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Je peux peut-être vous aider...? | solo

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Oroshine Takane
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Sam 30 Juin - 19:51
    22:15, Hosu, Tokyo.

    La ville brille de milles feux dans la nuit tombée depuis quelques heures déjà. Les routes restent animées à Tokyo, même qu'après le coucher du Soleil, une toute nouvelle population semble s'emparer des rues. Plus joviales que jamais, elle déambule, entre et sort des enseignes nocturnes, certains encore moins fréquentables que d'autre. Et pendant ce temps, au siège de la Takane Corps, une légère tension pèse l'atmosphère. Nous sommes dans le bâtiment administratif, monsieur Perkins et moi, afin de régler une affaire problématique et qui dure depuis maintenant trop longtemps. Des choses manquent au dépôt, parfois des machines entières parfois des pièces détachées. S'il s'agit d'un vol perpétré par un interne, les sanctions seront des plus sévères, mais s'il s'agit d'un petit malin externe je ne donne pas cher de sa peau. Père a du mal avec la criminalité, il s'est toujours montré dur devant les actualités qui traitaient de l'arrestation de vilains ou d'autres malfrats. Il leur crache dessus encore plus depuis qu'ils avaient pris la vie de sa femme.

    A mon sens, cette affaire était une insulte. Une insulte à l'empire bâti par la sueur et les efforts de mon père ! Nos sécurités sont revues à la hausse chaque année, suivant de très près les progrès technologiques de nos propres locaux, comment est-ce que l'on peut encore se faire cambrioler ?! Remonté, j'assistais Perkins pendant qu'il houspillait les deux imbéciles qui se trouvent généralement dans la salle vidéos. Sur plusieurs écrans en couleurs ternes, l'on pouvait voir de multiples passages importants de l'ensemble de nos terres. Des plans larges permettaient de ne rien rater dans les pièces les plus vastes, et les couloirs labyrinthiques possédaient quant à eux des caméras dans plusieurs coins stratégiques. Dans la réserve elle-même, au moins six caméras permettaient d'avoir l'oeil à tout moment sur l'endroit, même si les grandes étagères et les piles de matériel ne rendaient pas la tâche plus facile. Et pourtant, ça s'est produit. Sous leur nez, apparemment. "On n'a rien vu d'anormal." plaidaient-ils, pendant que je jetais un oeil aux bandes. Avec l'aide de deux autres gardes demandés en renforts pour inspecter les lieux, le majordome est allé à la chasse aux indices, cherchant à trouver des traces d'intrusion et d'éventuelles pistes vers le voleur. Il m'avait donné un petit dispositif d'enregistrement à ajouter à mes lunettes : avec ce dernier, je pourrais garder la trace de toute mon enquête de mon côté, pendant qu'il enregistrait la sienne. Après avoir visionné seulement cinq minutes de vidéo, je frappais du poing sur le bureau, manquant d'écraser le clavier.

    « Evidemment que vous n'avez rien vu ... Je faisais une manipulation en apparence compliquée, cliquant ici et tapant deux touches pour révéler la supercherie. Le voleur a piraté le système..!! Et en beauté, en plus ... je chuchotais cette dernière phrase, en contemplant le travail du criminel. Il avait fait en sorte que les caméras repassent en boucle des séquences passées pour camoufler son intrusion. Non seulement il a réussi à hacker nos systèmes caméras pendant une bonne demi-heure mais en plus il l'a fait sans que nos pares-feu ne servent à quoi que ce soit.. Tsch.. il serait temps de revoir nos programmes informatiques... »

    Je me lamentais à cet instant même de mes compétences modestes en informatique. Plutôt axé bricolage, je n'avais que peu d'interaction avec les ordinateurs - je savais par ailleurs qu'il s'agissait d'un point fort de Sasaki, son aide m'aurait été fortement utile dans un cas comme celui-ci. M'enfin, il va falloir se débrouiller seul. Heureusement j'ai pu - un peu tard, je l'avoue - déprogrammer le hack afin de retrouver l'affichage en temps réel. Enfin, j'ai eu le temps de douter quand, au niveau d'un écran de la réserve, j'apercevais une mystérieuse silhouette visiblement en pleine expédition entre nos étales. J'ai cru à une erreur de ma part, qu'il s'agissait d'un enregistrement ultérieur et non du présent, mais la date et l'heure affichée en haut à droite me faisaient tilter. *Crap...!!*

    Sans prévenir mon partenaire et majordome, je me précipitais à travers le bâtiment pour prendre l'ascenseur jusqu'au niveau 2. Là, une passerelle qui me semblait interminable malgré le rythme soutenu de ma course me menait droit vers le bâtiment dédié au stockage de nos ressources en vrac. C'était plutôt sombre, surtout le soir, quand il n'y avait aucun employé en train d'arranger et de réarranger les stocks, mais une lumière qui s'enclenchait grâce à un détecteur de mouvement me permettait de confirmer qu'il y avait bien un rôdeur dans les parages. Heureusement que je suis toujours équipé et que je ne quittais pas mon Leiscepter ni mon sac à dos ... Je ne suis pas supposé me battre dans l'enceinte de la Takane Corps mais sait-on jamais, avec ces criminels l'on doit s'attendre à tout...

    Alors je me suis glissé furtivement dans la grande salle en m'orientant vers des bruits métalliques, mon oreille y est familière, c'est le bruit d'un marteau sur un écrou trop bien vissé ! L'on est souvent tenter de résoudre les problèmes par la force, même en ingénierie, l'on trouve parfois son bonheur en tapant sur le problème. Je profitais donc que l'intrus soit occupé pour arriver dans son dos sans qu'il ne me remarque... enfin, elle !

    Oui, c'était une demoiselle. Elle était là, accroupie face à l'une de nos machines en train d'en extraire des pièces avec ses propres outils. Les lunettes sur les yeux pour ne rien rater de l'identification du coupable, je la regardais de haut en bas pour capturer sa chevelure ébouriffée et toute blanche, son habit très rudimentaire et typique des garages urbains, sa peau grasse, tâchée de poussière et d'huile de moteur et même la ceinture d'outils qui était trop lâche autour de ses fines hanches. Après une petite minute voulant voir jusqu'où est-ce qu'elle irait sans me remarquer, je m'éclaircissais la gorge pour capter son attention.

    « Je.. peux peut-être vous aider..? dis-je sur un ton sévère. La jeune fille ne s'est pas retournée tout de suite. Non, elle a préféré terminer de dévisser ce dont elle avait besoin avant de se lever. Elle me faisait face en souriant franchement, s'est frotté les mains et s'est exprimée sur un ton enthousiaste.
    - Ah, excuse-moi je t'avais pas vu ! Ce pot d'échappement était un peu rebelle ... C'est super que tu sois arrivé, tu pourrais me donner un coup de main pour le second ..?
    - Qu.. A qui est-ce que tu crois que tu parles ?! Je lançais, outré qu'elle soit si à son aise dans son délit.
    - Quoi ? T'es pas un employé, ici ? L'inconnue faisait preuve d'une audace désobligeante, continuant dans son attitude sarcastique. Oh pardon, c'est qu'avec ton accoutrement j'ai cru ...
    - Tu t'adresses à l'héritier de la Takane Corps, la compagnie que tu es présentement en train de voler !! Tu es sur une propriété privée, je vais devoir te demander de laisser ce que tu as pris et de quitter les lieux ou alors ...
    - Ou alors... quoi ? coupait-elle, apparemment amusée par ma colère. Elle s'est ensuite lancée dans un fou rire maniaque. Hystérique. Je voyais la demoiselle être hilare face à une situation des plus sérieuses, l'incompréhension me gagne forcément. Quelle genre de folle est-ce..?! Regarde toi, avec ton ton autoritaire et ta bouille d'agneau..! Aie au moins un peu de cran et bombe le torse, bon sang ! Enchanté monsieur l'héritier, moi c'est Hasuike aka Weapon Architect, tu connais ? Ecoute j'ai des choses à faire mon mignon, je n'ai pas le temps de papoter avec un larbin ! Elle me narguait tout en agitant un tournevis tiré de sa ceinture, elle semblait menaçante et prête à se défendre si je tentais de la prendre par la force. En réponse, je dégainais mon sceptre et montrait autant d'hostilité qu'elle à son égard. Son visage n'était plus enchanté.
    - Qu'est-ce qu'il y a ? Je ne suis plus si mignon, right ? »

    Elle soutenait mon regard. Quelques temps sont passés pendant lesquels nous nous opposions des yeux. Je véhiculais toute la détermination de l'apprenti héro, Mechanoclad, pendant que miss sarcasme avait l'air révoltée. L'insoumission, le propre du vilain face au justicier, le discours qu'on leur donne pour qu'ils aient l'occasion de repenser leurs choix est si souvent négligé... Les méchants devraient apprendre à reconnaître leurs torts et/ou la défaite. S'ils se rendaient juste tranquillement quand ils étaient pris en flag, le monde se porterait nettement mieux. Mais non, la voilà qui serre son tournevis, visiblement désireuse de passer à l'attaque. Elle s'apprêtait même à venir la première quand on entendait du monde dévaler les marches jusqu'à la réserve. Ce devait être les gardes ou Perkins, voire tout le beau monde, après tout nous étions dans la ligne de mire des caméras et ils voyaient toute la scène là haut. Quoiqu'il en soit, leur arrivée imminente avait provoqué une seconde d'inattention. Une précieuse seconde, puisque mademoiselle en a profité pour filer.

    A priori elle était bel et bien capable de reconnaître la défaite. Elle savait que les choses n'iraient pas en sa faveur si elle restait et a préféré s'enfuir même si, je le sais, l'envie de m'affronter était bien présente. Elle n'a jamais refusé l'affrontement, elle semblait même impatiente de l'initier ! Cette folle... Hasuike ? Je ne comptais pas la laisser s'en sortir. La prenant en chasse brièvement entre les étagères, elle réussissait pourtant à me semer, prenant même le temps de me lancer quelques dernières paroles.

    « J'aurais bien voulu te tester, Héritier .. mais il semble que le courant passe.. mal ici.. »

    D'une pression sur un bouton qu'elle tenait dans la main, l'ensemble de la pièce sombrait dans l'obscurité. Un blackout ?! La fugitive avait de sérieuses capacités en électronique, quel genre de voleur sait s'introduire et naviguer librement dans tout un système ..?! Cette fille est plus intéressante qu'elle n'en a l'air, peut-être que ...


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Oroshine Takane
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Sam 30 Juin - 22:31

    *Hasuike-chan ...*

    Je me remémorais ce dernier sourire, dernier souvenir de son visage avant que l'entrepôt ne vire au noir. C'était un sourire narquois, fier et pourtant intriguant. Je crois que c'est dans ses yeux, oui, ils ne sont pas nets. Je suis un gentleman voyons, un gentleman se doit d'être capable de lire dans au moins quatre langues, incluant le body language ! Dans ses yeux écarquillés, écarlates véhiculant parfaitement le grain de folie qu'il y avait en cet être ahurissant, je pouvais lire le plaisir presque sadique que cette fille avait en me devançant coup pour coup. Avant de partir, c'est presque comme si elle me provoquait... tsch ... Je ne suis pas un macho, mais j'ai également ma fierté ... Elle se joue de moi ? Elle n'est pas au bout de ses surprises ...

    Alors qu'elle pensait se faire la belle en ayant plongé tout le monde dans les ténèbres, j'étais là à lui coller aux basques, ayant activé la vision nocturne de mes précieuses lunettes. Celles-ci étaient un autre exemple de ces objets de la vie quotidienne devenant d'efficaces outils de combat. Je n'avais pas encore porté de sérieuse attention aux lunettes de soudures mais il me semble qu'elle mériterait une promotion. Sans elle, cette folle dingue aurait filé à l'anglaise. Je pouvais voir clairement mon chemin à travers le labyrinthe d'étagères et de containers, de machines et de ferraille. Il y avait même des obstacles sur la route, transformant notre course poursuite effrénée en un jeu, a dangerous game of tag. Si j'avais décidé de foncer tête baissée sans cette fameuse vision nocturne, combien de fois je me serais blessé contre les crochets qui pendaient, les boites remplies de clous qui n'attendaient qu'un simple choc pour nous tomber dessus ... La journée, le dépôt était un dépôt. Le soir, à priori il devenait une épreuve du combattant, un parcours parfait pour un apprenti héro tel que moi. Mais elle...? Comment est-ce qu'elle se dirige ? Son alter...? Elle a tout l'air d'une mécanicienne, elle aussi ... se pourrait-il...?

    Ah.. la voila ! Elle tente de s'enfuir en soulevant le rideau de fer..! Avec ses petits bras, elle ne pourra pas s'en aller à temps si je fonce...! Hein..? Elle sort de sa sacoche une sorte de petit robot aux bras en forme d'accordéon de métal. Comme une sorte de cric hydraulique, le robot forçait l'ouverture avec une facilité qui me laissait bouche bée. Elle était vraiment préparée pour ce casse ... qui est-elle .. !

    Mais elle ne m'échappera pas. Je fournis un effort considérable dans ce sprint, mais il me vaudra le passage. J'ai dû glisser au sol pour passer in-extremis, comme dans les grands films, mais je suis passé. Là je regardais en haletant le dos de la fugitive qui prenait de l'avance. *Dammit ...!*

    C'était bien le moment de réaliser que je manquais d'aptitudes physiques. J'ai peut-être vraiment trop négligé l'entraînement ces derniers temps ... J'ai préféré m'enfermer à l'atelier quand je n'étais pas en cours ... Je le paie ! Sans me décourager, je reprenais la traque de plus belle en poursuivant la fille aux cheveux blancs à travers des rues et ruelles de plus en plus éloignées de la maison. Je ne risque pas de me perdre, mais je pourrais tomber dans un piège ou une embuscade ... Il est vrai que je ne sais rien de cette Hasuike, qu'elle ne m'inspire pas grand chose sain et qu'en plus, c'est une voleuse ! De toute manière, j'affronterai toute sa clique si cela lui passe l'envie de voler chez nous..!!

    Alors que je tenais la distance, miss Weapon Architect prenait un virage sec menant sur.... un cul-de-sac ..?! Je jetais un oeil à droite, puis à gauche, ne voyant aucun signe de passage secret par lequel elle aurait pu se dérober. Mais j'entendais bientôt un sifflement... au-dessus. Je levais la tête et le tableau me semblait presque esthétique. Dans une pose toujours des plus provocatrices, l'adolescente exhibait des chaussures modifiées, pas bien différente du genre d'équipement que je fabrique moi-même.

    « C'est toujours toi le chat !
    *Tsch.. child play. * »

    Elle criait depuis le toit du bâtiment formant l'impasse.
    Ainsi j'avais raison, c'est une mécano. Et une douée visiblement, quel gâchis... Penser qu'un tel potentiel soit gaspillé dans du vol de bas étage ... L'on pourrait en faire de grandes choses chez nous, mais je crains que ses crimes ne passeront pas inaperçu. Elle sera jugée pour ce qu'elle a fait et je serais celui qui la délivrera aux autorités. Son petit jeu ne durera pas longtemps ! Je souriais en coin pour répondre au sourire hystérique qu'elle montrait, elle. Cette idiote me sous-estime !

    J'enclenchais mon fidèle jetpack pour m'élever lentement mais sûrement jusqu'à la surplomber de quelques mètres, la forçant à lever la tête plus haut. La Lune était de mon côté, un ciel tacheté en arrière-plan devait rendre sa perspective encore plus agréable, si mademoiselle était comme moi une amatrice du beau.

    « Game Over. Continue ? Ten ... Nine ... Eight ... j'imitais le traditionnel écran de game over que l'on subit lors d'une défaite dans un jeu vidéo. Une référence qui eut le mérite de la faire glousser.
    - YES ! »  Elle criait, de plus en plus excitée par le jeu.

    En même temps qu'elle reprenait sa lancée à grande foulée, je voyais sa vitesse augmenter considérablement. Ca, ce n'est pas son alter. Non, des roues se dévoilaient sous ses semelles à chaque fois qu'elle levait les pieds. J'étais en quelque sorte heureux que tout ça soit enregistré par la caméra embarquée. Je pourrais visionner ses performances plus tard histoire de m'en inspirer ... non ... De l'améliorer. Parce qu'il y a toujours de la place pour le progrès.

    Si elle pense me semer avec des rollers, elle se trompe lourdement, car mes propulseurs me permirent facilement de la rattraper, fusant au-dessus d'elle sans la dépasser. En réalité, je ressentais moi aussi un certain plaisir dans tout ça... Je me sentais également un peu coupable pour ça, je ne devrais pas prendre les vilains à la légère ... Je joue peut-être ma vie là dedans ! Mais je ne fais que mon devoir après tout, si je parviens à localiser le QG de cette voleuse je pourrais peut-être mettre la main sur la totalité de son butin. Restituer un lot d'objets volés ferait une distinction intéressante pour ma future carrière de héro ... Ca n'est pas tant l'appel de la gloire qui me tente mais l'opportunité que j'ai de résoudre un mystère. Les héros travaillent en parallèle de la police, il est alors normal qu'un apprenti s'entête à les assister dans leur travail n'est-ce pas... Mais ça n'est pas correct.. Je ne veux pas non plus que mes actions en déclenchent d'autres de mauvais augures... Oh, la voilà qui dévie de sa trajectoire pour entrer en fracas dans une sorte ... de hangar abandonné ? Oui, je le connais, il était possédé par une usine de lait ! Elle a fermé il y a quelque temps, tu m'étonnes que ses locaux soient sujets à du squattage..!

    A partir de là, j'avais besoin de toute la concentration du monde. Parce que pénétrer un territoire ennemi n'était jamais safe. Encore moins lorsqu'on y a été mené, volontairement. Hasuike avait clairement l'intention de voir si je comptais la suivre, tout le long elle s'est assurée que je ne la perde pas de vue ... Je soupçonne de plus en plus la thèse du piège ou de l'embuscade d'être vraie ... J'ai du perdre mon téléphone dans le dépôt pendant la course d'obstacles, je ne l'ai plus dans la poche ! Je ne pourrais pas appeler monsieur Perkins pour qu'il puisse venir avec les renforts. Ah .. qu'est-ce qu'un gentleman ne ferait pas pour sa société ..!

    Je me posais pour entrer furtivement par une porte en hauteur. Verrouillée. Au diable la furtivité, then. Je l'enfonce d'un bon front kick comme un policier du raid en pleine perquisition. Seul. Sans fusil, ni gilet pare-balles, ni bouclier anti-émeute. Bref, je n'avais que mon cran et mes gadgets d'étudiant pour me sortir d'une mauvaise passe si jamais je me suis lancé droit dans la gueule d'un loup sournois et affamé.

    Mais le hangar était si abandonné que l'intérieur poussiéreux et lugubre était totalement silencieux. Enfin le vent faisait frémir des chaînes qui étaient là, désolées sur des poutres au plafond comme de vieux serpents attendant que la faim ne les emporte. Autrement, pas un bruit. J'explorais à tâtons et à pas de félin pendant que les mâchoires du loup se refermaient progressivement. Je le pressentais, mon coeur battait si vite dans ma poitrine que je me croyais dans un de ces films d'horreur, où l'ambiance est faite de sorte à ce que l'on se sente en danger avec les personnages. Sauf que là, j'étais un personnage. Une lumière isolée attirait mon attention au fond de la pièce. Fébrile, elle grésillait un peu mais that was my best guess. Alors je m'en approchais. Elle était bien là, Hasuike. Se tenant debout, de dos, comme si elle m'attendait effectivement. Quelle andouille ... il était trop tard pour faire demi-tour, j'étais déjà pris... Je continuais à avancer pour découvrir mon sort quand, à ma grande surprise, je sentais un objet venir me frôler l'arrière de la tête. Quand il s'est pressé contre mon crâne, j'ai compris qu'il s'agissait du canon d'un pistolet. Quelqu'un me tenait en joue dans le dos. J'avais bien raison, Hasuike me tendait un piège. Son complice n'attendait que ça, de me prendre par surprise à revers.

    «Si tu fais un geste je t'explose la cervelle. » son ton froid et calme me glaçait le sang.

    Vais-je mourir ici..? Personne ne risque de venir me sauver ... Je suis en fâcheuse posture, je ne peux même pas me sauver moi-même...? Réfléchis Oroshine, sers-toi de tes méninges, aller ...

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Oroshine Takane
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Dim 1 Juil - 11:22
Je mettais les mains en l'air. Dans la plus grande confusion, je n'avais pas idée du pétrin dans lequel j'étais. C'est comme si je flairais encore une échappatoire, un dernier recours ... Après tout je n'étais pas venu à découvert ... Mais si je faisais le moindre geste brusque, même rien que pour gratter le sourcil qui me démangeait à l'instant même, je me retrouverais avec une balle logée dans la cervelle. L'idée ne me plaisait guère, je dois avouer que j'avais même peur. Je me souviens de cette fois, lorsque nous étions des enfants, quand ces deux voyous nous ont tenu en joue de la même façon. J'avais un revolver braqué en pleine poire et mes deux compagnons Nolan et Makomo n'étaient pas d'une très grande aide; c'est à peu près pareil. Sauf que cette fois je n'avais même pas les sanglots des autres pour me rappeler que je n'étais pas complètement seul ... Dans ce sinistre entrepôt j'étais à la merci des voleurs.

Hasuike était très fière d'elle, apparemment. Un large sourire toujours aussi délirant qu'au départ éclairait son visage crasseux... J'avais bien envie de lui cracher dessus, si seulement mes bonnes manières ne forçaient pas ce trop-plein de respect pour la femme chez moi. Haha quelle ironie ! Toute ma vie, j'ai pris grand soin à être un amour envers elles, quelles qu'elles soient. Les plus vieilles qui devaient traverser une route dangereuse, les plus jeunes qui voulaient récupérer leur cerf-volant bloqué en hauteur, je n'avais jamais refusé de venir en aide aux femmes sans distinctions. Et aujourd'hui, voilà qu'une était la cause de ma défaite et peut-être même de mon trépas. Non pas que je regrettais ma noble étiquette mais j'aurais aimé un poil plus de reconnaissance de la part du mystique "Girl Power" dont j'ai tant entendu parlé, du temps où mère était encore parmi nous. Activiste dévouée pour le droit de la femme et tout ce qui suit, elle m'avait raconté en détails toute cette alchimie mystérieuse qui liait une femme à une autre, même si elles en se connaissaient pas. Est-ce que c'est ma condition d'homme qui marquait mon infériorité ici...?

Elle était amusée. L'adolescente aux cheveux blancs s'approchait en applaudissant de façon sarcastique, presque comme si elle me félicitait pour mon inconscience. Je n'aurais pas dû foncer ici seul ...!!

« Bravo, bravo ! Ca fait longtemps que je m'étais pas autant amusée !! Faut dire que tu n'es plus très sportive toi, hein Kaede ? Elle s'adressait à son complice. Kaede, hein ?
- Tais-toi, espèce de folle, à quoi tu pensais ?! Mener quelqu'un droit jusqu'à la maison... Tu comptes lui soutirer quelque chose ? Dis-le ! Que je puisse presser la gâchette, qu'on en finisse ! L'autre semblait s'impatienter et même être contre tout le plaisir que prenait la première dans cette machination. Elles démontraient deux personnalités assez différentes et opposées, quand l'une avait plus l'air d'une grande enfant, l'autre se montrait plus... réfléchie ? Quoi qu'il en soit, elles parlaient de moi comme d'un gêneur, je suis fait...
- C'est bon, calme-toi soeurette. Et baisse moi cette arme là, bonjour l'accueil ! Elle s'avançait jusqu'à ce que cette Kaede obéisse et me retire ce canon de la nuque. Tout va bien, c'est pas un mauvais type. On jouait juste un peu, tu sais comme au bon vieux temps.
- Tsch ...
- Monsieur l'Héritier, je vous présente ma grande soeur, Kaede. Elle faisait les présentations avec son sourire aliéné pendant que l'autre fille tirait une mine des plus irritées. Quand je l'ai vue, je me suis appliqué à la balayer du regard, de haut en bas et lentement, pour que rien n'échappe à la petite caméra-espion. Une fille à peine plus grande que Hasuike, avec des cheveux longs et rouges éclatants cette fois. Son visage était plus propre mais son teint pâle laissait présager qu'elle n'était pas en bonne santé. Et comment l'être, si j'en crois leur conversation, ce trou à rats est leur "maison"...? Des cernes profondes et très noires creusées sous ses yeux laissaient entendre qu'elle n'avait pas beaucoup d'heures de repos à son actif. Elle en a pas l'air comme ça, mais elle est sympa.

Kaede:
 

- Tsch ... répétait l'aînée. Elle sortait une cigarette et se l'enfonçait dans la bouche en tournant les talons. Elle partait la fumer un peu plus loin, s'appuyant contre une table délabrée pendant que sa jeune soeur continuait à me parler. J'avais du mal à prononcer un mot, encore secoué par la peur ...
- Et qu.. qu'est-ce que tu faisais chez moi ?! lançai-je finalement, demandant des explications.
- Kaede et moi on possède un garage clandestin. Les Soilmates, tu connais ? C'est nous. Elle montrait un poster placardé sur un mur, près de l'ampoule qui grésille. Je m'en approchais, curieux. Dessus, deux voitures de type monster truck entourées d'étoiles et surplombées par le visage des deux filles. Je remarquais immédiatement qu'il s'agissait d'une vieille image : le visage de Kaede était encore plein de vie. Pas de cernes, avec même un sourire.
- Les Soilmates...? Qu'est-ce que c'est .. Et quel rapport avec Takane Corps ?!
- Pas si vite, cowboy ! Met toi à l'aise, fais comme chez toi. Elle montrait des chaises n'ayant pas l'air vraiment solides, mais je ne faisais pas le difficile après tout j'avais encore la possibilité de prendre une balle car sa soeur, elle, ne se mettait pas vraiment à l'aise... Comme je le disais, on possède un garage, on bidouille des bagnoles pour courir des courses urbaines. Et sans me vanter, on est plutôt douées ! Seulement voilà, ces activités ne sont pas bon marché, il nous faut des pièces ...
- Et c'est pour ça que tu étais en train d'en subtiliser ?! C'est du vol ! C'est illégal ! Tout cela est illégal !!
- Su-per .. encore un bon samaritain... se lamentait Kaede.
- Déstresse mon vieux ! J'avais juste besoin d'un truc ou deux pour notre dernière voiture, je te l'aurais rendu après si ça compte autant à tes yeux, promis ! Elle levait une main vers le plafond, montrant une fausse sincérité dans ses propos.
- Vous êtes mécaniciennes dans ce cas, c'est ça ...? Je me grattais le menton, en effet je ne pouvais empêcher mon éternelle curiosité de prendre le dessus. La mécanique ça me connait, je peux y jeter un oeil ? demandai-je
- T'es sérieux?! s'indignait Kaede.
- Bien sûr ! » acquiesçait Hasuike, contre toute attente.

Elles m'ont alors mené vers leur fameux garage. Je n'aurais jamais soupçonné un espace comme celui-là dissimulé derrière tout ce cambouis. Quand elle a ouvert le passage, cela donnait sur une sorte de mezzanine. L'on s'avançait jusqu'à la rambarde et en contrebas, c'était le Nirvana.

Une très grande collection de voitures toutes différentes, des rangées entières de véhicules modifiés et personnalisés au possible. Il y en avait de toutes les couleurs, certaines avaient des motifs de flammes semblant être un motif récurrent pour les Soilmates, d'autres plus sobres présentaient d'avance des mécanismes avancés, il suffisait de voir les imposants moteurs qui dépassaient des capots ! J'étais comme soufflé. Emerveillé par tout l'attirail, je laissais même échapper un soupir de surprise. Pour les yeux d'un ingénieur, c'était une vraie mine d'or. Mais pour les yeux d'un apprenti justicier, savoir que tout cela résultait de vols et de courses illégales... Raah ... Le dilemme était vraiment si fort...? Ma volonté de faire régner l'ordre était-elle inférieure à mon amour de la mécanique et du bricolage ? Seems like it ... No good !

Mon corps était comme emporté par cette vibration. Leur atelier me rappelait le mien, un espace normalement spacieux rendu étroit par d'imposantes machines. Je m'étais permis de descendre pour inspecter la collection de plus près. Je faisais le tour des véhicules, scrutant avec attention leurs moindres éléments. Je tenais compte de l'expertise des Soilmates, ayant arrangé leurs voitures pour qu'elles soient à la fois esthétique et puissantes. Il y avait des carrosseries légères pour des véhicules visiblement destinées aux vitesses de pointe, des muscle cars au blindage renforcé sûrement pour participer aux courses moins conventionnelles que l'on peut voir à la télévision. Vous savez, ces pugilats automobiles où l'on se roule dessus pour le plaisir de la destruction. Je n'aime pas vraiment ce genre de programmes mais hey, il en faut pour tous les goûts ! Alors que j'ignorais presque la présence des filles, absorbé par le talent mis dans le tuning de ces bijoux jusqu'à ce que Hasuike, n'ayant rien raté de ma réaction, se vantait.

« Pas mal, hein ? Ces bébés ne nous ont jamais déçues ! Elle étendait les bras comme une crâneuse. Mais il y avait vraiment de quoi.
- Je dois admettre que je suis fort impressionné ! Je ne m'attendais vraiment pas à ça ! Vous avez vraiment fait tout ça à deux ? Vous avez des doigts de fées ! Pourquoi est-ce que vous gâcheriez tout ce potentiel dans ... de vulgaires courses ?! Il semblerait que j'ai touché une corde sensible, car Kaede qui était restée silencieuse jusque là finissait par exploser.
- Pour qui tu te prends ?! On naît pas tous avec une foutue cuillère en or dans le bec, môsieu l'héritier Takane ! Ici c'est pas aussi ensoleillé que dans ton petit monde de rêve ! Je m'occupe de mes petites soeurs depuis qu'on s'est retrouvées à la rue ! Et ça, ça date pas d'hier !! T'as rien vu de notre galère, t'as rien vu du traitement de notre père envers nous !! Je culpabilisais, effectivement je ne savais rien d'elles. Et pourtant, j'étais là, en train de juger comme si j'en avais réellement le droit ...
- Kaede ...
- Non, toi tu te tais !! C'est toi qui l'a amené ici pour commencer ! Si tu veux faire ami-ami avec un gosse de riche, alors soit honnête avec lui ! Montre lui d'où on vient ! Je ne disais pas un mot. A la place, mon visage s'endurcissait.d]Raconte lui comment Sazanka et toi vous seriez mortes de faim si je n'avais pas pris les choses en main ? Raconte lui comment maman est morte et nous a laissées à l'abandon ?!
- Je .. Je suis désolé ... Cette dernière révélation allait droit au coeur. L'on avait plus de points communs qu'on ne le pensait ...
- Oh tu peux être désolé ! Parce que t'étais pas là pour jouer les pompeux quand on a vécu dans la rue en étant obligées de voler pour survivre ! T'étais pas là, avec tes grands airs, pour empêcher les vautours de la rue de nous tabasser parce qu'on était faibles ! T'étais pas là pour empêcher la volaille de nous coffrer, alors qu'on était des gamines de dix ans, alors que tout ce qu'on voulait.. c'était vivre..!! Des larmes roulaient dans les yeux mornes de l'aînée. J'avais mis les pieds dans quelque chose de plus profond que prévu ... Elle me crachait toute leur souffrance au visage et je me sentais mal d'avoir pu penser que ces filles n'étaient que des criminelles, que des voleuses. Elles sont humaines avant tout. Je comprenais alors que derrière chaque visage se cache un passif. Parfois lourd à porter, parfois frivole, il n'en restait pas moins un facteur décisif dans le comportement de chacun.
- Vous faites tout cela .. pour gagner vos vies ? Les courses, le vol ...? j'avançais à tâtons pour éviter de vexer davantage le jeune femme au fort tempérament.
- Ouais. Sauf que comme tu le vois, ça paie pas assez. Elle indiquait l'insalubrité des lieux.
- Alors pourquoi est-ce que vous continuez là-dedans ?!
- Tsch .. elle ignorait la question.
- Sazanka est malade. ajoutait Hasuike. Notre petite soeur a contracté une espèce de connerie aux poumons, ils l'ont emmenées dans un hôpital miteux qui n'aura jamais les moyens de la soigner. En vérité, ils attendent patiemment qu'elle y crève ..!! Attachée à des tubes, putain, c'est pas une vie ça !! La benjamine perdait son air joueur, elle devait avoir retenu des troubles de ses traumatismes passés pour se comporter ainsi. Je ne dirais pas qu'elle est folle, plutôt lunatique. Moi, j'étais horrifié par leur terrible histoire.
- Combien est-ce qu'il lui faut ?! Combien est-ce que son traitement pourrait coûter ?! Je demandais avec l'intention de les aider. Mais elles ne l'entendaient pas de cet oreille...
- Quoi, parce que tu crois que c'est une simple question d'oseille ..? Kaede étouffait un rire moqueur. Même avec tes jolis billets tu ne couvriras pas nos actes, gamin. Tu ferais mieux de rentrer chez toi et de ne jamais remettre les pieds ici. On est des criminelles, tu as capté, ça ?! Même si on sortait Sazanka de l'hôpital, ils nous boucleraient pour au moins cinq ans !
- Alors purgez les, vos cinq ans ..! je suggérai
- Impossible. Qu'elle soit guérie ou non, notre petite soeur ne pourra jamais survivre seule, pas sans nous en tout cas. Je commençais à réfléchir à des solutions, mais rien que le fait de me voir m'y intéresser semblait irriter la demoiselle aux cheveux rouges. De la fumée semblait même s'échapper de ses oreilles, marquant sa colère. Tsch ... Mais quel boulet, c'lui là !! Ca va bien faire une décennie que je me tue pour qu'on puisse vivre, une décennie que je fais tout le travail pour cette empotée et pour Sazanka, une décennie que personne ne nous voit.. et voilà qu'en plus je dois me coltiner une espèce de crétin fini parce que ma petite soeur ne sait pas choisir ses amourettes !! On aura tout vu !! » elle sortait du garage en fureur. Je devinais qu'elle partait se calmer avec une énième cigarette, nous laissant Hasuike et moi dans une situation plutôt gênante.

Cette dernière était décontenancée par le comportement de son aînée mais elle semblait vouloir ne pas le laisser paraître. Elle souriait, embarrassée et en se grattant l'arrière de la tête. Je comprenais parfaitement que Kaede soit fâchée, après tout je ne les connais que depuis une trentaine de minutes et je cherchais déjà à me mêler de ce qui ne me regarde pas ... Mais au fond, est-ce que ce n'est pas ça un héro ? Quelqu'un qui intervient même là où il n'est pas explicitement réclamé... C'est le désespoir. Leur désespoir est comme ... le catalyseur du héro ! Nous sommes attirés par la peine et la souffrance d'autrui et nous cherchons à l'apaiser. C'est cette bonté innée qui me poussait en avant sur cette voie. Et même si je sentais bien que mon aide n'était pas voulue, je ne pouvais m'empêcher de vouloir l'apporter. Je n'étais pas là pour empirer leur situation bien au contraire ! Je voulais les aider, premièrement parce que c'est une histoire à la fois touchante et effroyable... Comment est-ce que nous sommes passés à côté de leurs SOS ? Si bien qu'elles se sont vues obligées de faire le mal pour avoir leur bien... C'est inadmissible. Ce qui l'est, ce n'est pas qu'elles soient passées du mauvais content non, c'est le fait que le prétendu bon côté n'a rien fait pour empêcher ça. Pourtant, je parie que leur affaire n'est pas méconnue. Kaede n'a pas confiance je ne peux pas la blâmer pour ça, alors il va falloir que je range Hasuike de mon côté, elle semblait bien moins tendue et plus à même de me donner de plus amples informations quant à leurs problèmes. Si ce n'est pas en fournissant de l'argent que je les sauverai alors je fournirais mon énergie. Je devrais essayer d'en apprendre plus sur cette Sazanka d'abord ...


Dernière édition par Oroshine Takane le Mar 3 Juil - 12:34, édité 2 fois
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Oroshine Takane
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Mar 3 Juil - 12:20
    22h51 Hosu, Tokyo

    Un moment de silence suivait le départ furibond de Kaede. L'aînée des Soilmates avait décidément un caractère très trempé, bien moins jovial que sa benjamine, elle montrait une telle hostilité envers ma présence et mes intentes pourtant les plus pures, que j'en hésiterais presque à enquêter davantage. Mais quel genre de héro cela ferait de moi ? Si je baissais les bras face au moindre obstacle déjà pour commencer, je ne serais sûrement plus en vie depuis longtemps. Si je n'étais pas du genre à tenter le tout pour le tout quand il ne restait plus d'autres choix, je n'aurais même pas pu être accepté chez U.A. Je serais, à l'heure qu'il est, encore dans ma chambre en train de pleurer le décès de maman - passant à côté des opportunités qui s'offraient à moi pendant ce même temps. J'aurais peut-être même arrêté l'ingénierie : je me souviens avoir été si affecté que je n'ai plus ouvert une room pour travailler, ni même saisi un tournevis pendant toute une semaine. C'est la souffrance et la tristesse que j'ai moi-même connu qui m'a montré la voie, il est hors de question que le massacre continue ... Pourtant, ce soir j'apprenais que ce massacre n'avait jamais cessé. Il s'était sans doute calmé avec l'avènement de plus en plus intense de la super-justice mais en aucun cas s'était-il tut. Ce sont nos oreilles qui s'étaient fermées, sélectives, il semblerait même que nos oreilles aient volontairement décidé de se tourner vers ce qu'elles voulaient vraiment entendre. La vie tragique de ces soeurs était passée sous silence. Pourtant je me plais à suivre les actualités, à la télévision je n'ai jamais entendu parler de leur débâcle.

    Mon visage affichait une moue embarrassée, comme si d'avoir entendu leur récit avait littéralement plombé ma bonne humeur constante. Il y avait de quoi, après tout ... Je me sentais même bête, comment est-ce que j'ai pu sourire de bon coeur pendant tout ce temps pendant que des âmes innocentes étaient happées par la grande machine du crime ? Si elles en étaient arrivées au vol aujourd'hui, c'est bien parce que personne ne leur a donné d'autres choix. On aurait pourtant très bien pu leur proposer un toit au moins ! Si j'en crois Kaede, leur père était violent voire pire ... L'on aurait vraiment pu les replacer ailleurs, là où elles seraient en sécurité et dans de bonnes conditions pour grandir.. Là, elles n'auraient pas eu à prendre ce qu'il leur manque à ceux qui en avaient, leur plus jeune soeur ne serait certainement pas malade et qui sait, Hasuike et Kaede auraient peut-être été des camarades du département d'assistance à l'académie ? Elles sont douées, je ne peux m'empêcher de regretter que leur talent soit mis en pratique dans ce fourbis qu'ils appellent un garage ! Si l'on avait été présent plus tôt, elles s'épanouiraient bien mieux, au sein d'un espace de vie et de travail sain ! Je serrais les poings en scrutant l'expression un peu abattue de la fille aux cheveux blancs. Le bruit du cuir de mes gants était à peine perceptible mais véhiculait la force du conflit qui régnait à l'intérieur de mes pensées. Mais je ne peux plus faire demi-tour maintenant, maintenant que leur fardeau était juste là, devant mes yeux ébahis...

    « Excuse-la. disait Hasuike. C'est qu'on a pas eu la chance de rencontrer beaucoup de gens. Et à chaque fois qu'on connaissait de nouvelles têtes, elles finissaient par en vouloir à notre peau. Ca a pas été facile pour aucune de nous mais pour elle ... Elle soupirait en partant s'asseoir sur une caisse qui traînait dans l'un des seuls coins de lumière naturelle de la pièce barricadée : une brèche dans la toiture permettait aux rayons de la Lune de frapper sa chevelure, alors rendue brillante, presque féerique. Je la suivais pour m'installer auprès d'elle et l'on contemplait tous les deux à travers cette faille la beauté de l'astre nocturne.
    - Don't worry, I can understand. lui répondis-je sur un ton grave, j'avais pris ma décision, mais elle ne me laissait même pas le temps de la déclarer.
    - Tu étais sérieux tout à l'heure ? Tu cherchais vraiment à nous aider ? questionnait-elle, dubitative. Elle semblait ne pas y croire elle-même, j'en rigolais doucement.
    - Cela te paraît-il irréel ? Well ... Bien sûr, que je cherche vraiment à vous venir en aide ... Quels que soient les vols que vous ayez perpétrés, il n'en reste pas moins que vous avez été laissées pour compte... Je trouve ça ignoble..! En baissant la tête, elle pouvait remarquer l'émotion sincère dans ma voix et dans mon regard pensif. Ce n'est que le devoir d'un héro que de s'occuper des personnes qui ont été négligées ! Je lui adressais un franc sourire, conscient que l'aide d'un apprenti de quinze ans pouvait ne faire aucune différence, il fallait tout de même que je la rassure !
    - Hé ! On est pas négligées !! s'écriait-elle à priori vexée par les mots que j'employais. Elle se calmait rapidement en soupirant. Je vois ... elle rougissait. Je me demande si c'est bientôt fini, tout ça ... On dirait qu'elle s'est trompée, ma tête brûlée de soeur, j'ai peut-être fini par le trouver notre sauveur ... »

    Je restais sans voix pendant un court instant : une sorte de sentiment timide mais fort s'emparait de mon coeur, très proche de la fierté mais ressemblant également à l'embarras, est-ce que c'est ça que l'on ressent quand quelqu'un reconnaît et apprécie notre statut de héro ? Je n'ai jamais été traité comme ça, je n'avais pourtant encore rien fait de bien pratique et voilà qu'elle plaçait déjà de grands espoirs en moi. Depuis notre rencontre, mon regard sur Hasuike avait drastiquement changé, elle passait de l'enquiquineuse de voleuse que je devais arrêter à une connaissance, voire même une amie en détresse, pour laquelle je me dévouerais complètement jusqu'à ce qu'elle soit sortie du pétrin. Je voulais lui demander davantage d'explications et puis aussi si elles avaient déjà pensé à un moyen de récupérer leur petite soeur histoire de m'incruster dans leurs propres plans, mais nous avons été interrompus brusquement.

    C'est Kaede, elle revenait abruptement, visiblement affolée ! "Une voiture, devant" criait-elle pour nous prévenir que quelqu'un était sur leur territoire. Au départ, je n'ai pas compris immédiatement mais lorsqu'elle a décrit le conducteur comme étant un "vieil homme fringué comme un pingouin friqué" j'ai tout de suite compris de qui il s'agissait. Et évidemment, l'aînée perpétuellement furieuse me blâmait pour ça, pensant que j'avais volontairement mené mes alliés jusqu'à leur repaire. Mais j'étais moi-même confus, comment est-ce qu'il m'avait retrouvé ? Le dispositif qu'il m'avait prêté est une caméra ! Pas une balise GPS ! Je l'aurais su, sinon.... Réfléchis ! Si je veux pouvoir aider Hasuike et ses soeurs, je ne pouvais mettre personne au courant, pas même Perkins, pas même papa ! Ils s'empresseraient de juger les filles comme de vulgaires criminelles et les feront arrêter à la moindre occasion ... *Eurêka !* je claquais des doigts en même temps qu'une ampoule s'éclairait dans ma tête. Dans la hâte, j'ordonnais aux filles de partir d'ici par la porte de derrière pour l'instant, malgré leurs contestations. Elles finissaient par obéir lorsque j'expliquais plus en détail que je comptais retenir le majordome et le mener loin d'elles. Kaede grognait, prévenant sa soeur que si je les faisais prendre, elle ne le lui pardonnera jamais, qu'elle nous le ferait payer cher etc etc... Avant qu'elle ne parte, je promettais à Hasuike que je ne les laisserais pas tomber, elle me donnait en échange un lieu de rendez-vous ainsi qu'une date. Loin du type rencart, ce rendez-vous se passera dans un de ses endroits favoris et aura pour but de nous permettre de planifier le sauvetage sans éveiller les soupçons. Elle me remerciait finalement pour mon aide, me laissant une nouvelle fois médusé.

    Je reprenais mes esprits quand j'entendais la voix de mon majordome résonner dans le hangar poussiéreux. Il tenait une lampe-torche, je pouvais voir son faisceau chercher vigoureusement dans tous les recoins, il s'approchait de plus en plus. Ni une ni deux, je me roulais par terre pour être au moins aussi sale que les Soilmates. Je me tâchais d'huile et saleté pour que, lorsque Perkins me retrouvera, mon excuse passe plus facilement. Le voilà.

    « Maître !! il me courait dessus et l'on se tombait dans les bras, soulagés de ces retrouvailles. Vous allez bien ?! Mais regardez-vous..!
    - Ca va, ça va Perkins, merci.. J'ai tenté de poursuivre la voleuse mais elle m'a mené droit dans une embuscade... Je me suis bien défendu, ne vous en faites pas. Mais ils ont pris la fuite ...
    - Nonsense !! L'essentiel est que je vous ai retrouvé sain et sauf, monsieur. Je me suis fait un sang d'encre..! Veuillez m'excuser pour mon retard ! L'homme semblait vraiment secoué. Il me secouait encore plus.
    - There, there, c'est fini maintenant ... je le rassurais presque comme si nous avions échangé nos âges. Mais comment m'avez vous retrouvé ? je demandais, j'étais curieux de savoir.
    - Grâce à vous le voleur a perdu une bonne partie de son butin en route, dans la précipitation ! Cela m'a pris quelques temps avant de dénicher la piste mais ensuite j'ai foncé vers ce.. taudis. Il y avait des pièces sur les toits, monsieur ! SUR LES TOITS !!
    - Je vois ... Quoi qu'il en soit, nous devons nous en aller d'ici ! Je ne sais pas si cette bande de voyous est encore dans les parages...
    - Vous avez raison, la voiture est là dehors, allons-y. Oh que je suis heureux de vous avoir avec moi, monsieur... »

    Nous sommes retournés à la voiture : mon plan avait fonctionné comme sur des roulettes. Il ne s'était aperçu de rien, j'avais même droit à un transport pour rentrer ! Pendant le trajet, il me félicitait pour mon courage. Selon lui, il comptait réprimander encore plus les deux idiots de gardiens de nuit qui ont laissé tout cela se produire. Il en profitait pour féliciter mon travail, car en ayant déprogrammé le piratage de nos réseaux, ils avaient pu identifier Hasuike ... Oups ... J'étais inquiet, mais évidemment je ne pouvais pas le laisser paraître, cela risquerait de compromettre le mensonge. Je faisais mine d'être soulagé à la place, prétextant que même si les voleurs étaient encore en cavale, nos biens ne seraient plus dérobés.


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