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La ballade du cœur ~ [en solitaire]

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Yomi Kisara
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Mer 11 Oct - 22:42
Une demoiselle portait l’errance en la cité grouillante. Un mutisme chaste et insouciant lui pendait aux lèvres adorables, presque irrésistibles. Et la balade ne lui était si pénible, du reste. Tandis qu’elle méditait l’affaire qui l’amenait en cette heure à fureter dans l’ombre d’un malandrin, qu’elle avait tout loisir d’épier et filer, une pensée maligne la tiraillait. La vilaine se voulait si facétieuse, un doux murmure inaudible à la bête, une lueur attrayante et insaisissable en ces limbes brumeux qu’était sa cervelle excentrique. La voilà dont qui traquait sa proie du jour, ou plutôt l’observait vaquer à ses besognes toutes aussi banales qu’affligeantes. L’énergumène manquait-là de lui éveiller quelque ennui, mais une pensée l’en gardait bien. Le souvenir d’une soirée fabuleuse, idyllique, magistrale. Lui qui lui trottait d’aventure encore. Si bien qu’il en émoussait presque sa figure impassible. A vrai dire, la hantise fascinante de cette sensation inextricable l’amusait fort.

Aussi n’allait-elle pester entre ses crocs, ni afficher rictus de frustration avec l’appendice paisible. L’inquisitrice demeurait bien patiente, aux aguets, discrète en sa filature, postée à l’écart. Soudain, elle enjouait volontiers la rêverie envoûtante et chatoyante qui la narguait depuis peu. Cette seule pensée lui épargnait une telle lassitude, à la fois quotidienne et maladive. Une trogne d’angélique pétillante ne cessait vraiment d’occuper ces fugaces instants. La bonne amie si pimpante et délectable avait dont quelque effet bénéfique à son égard. Ou bien l’ambiance festive et conviviale de la veille avait-elle eu raison de cette créature exotique ? La belle éprise des flammes ne savait trop qu’en penser. Hormis qu’une telle compagnie lui était plaisante, distrayante, pareille aux instants mémorables vécus avec ses chères et tendres sœurs. Mais ces dernières lui procuraient-elle tant de félicité palpable ? Yomi songeait d’avantage à de l’affection naissante et sincère.

Il lui semblait qu’on immolait quelque étrangeté en sa caboche, une saveur sans nulle autre mesure, qui la rendait bien confuse et presque niaise en son ignorance totale de la chose. Le phénomène ne manquait pas d‘effriter un brin son attention surnaturelle, son sérieux d’ordinaire irréprochable. Une douceur furtive et subtile se gravait à ses lèvres. Son joli minois si froid et pensif semblait presque s’adoucir, tandis qu’elle flânait de manière évasive de ses prunelles de mauve. Et sa fidèle suivante à la robe funèbre, ondulait sereinement en son sillage, trahissant dès lors sa réflexion passionnée. Puis, dans une moindre occasion où régnait un vacarme citadin, la mutante dénigrait sa pensée au profit d’une autre. En effet, elle avait beau poursuivre sa proie, qu’elle n’en retirait la moindre évidence d’une quelconque exaction avenir. L’homme ne présentait rien de suspicieux. Ses fréquentations des quartiers populaires l’ayant conduite à sillonner la ville, à sa suite, n’apparaissaient guère louches. On pouvait-là se fourvoyer.

La perfide chasseresse pouvait bien incendier ses méninges qu’elle n’en décelait pas plus de preuves d’une éventuelle vie officieuse, illégale ou sordide. Et pourtant, la conjointe de ce bellâtre trentenaire l’était venue quérir au siège de l’entreprise familiale, l’agence modeste d’enquêteurs autonomes de cette petite ville. Yomi avait su recevoir dignement la gente dame. Hélas, cette dernière proférait des inquiétudes peu fondées. On lui mandait d’investiguer sur un adultère possiblement fantasmé, dont-elle se gardait bien de signifier qu’elle pensait refuser. D’ailleurs, le mari n’avait rien d’un homme insatisfait de son épouse, quand bien même il vadrouillait si souvent et ne la comblait pas plus qu’elle ne l’aimerait. Cette pauvre femme toute larmoyante, confuse et craintive de voir son ménage s’évanouir, navrait un brin sa fidèle servante. Elle qui ne pouvait décemment l’éconduire, sans daigner et ne serait-ce que mener sa petite enquête. Ce à quoi elle s'adonnait.
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Yomi Kisara
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Lun 16 Oct - 23:46
Voilà des heures que cette détective filait et épiait habilement son lascar infatigable. Et que lui servait-il de porter la balade à travers toute la cité, ou tout moins bien des quartiers, afin de visiter divers commerçants. L’énergumène ne distribuait ni tracs ou autre papelards, c’est bien qu’il devait converser avec des personnes bien précises. Hélas, la belle rose avait beau aborder l’énigmatique coquin qu’elle ne parvenait à saisir la teneur des propos. D’autant qu’elle n’allait pas se risquer à être découverte, pas plus qu’elle désirait se voir enseigner la lecture des traits des lèvres. L’espace d’un fugace instant elle avait fabulé qu’il pouvait s’agir d’un de ces sbires de la pègre étrangère, puisqu’il n’avait rien de l’esthétisme des yakusa et pouvait alors flâner sans vergogne, se pensant insoupçonnable. La jeune fille dénigrait un brin cette pensée d’un percepteur ou d’un simple pourvoyeur d’informations, quand bien même ceci expliquerait bien des choses.

Du reste, un détail autre l’intriguait au détour d’un charmant établissement, un nouvel individu attirait son attention. Elle était ainsi, à l’affut. Il lui paraissait en effet fort étrange que la progéniture d’un modeste boucher et traiteur puisse se doter d’un pareil véhicule. Et il n’y avait qu’elle pour songer ainsi, ou presque. A vrai dire, elle l’imaginait mal avoir hérité d’un parent aisé. Et même une poignée d’années de salaires peineraient même à s’assurer l’acquisition d’un engin au demeurant raffiné. Certes le bel éphèbe ne manquait pas d’assurance et avait fière allure. Peut-être avait-il en effet été gâté par la fortune d’un héritage parental, voire même comblé par un employeur généreux. La belle rose se navrait presque que l’attitude vaniteuse du jeune homme invalide sa thèse. Puisqu’à moins de s’être laissé griser par un nouveau patrimoine foncier, nul n’aurait embauché ce frimeur presque irrévérencieux. A moins que l’activité lucrative ait été digne d’un tel énergumène.

La voilà dont qui fabulait plus sérieusement à son égard, s’imaginant qu’il avait déguisé sa richesse naissante et éventuellement fugace par un habile mensonge, celui d’un patron généreux. Là elle songeait à ce qu’il ait versé dans quelque affaire louche et possiblement illégale, comme le trafic de stupéfiants. Elle manderait bien à sa sœur aînée de se renseigner auprès des autorités et d’éplucher ses comptes, mais il lui fallait rassembler d’avantages d’indices. D’autant que la rose songeait d’abord à laisser rôder cette chère amie à l’ouïe inouïe. Afin de s’assurer qu’elle n’allait pas là divaguer. Du reste, la vilaine fouineuse qui abusait la populace de part son adorable bouille d’angélique, s’interrogeait d’avantage sur la présence d’une éventuelle faculté surnaturelle. Laquelle pourrait bien être à l’œuvre de cet enrichissement. Mais un tel pouvoir serait-il resté méconnu ?

Le quartier présentait depuis peu des commerces plus florissants que d’autres, sans toutefois paraitre d’avantage attractifs ni vraiment changés. Le phénomène manquait d’agacer la concurrence. De plus, la factice diablesse se rappelait vaguement d’une superette ruinée récemment, il n’y a pas trois mois. Le gérant avait dû fermer boutique, tant sa faillite s’avérait catastrophique. Deux jeunes en avaient fait les faits, licenciés sans avoir pu toucher le moindre salaire. Yomi ne s’intéressait guère aux faits divers, mais elle devait bien avouer que certains méritaient de l’attention. En effet, ce genre de petites histoires aussi sensationnelles qu’anodines, rejoignaient parfois une affaire véritable. Quand bien même les déboires économiques de la classe marchande tenaient plus de la coïncidence que d’un véritable plan diabolique et seul imputable à la cruauté du capitalisme. Elle ne pouvait y remédier, tout juste s’indigner d’un monde malade, d’un système perverti.

Ainsi, cette excentrique s’entichait d’une nouvelle enquête, personnelle et farfelue, dont-elle tenait à balayer les doutes et autres inquiétudes planant en son esprit étrange. L’hypothèse la moins plausible concernait le jeune homme qui exhibait toute sa superficialité, comblant quelque manque sans doute. Et s’il rendait service à une académie héroïque contre une rétribution à la hauteur de son investissement ? L’inquisitrice déplorait son maigre savoir sur de tels domaines qu’elle n’irait jamais fouler et étudier. Mais elle s’informerait auprès de son aînée, pouvant enquêter sur cette base. D’autant qu’une théorie plus délirante s’agençait dans sa cervelle au fils des pas en ces ruelles, tandis qu’elle poursuivait discrètement ce filou qui se figeait non loin de là, à la terrasse d’un établissement de restauration. Depuis l’autre rive de l’axe routier les séparant, elle avait tout loisir de reposer ses pauvres jambes. Et si ses deux pistes étaient liées dans quelque opération d’envergure ?
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