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Pak-Jeong Kyumin

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Messages RP : 13

Feuille de personnage
Titre: Hamlin
Expérience: 55/500
Alter: Vermine
Rang D





Pak-Jeong Kyumin
Rang D
Jeu 14 Juin - 12:53
해충
"J'en reviens, et personne ne m'en a sorti."
PAK-JEONG "Hamlin" Kyumin
Alter
"Vermine"
Alter de transformation.
Kyumin peut se transformer en une nuée de rats noirs, chacun étant constitué d'une partie de son corps.
La nichée comporte un Alpha, le plus gros rat du groupe, qui porte la conscience de Kyumin, et d'une multitude d'autres rats plus petits qui lui obéissent.

Forces:
Le groupe peut, tant que l'Alpha peut communiquer avec, travailler de concert dans un effort complexe comme escalader un mur en formant une échelle vivante, ouvrir une bouche d'aération en la soulevant à plusieurs, ou se ruer sur un opposant.
Le point vital du groupe est l'Alpha uniquement, tant que celui-ci n'est pas tué, Kyumin peut survivre le temps de recomposer son corps.

Faiblesses:
Les capacités physiques des rats (y compris l'Alpha), leurs tailles et poids ne dépassent pas celle de leurs équivalents naturels.
Les membres de la nichée se comportent comme de simples rats une fois privés de leur Alpha sans consignes préalables (si lui est le cerveau, les autres sont la partie "automatique" du corps de Kyumin), ils restent en groupe et errent en essayant de retrouver sa trace.

Le nombre de rats détermine la portion du corps disponible, si la moitié est détruite, la forme humaine ne possède plus que la moitié de sa masse corporelle pour se reformer, et doit reprendre de la masse activement, par la nutrition et le sport, soit en cas d'extrême urgence (survie de l'Alpha seul), par la reproduction avec une ratte naturelle et attendre que la progéniture devienne assez nombreuse et mature pour recréer un corps viable (extrêmement maigre et fragile, et qui doit reprendre de la masse par lui-même).
Processus qui peut prendre des mois, un an, voir plus en fonction des dégats.

Kyumin sous forme rat ne peut plus communiquer verbalement avec les humains, et même s'il comprend le "langage" des rats naturels, il ne peut commander/assimiler que ceux qui sont issus de son propre corps (et donc partagent son bagage génétique).

La transformation n'étant que physique, les vêtements et autres objets portés ne suivent pas. S'il doit transporter quelque chose, l'un des rats doit le porter dans sa gueule.
Informations sur le personnage
NOM : Pak-Jeong
PRÉNOM : Kyumin
TITRE : Hamlin
AGE : 17 ans
NATIONALITÉ : Corée du Nord
GROUPE : Vilain
RANG : D
Avatar : Araragi Koyomi
CODE DU RÈGLEMENT : Le code est bon - Aslinn
Contenu 1
Contenu 2
Contenu 3
Contenu 4
Description physique
-Alors, Docteur, vous avez quoi pour moi?
L'homme en costume rayé ajusta ses lunettes et replongea dans son dossier.

-Notre homme a été repéré dans un petit hôpital de la région d'Okinawa, sévères blessures, un AVP.
-Un?...
-Accident de Voie Publique, un choc avec un véhicule de livraison d'après les témoins.
-Vous voulez dire que...
-Navré de briser vos espoirs, mais les maigres informations que nous avions ont tardé, et vu la lenteur de la procédure, le suspect a pu s'échapper avant l'arrivée des agents.
L'officier poussa un soupir, un de plus dans la longue collection de ceux qui se sont perdus dans l'air de ce bureau.

-Rien de nouveau sous le soleil donc...
Le bureaucrate fit une moue de négation.
-Pas tout à fait, j'ai quelque chose qui pourrait peut-etre vous intéresser. * il agite une chemise de papier chargée de quelques feuillets* Le rapport médical fait par l'urgentiste, ainsi que... *il en sort une envelloppe kraft* des photos, suite à l'accident, les équipes ont eu la vivacité d'esprit de prendre des clichés des blessures.
L'agent arracha presque la poche de papier des mains du spécialiste.

-Nom de Di..., vous voulez dire...
-Des photographies en haute résolution de votre cible, visage, corps, analyses sanguines, un beau tableau, mieux que tout ce nous ayons pu amasser depuis un lustre ou deux.
Il ouvrit l'enveloppe et posa les éléments sur la table.

-Homme, dans la vingtaine, peut-etre moins, la forme du visage et de nombreux éléments ethniques confirmeraient son origine coréenne, yeux marrons, cheveux noirs mal coupés, 1m70 pour 80kg, notre ami semble pousser la fonte le week-end *il montre un torse à la peau lésée, aux muscles affaissés par l'inconscience, mais bien dessinés*.
-Et porté sur le Close Combat, mon adjoint peut en témoigner...
-Mais ce qui m'intrigue le plus ce sont ces éléments-là. *Il lui tend les images d'un dos, bras fesses, et jambes constellés de cicatrices diverses, un gros plan sur un pectoral marqué d'un symbole inconnu.*
-Wow, bonjour les dégats, l'accident n'a pas pu provoquer ça.

-Non, elles sont anciennes, surment faites durant l'enfance. Celles-ci sont longues et fines, souvent croisées, marque typique de coups portés avec des objets comme des fouets, celles aux poignets et chevilles sont des marques de liens, des traces de brûlure de corde, ces cicatrices-là sont typiques de crochets de suspension...
Le symbole gravé sur le pectoral droit est un "Trois" coréen, marqué au fer rouge, l'âge et la croissance l'ont distendu mais on le lit encore bien.
-Un prisonnier politique?

-Aucun doute possible, il porte un tatouage sur le dessus de la main droite, semblable à ceux inscrits sur les libérés, même typo et emplacement. Mais au lieu de dire "Je vais être exécuté si je révèle les secrets", ça dit "J'en reviens, et nul n'est venu m'en sortir."

L'officier remercia l'expert et prit le dossier avec lui. Maintenant il avait un visage et un signalement précis, la chasse allait pouvoir commencer.
Description psychologique
-Bonsoir, Miss, dure journée?
-Bonsoir, agent, longue surtout, et comment va votre...
*L'homme leva légèrement son bras platré jusqu'à l'épaule*
-...rien de grave, l'affaire de quelques semaines. Vous avez pu avancer sur votre dossier?

La jeune femme regarda son écran.
-Le sujet "Hamlin", grâce aux éléments que vous m'avez communiqués, j'ai tenté de dresser un portrait psychologique de l'individu, vous voulez un récap maintenant ou je vous envoie le rapport plus tard?
-Allez-y.

Elle tira une chaise et y invita l'officier.
-Hamlin, nom civil Pak-Jeong Kyumin, originaire de Corée du Nord, issu d'une famille de prisonniers politiques.
Le grand-père, Pak Sagi, a profité d'un emploi en travaux publics pour enterrer et faire sauter une bombe artisanale lors du passage d'un haut dignitaire du régime. La peine prononcée fut le peloton d'exécution pour lui, et l'emprisonnement de sa famille dans un camp de travail.
La "peine des trois", trois générations devant payer le crime de leur aïeul.

J'ai recoupé la période de détention d'Hamlin avec des témoignages  de prisonniers libérés ayant pu passer au Sud, je ne vous cache pas qu'il y en a assez peu.
On a là un parfait exemple de personnalité dyssociale, une enfance et adolescence dans un environnement délétère, des violences et humiliations continues, l'épuisement mental et physique, ainsi qu'un esprit de compétition/prédation permanent.
-"Tuer ou etre tué"...
-Les rares bandes enregistrées que nous avons sur lui montrent quelqu'un de calme en apparence, qui parle de façon claire et distincte.
Sur celle-ci on le voit acheter un bouquet de pivoines dans un centre commercial, le soir à l'heure de pointe, la profondeur des cernes témoignent d'un manque de sommeil évident, surement des insomnies post-traumatiques, mais le visage est apaisé, et l'attitude très polie envers la vendeuse.
Pas de bijoux, piercings ou signes vraiment distinctifs. Il porte un pansement à la main droite, pour dissimuler le seul tatouage qu'il porte. Les mains sont abimées, le travail forcé a laissé des marques.
-Un apprenti dans un métier physique, fatigué par des journées chargées, qui se comporte civilement avec les gens et achète des trucs en sortant du boulot, je vous en trouve en bas de la rue dans le premier Konbini qu'on croisera.

-Pas d'essai de dissimulation, il sort à l'heure la plus chargée de la journée, visage découvert, un t-shirt manches longues et un pantalon, des sandales et un sac cabas en toile. Il fait tout pour se fondre dans la masse.
-"L'homme gris"
-Pardon?
-L'homme gris, c'est une technique de dissimulation passive. Ne présenter aucun  signe qui puisse vous distinguer de votre environnement. C'est différent du camouflage, pour se cacher même si on vous cherche, être gris signifie qu'on n'aura pas l'idée de vous chercher, vous ressemblez à tout le monde, donc vous n'êtes personne.
On est loin des tenues extravagantes d'autres super-vilains.
-Et c'est justement ce qui l'aide dans ses activités, tenter de le repérer dans la foule d'un supermarché aux heures de sortie de bureau, je ne vous cache pas que la tâche est ardue. Sachant que la moindre erreur en intervention dans cet environnement est susceptible de provoquer un mouvement de panique dont il peut profiter, il sait que policiers et héros sont en position défavorable pour gagner le temps de s'enfuir.
-J'imagine bien le chaos de 300 rongeurs qui déboulent dans les jambes d'une foule compacte,oui...
-Comme je disais, il ne semble pas avoir de limites morales, espionnage, trafic de drogues ou armes, assassinats, terrorisme, tout y passe. Mais pas de comportement de prédation, ce qui est étonnant vu son passif.
Dans le sens qu'il n'y a pas de victimes "gratuites", pas de braquage de superette ou d'agression spontanée sur un civil, policier ou héros. Même s'il semble être plus brutal avec ces derniers, ça a toujours été dans le cadre d'un affrontement bi-latéral, il veut s'enfuir, l'agent s'interpose, échange violent.
Il évite la confrontation directe tout en s'y préparant, en témoigne sa condition physique et ses connaissances en combat rapproché. Mais ses victimes ont toutes le point commun d'avoir été ciblées par un contrat, ou impliquées dans des affaires criminelles.
-C'est un Vigilant?
-Non, ça va de la pendaison d'un lieutenant de famille mafieuse ou un petit dealeur de quartier passé sous une voiture, à un banquier qui l'a engagé pour toucher l'assurance-vie d'une riche héritière.
Il ne fait aucune distinction, et ne semble pas tirer de plaisir de ce qu'il fait. Nous n'avons relevé aucun rituel ou actes trahissant des comportements psychotiques.
C'est son "métier", on le paye pour accomplir des actes criminels, il exécute, touche sa paye et repart chercher un autre contrat.
Il conscience du bien et du mal, mais contrairement aux vigilants n'a pas "une certaine idée de la justice", à ses yeux la vie humaine n'a pas plus de valeur qu'autre chose, ses traumatismes passés ont anesthésié certaines capacités comme la compassion ou la culpabilité.

-Les héros?
-Nous pensons qu'il les voit comme des adversaires vaniteux et hypocrites, le tatouage est assez lourd de sens. Il a grandi dans un véritable enfer complétement abandonné du monde, sa famille a été décimée, n'a pu compter que sur lui-même pour rester en vie, et a gagné sa liberté par sa seule force.

-Un gamin terrifié qui a prié pour qu'on vienne le sauver, et dont les appels sont restés sans réponse.
Histoire
La jeune femme se retourna vers l'appareil, la petite lueur rouge confirma son fonctionnement.
-On devrait être tranquilles un moment cette fois.
Kyumin se dirigea en claudiquant vers le réfrigérateur et en sortit deux petites bouteilles de verre, avec une moue de déception.
-De l'eau gazeuse?
-C'est une planque, pas un palace, estime-toi déjà heureux de pouvoir boire frais.
Le coréen s'installa difficilement sur le divan, sa compagne d'infortune prit la trousse de premiers soins rangée dans son sac à dos.
-Vire ce T-Shirt et tourne-toi, tu vas cradoter le canapé de tonton.
Il s'exécuta.

Son dos criblé face à son infirmière improvisée, le jeune homme grognait à chaque fois qu'elle retirait un éclat, les mettant dans un bol.
-On doit faire profil bas quelques jours, tonton nous enverra quelqu'un quand la piste aura refroidi. D'ici là, interdiction de sortir... Même pour toi.

Kyumin ne la voyait pas, mais sentait à l'intonation de sa partenaire qu'elle souriait, ça devait faire un moment qu'elle n'avait pas du sourire.

Un long silence s'installa.

-Dis, le rat, on a eu chaud, hein? Cette sortie, la fuite, le type avec ses shrapnels, c'était complétement ouf...
Tu... Enfin vu qu'on est là pour un moment... Tu pourrais me parler de toi?
Mon oncle t'aime bien, et tu m'as sorti de ce merdier, mais j'aimerais en savoir plus...

Le jeune homme  poussa un long soupir.
-C'est pas très joli comme histoire, tu vas pas aimer.
-Mec, je suis une pute, la gagneuse de tonton, je pourrais écrire des livres sur tous les trucs dégueulasses que j'ai vu ou subi. Je tente ma chance avec la tienne.

Il se retourna, Le visage tuméfié de l'apprentie soigneuse perçait d'un regard clair, malgré les marques de coups et de mauvais traitements, les cernes des nuits de cauchemar, elle était encore belle. Mais ce regard, ce regard, c'était le regard de ceux qui ont survécu à l'enfer. Kyumin eu un frisson.

-Ok, si tu veux.
Je suis né en prison, en Corée du Nord, dans un camp de travail. Mon grand-père avait plastiqué une grosse huile du régime, alors ils ont envoyé toute la famille dans un camp, après l'avoir fusillé. Trois générations de bannis pour laver le crime.

Ma grand-mêre n'a pas tenu un mois aux champs, ma mêre a eu la chance qu'on lui permette d'accoucher, et qu'on lui laisse son fils, pour avoir la troisième génération tu vois.
Mon père est parti à la mine, on ne le revoyait quasiment jamais vu qu'il travaillait sans relâche pour essayer de nous préserver, il a tenu 4 ans à ce régime, puis un garde lui a mis un mauvais coup, il ne s'est pas relevé.

J'allais à l'école le matin, si on peut appeler ça comme ça, où on nous rappelle sans cesse que nous sommes des criminels et que l'on doit purger nos fautes par une vie de travail et de loyauté, blablabla.
Et l'après-midi on nous crevait aux champs, je transportais du fumier dans des paniers, sur des kilomètres, sans eau, pour une pauvre galette de maïs bouilli.
Je m'en sortais un peu mieux que d'autres parfois, quand on m'envoyait chercher des plantes dans la montagne, j'étais doué, je dépassais souvent le quota, avec ma mère en otage dans le camp, ils savaient bien que je n'allais pas essayer de m'enfuir.
C'est comme ça qu'ils nous tenaient.

Il y avait les autres enfants aussi, on nous force à nous dénoncer, à nous entre-dévorer pour quelques miettes de pain.
Mes "camarades" m'avaient pris en grippe, je travaillais mieux en cueillette, alors les gardes les frappaient plus souvent, pour les motiver à me suivre.
Puis un jour l'un d'eux m'a repéré, quand je changeais de forme...''
Kyumin fit silence, de nombreuses images passant devant ses yeux, il prit une inspiration et se racla la gorge pour se reconcentrer.

''Quand mon alter s'est réveillé j'avais trois ans, ma mêre m'a battu comme plâtre dès que je me suis reformé.
Notre famille n'avait pas manifesté d'alter avant moi, j'étais le premier. Je ne me souviens pas très bien de mes premiers essais, toujours surveillé par ma mêre, pour éviter les gardiens ou pire, les autres prisonniers.
Je m'entrainais seul, quand j'étais envoyé dans la montagne pour les plantes, c'était le seul moment, je partais au loin, chassais les plantes et mangeais ce que je trouvais. Jamais pris, personne ne pouvait me trouver en pleine forêt, je savais même appâter les petits prédateurs avec un rat isolé, pour lui sauter dessus avec la nuée au complet...
...J'étais bon à ça.
Mais y a eu cette fois, ma mêre s'affaiblissait, alors que je toisais les autres enfants avec mon régime dans la montagne, j'étais fouillé à l'heure du retour de cueillette.
J'avais un don qui m'aidais à survivre, mais je ne pouvais pas en faire bénéficier celle qui s'évertuait à me protéger.

Alors un soir j'ai quitté le dortoir, en passant sous les planches, pour voler de la nourriture dans la réserve...
-C'est là que tu t'es fait repérer?

-Non, pire, j'ai réussi.
J'ai rapporté de la viande sêchée, tout ce que je pouvais emporter dans mes gueules, pour qu'elle reprenne des forces.
Elle ne m'a pas frappé en se réveillant, elle a pleuré en silence, englouti la viande et m'a giflé.
Je me souviens de cette fois-là, d'une main frêle et sans puissance...
Alors je suis sorti le soir suivant, et celui d'après, et encore après. Mais le dernier soir j'ai été imprudent, et je n'ai pas surveillé mes arrières.
Un gamin, comme moi, un peu plus petit, m'a vu me diviser. Il a hurlé. Il s'est mis à courir et je l'ai rattrappé en meute, il a basculé et je me suis reformé. Il continuait d'hurler alors que je matraquais son crâne à coups de poings pour le faire taire, J'ai frappé pour tuer, pour qu'il ne parle pas.
Mais rien à faire, quand il s'est tu, les gardes étaient sur moi, et on m'a jeté dans un trou...
Le gamin avait survécu, et m'accusais de cacher un alter. Ma mêre jurait que non. Ils m'ont torturé des jours, pour que je parle, ou que je me change pour fuir.
Soit le gamin mentait, soit c'était nous.''
Il essaya maladroitement d'ironiser sur le fait qu'il a toujours un petit orteil mobile, que c'était un élément de doute.
''Si je parlais, ou me changeais, nous serions tués, ma mêre et moi, pour avoir menti.
Si je tenais, impossible de savoir ce qu'ils feraient de nous après une telle accusation.
Si je fuyais, j'allais vivre et ma mêre serait tuée, ils l'auraient faite souffrir, ils savent bien faire ça.''
Le jeune homme pointa du doigt son dos meurtri, et marqua un silence. Bloqué dans sa parole, il regarda au loin, cherchant ses mots.
''Elle a choisi à ma place.
Ma mêre.
Elle s'est ouverte la gorge, au champ, avec une serpe. Pour que je puisse fuir...

J'avais douze ans..."

Il marqua une nouvelle pause, longue, trop longue. Sa compagne rompit le silence.

"-Fini, j'ai viré tous les petits bouts, désinfecté et pansé, bouge pas trop et ça devrait tenir. Par contre j'suis morte, et il est tard, on en reparlera demain ok?"

Kyumin opina du chef, continuer cette histoire demain.

De la fuite vers le sud, des vols pour manger, de la fuite perpétuelle, des mafias, du sang, de la douleur, de la survie...
Oui, on en reparlera.



Quelques jours plus tard

-Ho le rat ! T'es où encore ?

Le silence en seule réponse, la jeune femme fit quelques pas dans la pièce principale. Personne.
La lumière du matin naissant peinait à percer la pénombre par cette unique lucarne qu'elle fixa du regard.
Une couche de crasse ocre tapissait la petite vitre.

-''Il faut la laisser ainsi, qu'elle reste opaque, et pas de lumière électrique, compris ?''
Fit-elle en imitant l'intonation du coréen.

-C'est pour éviter les curieux, tu as tendance à attirer l'attention.

Kyumin se tenait dans le petit coin cuisine, servant un grand café, jetant un œil aux formes de sa camarade de planque, vêtue d'un seul grand t-shirt baillant de toutes parts, un vêtement de sport trouvé dans un des placards.
Restes d'un prédécesseur sûrement plus amateur d'haltérophilie que de ballet classique.

-Plains-t'en, dit-elle, amusée, en empoignant la tasse tendue. Tu es mal placé pour parler, Monsieur-je-finis-toujours-à-poil.
-Déjà vu des rats porter des caleçons ?
-Oui, rouge, si on va à Tokyo je te le présenterai, il est sympa, un américain.

Devant l'air ébahi de son interlocuteur, elle appuya ses dires en silence, haussant les épaules la main tendue vers lui, pour l'inviter à relever son mot d'esprit.
Rien.
Il gardait un regard figé, sa tasse à la main, sans bouger, tel un lapin pris dans les phares d'une voiture.

-Laisse tomber.

Elle se lova dans le fauteuil, et réceptionna une tartine grillée envoyée par son cuisinier improvisé, et un long moment les deux se regardèrent en silence, puis Kyumin détourna les yeux pour surveiller sa casserolle.

-C'est pas que je veuille critiquer ta popote, mais riz, azukis, boites de légumes et jus d'orange ça devient lassant, tu bouffais que ça à Séoul ?

Kyumin lança un regard à la jeune femme qui lui répondit d'un sourire. Il secoua lentement la tête d'un air amusé.

-Ouais, on vivait dans une sorte de squat, on passait par un ancien souterrain de maintenance.
Il y avait une salle, un peu comme ici, avec un gros placard où on entreposait les vivres et du pognon.
Mon mentor dormait dans un lit sommaire, un truc fait avec des planches et des coussins, j'avais galéré pour rapporter un clic-clac en pièces détachées.
On avait tout nettoyé et tiré une dérivation pour avoir l'électricité, on était pas mal, pour une planque dans un ancien égout.
-Un égout ? Comme les Tortues ?...Laisse...
-...Je connais les Tortues, j'avais même le jeu, qu'est-ce que tu crois ? C'est Glitch qui me l'avait offert.
-C'était ton mentor tu m'avais dit, la nana bizarre qui t'as tout appris.
-Exact, c'est elle qui m'a trouvé à Séoul, plus ou moins...
En rapide, j'avais découvert une planque, j'avais quoi?Treize ans ? Enfin bref, il y avait personne et j'ai essayé de piquer quelques trucs, nourriture, un peu de fric, ce genre de trucs.
Et elle m'est tombée dessus, je ne l'avais pas repérée, elle a ''glissé'' sur moi, et m'a rattrapé, j'ai voulu me changer pour fuir mais même en forme rat, elle m'a coincé.
Une lame appuyée sur moi sur le sol d'une chambre miteuse, j'ai cru qu'elle allait me tuer.
Elle m'a forcé à redevenir humain. J'étais coincé sous elle, sans armes, sans habits, sans courage, noyé dans les supplications et les pleurs, et elle m'a lâché en voyant mes cicatrices.
''Sorti de ta cage, hein, petit rat ?''

Elle avait trouvé un certain potentiel chez moi, selon ses dires, mais j'étais un ''Gamin sans cervelle, inutile et maladroit''. Contre ma vie, elle m'a offert un boulot.
Je n'avais nulle part où aller, après tout.

Je ne sais pas comment elle s'appelait en vrai, son surnom c'était Glitch, parcequ'elle semblait glisser quand elle attaquait, un vrai fantôme. Elle m'a tout appris.

***

''Tu es un animal. Tu dors, tu manges, tu chies. Rien de plus. Maintenant que tu es à moi, petit rat, fini le parasite, tu vas m'être utile.
Je vais te dresser.
Tu vas apprendre, dans la douleur, mais tu vas apprendre.''

***

-''Et j'ai appris, durant trois ans. J'ai partagé sa vie, à la suivre dans les quartiers. J'ai appris à me cacher, à savoir où et quand aller et venir avec le flux des foules, et le japonais, vu que Glitch venait de chez vous.

Il y avait les contrats. Les chinois pas mal, ils payaient bien. Les locaux pas trop, ils préfèrent rester entre eux, pas les meilleurs clients.
Et les japonais.
J'apprenais avec mon mentor, formation accélérée, pour parler avec les clients. Je lisais, je regardais des films, et on jouait sur une vieille console d'une époque lointaine.
On pouvait passer des nuits entières sur notre jeu, à jouer des flics en jeans qui tabassent des punks, assis sur le clic-clac, avec notre télé carrée.

Elle était bizarre, Glitch, changeante. Très.

C'est aussi elle qui m'a formé au corps-à-corps, comme je peux quasiment pas porter d'arme avec mon alter, on s'est concentrés sur la technique.
Et bien sur la puissance.''

Kyumin écarta les bras, il était torse nu, avec un air faussement supérieur, exhibant une silhouette athlétique.
La jeune femme pouffa de rire, le traitant de vantard.

-Plus sérieusement, elle m'a plus appris à utiliser mes capacités sans mon alter qu'avec, la nuée de rats je l'ai développée au fur et à mesure du temps.
-Et c'est quand, tu sais, la première fois que tu as du tuer quelqu'un ?

Il ne répondit pas de suite. Et prit un air grave.
-Très tôt, un japonais. Un petit escroc qui avait doublé un yakuza.
On l'avait eu facilement, il était complétement ivre, seul, et Glitch l'avait attiré dans une ruelle. Elle n'était pas très belle, mais ''la faim revoit les standards à la baisse''.
Elle m'a posé un ultimatum après l'avoir battu à mort, du sang sortait des ses oreilles et de son nez.
Soit je l'achevais avant qu'il ne passe l'arme à gauche, soit il canait de lui-même et mon mentor m'abandonnait à mon sort, quitte à revenir me tuer si j'essayais de la retrouver.

Quand j'ai frappé avec le couteau, Glitch m'a embrassé et on est rentrés à la maison.

Pour la petite histoire, je n'ai jamais vraiment su s'il était agonisant ou déjà mort quand j'ai enfoncé la lame dans son torse...''

Il se remit à sourire et vida sa tasse d'un coup sec, avant de tendre la main en direction de celle de la jeune femme.

-Je t'avoue là, je n'ai plus trop envie de parler, et ton café doit être froid...

Sans mot dire, elle posa sa tasse, pris la main du coréen, et l'entraîna avec elle sur le fauteuil

-Alors ne parle pas...





Fin de planque

-...Non, garde la main ouverte. Intérieur. Extérieur en remontant... Gorge... Genou plié. Appuie avec ta hanche, pas ton épaule. Voilà.
Maintenant, le mouvement en entier, vas-y.

Dans un souffle, sa partenaire l'attrapa en retournant sa prise, et le fit basculer violemment sur le sol.

Sblam!

-Hung ! Bah voilà, t'as pigé le truc. Allez pause.

La jeune femme haletante opina du chef, Kyumin se releva et se dirigea vers la cuisine en s'étirant. Il prit la théière et la remplit d'eau, avant de sortir une boite métallique bleue d'un placard, d'où sortit à l'ouverture, une douce odeur de bergamotte.

-Enchaîne le plus possible, si tu viens au contact, frappe et projette, ne laisse pas respirer l'adversaire, sonne-le et fuis.
-Ok.

Elle fit une pause.

-Merci au fait... De m'apprendre...
-Pas de quoi. Tonton m'a payé pour te mettre à l'abri le temps qu'il revienne au Japon, si tu peux te défendre seule, ça me facilite la tâche.
-Oui, c'est vrai... La mission.

Le coréen vit un regard de déception de sa compagne, cela faisait deux semaines qu'ils vivaient enfermés dans cette chambre cachée, partageant des histoires, des entraînements, et quelques moments de plaisirs partagés.
Tout était simple, mais éphémère.
S'il y avait bien une règle importante à suivre dans ce milieu, c'est que l'affect n'y a pas sa place, l'entente, la complicité, le sexe, peu importe, tant que tout reste détachable.
On ne peut pas fuir avec un boulet aux pieds.
Il ne répondit pas.

-C'est pour ça que vous êtes séparés avec ton mentor ? Pour ne pas trop vous attacher ?

Kyumin servit les tasses de thé avec un sourire moqueur aux lèvres.

-Elle était malade, depuis le début. Un truc aux poumons, impossible à soigner. C'est peut-être pour ça qu'elle m'avait choisi.
Sa manière tordue de "passer le flambeau".
On a navigué quelques fois entre la Corée et le Japon pour affaires, et j'ai fini par me baser ici en priorité, même si vous payez souvent moins, vous savez être plus discrets.  
Elle est morte il y a deux ans, mais elle a eu le temps de me faire entrer dans le milieu par la petite porte, et dieu sait que les yakuzas sont des gens selects dans leurs fréquentations...

Il s'arrêta, un bruit de portière venait de se faire entendre. Il fit signe à la jeune femme de se décaler dans la pièce, et se plaça derrière la porte. Couteau de cuisine dans une main, le regard rivé sur l’œilleton, il scruta l'étroit couloir où apparut un colosse d'âge mûr en costume.

Il est là.

Le gorille argenté frappa à la porte. Le travail était bientôt terminé...




Deux mois plus tard

Assis au bar, Kyumin regardait distraitement la télévision depuis son tabouret, une pinte de bière à la main.

-Bonsoir Monsieur.

Il se retourna, et vit un gamin aux cheveux courts, tenant un petit colis tendu dans sa direction.

-On m'a dit de vous donner ça.

Sans mot dire, le coréen prit le paquet et tendit un billet au petit coursier qui s'inclina avant de s'éclipser.
Le paquet était léger, papier kraft. Il révéla un petit téléphone portable, les GSM à très bas prix sorti des rayons d'un buraliste quelconque, avec une carte prépayée rechargeable en liquide.
Non sécurisé, avec un seul numéro inscrit sur le répertoire.
Le tout accompagné d'une carte, un coupon de papier épais noté au stylo rouge.
Un symbole simpliste fait de trois simples ronds griffonnés.

La tête d'une célèbre souris...


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Sam 23 Juin - 23:54


« Fiche Validée ! »

Admis au sein des Vilains , au rang D


Enfin ta validation ! Mais avant de commencer à nous conter tes récits et aventures fascinantes avec les autres membres du forum, il va te falloir :

→ Recenser ton avatar. (Ici.)

→ Faire une fiche technique. (Ici.)

→ Faire une fiche de Prouesses. (Ici.)

Encore bienvenue et bonne aventure à toi parmi nous !


«Plus Ultra !»


Codage par Saphira pour EPICODE
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