d’innombrables victimes de cette féérie populaire absurde, virulente et sauvage, presque barbare à son sens. Elle profitait d’échanges textuels numériques afin d’éluder ce constat subjectif et cruel, laissant le souvenir des gladiateurs s’évanouir dans son dos qui s’enfonçait dans cette ville gargantuesque. Des ruelles et allées bondées la happaient dans l’indifférence d’un ennui lancinant, d’un vide aberrant. La cité des fastes lui était toute étrangère, presque irréelle, si fade qu’elle arpentait lasse ces trottoirs grouillants d’insouciance et de naïveté. Etait-elle seule à envisager l’éventualité d’un assaut terroriste, d’une boucherie arbitraire et à peine planifiée ? La belle rose n’ignorait rien du caractère spontané et confus de certaines exactions proférées par la menace invisible, ce groupuscule aussi ignoble qu’insaisissable et imprévisible. La malheureuse incomprise ambitionnait cette prise de conscience collective, celle de demeurer à l’affut sans pourtant douter d’autrui ou sombrer dans l’hystérie. A vrai dire, l’inquisitrice abhorrait d’avantage ces malfaiteurs que ses proies d’ordinaire, les truands en tout genre.

Une bonne amie s’était mandée du reste ce que cette chère compagne allait bien lui dégoter comme souvenir. La donzelle se refusait l’achat d’une breloque. Sa famille s’enticherait pareillement plus de mets atypiques. Aussi hésitait-elle vraiment à lui dédier un vêtement farfelu ou porteur d’un discours ambigu. Mais il était bien dans sa nature de se livrer à de pareille fantaisies, tant sa malice resurgissait à ses abords apaisants. La jeune Kisara aspirait souvent à taquiner ses proches, en plus de s’adonner à quelque excentricité dont-elle avait le secret. Et sa démarche se voulait tout juste plaisante, touchante. Elle n’aimait guère embarrasser les pauvres bougres et les bonnes gens. Aussi s’engouffrait-elle en cet antre banal et convenu, susceptible de ravir une fratrie et de laisser rougir une princesse garnie d’éphélides, avant de s’en évader tout aussi prestement. Et ce tracé touristique ne déviait point de l’axe qui filait vers la gare. La drôlesse confiait même à sa future victime qu’elle lui reviendrait éventuellement dans la soirée. L’autre voilait trop peu sa joie avec un smiley adorable, bouille exagérée qui savait aiguiser sourire à la meurtrière angélique.

Le phénomène enivrant avait hélas émoussé sa vigilance, un sinistre gredin s’élançait à ses abords. Mais si ce maraud la bousculait avec aisance, une fidèle suivante l’enchainait à la jeune fille chancelante. Elle retrouvait ainsi son équilibre tandis qu’il déchantait et s’essayait encore à lui arracher son sac en bandoulière. Me malheureux faquin s’était trahis à précipiter le pas pour la gagner en hâte, la bête avait perçu ce vacarme à peine noyé parmi la foule et le trafic routier. Et leurs griffes se cramponnaient si farouchement au paquet qu’il faillit bien se déchirer. La foule dissuadait en hâte le malfrat d’opérette d’accomplir son forfait, d’autant qu’il ne pouvait se défaire du lien tentaculaire qui l’empoignait avec ferveur. La panique le saisissait, il pouvait bien dominer la jeune fille que l’opinion publique le condamnait déjà et l’encerclait. Soudain, voilà qu’un brigadier s’avançait d’entre les regards accusateurs, blâmant par la même les niais trouvant l’affaire plaisante. L’officier de police s’essayait alors à maîtriser le suspect, il s’en attirait les foudres. Héler un voyou agité permettait certes de s’accaparer son attention afin d’éviter tout danger pour les civils, tout du moins parfois, mais cela conduisait souvent à provoquer un acte désespéré.

Si la belle n’appréciait guère qu’on l’agresse, elle s’empourprait dès lors qu’un bandit attentait à la vie d’un innocent. L’autre fuyard avait poignardé son détracteur au détour d’un volte-face qui avait déstabilisé la détective ayant relâché sa prise. Elle n’avait pas remarqué le canif de poche et s’en voulait fort, la culpabilité motivant sa traque. Elle avait ainsi poursuivit longuement sa proie, fendant la foule à travers la ville tandis qu’elle réfléchissait au moyen d’abattre cet obscur adversaire. Sa besace ne recélait ni lame ou liquide incendiaire, et elle doutait de l’utilité de son lance-flammes de fortune, simple spray insecticide allié à un banal briquet. Si bien que son nécessaire de premiers secours lui paraissait plus viable face au péril encouru, face à l’inconnue poignante qui éprouvait là sa bravoure de justicière entachée. L’adversité en cavale ne tendait pas à s’essouffler, et nul n’osait agir en son sillage. Comme s’ils craignaient d’enfreindre la législation sur l’usage des facultés surnaturelles. Yomi pouvait concevoir la frayeur des passants ou l’hésitation de gens inaptes à braver ce genre d’énergumène intimidant. Elle ne désirait impliquer quiconque.

Il n’avait au moins pas pris d’otage et espérait juste se fondre dans la masse. Ce à quoi il échouait misérablement, la moindre tentative s’effondrait du fait d’une agitation traitre ou d’une perspicacité populaire plus que louable. La belle rose avait certes failli perdre sa trace lorsqu’il lui attirait d’ignares hargnes et autres hardiesses d’échaudés qu’une diffamation savait berner, prétendant-là qu’elle agressait ce pauvre diable paniqué, mais elle n’avait trop eu à tergiverser ou esquiver des simples d’esprits en chemin. L’autre malandrin se compromettait sans assistance, malgré qu’il s’était gagné la confiance de quelques bougres, tels un employé de superette, un touriste étranger mais encore un guignol en collants s’imaginant bien des choses. L’imaginaire trop fertile de ces niais avait manqué d’endiguer réellement cette traque éreintante. La sueur lui incendiait les prunelles, une fatigue pesante engourdissait ses jambes à la modeste musculature, et sa suivante sinistre faillit bien causer sa perte. La diffusion du signalement du suspect lui avait épargné la compagnie gênante de ces rustres imbéciles, en plus de lui attirer une minime sympathie des autorités locales. Quoiqu’elle enfreignait la loi à ses substituer à l’effort de ces messieurs peu compétents.

Ce dernier nigaud qui poursuivait dès lors le malfrat s’était même essayé à dissuadé la jeune fille de le flanquer tandis qu’il se précipitait dans une ruelle sombre. Le déclin de l’astre diurne semblait propice à la disparition d’une canaille. Et la bête redoutait l’éventualité d’un traquenard désespéré alors qu’elle s’engouffrait dans ces ténèbres, une fois des bâtisses contournées de sorte à prendre en tenaille le fuyard. Ce dernier avait hélas refoulé son détracteur encore vaillant et brave, bien que peu dangereux. Le mécréant s’entichait alors de celle qui le provoquait tout en laminant ses vestiges d’assurances, d’un simple jet de bouteille en verre dérobée en hâte à un pauvre gaillard qui hantait ces allées seules susceptibles de l’accueillir lui et sa misère. Mais si sa tentative semblait échouer, son entreprise de s’accaparer l’attention du lascar réussissait avec aisance. L’autre avait certes pulvérisé le projectile, qu’il s’effondrait sous la puissance d’une complicité nouvelle. La belle se volatilisait avant même qu’on ne daigne lui rendre grâce ou l’ennuyer d’avantage, elle ne revint au sans-abri qu’une fois les autres partis, afin d’offrir ce qu’elle avait brisé sans vergogne.

Puis elle filait sans savoir vers une destination redoutée, une fois proférée de bien plates excuses. Et le vagabond ne lui en tint pas rigueur. La voilà dont qui foulait cette lande cauchemardesque, dévalant là une demi-dune avant de mettre genoux en terre, de ployer lourdement. Le répit désiré l’avait conduite à l’écart et ce domaine. Et bien qu’elle ne distinguait guère la lueur lunaire reflétée aux vagues, son malaise transparaissait à sa figure. Le phénomène n’allait trop enlaidir ces traits goûteux et aguicheurs malgré la crispation qui saisissait ses lèvres, sa gorge et ses paupières. Mais les flots paisibles battaient la plage, écrasés au rivage de la promenade sous l’augure maligne d’une légère brise. La belle rose vivait dont la houle sans râle ni convulsions, un frisson minime lui parcourant l’échine tandis qu’un souffle presque inaudible s’évadait péniblement à ses lèvres. Elle gisait-là, figée en son malaise, intimant quelque endurance médiocre alors qu’elle ruisselait un tantinet d’une frêle rosée fétide. Et l’appendice frémissait dans le sable frais, comme enchaîné à cette lande infâme. Les reflets d’argents dans la nuit noire lui dépeignaient d’ailleurs un monstre implacable, tapi dans l’ombre afin de mieux engloutir ses proies si chétives et esseulées dans l’immensité d’un royaume étrange, au silence traitre, à la plénitude si trompeuse. L’océan la terrifiait plus que tout, une némésis se délectant presque de son impuissance maladive.

« Auriez-vous ... terrassé vos démons ? … Et vos maux, alors ? » Cafouillait-elle en sa piètre tentative de soutenir le regard de sa ca camarade d'infortune.
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Lun 2 Juil - 18:19

Elle s'approche... Celle qui a peut-être fait basculer mon destin... à peine quelques heures plus tôt... Je me souvenais parfaitement de son visage. Comment l'oublier ? Je ne peux pas. Je ne peux juste pas oublier ce genre de choses et encore moins lors de moments aussi marquants que les précédents... Sous la légère brise, mes couettes voguant au sein de cet espace vide. Mon regard, inflexible... Là, immobile, j'observe son faciès avec attention. J'attends simplement une réponse, mais penserait-elle que je la persécute, de mon attention ? Je ne sais pas et à vrai dire, je m'en fiche un peu... Néanmoins, je dois avouer que cette crainte camouflée m'intrigue, par la seule raison de son origine inconnue... Est-ce bien moi, qui la mets dans cet état ? N'est-ce réellement que mon ton des plus froids ? Non, ça doit être autre chose... Ma prestance, du haut de mon mètre cinquante-six ? Je ne crois pas... Alors quoi ?... Selon le peu d'informations dont je dispose, la seule théorie recevable, provient de mon match, lors de ce tournoi débectant... Des milliers de spectateurs et téléspectateurs, les yeux rivés sur cette arène de gladiateurs, ayant hâte de découvrir qui d'entre eux est le meilleur, qui de ces jeunes pousses tient sa conviction au plus profond de son coeur... J'ai perdu. Dès le premier tour. Ca me frustre et me révolte, qu'après tous ces entrainements, je ne parvienne qu'à un tel résultat... Cependant... Malgré tout... Je continue d'évoluer, de le défier inlassablement, montant graduellement en puissance... Mes limites ne sont pas encore atteintes... Alors comme ça tu penses représenter un pilier immuable, cette vitesse de la lumière intranscendable ? Nous définissons toujours la barrière de l'impossible, en fonction des moyens avec lesquelles nous observons les limites... jusqu'à trouver une façon de les contourner... C'est ainsi, que la science a toujours affronté les problèmes. En les prenant à revers... Ce match m'a au moins appris une chose. Même si l'on affronte un adversaire surpuissant, par rapport à soi-même, il subsiste toujours une solution, pour le défoncer... All Might... Qui est le prochain, d'après toi ?...

Elle me demande si je suis parvenue à vaincre ces obsessions, me vrillant les tympans, si mes blessures demeurent, désormais et bel et bien, refermées... Non... La douleur est toujours là... Elle est mentale et c'est encore pire... Les plaies ne sont plus apparentes, mais les nombreuses cicatrices restent, me hantant tels des spectres rancuniers... Je porte le poids de mes échecs et de mes erreurs sur les épaules. Je tiens entre les mains ce vase coûteux, que représentent les espoirs que mon père se fait, à travers la mission qu'il s'est fixé... À la moindre bavure, je risque de tout casser, de m'écrouler lamentablement, au beau milieu de cette flaque, désireuse de me noyer, alors que me voici ensevelie... Mais je n'ai pas craqué, j'en étais sur le point. Je n'ai pas cédé, j'en étais pas loin... Toi, la silhouette bien formée, à la chevelure rosâtre... Mes pensées, en ces premiers instants, furent naturellement de te faire payer l'affront à ma fierté... Tu as soufflé sur ma flamme, alors qu'elle s'éteignait perceptiblement... Mais avant même que je ne le constate, cette bouffée d'air frais, lui permit de s'étaler sur un combustible des plus fiables. Tu as enclenché un incendie, en propageant le feu dans la forêt, quand bien même je reste responsable de la combustion... Aurais-je eu la même réaction, si tu avais simplement pu prendre soin de moi ? C'est toute la question... Revoir ce visage, c'était pour moi, comme la confirmation d'une première étape, dans ma reconstruction. Et alors que la marée silencieuse se laissait à peine désirer, je m'avançai calmement, en direction de mon interlocutrice, la gardant en ligne de mire... À la limite de ces planches de bois, me séparant toujours du sable fin, et ne me montrant plus qu'à quelques mètres de ma cible, je repris enfin la parole, afin de répondre à ses questionnements me concernant...

" Non... Ils sont toujours là et le resteront, tant que je n'en aurai pas fini... Mais j'ai compris que je n'étais pas obligée de les endurer, pour les supporter... Que la frustration et la crainte peuvent, aussi en ce qui me concerne, autant m'enterrer que m'élever... Je vais essayer de le garder à l'esprit, le plus souvent possible, à partir de maintenant. L'objectif deviendra et restera, d'affronter tout obstacle qui croisera ma route... Huh... Ca sonne cliché, hein ?... Je devrais juste te remercier, pour avoir participé à cette leçon... mais je ne suis même pas sûr de pouvoir l'assumer... "

Ma fierté, tu te souviens ?... Intérieurement, je me sens si honteuse, si brulante de gêne... Ca me met mal à l'aise. J'ai l'impression que je peux rechuter à tout moment. Que ce discours m'enfonce. Mais en vérité, ce n'est qu'une illusion, n'est-ce pas ?... Oui... Si cela provoque une réaction en moi. Si j'ai la sensation d'être sur le point d'exploser à tout instant... Alors je vis. Je vis, peu en importe la raison. C'est le plus important... Pour eux, pour elle, pour lui, pour ma survie, au beau milieu de ce monde incohérent, de cet espace sans foi ni loi... Tant que cette braise, de bruler ne cessera, je pourrai continuer de marcher au pas... Serait-ce là l'aube d'une nouvelle devise à venir ? Ca parait trop beau pour être vrai... Seulement, je sais pertinemment bien que le cerveau humain reste imparfait... Il ne distingue plus le vrai du faux, dans une affirmation lui étant imposée moult fois. C'est bien pour cette raison, que les personnalités à tendances dépressives, telle que la mienne, se voient éprouver une telle difficulté à se relever... Parce qu'ils se persuadent ne pas en être capable. Parce qu'ils s'enfoncent exponentiellement, au fil de leurs échecs personnels et grandissants... Mais cette capacité d'auto-persuasion, tels les pôles magnétiques de notre planète, s'avère également en mesure d'inverser radicalement son influence... Car il suffit d'une réussite, pour enclencher la machine... Il suffit d'une réussite notable, améliorant sensiblement ma condition, pour débloquer l'accès au prochain exploit et ainsi de suite... C'est un mensonge ? Oui, c'est un énorme mensonge, que de se persuader d'un résultat auquel on n'a pas encore accès... Et pourtant... Cela signifie aussi bien qu'il n'est toujours pas possible d'identifier mon erreur supposée... Ma frustration explosant comme jamais... Cette colère, née de cette peine trop longtemps endurée... m'a donné la force d'affronter cette réalité, de réaliser mon erreur, de ne pas m'extérioriser assez... Parce qu'un feu n'est pas fait pour rester à l'abri dans une cage, une coupole en verre où rien ne se passe, où l'air se raréfie, à mesure de sa vaine tentative de subsister encore... Un feu nait avec l'espoir de se répandre le plus possible. De dominer et de gagner en terrain et en puissance. En vélocité et en chaleur... Un feu nait avec l'espoir de tout flamber autour de soi... C'est sa raison d'être.

Ainsi je continue de la fixer... Même si mes paroles furent de bien courte durée, je me permets, de cette adrénaline montante, de ce regard électrisant, de laisser rayonner toute ma hargne accumulée... Tout cela commença avec les quelques mots, prononcés par Léo... Ensuite, le cheminement se poursuivit brusquement, avec l'aide de ma rencontre en ruelle. Lady Moriarty, de son pseudonyme, m'a initiée, bien qu'involontairement, à soutenir le regard, face à la peur de l'inconnu... Mieux ! À se jouer de cette peur, pour me donner la force d'avancer. Le tournoi n'a fait qu'amplifier cette volonté. Tout s'éclaire... à présent que la lumière de ma braise cisaille l'ombre, m'entourant antérieurement... Je veux continuer à me mentir à moi-même. À m'obliger de croire en ma réussite, pour qu'elle finisse par émerger. Pour que je puisse enfin annihiler les fondements même de ma dépression, en lui imposant de disparaître, purement et simplement... à la manière d'un flic qui lave le cerveau de l'interrogé, en lui répétant sans cesse la même question, afin d'obtenir la véritable réponse... Celle qui me délivrera... Pouvoir rendre obsolète, ce putain de délire, dans ma tête ! Obliger mon cerveau à constater qu'il n'existe pas, mis à part lorsque je me le persuade bêtement... Et tant pis, si ça nique ma réflexion au passage. Et tant pis, si je dois commettre des actes jugés néfastes, simplement pour ne plus avoir à y penser... Je veux juste avoir la chance de sentir ce monde vivre, autour de moi, avant de m'éteindre, une bonne fois pour toutes... D'avoir la sensation que mon existence a un sens, même à travers un but aussi démesuré, que celui d'atteindre un jour... non... d'éclater littéralement, cet hypocrite, responsable de bien des malheurs... All Might n'est pas un héros... mais il le deviendra, aux yeux de ma délivrance, lorsque je mettrai finalement un terme à son règne.

" T'as d'autres questions ?... Je dois encore m'entrainer... Je n'ai plus le temps de me reposer. La prochaine fois que je verrai Oroshine, il faudra que je sois prête... pour l'exploser... C'est la seule manière pour moi, de progresser... " soutenais-je, d'un avis bien tranché, tandis que je sentais mon corps se consumer, d'une fièvre si délectable, me faisant presque perdre la tête.

M'entrainer... M'entrainer... M'entrainer. M'entrainer. M'entrainer, m'entrainer, m'entrainer...  M'entrainer ! Haa... Haaa... Jusqu'à ce que mon corps entier ne cède... C'est ça, que tu veux, hein ?... C'est à ça que tu veux me forcer, pour mériter ta place, hein ?!... Au-delà des limites... Oui ! Mais le restant de la phrase, n'aura de sens qu'au moment fatidique... où je verrai toute lueur d'espoir s'effacer de ton regard perçant... Où je deviendrai enfin libre ! Mais pour combien d'années restantes ?... Comme un doute, mon attention déviant donc temporairement de ma nocturne compagnie...

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Yomi Kisara
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Dim 8 Juil - 14:15
Les palabres d’une femelle funèbre manquaient-là d’éveiller désarroi et décrépitude. Une autre fabulait presque à son égard. Mais si sa grande confusion nuisait à sa frêle réflexion où elle n’allait blâmer cette compagne d’infortune, elle trouvait cette attitude détachée. Certes la brunette paraissait bien individualiste et encline à l’égocentrisme, tout du moins en ces heures d’amertume profonde et viscérale ; mais son avancée au demeurant mitigée témoignait quelque envie revancharde. Si bien qu’aucune inquiétude ne se jetait à son chevet, pas plus qu’on ne daignait lui accorder grand crédit. La drôlesse aux tirades inlassables lui rendait éventuellement grâce, à sa manière, en plus d’évoquer trop subtilement quelle voie suivre vers la guérison. Yomi ne saisissait hélas rien de cette hypothèse, trop vague et farfelue. Et cette fière guerrière était-elle du reste ignare ou tout juste indifférente à son malaise ? La jouvencelle à la fragrance poisseuse ne savait trop qu’en penser, ni n’allait se défier d’une éventuelle récalcitrance à lui rendre la pareille. Et que lui servait-il de cogiter, d’ailleurs ? Sa cervelle formidable d’ordinaire peinait-là à suivre.

A vrai dire, cette sympathique congénère lui évoquait cet attrait poignant et partagé à l’égard d’une solitude similaire, malgré la distinction évidente entre la prédatrice et cette louve désireuse de puissance. Mais sa raison s’érodait dans la contemplation maladive de cette noirceur à peine houleuse, ce léger vacarme laissant deviner des flots la pétrifiait d’angoisse. Une indicible torpeur lui refusait d’avantage qu’une gestuelle dénuée d’adresse. Des prunelles écarquillées de mauve frémissaient dont à l’horizon, tandis que des griffes labouraient un tantinet le sable moite. La belle rose ambitionnait d’imiter cette bravoure exemplaire, quand bien même cette fougue lui faisait défaut. Et sa touchante maladresse ne s’en trouvait que plus criante. Leurs conditions tranchaient diablement, dessinant-là une dualité double somme toute ironique. Mais si l’autre s’en délectait s’en savoir, l’incendiaire notoire n’avait que faire de paraître pitoyable ou fragile. Sa frayeur ne lui évoquait guère cette scène de jadis où une petiote subissait le supplice d’une agonie salée et d’une strangulation, quoiqu’elle suffoquait un brin et ne pouvait détourner son regard médusé.

En dépit de quoi la pauvre symphonie des vagues lui ravageait tout de même l’esprit que trop craintif à l’idée d’y pénétrer d’aventure. Et sa camarade s’enivrait tant de ses dessins qu’elle en négligeait l’andouille pétrifiée, cette gargouille ruisselante et haletante qui échouait misérablement à surmonter l’épouvante. Le règne du silence semblait propice aux séparations. L’enivrée faisait peut-être même déjà dos à la bête. Voilà qu’un soubresaut l’arrachait aux prémices larmoyantes. Les vibrations d’une coque de plastique flanquant sa cuisse droite lui parvenait. Et l’avoir fichée dans une lanière de cuir voilée sous sa robe d’albâtre lui avait parue souvent judicieux, malgré la sensation un brin désagréable qui agrémentait ce geste. La belle rose lui préférait ce silence masseur à une sonnerie susceptible de la compromettre en toute(s) occasion(s). Trop rares étaient ceux qui exécraient ce vacarme qu’elle trouvait tout aussi indiscret qu’impoli pour autrui, surtout en milieu clôt. Mais elle n’aurait pu l’extirper de sa besace gisant à ses côtés, l’appendice étant engourdi.

Ses lèvres arides soufflaient mots alors qu’elle envoyait fébrilement une délicate mimine se saisir du cellulaire rose à clapet. « Essayez tout de même de vous ménager. Car il serait bien dommage qu’une énième cicatrice ne vous amoche de manière dramatique. », confiait un timbre plus maîtrisé et lucide quoiqu’empli d’une malice propre aux diablesses bibliques, tandis qu’une sensuelle enveloppe se hissait d’ailleurs à la hauteur de son auditoire, avec une trop minime aisance hélas. La créature en sueur retrouvait ses belles couleurs tandis qu’elle ne dédiait qu’un pant de regard en arrière, de même qu’un sourire niais ou facétieux. Et qu’espérait-elle au juste, retenir et ébranler l’étrangère ? Un élégant billet doux virtuel l’avait ainsi emplie d’assurance, en plus d’éluder le fracas des vagues au rivage de la promenade côtière. Et l’affection débordante et exagérée de cette niaise amie n’était pas pour lui déplaire, sa compagnie la délivrait de ses maux une fois de plus.
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Lun 16 Juil - 2:36
Le plus compliqué n'est pas d'allumer un feu, sous la tempête, mais de le maintenir en l'état... Le moindre doute, peut tout foutre en l'air. Il suffit d'une hésitation, de s'arrêter l'espace d'un instant, dans la mauvaise direction... pour que l'espoir tant désiré s'envole subitement, telle la ficelle d'un ballon quittant la main de cet enfant pleurnichard... C'est ça, la dépression... Mais je l'emmerde. Je respire à nouveau, car le manque d'oxygène s'avère fatal, pour la braise que je représente... Reprenant mon avancée, je dépassais, de ce ralenti habituel que m'offrait ma perception du temps, ma bien calme interlocutrice... Sur un seul axe, nos regard se croisèrent, avant que mon pas assuré ne m'octroie l'émergence d'une distance nouvelle, avec la rose chevelure. Cette fille, dont je ne connaissais absolument rien... même pas son nom... ne représentait-elle qu'une simple civile, ou finirait-elle par se retrouver, elle aussi, sur ma route ? Peu importait. Je n'avais plus peur de rien... Ni d'elle, ni d'Oroshine, ni d'All Might, ni... de moi... Tout cela était-ce bien rationnel ? Je ne pouvais en être sûr. Ma réflexion se voyait ensevelie dans les prémisses d'une excitation bien peu familière... Les résidus d'un entrainement se finissant à peine ? Ne penser à rien est tellement plus simple, tellement plus agréable... Juste, profiter de l'instant présent, devenir cet bribe intemporelle... C'est ce que je désire. C'est ce vers quoi j'aspire. J'ai trouvé la bonne combinaison, la bonne façon de détruire le moindre de mes doutes, ou du moins j'y crois au moins dur comme fer... Que représentent mes années d'existence, si je subis chaque seconde comme une torture décuplée ? Je préfère encore vivre 4 fois moins longtemps... si c'est le prix à payer, pour me sentir mieux dans ma peau...

Papa, Léo, Ryou, Oroshine... j'ai détruit le mur, à force de lui taper dessus... J'ai compris qu'il n'y avait aucune importance à l'atomiser en un coup... que chaque effort me rapproche un peu plus de l'objectif... Que chaque offensive altère sa résistance, toujours un peu plus... qu'il serait triste de s'arrêter en si bon chemin... Le prochain, c'est toi... et j'utiliserai tous les atouts à disposition pour te vaincre. Il n'y a plus de règles, plus d'honneur dans l'histoire. Je suis libre de ma cage, les chaines éclatent à tour de rôle... je ne pourrai plus me retenir bien longtemps... Laissons libre cours à ma créativité, à ce souffle destructeur. Le monde est ma proie et chacun de ses résidents ne représente rien de plus qu'une excuse à ma progression, sur la route que je me suis fixée... Nourrissez-moi de votre flamme. Préservez ma motivation, lorsqu'elle vient à faiblir, en me laissant vous éclater... Puisque seule l'adrénaline est en mesure de combler le vide, je vais m'assurer d'en produire toujours davantage... d'habituer mon corps à la supporter, comme il s'accoutume déjà à mon rythme de repos... Puisque la seule manière de gagner du temps est d'en perdre, qu'il en soit ainsi. Je fais le pari d'en tirer bénéfice, envers et contre toutes les attentes... Alors, continuant de marcher, au beau milieu cet aire ensablée, je l'entendis s'exprimer, me rapporter sa crainte, sur mon état à venir... Et, bien qu'elle s'avérait plus qu'en légitimité, de me formuler son conseil, je la fixai à mon tour, également par dessus l'épaule...

" Retiens. Je suis Blue Machina... l'Étoile Bleu... Je ne crains la percée d'aucune arme et transcenderai bientôt l'extrême limite de l'humanité... Just wait and see, the true limit... of Plus Ultra... " avouais-je avec sérénité, lui rendant son léger sourire, d'un bref et fier mouvement de lèvres.

Que la partie commence... Entamant la route vers ce grand complexe, je savais très bien ce qui m'y attendrait... Lorsque l'Aigle Royal prenait la peine de migrer, ce n'était pas pour changer son nid de si tôt... Ces prochains jours ne me laisseraient aucun répit. J'avais choisi d'emprunter la voie qu'elle m'offrait, d'une main tendue, donc je ne pouvais plus reculer... Dominons mes émotions, redevenons maîtres de celles-ci et créons un avenir qui nous conviendra... Un futur où je pourrai enfin vivre, sans devoir penser au lendemain... Que le plus opportuniste l'emporte... Claquant mes bottes sur le carrelage du Hall, je ne craignais de déranger les quelques chercheurs, encore éveillés... ni même de perturber le sommeil des autres résidents... Ici, c'est moi qui dirige. C'est ma tanière. C'est moi qui représente l'entité qui les fais vivre, par mon acharnement... Le Joker de l'armée... en compagnie de cette femme, me faisant face, les bras croisés et les jambes écartées... Mon ombre toucha la sienne et de notre échange visuel, débuterait bientôt notre pacte à long terme. Moi qui avais autrefois tant détesté le regard, qu'elle me portait constamment, je le percevais à présent tel un défi... Je vais la surpasser. Elle aussi... Je parviendrai à rugir plus fort que le lion. À surpasser mes craintes les plus ancrées, afin d'évoluer. C'est ce que tu désires toi aussi, n'est-ce pas ?... T'as pas besoin de me répondre. J'interprète désormais tes pensées, car elles représentent également les miennes. Nous sommes ensemble, au sein de cette galère. À nous deux, nous formons désormais la même entité, prête à toutes les combines, pour devancer le plus féroce des adversaires...

" ... Tu es consciente que je vais te pousser jusqu'à tes derniers retranchants et que tu vas souffrir comme tu n'as jamais souffert ?... "

" ... Oui... "

" Tu es bien en accord avec le fait que cette nuit va être la plus longue de toute ta vie, que tes pauses se compteront en secondes ?... "

" Oui. "

" Car à cette flamme, tu dois apprendre à lui imposer ta volonté, afin qu'elle ne s'affaisse, tu vas passer tes prochaines semaines ici. L'académie n'aura qu'à se contenter de nos certificats. C'est bien compris ?! "

" Oui ! "

" Alors, commençons ta totale reconversion... Je vais faire de toi le meilleur de tous mes soldats. Je vais t'apprendre à anticiper, à parer, à riposter, à transformer les évènements et ton environnement en une arme, dans le but de t'apporter la victoire ! Star, non, Blue Machina ! Montre-moi jusqu'où le zénith, de cette étoile montante, peut prétendre aller ! "

" OUI ! Au-delà du sommet de vos compétences, Aigle Royal ! " affirmai-je finalement, en grande pompe, avant qu'elle ne m'octroie, pour la première fois, un sourire délicieusement supérieur.



~ Fin du RP ~

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