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Simple visite chez le directeur [Star Novel]

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Dim 19 Aoû - 22:19

(PNJ présent(s) dans la scène : Kurai Gensei, directeur de Shiketsu)




Les élèves pourraient croire que leur directeur vivait dans ce bureau. Takane Corps avait été infiltrée par une jeune personne, qui semblait être une de leurs étudiantes. Après que Takiiro-sensei avait confirmé son identité comme étant Star Novel, élève de la classe 1-A, M. Gensei s’apprêtait déjà à la recevoir dans son sobre bureau. Elle ne risquait pas de s’enfuir cette fois-ci, son professeur principal étant probablement proche de la porte, et prêt à agir pour tout écartement.

Elle avait été absente depuis un certain temps déjà. L’absence avait été justifiée auprès de l’établissement, mais maintenant qu’on entend de nouveau parler d’elle, c’est quand elle prend sa petite revanche sur celui qui l’a battu au tournoi. Du joli. Il y avait des choses à discuter… Est-elle vraiment dans la voie qui lui convient ? A-t-elle seulement saisi le problème ? A-t-elle des motivations un minimum cohérentes et était-elle juste incomprise ? Ou a-t-elle complètement déraillée psychologiquement ? Plusieurs choses à faire sortir de cet entretien, avec celle qui était assise juste derrière le bureau. Pour le bien de l’école, de la société héroïque, mais aussi pour son bien à elle. Elle était libre de tout mouvement, elle n’était pas attachée comme une prisonnière pour s’assurer qu’elle ne s’évade pas. De toute façon, elle n’essayerait pas cette fois-ci. Il lui adressa la parole, de sa voix neutre et claire. Son air, lui, était un peu sévère, comme on avait l’habitude de le voir.

« Bonjour Novel-dono. Vous me voyez désolé d’interrompre vos potentiels projets pour la soirée. Mais nous avons plusieurs choses à discuter. Il n’y a que nous deux dans cette pièce, sur votre demande je peux faire en sorte que tout ce qui se dit ici reste dans cette pièce. »

Il sortit de son tiroir quelques feuilles, certaines vierges, d’autres étaient des documents imprimés. Il les éparpillait un peu sur la table. L’étudiante pouvait peut-être y reconnaître dans le lot le justificatif de son absence prolongée. Il se saisit d’un stylo plume à l’ornement doré, s’apprêtant à écrire sur l’une des feuilles blanches.

« Tout d’abord, savez-vous pourquoi vous êtes ici ? J’aimerais commencer en prenant connaissance de votre version des faits, de ce qu’il s’est passé grossièrement depuis le tournoi inter-écoles, et plus précisément vos actes et motivations pour aujourd’hui. »

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Dim 2 Sep - 1:15

C'est toi ?... Ouais, ça fait longtemps je crois... Je, j'ai l'impression que ça fait une éternité. En vérité, cela ne fait que 3 semaines, pas vrai ? Merde... Je pense que ça va pas, là. Je veux dire... à tous les niveaux. Tu comprends pas de quoi je parle ? Et bien, pour commencer, il y a ces douleurs, ces engourdissements... C'est normal, il est en train de partir. Je n'ai pas arrêté de le solliciter, au point où je pensais le maîtriser... Je me suis un peu laissée porter par cette sensation si spéciale. C'était bon. Je me sentais vivre... Toi tu comprends de quoi je parle, n'est-ce pas ? Eux, ils ne le peuvent pas. Ils ne vivent pas ce que je vis. Ne peuvent pas ressentir ce que je ressens... lorsqu'il m'est enfin donné la chance d'y avoir accès. Ce poison, est comme une drogue... Elle m'incite à en reprendre rapidement, pour perdurer ses effets salvateurs. Elle me punit sévèrement, quand je viens à la délaisser... Je sais, oui, je sais... Que c'est pas bon pour mon corps. Que je devrais me concentrer sur une autre façon de m'en tirer... J'y arrive pas. C'est trop efficace sur moi. Ca me fait me sentir puissante, compétente. Tout ça me paraît si irréel... Comme un doux rêve flouté, en rétrospective. Sur le moment, je sais que je suis consciente de mes faits et gestes... Enfin je crois. Ca devrait être le cas, logiquement. Dans les faits, c'est comme décrire à notre version du futur, un souvenir dont on ne se souviendra plus qu'à moitié... On sait ce qu'il s'est passé, mais ça aucune substance. Ca me donne juste la sensation d'être bien plus consciente en cet instant précis.

" Bonjour Novel-dono. Vous me voyez désolé d’interrompre vos potentiels projets pour la soirée. Mais nous avons plusieurs choses à discuter. Il n’y a que nous deux dans cette pièce, sur votre demande je peux faire en sorte que tout ce qui se dit ici reste dans cette pièce. "

Ah oui... Lui ? c'est le principal de mon académie. Kurai Gensei, l'actuel directeur de Shiketsu. Il n'est pas très commode, mais ne s'avère pas hostile pour autant... Là, c'est juste que, j'ai fait une connerie. Du genre, une grosse connerie... Nous sommes actuellement dans son bureau, peu de temps après mon arrestation. Désolé, tout ça doit te sembler un peu vague... Alors, je devrais probablement te faire un rapide résumé... Tout a commencé avec ce tournoi. Celui qui devait m'apporter plus d'informations sur Yuei. Léo m'avait motivée à aller de l'avant. Ryou également... Rencontrer cette dernière m'a donné une raison de me battre. Un espoir de pouvoir envisager une vie meilleure, après l'exécution de notre objectif en commun... Elle est aussi rapide que moi. Nous ne sommes que deux, sur cette île déserte symbolisant le monde à travers lequel nous évoluons. Au début, j'ai pensé que ça la rendait dangereuse, qu'elle aurait pu me tuer plus facilement que n'importe qui... Je pense toujours que c'est le cas. Mais parallèlement, c'est aussi ce qui la rend inégalablement précieuse, à mes yeux. Parce qu'il s'agit de la seule personne avec laquelle je peux me montrer tel que je suis... Sans besoin de mentir, de me brider. Alors j'ai honte, oui, j'ai honte. Du résultat de ce premier tour. D'avoir perdu face à un adversaire que je savais être capable de battre... Elle m'a assuré éprouver la volonté de me regarder... Mais à présent, elle doit me trouver ridicule. Quand bien même mon adversaire à fait partie des finalistes, je n'aurais pas dû perdre. Pas ainsi... Alors, j'ai craqué.

" Je... je sais pas... "

Que veux-tu que je lui dise de plus ?... Sa proposition pourrait être un piège. Je dois faire attention à ce que je dis... Si ce que j'ai fait se répète, ça pourrait les gêner et le corps enseignant pourrait subir des pressions externes, comme internes, dans le but de m'éjecter de ces études... D'un autre côté, si je manifeste l'envie de tout cacher, cela revient à avouer avoir quelque chose à cacher. Je me condamnerais moi-même, en avouant une attaque préméditée... Il me, teste ?... Face à son regard inquisiteur, mon air trop peu souvent hagard, déstabilisé. Depuis que je lui fais face, je dois lui renvoyer cette impression... J'ai passé beaucoup de temps à regarder le décor, de cette sobre pièce. Souvent dois-je paraître ailleurs... parmi mes pensées... C'est le cas. Je n'arrête pas de réfléchir et entre toutes ces paroles mentales ne s'écoule qu'une fraction de secondes. Mon Alter m'octroie entre autres une vitesse de raisonnement défiant presque les lois de la physique... Je suis isolée en permanence. Et paradoxalement, je suis attentive à tout. Au moindre souffle, aux bruits distinguables de ce paquet de feuilles, sortant de son bureau. Au lent mouvement de ses mèches grisâtres... Je ne suis pas dans sa tête, mais je sais être en mesure de pouvoir disposer d'une confortable longueur d'avance, en cas de réactions surprises. Le seul problème, c'est que la situation dans laquelle je me suis embourbée ne me donne pas beaucoup d'issue, pour m'en sortir. Cela, peu importe le temps dont je dispose, pour y réfléchir... Si j'avais un moyen simple d'y échapper, je l'aurais déjà trouvé.

" Tout d’abord, savez-vous pourquoi vous êtes ici ? J’aimerais commencer en prenant connaissance de votre version des faits, de ce qu’il s’est passé grossièrement depuis le tournoi inter-écoles, et plus précisément vos actes et motivations pour aujourd’hui. "

Je quitte sa pile de feuille du regard, toujours assise sur cette modeste chaise... Mes yeux se posent dans les siens et ne tardent pas à dévier vers le sol, coulissant quelque peu à droite... J'essaye de comprendre où il veut en venir, avec ses questions, avant de risquer de tomber dans le panneau. Si je sais pourquoi je suis ici ? Quelle réponse devrais-je lui donner ?... Quelle réponse me permettrait de rester à cette académie, même avec une mauvaise réputation ?... Le silence, l'air ailleurs, préoccupé, perdu... Je laisse cette réalité s'accentuer d'elle-même. Parfois, la meilleure des réponses, c'est de ne pas donner de réponses... de montrer une incompréhension à la question, par une simple attitude. Une manière d'être qui tranche avec les observations habituelles... qui permet d'interpréter un profond malaise, chez l'interrogé. Et pendant qu'il me cherche toutes les excuses du monde, pour justifier ma façon de réagir, j'ai le temps de penser à la suite... parce que je ne peux pas juste me contenter de l'ignorer à moitié, qu'il m'est seulement possible de gagner un peu de temps gratuitement. Et j'en ai sacrément besoin, au vu de la suite de sa demande... Je ne sais absolument pas comment la satisfaire. Je ne peux pas lui dire la vérité, ou pas entièrement... Tu veux pas m'aider ? Tu n'aurais pas une petite idée ? Quelque chose qui pourrait marcher. La vérité ? Je viens de te le dire, que ce n'était pas si simple. Notamment car cela soulèverait le problème des certificats... Mais ils figurent dans la liste. Refixant brièvement mon attention dessus, je m'en rends donc compte. tu crois qu'il se doute de quelque chose ? Tant que je dis rien, il peut rien prouver. Ils sont conformes...

" ... Euh... pas grand chose, je crois... Vous savez déjà pourquoi je... je... Je voulais juste, le revoir. Mais j'avais pas pris de rendez-vous... Je voulais pas... Je sais plus vraiment ce que je voulais... mais je me sentais mal, vraiment très mal... Je crois, que j'aurais juste dû, rester dans mon lit... Comme la veille, et encore celle d'avant... J'aurais pas encore raté quelque chose, je suppose... De toute façon, tout est déjà foutu... "

Moins j'en dis et moins il peut m'attaquer. Plus je mets en avant ma dépression et plus je lui offre une explication simple, dénué de toute préméditation... Chaque information donnée peut être retournée contre moi, excepté si j'offre pour seule explication un manque de contrôle, comme une impulsion. On ne contrôle pas la dépression. C'est elle qui nous contrôle. En d'autres termes, lorsqu'elle a déjà commencé à prendre du terrain, on ne peut nager contre le courant. On se laisse porter comme un touriste à la plage, qui fixe l'océan tout en ne se voyant pas s'éloigner de la rive, petit à petit... Et moi, d'après les certificats, ça fait 3 semaines que je pars à la dérive, que je me noie. Atteint une certaine profondeur, le cerveau commence à se détraquer. Sur le papier, la maladie ne me rend pas responsable de mes actes. Elle me rend responsable d'avoir craqué... des semaines après une défaite humiliante, quelques instants après une nouvelle déception. Comme une goutte d'eau faisant déborder le vase. J'ai un passif suicidaire, mais qui n'est pas tant connu... Je pourrais en jouer, là, maintenant... Ca me semble une bonne idée. Et avec ma dernière phrase, la boucle sera bouclé. Je vais user de ma perception ralentie du temps, afin d'offrir l'illusion d'une spontanéité incontrôlée, concernant le nombre de cachets, comme de ma rapidité d'exécution... C'est un évènement marquant, une tentative osée, en ses propres locaux. L'atout ultime dont je dispose, afin d'offrir la preuve impactante de mon malaise... Sortant immédiatement mon flacon de calmants, tout en lui laissant clairement voir la nature de l'étiquette, je retournai presque le pot à la verticale, laissant moult granules s'entrechoquer sur ma main et sans même la regarder... 58, dont 18 qui ne sont pas tombées à terre. Ca donne l'impression d'un empressement. Ca en laisse suffisamment que pour craindre la suite. Et surtout... Ca lui laisse du temps, pour commencer à réagir... car déjà s'approchait la main remplie, de ma bouche entrouverte. Je sais que, dans le pire des cas, je résisterai à une telle dose... car je l'ai déjà expérimenté. Toute cette mise en scène est prévue, calculée. Mais lui, ne partageant en rien ma condition, mes informations, ne peut pas s'en douter...

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Dim 2 Sep - 12:16

(PNJ présent(s) dans la scène : Kurai Gensei, directeur de Shiketsu)




« Quelle est votre version des faits ? » Une question volontairement vague, afin de laisser librement l’interlocuteur s’exprimer et prendre ses dires comme une base de discussion. Cela peut rappeler des questions d’entretiens d’embauche. Même si ici on se rapprochait plus d’un entretien de renvoi.

Miss Novel semblait bien hésitante, mais M. Gensei attendait le temps qu’il fallait, il ne montrait même pas de signe d’impatience dans ses mouvements ou l’expression de son visage. Tout a dû aller très vite pour elle aujourd’hui, il n’allait pas lui mettre des claques en boucle jusqu’à ce que quelque chose sorte de sa bouche.

« ... Euh... pas grand chose, je crois... Vous savez déjà pourquoi je... je... Je voulais juste, le revoir. Mais j'avais pas pris de rendez-vous... Je voulais pas... Je sais plus vraiment ce que je voulais... mais je me sentais mal, vraiment très mal... Je crois, que j'aurais juste dû, rester dans mon lit... Comme la veille, et encore celle d'avant... J'aurais pas encore raté quelque chose, je suppose... De toute façon, tout est déjà foutu... »

Mais que marmonne-t-elle ? Se fichait-elle du monde au final ? Et puis, cela ne répondait même pas à la question. Une manière de fuir ? Mudada. Dans la vie, il fallait affronter les choses de face. Miss Novel se contentait d’affronter ce qu’elle avait envie, et s’écraser devant le reste. C’est beau de foncer vers ses désirs et rêves et tout faire pour, mais si on est perdu au premier barrage, cela ne sert à rien. N’assumant rien, elle sortit une boîte de calmant et en pris sauvagement une poignée. Sérieusement ? Il y avait de quoi longuement soupirer, mais M. Gensei ne fit rien de tel. Son stylo coincé entre son index et son majeur, il plia le bras vers lui. La seconde suivante, le stylo rafla la drogue de l’étudiante, la bloquant dans son action. Le tas instable de médicaments fut quasiment entièrement emporté avec l’objet volant, qui s’enfonça dans la porte du placard juste derrière tel un couteau. On pouvait en noter la précision, car la peau de Star ne fut même pas touchée dans l’action. Le directeur ne se demandait même pas si c’était une tentative de suicide ou non, ce qu’il savait était que l’action était inappropriée.

« Avez-vous mal compris votre situation, Novel-dono ? Si vous ne l’aviez pas compris, je sais déjà ce qu’il s’est passé, inutile de dissimuler les faits. Vous prétendez dans ce bureau encore avoir été au lit les jours précédents, et aujourd’hui, prise d’une grande motivation et d’un pic d’énergie surprenant, vous vous êtes rendus à Takane Corps pour vous battre contre le finaliste de l’école Yuei. Sottises. »

Il se saisit du certificat d’absence de l’élève. Le tenant à l’horizontale, une main saisissant chaque extrémité, il le déchira lentement, avant de le jeter dans la petite corbeille qui était au pied de son bureau.

« Maintenant qu’il a été démontré que ceci n’était que foutaises, cela ne nous sera plus très utile, n’est-ce pas ? »

Suite à cela, il ouvrit son tiroir et sortit un nouveau stylo, copie conforme du précédent, et encore sous un blister. Il le sortit de là et jeta la protection, puis se mit à nouveau dans une position d’écriture, au-dessus de la feuille qui était toujours blanche.

« Je vous demande votre point de vue pour vous permettre d’avoir une discussion qui va dans votre sens. Si vous en avez la possibilité, ne laissez pas votre interlocuteur avoir libre interprétation des faits qu’il a entendu. Parce que dans le cas présent, ça ne sentirait pas bon pour vous. Alors affrontez cela de face, plutôt que de fuir, héroïne. »

Le soleil se couchant, la lueur orangée prenait pleine possession du bureau non éclairé, par le mur entièrement vitré se trouvant derrière le maître des lieux. Ce dernier prit une dernière fois la parole, comme si tout ce qu’il s’était passé depuis leur arrivée dans le bureau n’avait pas eu lieu.

« Novel-dono. J’aimerais commencer en prenant connaissance de votre version des faits, de ce qu’il s’est passé grossièrement depuis le tournoi inter-écoles, et plus précisément vos actes et motivations pour aujoud’hui. »


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Dim 2 Sep - 17:26
Il a bougé... a fauché, de son stylo, tous les médocs que je tenais encore dans la main... Tout se passe comme prévu. Ou du moins, je le pensais initialement... Je connaissais un peu le caractère de notre directeur, mais je dois avouer que je l'aurais pensé plus compatissant, plus empathique. Ce n'est pas un reproche. J'ai moi-même du mal à faire preuve d'empathie... Ce n'est pas quelque chose qui vient naturellement. Je ne suis rien de plus qu'une froide machine, perdue au sein d'un océan de grisailles, la teinte de mes pensées, virant parfois au noir... Ma fausse tentative de suicide avait foiré, mais je m'y attendais un peu. Ce n'est pas comme si je n'avais rien fait pour lui donner l'occasion de m'arrêter... En revanche, la suite de son discours, je ne m'y attendais pas vraiment. Il a complètement ignoré mes réactions... Il pense que je joue un jeu, pour me soustraire de sa vigilance. Perspicace, mais il lui manque des éléments. Des informations qu'il ne peut pas obtenir, si je ne lui formule pas le moindre aveu. Pour autant, les faits sont là... Je suis rentrée par effraction, j'ai semé la pagaille, pour retrouver Oroshine... et je l'ai salement amoché... Je suis coupable et il est peut-être, à l'heure actuelle, la seule personne à pouvoir me protéger. Mais le souhaite-t-il vraiment ? Et moi, est-ce que je le souhaite ? Je ne peux pas les trahir et je ne peux pas me faire virer... Comment trouver l'issue appropriée ? La porte dérobée vers ma liberté ?... J'hésite... Fixant la quarantaine de médocs au sol, j'en viens à me demander si je devrais aller plus loin... Tu crois que si je les avale un par un, ça pourrait marcher ?...

" ... Je vous ai déjà dit ce qu'il s'est passé... "

Je peux me le permettre... De camper sur une position dont il ne pourra jamais vérifier l'authenticité sans mon aide... Je ne peux pas modifier les faits, constatés par tout le monde. Mais je peux continuer à défendre ma perception des choses. Mon ressenti propre, lié à mon dossier médical. Il dit savoir ce qu'il s'est passé ? Foutaises. L'instant d'avant, il me le demandait encore... Je ne nie pas les évènements. Je soutiens l'explication qu'il me demande. À ces pensées, j'entends des feuilles se déchirer et laisse mes paupières s'écarquiller davantage, tout en relevant le regard... Il déchire mes certificats. Devant moi... La pression. Il instaure une pression... C'est pour voir ma réaction. Mais il est trop lent. Bien trop lent que pour espérer une fausse note de ma part. Alors je le fixe, étonnée... puisque n'importe qui le serait, en cette situation... J'éclaterais de rire, si j'en étais capable et si la situation s'y serait prêtée, lorsqu'il m'affirme avoir compris la supercherie. Avoir pigé que mes certificats, c'est du bidon... C'est amusant, je ne me souviens pas un seul instant avoir été confrontée à des preuves. Sur base de suspicions appuyées, il établit son argumentaire... Il est en réalité vide. Sans la moindre piste vérifiable. Je le répète. C'est pour ça qu'il me met la pression. J'ai l'impression d'être au beau milieu d'un interrogatoire qui piétine... alors le flic tape du poing sur la table. Il renverse mon café... La seule différence, c'est qu'ici je suis coupable et que je dois à tout prix trouver un mobile mettant en avant des circonstances atténuantes.

" ... Pourquoi vous ne me croyez pas ?... Vous avez mon dossier médical, vous savez très bien ce qu'il faut en retenir... Alors pourquoi vous pensez que je vous mens ? Je cherche pas à fuir ou à bien me faire paraître... Je vous dis juste ce qu'il s'est passé. J'étais pas bien, pendant tout ce temps... J'ai fini par aller prendre l'air, je suis passé par là, j'ai fait un crochet pour lui rendre une... simple visite... Je... "

Ferme ta gueule. ... ... ... Je, je panique... Une discussion qui va dans mon sens ? C'est impossible. Je ne peux pas juste lui dire que j'ai passé ces 3 semaines à m'entrainer jour et nuit, à pousser mon corps à bout dans le simple but de mieux endurer le poison. Dans la seule initiative de corriger certaines faiblesses. Dans l'objectif finale de mettre une raclée monumentale à Oroshine et à tous les niveaux. Avec la volonté de me prouver capable de battre l'une des figures les plus influentes du tournoi, alors même que je perdis contre cette dernière, lors du premier tour... J'ai craqué, oui, je ne mens pas. J'ai craqué... Mais j'ai craqué bien avant son sourire de pétasse. Bien avant que cette réceptionniste me refuse l'accès. J'ai craqué à partir de l'instant où je me suis barrée une première fois du stade... À cette réalisation, j'inspire lentement... Merde. J'ai craqué en trois temps... C'est cette femme, qui me trahit... C'est à cause d'elle, qu'il ne me croit pas. Recovery Girl, contre mon alibi. J'aurais jamais dû assommer les infirmiers... Ce n'est pas une simple faute. Ou du moins, pas mise bout à bout avec le reste. Je réagis de façon violente à tout ce qui s'oppose à moi... Il a dit qu'on devait discuter à propos de plusieurs choses, tout à l'heure... Il est au courant. Elle lui a tout raconté... Ma dépression jouera forcément dans le jugement, mais si je continue à me braquer, je risque plus de saboter ma raison que de l'étayer. Je suis à cours de solutions... J'ai laissé trop de traces, que pour encore pouvoir prétendre à une opération non préméditée. C'est de ça, dont il se doute. Il n'a pas besoin de preuves, pour comprendre ce qui a dû se passer dans ma tête. La baissant et laissant le soleil couchant se jouer de mes mèches, cachant ainsi, bien qu'involontairement, mon visage... je décidai enfin de me laisser aller...

" ... ... ... Vous ne pouvez pas, comprendre ce que ça fait... d'être qui je suis... d'être ce que je suis... De rater tout ce que l'on entreprend... De n'avoir foi en rien... De vivre parmi un monde mort et dénué de sens... De ne pouvoir trouver satisfaction en la moindre chose, au point où la moindre réussite, le moindre instant de vie devient une lutte constante à la chasse de sa continuité... J'en ai marre d'être nulle, que cette vie m'enfonce sans cesse dans les dalles d'un stade bondé de témoins... Qu'elle me privatise de l'air frais dont tout le monde profite... Pour la seule fois de ma vie, je me suis sentie vivante, invincible... En mesure de remplir l'objectif de ma vie. C'était si bon, d'arriver enfin à se dépasser... De mettre en échec, sur tous les plans, l'un des grands gagnants du tournoi, qui m'a éjectée au premier tour... Je veux pas que ça s'arrête. Je dois continuer de les surpasser, les uns après les autres...  jusqu'à... "

Stop. ... ... ... Je sentais ma mâchoire se resserrer, mes dents se dévoiler... mes joues s'humidifier... J'en peux plus de tout ça. De toute cette pression. De ces double-jeu constants... Je veux juste, vivre. Laissez-moi finir mon travail et vivre auprès de Ryou. L'alter de Léo est temporaire. Cela annihile certains effets dérangeants de mon Alter, mais c'est très loin d'être suffisant, pour me sentir comme tout le monde... Mais avec elle, j'ai pas besoin d'être comme tout le monde. Je peux être moi. On est pareil... Ou presque... Et c'est justement cette différence, qui me donne un espoir. Qui me donne le sentiment que moi aussi, je peux supporter cette condition... Alors peu importe ce que cela me coute, d'être à ses côtés. Quitte à devoir l'aider auparavant. Je veux qu'elle se sente bien, qu'on se sente bien... Et si il faut coucher All Might à terre pour ça, je le ferai. Même si ça semble impossible. Même si personne n'y est encore parvenu. Il doit avoir une faiblesse, quelque part. Nous finirons bien par la trouver, tôt ou tard. Il faut que je la revois. J'ai besoin d'elle, comme elle a besoin de moi, pour y parvenir... pour s'épanouir... Essuyant mon visage, d'un revers de bras, je fixai le directeur, droit dans les yeux. J'arrête de lui montrer cet air de chien battu, qui de toute façon ne marche pas. Mon regard est déterminé, transcendant... Aussi aiguisé que celui d'Aigle Royal. Je ne dois pas pleurnicher. C'est elle qui m'a aidée à briser mes limites, pendant 3 semaines intensives... Le plus important, c'est de ne pas baisser les bras... Même si je reste à Shiketsu... sans motivation, je ne vaux rien du tout. Si je la perds maintenant, tout sera vraiment foutu... Mais dans le cas contraire, il sera toujours possible de m'élever... C'est le plus important. Garder cette braise allumée, c'est la clé de ma victoire... Ce, peu importe les conséquences collatérales...

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Dim 2 Sep - 19:04

(PNJ présent(s) dans la scène : Kurai Gensei, directeur de Shiketsu)




Peu compatissant ? Sans cœur ? Désintéressé ? Cela définissait-il correctement le directeur de l’Académie Shiketsu ? Difficile à dire. En avait-il quelque chose à faire des conditions de l’étudiante ? Ce serait mentir de dire qu’il s’en foutait. Mais il savait bien que ce n’était pas ces dix-huit calmants simultanés qui la sauveraient. Et puis, elle avait bien compris son but : il instaurait un jeu de pression. D’abord cette brutale interruption de la prise de médicaments, puis le certificat déchiré, affirmant déjà qu’il avait tout compris, comme si une caméra cachée avait surveillé ses mouvements. Il l’a cogné par les mots, pour essayer de la faire parler. Une méthode dure, il en avait conscience, mais ils n’iraient nulle part si elle continuait à jouer la tête de mule. Il a jeté cette obsolète paperasse pour la forcer à se défendre plus longuement, et ainsi récolter certaines informations de la conversation. Bien qu’il risquait d’en arriver là, il ne voulait pas exposer les problèmes et mensonges tel un juge qui allait ensuite annoncer la sentence, ici il voulait juste à obtenir la vérité. Et de sa bouche. Pour preuve, il y avait une copie du certificat dans le même tiroir, en plus de plusieurs copies sur les ordinateurs de l’école. L’imprimante et le scanner ne dataient pas d’hier.

Elle se mit à parler, continuant de nier. Elle pensait pouvoir encore le faire. M. Gensei n’avait pas les détails de sa vie, mais un truc clochait largement dans ce qu’elle disait, par rapport à ce qui a été rapporté. La dernière fois qu’on avait des nouvelles d’elle, c’était cet incident à l’infirmerie de Yuei, et maintenant qu’on la voit à nouveau, elle se bat contre l’hériter de la famille Takane. Et d’après ce certificat, entre ces deux instants, elle était chez elle en dépression. On reste trois semaines au lit et on arrive à faire un meilleur résultat face à celui qui nous a mis au sol ? Bien étrange, non ? Mais voilà qu’elle craqua, parlant de sa solitude, de ses échecs… L’expression sur le visage du directeur ne bougeait pas, mais ce n’est pas pour autant que cela le rendait indifférent. La scène ne lui faisait pas plaisir non plus, après tout c’était une étudiante de son école. En tout cas, le fond du certificat n’était pas si faux : son état psychologique n’était pas des meilleurs. Mais elle se reprit finalement, réaffichant un regard qui lui plaisait plus. Le regard de quelqu’un qui gagnait. Si elle stoppait ici la comédie, ce serait parfait. Le directeur avait griffonné quelques notes très rapides pendant ce discours. Il n’avait pas de licence de psychologie, et même un psychologue n’a pas de potion magique contre la dépression. Alors, on allait prendre le problème sous un autre angle.

« Bien, nous allons nous éloigner un peu du sujet principal. Vous faites référence à l’objectif de votre vie. Et vous parlez de votre volonté de surpasser tout le monde. Probablement un sujet qui n’a pas été assez approfondi pour votre admission dans l’enceinte de notre école. J’aimerais que nous profitions de cet instant pour en discuter. Novel-dono… Pourquoi voulez-vous devenir une héroïne ? Quel est votre objectif et rêve, au-delà de celui de devenir héroïne ? Que cherchez-vous à accomplir en montrant cette supériorité ? Et qu’attendez-vous, de la part de l’académie Shiketsu ? »

Comme il l’avait précisé au début de leur conversation, rien ne sortira de cette pièce. Le secret médical on peut dire. Pas médecin ni psychologue, mais en tant que directeur, il se devait de veiller sur ses élèves, et les aider. Et pour cela, il devait les comprendre.


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Lun 24 Sep - 2:27
" Je... "

Ne dois pas en dire de trop... Je ne peux pas, en dire de trop... Si les projets de l'armée américaine sont dévoilés, alors tout s'écroule... Un scandale médiatique éclatera, mon père sera ruiné et considéré comme un complice. Plus aucun organisme ne voudra nous soutenir, par peur d'être assimilé, de près ou de loin, aux actes ayant été commis par le passé. Nous serons à la rue, moi je serai virée de l'établissement. Et finalement... je perdrai peut-être ma seule chance de le dépasser un jour, d'avoir l'opportunité de changer durablement ce monde. De vivre à ses côtés. Alors... que dois-je lui répondre ? Que devrais-je faire, pour débloquer la situation ?... À l'instant, ce directeur vient de me poser l'une des plus délicates questions qui soient. Surtout après avoir constaté l'ampleur des évènements récents. Je ne peux pas lui répondre quelque chose de trop niais... il comprendrait de suite ma tentative d'esquiver la question. Dans le même temps, il m'est bien sûr impossible de lui raconter toute la vérité, pour les raisons précités. Il me faut donc trouver une manière d'en dire le moins possible, de satisfaire ses interrogations de la plus économe des manières... Réfléchis. Réfléchis... Ca ne doit pas être bien compliqué. J'ai encore un peu de temps. 2 secondes. Peut-être 3. J'ai l'avantage de pouvoir tirer partie de la grande lenteur de l'horloge, située derrière lui et dont les impulsions, normalement subites, ressemblent plus, selon mon référentiel, à un éternel mouvement grossièrement fluidifié... Pour quelle raison démontrerais-je l'envie de devenir Héroïne ? Quelle satisfaction puis-je tirer d'une supériorité ? Mon objectif, au-delà de ce faux rêve ?... Toutes ces questions peuvent en réalité se résumer assez simplement, sans pour autant trahir ceux qui me maintiennent en vie. Je n'ai pas besoin de me forcer... juste d'assumer qui je suis, au plus profond de mon être. Déviant mon regard vers la fenêtre, j'observai un nid d'oiseaux, perché dans un arbre... La maman ramenait quelques vers, de sa chasse, afin de nourrir son petit... puis elle s'envolait au loin, très loin de lui... fusionnant avec les cieux... sous l'indifférence de mon regard...

" Pour quelle raison... Je me le demande... depuis longtemps. Pour certains, c'est beaucoup plus simple que pour d'autres... Je n'ai jamais eu le sentiment, que ça soit si dur à comprendre, me concernant. Au fond, je le sais bien... C'est pas l'altruisme. L'unique réponse à tous ces questionnements reste la même. Si elle devait tenir en un mot, je dirais... L'existence ?... "

Déviant le regard, à la suite de ma dernière exclamation, je le plantai de nouveau dans celui du vieil homme. Je dois paraître bien inexpressive, en ces instants. Il en est en quelque sorte responsable... Après tout, c'est lui, qui m'a demandé ce genre de renseignements. Quel autre effet cela aurait-il pu avoir sur moi ? Ma vie est aussi grise que cette ville. Repenser à tout ça, ne pouvait que m'aplatir à nouveau. Mais c'est pas grave. J'ai l'habitude... Alors maintenant, je clôture ma réponse ainsi ? Ou je lui laisse simplement le temps de réfléchir ?... Qu'est-il préférable de choisir ? Quelle route devrais-je emprunter, à partir de là ? Moins il en sait, mieux c'est. Pour autant, l'existence, ça reste assez vague. Il est fort possible, qu'en l'absence de développements ultérieurs, ma carrière héroïque s'en voit écourtée. Une interprétation ne constitue pas un élément de réponse et c'est pourquoi il parait si nécessaire que je lui fournisse de plus amples renseignements... Soit. Rassemblons donc toutes les possibilités. Trions-les. Filtrons les, sur base de mon dossier médical. Et constituons une solution logique, au sens profond. Au sol, j'observe encore mes pilules éparpillées, comme si ces dernières narguaient mes tentatives ratées. Elles me rappellent surtout qui je suis, d'où je viens et pourquoi j'en suis arrivée là. Ici. Aujourd'hui... Ce n'est pas car All Might représenterait mon modèle. Ce n'est pas non plus car j'éprouverais l'envie d'être mise en avant, tout en prônant mon empathie... Tout simplement car je n'en dispose pas. Ce terme m'est étranger, depuis maintenant fort longtemps. Non. C'est parce que j'essaye d'esquiver cette fatalité, à mes pieds... de trouver un chemin qui puisse me convenir... m'être adapté. Mais ça, il ne peut pas le comprendre. Alors, je vais tâcher de le formuler autrement... De façon plus acceptable.

" ... Pour donner un sens, à la mienne... Je me sens nulle en permanence. Incapable de profiter de cette vie, de m'en satisfaire, comme le ferait monsieur tout le monde. Tout est si terne, à mes yeux... Le bien, le mal, ne sont pour moi que les deux facettes d'une même pièce. Les deux parties conjuguées d'un individu déterminé. D'un monde qui n'a que faire de cette réalité... Ca n'a aucun sens. À mes yeux, tout est déjà calculé, parce que tout est quantifiable... Parce que plus on se rend compte de la complexité nous régissant, plus l'on constate la réalité de mécanismes simples, se conjuguant en un système des plus alambiqués. Si je me sens morte à l'intérieur, c'est peut-être car rien de ce qui m'entoure n'est véritablement vivant... Alors à quoi suis-je sensée me raccrocher ? "

Oui. À quoi donc ? Sincèrement. Tout ceci n'est qu'une vaste blague. Je veux dire... Ce climat pesant. Cette personnalité inquisitrice. Cette académie. Le stade, les projets de l'armée. Ma querelle avec Oroshine, cette lutte sempiternelle, la vie sur cette planète. L'univers en lui-même... Juste un espace trop vaste pour être conquis... Une quantité d'existences qui ne servent à rien... Je dois me contenter de ça ? Non. Même pour une quinzaine d'années restantes, à l'endurer chaque jour. Chaque minute. À chaque seconde. Ca ne sert à rien. La finalité reste la même. Peu importe le chemin. Tout le monde finit par mourir. J'avance tel un zombie. Obéissant aux ordres sans trop savoir pourquoi. Si aucun d'eux ne dispose de sens, alors c'est celui que je choisis d'écouter, qui en dispose d'un... Le seul sens qu'il reste, c'est la réalité de l'existence. C'est pourquoi ma réponse ne peut représenter que cette valeur. La seule donnée qui justifie objectivement tout... Je vis, donc je suis. Et pour me donner le sentiment de vivre, seules quelques formules, possèdent le luxe de concrétiser cette réalité. C'est simple à comprendre, non ? Si je veux devenir Héros, c'est parce que la seule autre option à mon existence, se trouve chez les Vilains. Même toi, tu dois le comprendre, ça, non ? Les personnes comme moi, si elles ne se foutent pas en l'air... elles ne savent que foutre la merde autour d'elles. À moins d'être encadrées sans relâche. Les épaves ont besoin d'être retapées et entretenues, si on ne veut pas les voir couler toujours plus profondément... Tu sais très bien ce qui arrivera, si tu m'abandonnes aujourd'hui. Tu sais vers quelles solutions je me tournerai. Tout comme tu as conscience d'être en partie responsable de mon avenir, de mon devenir... Une pièce dispose de la même valeur, qu'elle soit du côté pile, comme du côté face. J'ai déjà fait mes preuves. Alors... Lequel des deux camps préfères-tu enrichir, mon directeur ?...

" Monter les échelons. Progresser sur l'échelle, même si rien ne m'attend au bout... La progression se suffit à elle-même. Tant qu'on monte, tout va bien... Et une fois arrivé en haut, on peut toujours prendre le toboggan... Ha. On finit tous par le prendre, un jour ou l'autre... Je fais juste en sorte de choisir la plus haute échelle qui soit. La plus motivante également, pour ne pas lâcher prise. Je veux me sentir utile, avoir le sentiment de vivre, d'être libre... Pouvoir protéger ce qui m'importe, changer ce qui pose problème. Remettre de l'ordre dans un désordre ordonné... Devenir acteur, plutôt qu'observateur. J'ai juste besoin d'exister... et seule deux issues me le permettent, en permanence... ... ... Aidez-moi, à perturber l'équilibre de ma pièce... pour les 15 dernières années qu'il me reste à vivre. "

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Lun 15 Oct - 21:03

(PNJ présent(s) dans la scène : Kurai Gensei, directeur de Shiketsu)




Enfin. Enfin Miss Novel commençait à raconter ses réels ressentis, ses motivations et non-motivations, les objectifs de sa vie malheureusement courte. Là encore, le directeur écoutait attentivement, sans même penser à l’interrompre. Une carrière héroïque était pour elle une manière de se rendre utile, mais aussi et surtout de se sentir évoluer, alors qu’elle semble être née dans un monde qui n’a pas été conçu pour l’accueillir. Un monde qui n’était pas à sa hauteur, mais qui a pourtant su la rabaisser le temps d’un tournoi. Les tests physiques de l’étudiante sont toujours impressionnants. Seulement, ils ont tendance à stagner. Comme beaucoup d’étudiants d’ailleurs, ce n’était pas quelque chose à pointer du doigt. En fonction de l’alter, la chose était aussi plus aisée.

Chaque individu a sa propre vision du monde. Cette vision nous pousse vers une voie. Des fois, cette vision est altérée, et le chemin emprunté bouge sous nos yeux. Cette vision nous définit un peu tous. Et puis, il y a certaines personnes qui voient devant eux la route en concordance avec leur vision, mais pourtant, pour certaines raisons, ils vont prendre la route à contre-sens.

« Notre Académie n’est pas là uniquement pour vous former physiquement. Notre enseignement vous permet aussi de vous préparer psychologiquement à la profession héroïque. Pas seulement ce qu’il vous faut faire ou ne pas faire en tant que héros, mais aussi votre état d’esprit de manière générale. Par exemple, la manière dont vous vous représentez en public, et la conséquence que cela a sur l’image que vous donnez aux citoyens. Mais aussi, comment est-ce que vous vous motivez à exercer votre profession ? Vous me parlez de l’idée de l’existence, mais vous ne pouvez pas simplement vous permettre d’exister. Nous vous demanderons d’aller beaucoup plus loin que cela. La société et cette école ne partagent malheureusement pas votre vision nihiliste et déterministe du monde, et c’est notre travail de faire de vous un individu adapté à cette société, qui agit en son sein de manière réfléchie, sans plonger dans un antagonisme aveugle. Je ne cherche pas à vous changer ou à vous manipuler, juste à vous ouvrir à une nouvelle facette de l'existence qui, je l'espère, vous plaira et sera un premier pas vers le rôle d'héroïne que vous vous êtes choisie. Mais prenez garde : si vous n'évoluez pas au-delà du simple désir de l'ascension, vous serez incapable, physiquement comme psychologiquement, de finir votre cursus ici. Jamais vous ne trouverez les capacités de défendre un monde, dans lequel vous placez aussi peu d’estime et de valeur. »

Cela devait être posé tout de suite. Bien qu’aujourd’hui elle semblait surpasser beaucoup d’élèves, elle finira par perdre toute son avance et être bien en retard. Et c’était maintenant que cette étudiante devait en prendre conscience.

« Dites-moi Novel-dono, vous êtes-vous intéressée de près à certains héros ? Avez-vous des modèles peut-être, sur le plan physique ou psychologique ? Est-ce que vous avez entendu parler des Wild Wild Pussycats ? »


Académie de Shiketsu
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Mar 13 Nov - 23:45
Ma vision... nihiliste ? Déterministe ? Plutôt réaliste. Reprenant la parole et m'informant des conditions nécessaires à mon intégration, ce directeur me paraissait bien tenace. Mais il avait raison... en un sens. Les personnes partageant mon point de vue ne sont pas légion... Les civils ne veulent pas juste être sauvés des dangers pouvant se dresser devant eux. Ils veulent l'être avec le sourire. Ils veulent qu'on leur redonne espoir... tout comme lui le fait si souvent... De nos jours, devenir un Héros requière bien souvent une image positive, auprès des citoyens. Mais ça, je n'en suis pas capable. Ce n'est pas ainsi que je fonctionne. Bien sûr, je comprends que l'on ne puisse pas se permettre de se faire passer pour un Vilain, dans nos actions... Je me suis laissée emporter, même si je ne pensais pas me faire ainsi arrêter et repérer. À cet instant, seule ma victoire contre Oroshine comptait. Plus rien d'autre n'avait d'importance. C'est une erreur qui a failli mettre en péril ma mission... Mais dans un sens, c'est bien grâce à ma détermination du moment, que j'ai pu retrouver la combattivité nécessaire à ma reprise. Si c'était à refaire, quelle serait ma réaction ? Je ne sais pas. Je ne peux pas le prévoir... car cela dépend également d'autres paramètres. Dont celui de l'adrénaline... Plus je la sens investir mes veines et plus je me sens pousser des ailes. En rétrospective, je ne peux pas nier faire preuve de violence, de débordements regrettables... Ca me libère, ça me motive. Néanmoins, la situation actuelle m'oblige à devoir faire profil bas, comme à acquiescer ses remarques, si je ne veux pas tout faire échouer. Ma revanche contre cet inventeur... Elle a failli me faire couler. C'était un quitte ou double. J'en ressors aujourd'hui... de cette eau marécageuse m'ayant tant fait boire la tasse, par le passé. Et peut-être que je fatiguerai à nouveau, que je me laisserai encore aller, emporter... Mais au moins, désormais, je sais comment nager. Je sais comment remonter à la surface... Il ne tient qu'à moi, de trouver le moyen d'en limiter les dégâts, l'éclaboussure.

Il voudrait que je trouve une motivation, une bonne raison de les sauver, de faire ce job... Mon ambition est liée à All Might et à l'armée. C'est pour cette raison, pour avoir l'opportunité d'espionner ce dernier, que je me retrouve ici... Enfin, l'objectif restait Yuei. C'est rageant, cependant il faut bien que je fasse avec. Toujours est-il que je n'avais pas la moindre raison de me diriger vers cette branche, pour la fonction en elle-même. Je n'ai donc pas de réponse précise à lui donner... Pour autant, le directeur ne semble pas en avoir spécifiquement besoin. C'est plus une mise en garde, un avertissement censé encourager ma réflexion sur le sujet. Oui, je ne pense pas non plus que cela soit possible. Mais... si je peux au moins en offrir l'once d'une illusion, au moins à la vision du grand public, ça devrait suffire. Je n'ai pas à me mentir à moi-même, à me changer psychologiquement. Non... J'ai juste à jouer un jeu. À leur offrir le minimum syndical, au-delà de mon travail habituel... Il peut bien me reprocher ce qu'il veut, mais au final, ce n'est pas à mon interlocuteur, que de désigner le genre de Héros qu'il me faudrait devenir. Ni à la société. Alors... Si je limite ma casse en publique, ou au moins avec des raisons plus justifiables de céder... Si je fais davantage attention à la partie sauvetage de mes épreuves à venir... En somme, si je parviens au moins à équilibrer l'image que je reflète extérieurement... ils ne pourront plus rien me dire. Je dois juste apprendre à me maîtriser, réussir à m'imposer des limites. C'est drôle... pour quelqu'un ne recherchant qu'à les briser. Soit. Très bien, j'essayerai. Je me montrerai plus prudente, à l'avenir et même s'il me faudra apprendre à contrôler davantage mes impulsions, dans la foulée... Me levant de ma chaise, c'est lorsque Mr. Gensei eut totalement terminé de m'adresser la parole, que je pris le temps de le toiser, avant de porter un regard au reste de la pièce. Je ne pourrai jamais devenir ce Héros dont tout le monde rêve inviter chez lui... Mais je ne suis pas la seule dans ce cas. Je ne suis pas la seule à inspirer la crainte, tout en pouvant sauver des vies.


" ... Vous avez raison... C'est plus facile, lorsque l'on possède une raison altruiste d'aider nos semblables... Mais c'est aussi plus fragile. Car tôt ou tard, si ces Héros finissent déçus de leurs idéaux d'entraide et de justice... s'ils réalisent la froideur du monde nous entourant, le non-sens derrière tous leurs efforts... alors ils basculent. C'est grâce à mon détachement sur la question, qu'il est facile pour moi de ne pas trahir mes objectifs de départ... Mais je ne peux pas faire semblant, à la manière de ces guignols, qui se pavanent de leur statut reconnu. Les citoyens peuvent apprendre à se contenter de leur vie sauve, de par mon intervention... S'ils veulent le grand sourire en prime, ils n'ont qu'à aller faire la queue, à l'une de ses séances d'autographes. " lâchai-je, tout en pointant rapidement du doigt une affiche, où l'on pouvait distinguer le numéro 1.

" Ils peuvent bien me voir comme froide, peu bavarde, franche, inquiétante... Je m'en fiche. Je fais mon job... et c'est tout. Je ne me bats pas pour leur reconnaissance, pour la popularité. Ce n'est pas une tare, si moi je n'ai pas besoin de me faire inutilement remarquer, pour accomplir le devoir lié à ma fonction. Moi je vis en me dépassant et eux s'en sortent vivants. C'est gagnant-gagnant. Je ne suis pas la seule à fonctionner ainsi... Les Wild Wild ? Connais pas. Mais depuis mes déclarations et performances, lors du tournoi, il y a bien un nom, avec lequel les gens se plaisent à établir mon parallèle, sur les réseaux sociaux... "

Un nom, un seul. Un nom à la hauteur de la ténacité, l'endurance, la brutalité, l'ingéniosité, l'image dégagée que l'on me reproche... Représente-t-il un modèle, à mes yeux ? Non. Et je ne le connais d'ailleurs pas si bien que ça. J'ai juste vent de ce à quoi il ressemble, probablement aussi un peu de ses procédures, de sa rudesse... Tout ce que je sais, c'est que je pourrais apprécier chez lui ce que je détestais autrefois. Il a le même regard qu'elle... Celui qui t'écrasera au sol, autant de fois qu'il le faudra, avant que tu ne parviennes à mériter son respect. C'est le regard d'un gagnant. On la remarque de suite... son implication, sa franchise, la concentration dont il fait preuve, pour mener à bien les objectifs lui ayant été confiés. Il se bat de manière tactique, maîtrise le terrain et conçoit des stratagèmes efficaces. L'escadron qu'il dirige, d'une main de fer... il ne peut ainsi que me faire penser à un officier de l'armée... Il ne peut que me faire penser à l'Aigle Royal. En ai-je à présent l'allure ? Serais-je suffisamment digne de ses enseignements, que pour être en mesure de faire un jour face à ce type ? Un jour, il me faudra bien le dépasser, comme pour tous les autres... Le directeur voyait-il déjà de qui il était mention ? Au vu de mes semaines d'absence, je ne sais pas si l'information a circulé autre part que sur le net. Mais depuis ce jour, où j'affrontai pour la première fois cet inventeur... mon nombre de followers a explosé, rameutant le pseudonyme de ce classé au moins une fois par jour... C'est ainsi, que j'ai appris à mieux le connaître. Malgré moi, bien qu'avec intérêt... au fil de tous ces tags... Étant sur le point de révéler son nom de code, je fis quelques pas, dos à mon interlocuteur et fouillant mon fil d'actualité, histoire d'étayer mes propos à venir. En y réfléchissant, c'était un peu bête... Je veux dire... bien sûr que Mr. Gensei devait le connaître. Lorsque l'on acquière cette place, dans le classement, il devient difficile de parvenir à faire profil bas... Alors, me retournant finalement et pointant l'écran de mon portable au-devant, je lui laissai contempler le nouveau partage, dont je fus une fois de plus victime et traitant du numéro 10.

" Gang Orca. "

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Mar 15 Jan - 14:33

(PNJ présent(s) dans la scène : Kurai Gensei, directeur de Shiketsu)




Le directeur écoutait les justifications de son élève, mains jointes au-dessus du bureau et le dos un peu courbé. Sa vision n’était pas totalement dénuée de sens. Il y en a eu, des exemples de héros qui ont sombré. On pouvait toujours essayer de lutter, une telle chute pouvait malheureusement arriver à n’importe qui. Il la regardait circuler dans la salle pendant qu’elle dissertait, alors qu’il ne bougeait pas d’un pouce. La discussion était intéressante, et la diversité des adolescents qui arrivaient dans cette école était fascinante. Star Novel, voilà un cas assez particulier.

« Vous insinuez donc que votre motivation vous empêche de trahir vos objectifs ? Peut-être bien. Cependant, dans votre cas, l’effet opposé pourrait intervenir. Non, il est déjà intervenu. Votre motivation a fait que vos propres objectifs vont ont trahi. Dois-je vous rappeler ce qu’il s’est passé il y a quelques heures de cela ? Vous êtes allée à l’encontre de la loi pour prendre revanche sur une personne qui vous a battu. Et même avec un statut de héros, il restera illégal pour vous d’aller prouver votre valeur de cette manière à quiconque semblera se placer au-dessus de vous. Vous n’êtes pas plus protégée que n’importe quelle autre personne par vos idéaux. »

Il se redressa et reprit.

« Vous faites fausse route sur un point. Vous ne pouvez pas vous dire que vous vous contentez de faire votre job en ne faisant que sauver la population. Le métier de héros a également une dimension sociale que vous ne pouvez pas ignorer. C’est d’ailleurs très intéressant que vous parlez de Gang Orca. Les personnes qui ont fait la comparaison ne vous connaissent pas et ne le connaissent pas. À première vue, Gang Orca parait comme une figure inquiétante, à se demander s’il s’agit d’un vilain. Votre froideur peut donner la même impression, bien que vous n’ayez pas un physique animal qui puisse inspirer une peur. Les similitudes entre vous ne vont pas plus loin. Le numéro 10 a beaucoup travaillé pour se faire reconnaitre en bien par le peuple japonais. C’est un héros apprécié, que les gens ne craignent plus. Saviez-vous également qu’il fait du volontariat pour aider les jeunes élèves en difficulté à rattraper leurs camarades ? Il a de fortes valeurs sociales qui ne sont pas encore développées chez vous. »

Ah les médias, les memes, les réseaux sociaux… L’étudiante découvrait ce que ça faisait d’être connue. On commence par sur-interpréter complètement qui nous sommes, et on ne discerne plus qui est sérieux et qui ne l’est pas. Ça aussi, ça fait partie de la dimension sociale de l’héroïsme. L’interaction avec les citoyens se fait dans les deux sens, mais il ne faut pas se laisser déstabiliser.

« Bref, fermons la parenthèse sur cet homme. Ici, nous ne formons pas de héros machines qui vont se contenter d’aller sur le terrain, sauver les personnes en détresse, et partir sans demander leur reste. Le développement de votre sociabilité fait partie de votre cursus. C’est très important pour vos relations avec les habitants, mais aussi avec les autres héros, futurs collègues. Il faut qu’il y ait une confiance mutuelle, mais aussi une bonne entente. Le mental est un élément très important pour la réussite d’une mission. Certains héros peuvent prendre les choses plus mal que d’autres, mais vous devez vous adapter au mieux pour que cela se déroule dans les meilleures conditions qui soient. Des vies sont en jeu après tout. Et vous ne pourrez pas vous contenter de faire le travail seule, cet aspect d’équipe est inévitable. Même déjà à votre âge, dans une salle de classe, vous pouvez beaucoup apprendre des autres en discutant simplement. Je ne parle pas forcément des discussions banales, cela peut très bien être lié à votre enseignement, et les méthodes de chacun. Ne sous-estimez jamais ce que le contact avec les autres peut vous apporter. »

Il se leva et commença à s’avancer vers le mur vitré qui se trouvait derrière lui, mains derrière lui, faisant donc dos à son interlocutrice.

« En parlant d’équipe. Les Wild Wild Pussycats sont un groupe de quatre héros qui sont spécialisés dans les sauvetages en milieu naturels. Tout à l’heure, la police a bien sûr été contactée et m’a mis la pression pour demander votre renvoi de mon établissement. Chose qui est compréhensible, c’est effectivement ce que ferait beaucoup de responsables d’établissements scolaires. Vous avez maintenant une réputation dans le milieu héroïque et vous réglez des comptes avec l’académie rivale en s’introduisant chez elle. Puisque cela implique notre école, cela peut entacher notre réputation si nous vous gardons. Et également la vôtre, le milieu professionnel vous connait déjà. Cependant, moi je ne fonctionne pas ainsi. Chaque personne mérite une seconde chance, et voici la vôtre. »

Il tourna la tête à 90° en arrière, visant son élève aux cheveux noirs du coin de ses yeux.

« Votre stage de première année approche à grand pas. La condition pour rester parmi nous est la suivante : vous effectuerez ce stage chez les Wild Wild Pussycats. Cela vous permettra de voir l’héroïsme sous un autre angle, et peut-être réaliser l’importance des liens sociaux dans le domaine héroïque. Même si vous me voyez peu, je sais ce qu’il se passe dans nos murs, vous n’avez pas vraiment développé de relation positive avec vos camarades. Et en parlant de camarades, l’un d’entre eux a justement postulé chez eux pour faire leur stage, vous ne serez pas seule. »

Il se tourna complètement vers elle, droit.

« Quelle est votre réponse, Novel-dono ? »

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Dim 20 Jan - 19:44
Ca fait trop longtemps que ça dure... Ce suspens me bouffe. Il me dévore plus que mon poison ? Je sais pas vraiment. J'ai l'impression de me retrouver sur la corde raide, à l'exacte séparation entre deux destinées, différant sensiblement. Est-ce bien raisonnable ? S'acharner de la sorte, faire tout pour sauver les meubles ?... Va-t-il me virer ? Puis-je encore m'en tirer ? Mes paroles récentes n'ont rien de très encourageant, mais elles me définissent et cette sincérité, tant attendue, représente actuellement la seule chance pour moi de m'en sortir. Quelle situation de merde... J'imagine que je l'ai bien cherché. En rétrospective, cela aurait pu s'avérer bien pire. Ouais... On arrête des gens pour moins que ça, je suppose. Je me suis fait couvrir, mais c'est un peu mon Joker. Car je suis inscrite à cette académie, car je suis sous sa responsabilité... car je suis mineure... Mais cette protection, j'en ai abusé. En l'espace d'une impulsion, d'un enchainement de frustrations, j'ai déjà pompé toutes mes chances... Peu importe le résultat de cette discussion, je sais qu'au prochain faux pas, je le paierai très cher. Et pour autant, cette simple pensée m'empêchera-t-elle de le commettre ? Pas sûr. Je l'ai dit, c'est une impulsion. J'ai dû mal à me contrôler, lorsque je suis envahie par un taux si élevé d'adrénaline... Tu vois, c'est un peu comme si je devenais une autre personne, comme si l'instant présent devenait plus important que tout le reste. Tu le comprends, ça, non ? Je suis sûre que tu vois où je veux en venir. Ah... mais tu dois surement en avoir marre, à force. Je me répète, pas vrai ? Je ferais mieux de te laisser et de me concentrer sur le directeur, pour le moment. Il paraissait toujours des plus sereins... C'est pas spécialement évident, de se rendre compte de ce qu'il pense. Il garde toujours cet air impassible, comme si rien ne pouvait perturber le cours de son raisonnement... Une façade, ou bien la réalité ?

Merde, il se laisse pas avoir. Ma motivation aurait trahi mes objectifs ? Totalement. J'essaye de le convaincre du contraire, mais c'est entièrement vrai... J'ai beau me montrer rationnelle, au final c'est bien mes sentiments, qui me dirigent... Quand c'est pas la déprime, c'est l'ivresse de puissance. Ces deux forces mènent un combat constant, au sein de mon organisme. C'est lorsque l'une prend le pas sur l'autre, que les emmerdes surviennent... Voilà sur quoi il faut que je travaille. L'équilibre... Malheureusement, je ne peux rien lui promettre, à ce propos. En fait, je ne trouve même pas quoi lui répondre. Juste détourner les yeux... davantage vers le sol, quand même. Allez, histoire que ça serve de réponse gênée, hein... Tant qu'à faire, autant ranger aussi mon portable. Je n'aurais déjà pas dû le sortir, alors vaut mieux écraser jusqu'au bout. À ce stade, je ne peux rien faire d'autre... D'ailleurs, M. Gensei ne tarda à se lever, comme à débuter une réponse, concernant le Héros m'ayant poursuivi, à travers moult tweets. Putain, je déteste vraiment les gens... Je ne peux même pas me fier à eux pour ça. Toujours cette manie de tout déformer, juste pour encenser, pour créer le buzz. Mon interlocuteur m'apprenait la réalité des légendes urbaines, en ce bas monde. Pas vraiment que j'ignorais l'existence des interprétations foireuses, mais là, on m'avait clairement vendu une chimère... Gang Orca n'était pas du tout le genre de Héros auquel je pensais. Il disposait certes d'un look intimidant, mais sa mentalité n'en demeurait que des plus banales... Juste un type qui veut plaire à ceux qu'il effraye, bien malgré lui. Le directeur tend à profiter de cette ouverture, pour m'imposer l'idée selon laquelle un Héros DOIT être social... Selon lui, il n'y a pas d'échappatoire. Voilà pourquoi je trouve ce métier ridicule. Faire le guignol, juste pour rassurer la galerie. Tout ça à cause de LUI... Sauver avec le sourire, ça n'a pas de sens. Cela revient juste à les habituer à s'endormir sur un nuage de coton. Et le jour où il n'est pas là, c'est la désillusion, c'est la trahison, le retour à la réalité. Hypocrites.

Plus j'y pensais et plus je me disais que l'armée avait au moins le mérite de ne pas bercer le peuple, à l'aide de fausses apparences. Une organisation plus efficace, bien moins aléatoire... Un raisonnement certes froid et centré sur les directives, mais sans dérives dues à une notion changeante de la justice. L'armée n'a pas la prétention d'agir au nom d'une valeur sociétaire des plus floues. Elle fait respecter la loi et c'est tout. On peut toujours contester son impartialité, mais au moins l'on se fie à un objectif clairement établi, depuis le début. Enfin, même si je dis ça, je ne suis pas un soldat et ça se voit... Ce que j'ai fait, ils me le reprocheront tout autant que les autres, si ce n'est même plus... En parlant de devoir rendre des comptes, mon interlocuteur finit par me faire dos, fixant sa grande baie vitrée... Putain, il me reparle encore des Pussycats. Ca c'est la punition, je la sens venir... Et bingo. Mais je ne devrais pas m'en plaindre. Ce n'est après tout pas cher payé, comparé à ce que j'aurais pu subir... Il me révèle qu'on lui a mis la pression, pour que je me fasse virer. Ca ne m'étonne même pas, vu à quel point cette histoire a dû faire chier les policiers. L'image de cet établissement en a forcément pâti, à l'instar de la mienne. En temps qu'apprenti Héros, j'ai certains privilèges, mais surtout un bon nombre de règles à suivre... car je porte le jugement des citoyens sur les épaules. Ce n'est pas tant que je dois les rassurer des dangers externes, mais surtout de celui que je représente, avec le niveau de qualification auquel j'aspire. Je crois que c'est aussi ça, que le barbu veut me faire comprendre... Je dois également tenir compte du regard que mes camarades me portent, car le manque de confiance, lors d'une mission, pourrait aboutir à l'échec de celle-ci. C'est comme la jouer solo et manquer son tir, juste car l'on considère son coéquipier trop instable, au-delà du fait qu'il pourrait se montrer plus capable de porter un coup décisif.

" ... Je vois... Je n'avais pas vu le problème sous cet angle là. J'accepte la main que vous me tendez... même si je ne me vois pas en faire des tonnes, pour me mettre en valeur. J'essayerai au moins de ne plus saccager la confiance, que l'on est censé pouvoir m'accorder... "

Ca risque d'être assez compliqué... Je ne suis pas d'un naturel agréable, avec mes contacts. Bien sûr, à force de me côtoyer, j'imagine que l'on finit par s'y habituer... mais c'est justement un peu le problème, vu que je n'en donne pas l'envie. Je n'ai plus qu'à espérer de ce stage, qu'il permette d'offrir une meilleure image de moi, aux yeux de mes camarades, des professionnels, comme des civils... C'est pas gagné... mais je n'ai pas le choix. C'est ça où tout foutre en l'air. Serait-ce vraiment si mal ?... J'ai peur de faire un jour le mauvais choix de trop. J'ai peur de craquer, de laisser mon père s'écrouler, juste pour me précipiter vers un cadre de vie plus simple, plus apaisant... Ai-je besoin de trahir tout le monde, pour me sentir enfin vivre ? Ais-je besoin d'aider Ryou à détruire All Might, pour enfin avoir la paix, au côté de cette première ? C'est la même question. Je... Je voudrais la revoir. Ca va faire longtemps. Bien trop longtemps. Seules nous deux, pouvons réellement nous en rendre compte, au vu de notre vitesse de perception. Subsisterait-il une réalité plus enviable, que de s'épanouir en compagnie de la seule personne pouvant réellement nous comprendre ? Parfois, je me le demande... Le directeur m'ayant échangé ses derniers mots plus tôt, regard par-dessus l'épaule, je percevais devoir prendre à présent congé. J'imagine que ma réponse ne s'était révélée des plus encourageantes, sans pourtant refléter une mauvaise volonté... seulement, il devait se douter qu'il m'aurait été impossible de réagir avec plus d'entrain. Enfin, du moins, pas sincèrement... Alors, ouais, je tournai des talons et me dirigeai vers la porte d'entrée, l'ouvrant pour ensuite m'arrêter subitement.

" Désolée pour tout... et merci pour la seconde chance. J'essayerai de ne pas la gâcher. Au revoir, M. Gensei... " trouvai-je malgré tout le courage de prononcer, avant de quitter définitivement les lieux, un sentiment amère me parcourant et probablement pour longtemps.

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