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La nuit, tous les bars sont pris [pv: Noah]

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Miki Aldrin
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Dim 30 Sep - 16:23
Ne jamais avoir eu besoin de travailler n'était pas toujours un avantage. Certes, on pouvait s'accorder sur cette quantité astronomique de temps accordé à la pure frivolité, la liberté totale de mouvement et probablement une espérance de vie plus longue que ceux se tuant à la tâche mais pas que. Prenez par exemple les weekend, cette drôle de chimère issue du prolétariat à son apogée qui ne s'appliquait pas vraiment au japon cela-dit. Ces fins travailleurs trouvaient bien moins de repos que leurs compères occidentaux et là où pour rencontrer toute la société active il suffisait à Miki de sortir sur ses vendredi soir pour écumer les bars, repères de jeux de rôles et boîte de strip-tease de la ville, la répartition des travailleurs au japon était bien plus éparse et plus difficile à analyser. Beaucoup se reposaient le dimanche mais pas tous. Pour sur, bon nombre étaient actifs le samedis. Cela dit, ces japonais étaient aussi de bons fêtards quand ils le voulaient et ces employés de bureau était susceptible de sortir tous les soirs de la semaine jusqu'à finir écroulé sur un trottoir. Miki n'allait pas se prononcer sur la limite entre le plaisir de faire la fête et le break down mais elle devait être mince.

Heureusement, ce cher occident était toujours là pour le guider en ces terres inconnues et l'influence de ce dernier avait causé une animation particulière des lieux de vie les vendredi et samedi soir. Mais en tant que branleur non travailleur, il n'était pas anormal qu'il soit un out cast pour toute cette majorité de la population qui avait été conduite par la société à faire un travail qu'elle détestait. Il y avait donc des conditions qu'il devait remplir avant de pouvoir rencontrer de la meilleure manière qui fut ces braves japonais. A défaut de pouvoir s'ennuyer toute la semaine et de se trainer à des endroits qu'il n'aurait pas supporté, l'américain, un brin trop facilement intéressé, s'était résolu à déplacer toutes ces activités sur la seule journée de vendredi pour être en mesure de partager ne serait-ce qu'un peu de leur deuil. La règle était simple. Le vendredi, il était interdit s'amuser de la journée ! Et bien souvent le programme était le même. Un enchaînement des choses qu'il trouvait les plus absurdes de cette humanité sous une même bannière.  

Dans cette liste, prenons par exemple le réveil matinal. Cette chose débile qui aurait presque pu le faire grincer des dents s'il avait réellement eu une quelconque obligation. Pour partager ce malheur avec ses voisins, il pressait même le fameux bouton "snooze" pas moins de trois fois. Alors venait la toilette, une douche sans musique, sans danse, plate avec des mouvements mesurés pour ne pas paraître trop énergique. Un repas fade, dénué d'épices assorti d'une maigre tasse de café froide oubliée avant la douche. Mais après s'être brossé les dents, il ne pouvait pas partir au travail comme son voisin, sortir était bien trop distrayant ! Il était donc cantonné à son appartement, sans chaire fraiche peuplant encore son lit, car oui la veille était un jour d'abstinence pour rendre ce moment encore plus dramatique. L'étape suivante était donc la fameuse lessive. Un principe qu'il n'avait jamais compris à force de se faire acheter des habits par des "rencontres" et de jeter les anciens. Une bonne heure et demi interminable où il finissait en général allongé sur le sol, les jambes contre le mur du cagibi étroit en regardant tourner le tambour tout en pensant au vide absolu, c'était certainement le moment où il se sentait le plus proche du travailleur moyen.

La partie la plus difficile était de rester au repos après ça, de ne pas se dépenser avant le repas. Après une bonne heure de plus à regarder de documentaires animaliers passant en boucle chaque semaine à la même heure, il en venait à cette viande en sauce réchauffée au micro-onde. Une anomalie dans la gastronomie qui sciait bien à un employé de bureau en manque de temps et de papilles gustatives. Il devait donc en toute logique manger ce repas bien trop vite puis ne pas se laisser le temps de digérer. Et il avait la solution parfaite pour cela. Il pouvait bien tenter de s'épuiser psychologiquement, ses compatriotes souffraient aussi d'une fatigue physique qu'il ne pouvait pas connaître en restant allongé comme une loque pendant la journée. Après tout, il avait un brin plus d'énergie à revendre. Ne restait donc qu'à entreprendre une activité physique dénuée de sens, comme courir par exemple ! Courir sans trop savoir où aller avait ses pour mais toujours courir le même circuit était.. hnm. Il ne portait même pas de vert au moment de sortir, commençant sa trotte dès le bas de son immeuble, engageant un très bon rythme dépourvu de la moindre distraction qui le rendrait un peu trop enjoué tel que de la musique. Il prenait immédiatement la direction du paysage le plus vide, s'éloignant de la ville pour passer par les banlieues, les habitation plus reculées, les terrains d'industrie et finalement quelques champs. Oui, il courrait beaucoup mais il fallait au moins cela pour le pousser un petit peu. Il tentait de garder un rythme stable mais il arrivait à la distance de varier. Il n'empêchait qu'arrivé 18h, il finissait par s'arrêter où qu'il se trouvait, en général le bord d'une route bien éloignée, tendant le pouce pour faire du stop.

Il retrouvait en général assez facilement son chemin en bon gigolo. On s'arrêtait rapidement pour le ramasser puis on le ramenait, où qu'il veuille aller, un verre étant généralement à la clé avant de le laisser retourner se changer pour quelque chose de plus confortable. Non ! Pas de dérapage avant l'arrivée au bar pour 21h. Il changeait en général, c'était toujours plus intéressant même s'il avait bien du écumer deux fois les mêmes fautes de lieux. Il aurait été crétin de bousculer son parfum naturel avec quelque chose d'artificiel quand ses phéromones faisaient très bien l'affaire. Sa tenue n'avait d'ailleurs rien d'un 31, il n'était pas un employé qui rentrait de bureau non plus, il était Miki. Et Miki sortait en veste légère, t-shirt, jean et toujours avec sa touche de vert.

De toute manière dès qu'il entrait quelque part, il n'y avait toujours plus que lui. Ce n'était pas se venter, c'était simplement une constatation et c'était particulièrement le cas quand les premiers arrivants étaient déjà alcoolisés et moins enclins à faire preuve de retenue. Et c'était d'avantage les jaloux auxquels Miki s'intéressait après une journée d'ennuie et de retenue à la japonaise. Il ne manquait d'ailleurs jamais d'en trouver et cette soirée s'était présentée plutôt rapidement. Il avait beau être un connard, il n'était pas forcément provocateur, sauf quand l'issue lui semblait beaucoup trop amusante pour être évitée et ce type qui le regardait mal depuis un moment était.. haha gigantesque. Il y avait peu de japonais pour se rapprocher des deux mètres et visiblement, la fille qui lui plaisait était déjà dans ses filets, il ne pouvait donc qu'en profiter. Peut-être avait-il un peu exagéré en se concentrant sur elle ou en la poussant à un peu se "rabaisser" mais tous les moyens étaient bons et en milieu de soirée alors que la dame dévoilait le plongeant de sa poitrine, le sir se décida enfin à se lever pour clamer sa propriété. Ou plutôt clamer lui casser la figure.


"Ne t'inquiète pas, tant qu'il me reste le matériel elle sera comblée"

Il n'était pas toujours "autant" un déchet, il s'adaptait aux circonstances et visiblement il avait visé juste puisque ce type dirigea son poing vers son ventre, incitant l'américain à se cambrer un peu sur le coups, provoquant l'hystérie de son fan club improvisé qui craignait déjà pour sa blessure. Cela dit, c'était loin d'être la zone la plus susceptible d'être endommagée et le jaloux avait du le comprendre puisqu'au nouveau sourire de Miki, il sembla n'avoir que faire des règles de bon usage, dévoilant son alter étrangement trop japonais, une tentacule à la place de chaque bras, les dirigeant vers l'ex-militaire qui ne comptait bien évidemment pas le laisser faire une seconde fois, il avait son prétexte.


"C'est pas bien de faire ça"

Tous les moyens étaient bons, il n'allait pas lui assener un coups à la zone que viserait une femme mais il pouvait très bien tirer d'un coups sec sur ses tentacules pour l'attirer à lui et cogner avec force son crâne contre le sien, lui faisant perdre l'équilibre. Il aurait pensé qu'il se serait d'avantage défendu mais il ne s'agissait visiblement que d'un frimeur soulevant un peu fonte qui finit rapidement à terre, le nez en sang et le regard perdu sous le silence du bar tout entier qui s'était tu, partagé entre le fait de savoir que cet homme avait utilisé son alter alors que c'était interdit puis cet autre qui s'en s'acharnait avait presque semblé faire pire. Il pressait le bout de sa chaussure sous sa mâchoire.


"Alors ? C'est tout ? Tu n'avais pas... Quoi déjà.. Ah oui, une intégrité morale et physique à préserver ? Elle n'est visiblement pas si importante"

Mais malheureusement, c'était souvent le cas avec ces types qui n'étaient pas triés sur le volets, faibles malgré leur masse musculaire, aucune volonté, des grandes gueules sans rien derrière. Lui avait le mérite de tenir ses engagements.
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Noah Kyanseru
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Mer 3 Oct - 22:37
Noah Kyanseru adorait son travail. Tant et si bien qu’il faisait partie de ces cinglés qui prenaient volontairement des heures supplémentaires. Il lui arrivait même bien souvent de se proposer auprès de ses collègues pour prendre leurs heures à eux. Bien évidemment, ils refusaient tous, par peur de devoir accepter en échange de dîner avec lui. De temps en temps il réussissait à "piéger" un bleu et à l’inviter pour boire quelques verres avant de le soûler en lui expliquant en détail toutes ses théories sur la saga Mission Impossible.

Mais aujourd’hui, pas d’heures sup’. Car on était vendredi. Et le vendredi, Noah avait rendez-vous avec son plan kung-fu, Koîchi Bunta. Du moins, en temps normal.

"Ah fais chier !"

Sur le téléphone portable de l’inspecteur confortablement installé dans sa voiture, s’affichait un texto porteur d’un lourd message. "Suis malade. Cours annulé." Ce vieux en temps normal absolument increvable avait bien choisi son jour pour se faire porter pâle. L’intuition de Noah lui disait que c’était là un piteux mensonge qui n’était pas sans rapport avec la diffusion en direct ce soir d’un "important" match de football opposant la Belgique et la Chine. Kyanseru n’y connaissant absolument rien en sport, il ne pouvait qu’imaginer que cette rencontre avait été organisée pour régler un profond conflit entre les deux nations né de la collaboration ratée entre Jean-Claude Van Damme et Tsui Hark.

Il jeta un regard à travers la vitre arrière de son véhicule. Il était encore sur le parking du commissariat. Il pourrait sortir, remonter, rédiger quelques rapports, qui sait, tomber sur une affaire impromptue… Non. Il avait déjà dit "Au revoir" bien fort à tous ses collègues du bureau d’investigation. Ce serait beaucoup trop gênant de revenir en arrière. Il se devait de maintenir une façade impeccable auprès des autres. Que faire alors ?

Il resta une bonne dizaine de minutes assis, les mains sur son volant, complètement immobile. Que faire si ce n’est travailler ? Il n’avait, pour une fois, pas envie de rentrer chez lui pour regarder un film ou deux. Il était trop tôt pour aller discuter avec Juzo au parc. Peut-être qu’il pouvait se contenter d’imiter Junpei et Haruka, patrouiller un peu dans le coin, empêcher le déroulement de méfaits variés… Ça ne pouvait pas être si difficile que ça, après tout. Juste rouler, lentement, à travers le Tokyo nocturne, aux aguets… Non, en fait ça avait l’air extrêmement ennuyeux. Junpei et Haruka n’avaient jamais de bonnes histoires à raconter, il y avait probablement une bonne raison à cela. Une idée lui vint alors, en pensant ainsi à ses bons amis. Et si, pour une fois, il se faisait une virée dans les bars… En solitaire ? Il pourrait être le mystérieux inconnu accoudé au comptoir, qui lance des regards intense à d’autres inconnus dans le but de… Il verrait bien. Mais cette perspective l’amusait beaucoup. Il se devait juste de trouver le fond sonore idéal pour accompagner cette excursion nocturne. Il fouilla un instant dans le vaste répertoire de cd de sa boîte à gant avant d’en sortir un disque vierge de tout dessin sur lequel était inscrit, au feutre rouge, "Ville la nuit". L’inspecteur l’inséra dans le lecteur et monta le son.



Génial. Et maintenant, en route.

Il traversa la ville de long en large, cherchant le bar parfait. Il ne devait pas être trop peuplé, de sorte à ce qu’il puisse remarquer le plus de choses possibles. Pas trop désert non plus, de sorte à avoir quelques chances d’attirer un peu la gent féminine si jamais il était particulièrement chanceux ce soir. En attendant, il profitait de l’ambiance de la mégalopole plongée dans la nuit. Les lumières éclatantes, les enseignes aguichantes, le tumulte constant des milliers d’individus se déplaçant, parlant, agissant, à travers Tokyo. Kyanseru sourit. Il ne pourrait habiter nulle part ailleurs.

L’établissement optimal finit par montrer le bout de son nez. Un bar parmi tant d’autres, perdu au milieu d’une véritable rue de la soif. Situé pile entre deux autres bistrots bien plus fréquentés, c’était le lieu idéal pour se remplir le gosier. Noah regretta un instant que tous ses amis (ils étaient précisément au nombre de trois) étaient occupés avec leurs emplois nocturnes. Mais il se reprit rapidement. Il n’avait qu’à s’amuser comme quatre, ce soir, histoire de compenser sa solitude.

Quand il sortit de son véhicule pour s’approcher de la porte de l’endroit, quelque chose le frappa. On s’y frappait, justement, et pas qu’un peu à en juger du tumulte et des insultes. Noah jura à voix basse, par pur respect des conventions. Il était en réalité ravi. Il allait pouvoir sortir et travailler, en même temps ! Il n’allait pas s’amuser comme quatre mais comme mille, à ce stade. Prestement, il rejoignit sa voiture, l’ouvrit, ignora la radio qui se trouvait dans la boîte à gants (à quoi bon appeler des renforts après tout), prit l’une des trois paires de lunettes de soleil qui traînait sur le tableau de bord (la paire la plus classique, estimant que l’heure de montrer au monde ses lunettes de soleil pointues n’était pas encore venue) et se pressa à nouveau vers le bar, tout en enfilant ses binocles.

Quand il poussa la porte, il s’efforça de faire comme s’il était arrivé à pas lent. Son arrivée rompit le silence qui régnait désormais dans les lieux. Rapide regard derrière les verres obscurs. Deux tapageurs. Un clair vainqueur. Le vaincu avait des tentacules en guise d’avant-bras. A en juger par l’absence d’humidité sur le bord de ses manches, Noah conclut qu’il s’agissait là d’une transformation et non pas d’une mutation. Bien, il pouvait ajouter "Utilisation illégale d’alter" à la liste. Quand au "glorieux" guerrier qui se tenait debout…

Il ne savait pas. Il n’arrivait pas à percevoir autant de détails que d’habitude. Ses habits… Aucune trace autre que les minuscules taches de sang, récentes, dont il était constellé. Son corps… Ne présentait pas de traces particulières. Il était particulièrement beau, ça c’était sûr. Un peu trop beau, peut-être. Pas d’imperfections, de boutons, de cicatrices, même anciennes, sur ce beau visage. C’était statistiquement impossible, mais Noah se remémora alors un vieux suspect qui lui avait donné du fil à retordre à cause d’un don que lui avait fait la nature. Un alter de métamorphose ? Peut-être. Probable, même. En tout cas, si c’était parfaitement naturel, il devrait lui demander sa marque de soin dermatologique une fois qu’il serait sorti de la garde à vue. L’inspecteur ne trouvait toutefois pas d’explication logique à l’état bien trop impeccable de ses habits si ce n’est, tout simplement, qu’ils étaient neufs. Drôle d’idée que d’étrenner des habits neufs dans un bar, mais pourquoi pas après tout.


"J’adore ces petits moments de calme avant la tempête."

Un couple le contourna et quitta prestement les lieux. Le barman le regardait, l’air vaguement ahuri. Avec ses lunettes noires, son grand imperméable kaki, ses répliques littéralement sorties d’un film et son air terriblement sérieux, il avait l’air d’une espèce de Néo du pauvre. Ce qui l’amusait grandement, étant bien évidemment étranger au ridicule né de l’aspect bien trop théâtral de son entrée en scène.

"Tu peux m’expliquer ? C’est un peu mon job d’écouter les gens qui ont fait de grosses bêtises pour ensuite aider le pays à décider ce qu’on va faire d’eux."

Bien sûr, il aurait pu demander directement au tenancier ou aux clients. Mais c’était bien moins amusant. La vision des évènements qu’avait cet éphèbe aux cheveux verdoyants l’intéressait particulièrement.
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Miki Aldrin
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Ven 5 Oct - 13:42
On lui avait souvent fait remarquer qu'il avait une grande gueule. En réalité, c'était même l'une des appellations les plus récurrentes du matin avec "Petite bite", "connard", "j'ai simulé", "je vais me suicider" et le fameux "Si tu pars maintenant, je jure que j'te tuerais !". Certes, certaines n'étaient pas vraiment des appellations mais il était toujours un peu surpris de voir à quel point une femme en colère du matin pouvait différer d'une femme charmée de la veille. Il aurait presque pu garder les comptes pour se donner une idée des remarques les plus récurrentes mais il n'aurait pas été très correct de garder un carnet avec des noms. Mieux valait limiter les preuves. Car en crime comme en "amour", il n'était pas du genre à garder des souvenirs. Tant mieux, il avait vu beaucoup de types bien se faire pincer pour si peu.

Mais là.. entre grande gueule et simulateur, il n'aurait su quoi choisir. Etait-ce vraiment ce que le japon faisait de mieux ? Ce n'était pas non plus comme s'il pouvait se lancer dans la guerre aux héros pour obtenir satisfaction, cela l'aurait fait passer pour un vilain. Oui, car là malgré les regards interpellés des clients et du barman, il n'était pas un méchant, il n'était qu'un citoyen qui avait agit pour la société en remettant à sa place un individu déviant et incapable de respecter les règles les plus simples. Mais il aurait préféré qu'il soit ne serait-ce qu'un peu plus résistant. Il lui aurait bien demandé de se relever, quitte à l'aider à le faire mais.. non, il le sentait bien du bout de sa chaussure, il n'en tirerait rien. Bon, il n'aurait plus qu'à tirer sa copine. Ou pas ?

Difficile de ne pas remarquer une entrée aussi ridicule soit-elle quand le silence était presque total. Il n'aurait peut-être pas fait le lien avec la police s'il n'avait tenu que de ses propos mais à voir le petit dealeur du bar se tailler par le porte d'entrée avec sa copine, il était assez facile de comprendre. Enfin. presque. Les forces de l'ordre avaient toujours un côté un peu absurde mais là.. il faisait peine à voir, était-il sensé lui montrer comment faire ? A peu de choses près, il se serait contenté de lui désigner le loubard étalé par terre et de lui accorder un traditionnel "faites votre travail monsieur l'agent" mais ceux qui connaissaient bien Miki, avaient connaissance de son majeur problème avec l'autorité. En soit, il valait mieux ne pas trop lui en demander, au risque d'être déçu. Mais il eut au moins la décence d'enlever son pied du menton de l'"attaquant", rattrapant son verre du bout des doigts, s'appuyant au comptoir.

"Tu veux un dessin peut-être ? Si tu as des crayons ça peut s'arranger"

Bon, ça commençait plutôt bien. Il ne réalisait même pas à quel point il pouvait être incorrect avec ces chers fonctionnaires en fait. Ca lui paraissait.. normal ? Au moins il n'était pas insultant. Puis il avait envie de finir son verre et il n'allait pas se priver d'un cul sec pour se faire. Il n'était pas grandement alcoolisé. Il avait un certain taux dans le sang mais ce dernier ne se comprenait pas de la même manière que pour les autres individus. On ne l'aurait clairement pas laissé conduire ainsi.

"Et t'es pas sensé montrer une plaque ou un truc du genre ?"

Comme dans les films ou les séries. En plus il en avait vu des plaques au point de pouvoir clairement identifier si c'étaient des vrais. Faute à ces fonctionnaires de toujours venir le voir en premier quand le monde entier était plus coupable que lui. Ce gars avec les tentacules par terre, il avait utilisé son alter alors pourquoi tout de suite venir le voir lui hein ? Bon, il se débrouillerait pour le ramasser. Finalement la copine se décidait enfin à venir le retrouver par terre pour lui tapoter la joue et tenter de lui faire reprendre conscience. Il fallait dire que l'américain émettait tout de suite beaucoup moins de phéromones quand un flic était dans les parages. La marque qui commençait à apparaître sur son front ne lui faisait pas non plus hommage.


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Noah Kyanseru
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Lun 15 Oct - 20:04
Le beau gosse à la toison herbeuse se posa contre le comptoir avant de répliquer.

"Tu veux un dessin peut-être ? Si tu as des crayons ça peut s'arranger"

Yesssssssssss. Un petit teigneux ! Et au vu de sa manière de se tenir et de son élocution, c’était là son comportement naturel, pas juste les effets de l’alcool ! Bon sang, c’était Noël. L’inspecteur contenait admirablement sa joie, grâce aux lunettes de soleil principalement. Un bagarreur qui en plus sortait des répliques dignes d’un nanar.

"Et t'es pas sensé montrer une plaque ou un truc du genre ?"

Noah était à ce stade presque convaincu que tout ceci était un canular orchestré par son boss. C’était trop parfait. Non seulement l’individu semblait s’énerver de plus en plus, mais pour couronner le tout… Les mots "montrer une plaque" résonnaient en boucle dans son esprit. Toutes ces heures passées devant la glace à brandir son insigne, à le ranger et le ressortir le plus rapidement possible, depuis toutes les poches de son imperméable, tout en lançant des répliques bien senties… Enfin cela allait payer.

Avec un petit sourire au coin des lèvres, Noah Kyanseru passa sa main dans le revers de son habit et, vif comme l’éclair, en sortit un petit clapet de cuir qu’il présenta au pugiliste. Sur la partie supérieure, sa photo à lui, accompagnée de son titre et de son nom complet, en kanji et en alphabet latin. Dans le coin inférieur droit, son numéro de fonction, 4869. Sur la partie inférieure était encastrée son badge, luisant comme s’il était neuf. Noah n’était pas très fan de cette pratique japonaise qui consistait à user volontairement l’emblème de sa fonction afin de se faire passer pour plus expérimenté qu’on ne l’était vraiment. Lui, préférait conserver son badge dans un état immaculé, afin justement de se faire passer pour une bleusaille complète et mieux surprendre les suspects.

"Abracadabra."

En un instant, il rangea son badge dans la poche intérieure de son imperméable. Il s’attribua personnellement la note de 18/20 pour la vivacité de l’exécution du mouvement et pour la réplique. Mais assez rigolé, il fallait travailler.

"Tu sais, il me faut pas grand-chose. Juste qui a commencé, si tu as utilisé ton alter comme c’est son cas à lui, votre taux d’alcoolémie à tous les deux… Sur ce dernier point on est assez tolérants, c’est ce qui vient avant qui m’intéresse le plus, je dois bien l’avouer. Oh, et bien sûr, ton nom."

De plus en plus d’individus quittaient le bar, sous le regard affligé du tenancier qui ne savait plus vraiment où se mettre. L’homme aux tentacules était sujet à des tentatives de réanimations de la part d’une fort charmante femme tout à fait au goût de Noah. L'inspecteur prit cela en compte bien plus qu'il ne l'aurait dû. Nouvel objectif secondaire : avoir l'air cool devant la demoiselle. Enfin, plus cool que d'habitude. Toujours était-il que le retour de la conscience du tentaculaire était peine perdue pour le moment, le type en vert avait encore le temps de s’expliquer sans subir l’interférence d’un colosse en colère.
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Miki Aldrin
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Ven 19 Oct - 19:18
C'était beaucoup lui en demander que d'espérer de lui qu'il se comporte bien avec les forces de l'ordre. Que ce soit la police, les militaires ou même un juge des tutelles, pour qui se prenaient-ils pour toujours se mêler de ses affaires et l'empêcher d'agir à sa guise ? Il ne leur avait rien demandé. Il ne s'en était pas non plus pris à eux directement ! Alors ils voulaient quoi ? Un pot de vin ? Ce n'était pas comme si leur mission était de maintenir l'ordre, cela faisait des années qu'ils n'étaient que les agents de surface passant derrière les "héros". Quoi que les héros n'étaient pas bien mieux. Enfin, quoi que.. Ils avaient tendance à avoir d'avantage de sens de l'humour.

Mais de sens de l'humour, visiblement, ce poulet n'en manquait pas. Mais avec un tel potentiel de punch line c'est tout ce qu'il avait trouvé ? C'était loin, loin, d'être au niveau de ce que Miki aurait pu attendre d'un officier ? Inspecteur ? Agent de la circulation ? Après tout il n'en avait rien à faire, ce n'est pas non plus comme s'il allait prendre le temps de se renseigner pour se lancer dans ce genre de carrière. Hah..hahahah. Avouez que ce serait drôle.

C'était à se demander quand des petits jeunes avaient commencé à lui donner des leçons. Certes ils devaient avoir l'air du même âge mais regardez cette plaque quoi ! Il l'avait eu dans une pochette surprise ? Non, ça avait l'air d'une vrai tout comme ce déchet de la profession, car la profession était une décharge publique, non pas car il valait moins que les autres. Donc un gamin allait lui passer les menottes ? Tout juste enrôlé dans les forces de police ? Le genre de cadre qui aurait pu lui donner envie de refaire son éducation à coups du pire que l'on pouvait trouver en se lançant dans ce métier. L'emmener dans les bordels d'enfants, lui proposer d'acheter un organe, le présenter aux pires spécimens jusqu'à ce qu'il jette sa plaque à la poubelle puis éventuellement, le faire disparaître.

Sauf que là.. Ce n'était pas trop possible, trop de monde, trop de témoins et trop d'étrange prestance en cet individu pour que sa disparition passe inaperçue. Même si les personnes présentes ne s'en souviendraient pas nécessairement en bien, elles s'en souviendraient donc mieux valait qu'il laisse cette idée de côté. Il ne pouvait pas encore quitter le japon et il avait tout intérêt, malgré ses nombreux passage au commissariat, à éviter les peines d'emprisonnement, il n'avait pas besoin de jouer les poupées gigogne.

Il resta de marbre le temps de se voir présenter la plaque, ne manquant tout de même pas de plisser un peu les yeux pour y voir le nécessaire. Qu'il était bien pratique qu'avec leurs badges les policiers aient aussi leurs noms complets. Il ne put s'empêcher de finir sur un sourire en répondant.

"Moi c'est Samantha, enchanté"

Le barman devait sombrer de plus en plus dans le désespoir à chaque seconde qui s'écoulait, particulièrement car la situation planait entre l'inquiétant et le hautement absurde. Il paraissait en tous cas évident que face au nouvel arrivant, Miki semblait bien moins dangereux. Ce nom n'avait pas été choisi au hasard. Pour que le ridicule soit palpable, il lui fallait un nom hautement féminin mais ces japonais avaient des noms si androgynes que ce n'était même pas la peine d'essayer, il aurait pu le croire.

Il finissait tout de même par bouger, tendant les doigts pour prendre la cigarette qu'une de ses groupies avait préparé avant l'arrivée de l'élément perturbateur. Il n'allait pas se laisser distraire non plus ! Bon, c'était déjà le cas mais il devait au moins prétendre le contraire, pour la prospérité. Il avait lui aussi un rôle à jouer après tout. Il aurait été con de paraître totalement ridicule quand une autre fille au fond était en train de filmer la scène pour certainement finir par la mettre sur sa story avec un petit #PouletVsBG. Normalement il ne fumait pas en intérieur mais il était prêt à le faire, probablement pour provoquer, inconsciemment.

"Nan pas d'alter, pour le reste tu peux lui demander"

Et pour l'aider à mener à bien son interrogatoire, l'américain finit par se resservir de son pied pour stimuler un peu son fessier un peu flasque pour un gars aussi baraqué qui avait du négliger une partie de la muscu.

"Oy, Hentai-san, c'pour toi."

De toute façon le concerné commençait en effet à reprendre conscience sous le regard impuissant de sa petite amie qui avait visiblement tout autant de mal à saisir la situation que la plupart des protagoniste. Elle devait être en train de réaliser qu'elle n'était qu'une personnage secondaire. Il n'y avait que deux personnages principaux sur place après tout. Et la cigarette dans le bec, il était évident que l'insolent attendait qu'une groupie lui allume, ce que l'une commença à faire en sortant un briquet avec hésitation. Il devait juste résister à l'envie de se frotter le front pour faire partir cette marque ridicule un peu rougie.


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